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" Putain... Maggy... il a compris... " - C'est quoi ça ?!... Nathiane avala difficilement sa salive. Sa gorge la brulait, sa bouche était sèche. Le chevalier la regardait intensément dans les yeux. Parfois, son regard bifurquait sur Maggy, et sur ses mains qui étaient accrochées au bras de Nathiane. - Pou... pourquoi t'es habillée comme un homme ? Pourquoi elle te tient comme ça ?! - Demande à mon père. Maggy tourna soudainement la tête vers Nathiane. " Pourquoi elle a dit ça ? Son père savait que... ? " - Ton père est mort, répliqua-t-il en s'avançant d'elle. Et je te réserve le même sort. - Pourquoi, demanda-t-elle sèchement, en tenant le regard de cet homme. - Parce que ce que vous faites, c'est le mal ! Il commençait à s'énerver, mais Maggy aussi. Alors elle se rapprocha de lui et lui cria : - On ne fait de mal à personne ! - C'est de la diablerie ! s'effara un deuxième chevalier. Celui qui était pied à terre prit son épée et frappa Maggy. Mais Nathiane avait courut vers elle, et s'était pris le coup d'épée dans le ventre. Elle tomba dans la boue. Son sang commençait à couler abondement. A moitié morte, ses yeux restaient entre-ouverts pour voir une dernière fois le visage de Maggy. - Va-t-en... Fuis ou ils vont te tuer... - Nathiane... Jamais sans toi... Maggy se baissa vers Nathiane... et l'embrassa une dernière fois. Puis Nathiane sentit les lèvres de Maggy trembler, sa bouche devenir plus froide, son souffle se couper. Elle ouvrit difficilement les yeux une fois pour toute, et Maggy tomba., Nathiane sans comprendre, se redressa un peu et vit avec horreur une épée enfoncée dans le cœur de celle qu'elle avait toujours aimé. Une lame invisible frappa alors son cœur et la tortura bien plus encore que la blessure qu'elle avait reçue au ventre. Sa gorge se serra, et il devenait presque impossible de respirer. La lame qui lui achevait le cœur remonta jusqu'à ses yeux et y dessina des larmes ; c'était la première fois que Nathiane pleurait. Alors, le ciel s'assombrit encore plus. Une brume épaisse se forma et la pluie qui coulait ne se remarquait même plus. Les habitants, les chevaliers, tous ; avaient disparut en même temps. Le tonnerre raisonna dans le cœur de Nathiane puis dans le ciel ; comme s'il projetait sa peine et son déchirement au monde entier. Ce jour là, la douleur d'une adolescente se fit entendre partout ; que les hommes soient à la guerre ou chez eux, que les femmes s'occupent de leurs enfants ou qu'elles dorment, que les gosses travaillent ou jouent, chacun entendit le cri muet de Nathiane. Celui-ci glaça la Terre pendant plusieurs minutes, et une seule personne savait pourquoi le monde s'était glacé ainsi ; Nathiane. Le chevalier regarda autour de lui. Qu'avait-il fait ?... S'en rendait-il seulement compte ? " Ce n'est pas toléré ! C'est interdit ! Deux filles ense... ah ! Elle aussi va mourir ! De mes mains ! Elle mourra de mes mains ! " Il s'approcha de Nathiane qui avait entre ses mains le beau visage inerte de Maggy. Elle déposa un léger baiser sur les lèvres, puis vit le chevalier derrière elle, l'épée levée au ciel. - Toi... murmura-t-elle. Sa douleur au ventre n'existait plus, seules la colère et la haine étaient présentes dans son cœur qui avait tant battu ces derniers temps. Elle roula sur elle-même, arrivant ainsi en quelques secondes près de l'épée qui avait volé plusieurs minutes auparavant, se l'appropria, se leva et tenta un premier coup contre le chevalier en criant sa haine d'un grand " Aaaah ! " Il l'accueillit avec son épée, et un terrible combat commença. La haine était répartit des deux côtés, mais Nathiane en possédait une bien plus forte. Alors, au bout de six coups, elle frappa une dernière fois, plus fort que jamais, et sa lame s'installa dans le corps du chevalier. Il tomba à terre, et Nathiane rejoignit Maggy. Elle la regarda une dernière fois. Les larmes n'avaient pas cessées de couler, elle se remémorait ce qu'elles avaient vécues, puis ce qu'elles allaient encore faire ensemble. Avec les dernières forces qui lui restaient, elle baissa la lame ensanglantée vers ses veines, et d'un coup sec, elle fit frotter la lame sur sa peau. Elle se sentit partir, quitter la terre, oui mais surtout rejoindre Maggy. " Jamais sans toi... " - Nan... nan... jamais sans toi... jamais.
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