A contre ciel

Chapitre 22




Ca fait une demi heure que Pitsa les observe, soigneusement dissimulée derrière un amoncellement de barils. Le petit blond (elle croit bien qu'il s'appelle Vlad mais n'en est pas sûre) monte la garde. Les trois autres chargent le camion.

Ils sortent leur butin de la mine et déposent le tout sur le plateau où est perché Anatoly qui dirige la manœuvre. Bijoux, argenteries et autres butins précieux s'entassent aux pieds du chef. Un des sbires laisse tomber une caisse. Eclat de bois et un flot de montres et de goussets s'éparpillent dans la neige. Anatoly, rouge de rage, saute du camion pour asséner des coups à son maladroit compagnon. Ordres. Grossièretés. Insultes.

-" Fils de truie... Tu veux gaspiller mon travail? Ordure!!! "

Pitsa en assez vu. Elle s'apprête à se retirer doucement lorsqu'elle aperçoit les deux autres malchicks apporter des tableaux enveloppés dans une couverture. Même masqués partiellement par le tissu, Pitsa reconnaît ces tableaux... Des icônes d'une église. Aux bords dorés et rouges. Un fin damier entourant ce célèbre triptyque. Celui de la chapelle de Tosnanino...

La fièvre l'a quittée. Mais elle se sent toujours aussi faible. Bouger la jambe. Légèrement. Doucement. Un énorme effort pour Tchienka. Non, il faudra se résoudre à rester encore couchée. Dans cette pièce. Avec cette perpétuelle pénombre...Lugubre. Son quotidien depuis trois jours. Pourquoi Lena n'est elle pas là? Tchienka aurait tant besoin de serrer une main. De recevoir un tendre baiser. Elle ferme ses yeux. Et le souhait s'exhausse. Lena vient de pénétrer dans l'"infirmerie".

-" Salut Miss " Sourit Lena

-" Bonjour ma puce " Répond Tchienka.

Lena se penche et lui donne un doux baiser sur le front. Tchienka aurait espéré que ce bisou se dépose sur ses lèvres. Petite déception. Lena prend une chaise et s'installe à ses cotés.

-" Comment vas tu? Tu as encore mal? "

Comment est ce qu'on sent que quelque chose a changé chez la personne qu'on aime? Par quels détails, par quels indices peut on déceler un changement chez l'autre? Un changement ou une trahison...Un parfum? Un regard? Un pli nerveux à la commissure des lèvres? Un ton dans la voix? Tchienka ne le sait pas. Mais elle est sûre que quelque chose a changé chez Lena.

-" Un peu mieux... Encore fatiguée... " Et Tchienka sort son bras des couvertures pour tendre sa main vers Lena. Une invitation à un geste de tendresse.

La rouquine avait souhaité s'expliquer au plus vite avec Tchienka mais c'est Yulia elle même qui l'en a dissuadé. "Ne fais pas ça maintenant. Attend qu'elle aille mieux, le moral fait partie intégrante du processus de guérison" Avait expliqué la brunette en citant ses cours d'infirmière. Une sage résolution qui confortait Lena dans son appréhension d'être franche avec celle qui a partagé un moment son existence... Camarade de lutte. Camarade de route. Camarade de lit. Comment lui dire que tout ça est fini?

Lena prend du bout des doigts la main qui se tend vers elle. Du bout des doigts.

Repas du soir. Alcool. Victuailles. Rires gras d'Anatoly.

-" Allez, buvez les filles... Demain, vous serez orphelines de votre Anatoly... "

-" Vous partez demain alors? " Demande Penguin.

Anatoly grimace un sourire.

-" J'ai encore deux trois petites affaires à régler à l'ouest... "

Penguin lance un regard entendu à Pitsa. Discrètement. Petit geste resté inaperçu. Entre bouchées de saucissons et tranches de pain. Entre bruit de fourchettes et sons des verres qui s'entrechoquent. Ripailles. Entre chiens et loups.

-" J'ai une faveur à te demander Anatoly... Tchienka ne va pas encore très bien, serait il possible que Yulia reste avec nous durant quelques jours? " Demande Lena. Une phrase préparée depuis longtemps. Chaque mot bien pesé. Essai diplomatique.

-" Yulia... Mais c'est ma femme... "

-" Je te promets que je te la ramènerai une fois que Tchienka n'a plus besoin de soins suivis par une infirmière... " Ment elle

Le géant se passe la main sur sa mèche noir jais. Il lance un regard à Yulia qui est assise à ses cotés.

- " T'en penses quoi toi? "

-" Ca... Ca ne me pose pas de problèmes si... si je peux aider Tchienka... Ce... " Balbutie Yulia. Malaise. Peur. Elle sait que ce n'est pas la réponse attendue…

Le regard d'Anatoly devient un bref instant noir. Mais il se ravise. Il tente de sourire. Contrôle. Garder sa prestance de chef débonnaire. Les autres gardent leur nez dans leur assiette, ils savent que leur chef déteste qu'on ne suive pas naturellement ses désirs.

-" Oui... On verra... Parce que comment tu me ramènerais Yulia...Tu ne sais même pas où on sera... "

-" On peut convenir d'un rendez vous... " Répond précipitamment Lena. Peut être un peu trop précipitamment. A chaque objection, une réponse apprêtée.

-" Mouais... On verra ça demain…"

-" Merci Anatoly " Dit Lena en se forçant de rester aimable jusqu'au bout. Jouer toutes les cartes de la diplomatie. Même si la rouquine sait qu'elle n'est pas très forte à ce jeu.

-" Mouais... " Souffle le gars en vidant son verre.

C'est Max qui par un trait de génie (ou de par son naturel insouciant) rompt le silence. Elle se lève, verre à la main.

-" Longue vie à Anatoly et à ses compagnons! Longue vie à Penguin et à ses filles! Longue vie à Nous! "

Tout le monde se lève et vide son verre d'un trait. Sourire et détente. Même Anatoly sourit à nouveau. La partie est peut être gagnée se dit Lena. Et elle trinque encore une fois avec cet homme. Santé, bonheur, longue vie…

Le poing bien serré atteint Yulia en plein visage. Elle tombe à la renverse en laissant s'échapper de ses bras Vika à qui elle donnait le biberon. Le bébé hurle de pleurs. Le biberon roule à terre. Traînée de lait à travers toute la chambre.

-" Ta gueule merde de boche! " Lance Anatoly au bébé.

Il se rapproche de Yulia. Elle est à quatre pattes. Mains moites sur le sol froid. Les yeux sur les cris de son bébé. La brunette voudrait s'approcher de Vika. Voir si elle n'a rien. Mouvement. Transpirations. Et un coup de genoux dans la mâchoire. Claquement. Dans toute sa tête. Respiration coupée. Si elle s'approche de Vika, cette dernière risque de recevoir les coups perdus… Elle s'écarte donc du bébé pour ne pas l'exposer. Anatoly relève la brunette en lui tirant les cheveux.

-" Alors, comme ça t'as encore mal de tête... Tiens... Maintenant tu sauras pourquoi t'as mal "

Deuxième coup de poing. Yulia sent que sa lèvre a éclaté sous le choc. Jet de sang. Douleurs. Mais pas de larmes. Ne pas pleurer. Ne pas lui offrir cela. Il la projette à travers toute la pièce. Table de chevet qui se renverse. Yulia atterrit à plat ventre contre le sol. Maintenant qu'elle est à terre, ce sont les coups de pieds qui pleuvent. Entrecoupés d'insultes et d'accusations.

-" Je te vois traîner tout le temps avec cette rouquine du NKVD... Tu veux même rester avec elle… T'aurais pas envie de me balancer des fois? Chienne de truie! "

Et son bébé qui pleure. Et son bébé qui pleure…

Le ciel se lézarde sous les rayons du soleil qui se lève. Soleil d'hivers. Soleil glacial. Lumière éclatante. Malgor d'un coup de gueule rompt le cou du petit animal. Un lièvre des neiges. Imprudent.

C'est au chef de la meute de commencer à manger. Mais la proie est si petite que Malgor ne fait que mordiller le corps. Il se redresse et laisse le petit gibier presque intact. Pour sa louve. Grinska.

Elle se rue sur le repas. Le couple alpha est entouré par les autres loups envieux. Mais aucun ne se risquerait à s'approcher de trop près. Après quelques franches bouchées, Grinska laisse les reliefs de son repas à la meute. Précipitation des jeunes loups. Glapissements. Grognements. Pour quelques os, pour quelques morceaux de peau.

Leur faim et leur désarroi font mal à voir pour Malgor. Il se détourne et observe la plaine. Trouver et chasser une autre proie. C'est son honneur de chef.

Bruits dans les couloirs. Les pas qui résonnent. Des sacs que l'on porte. Ca y est. Ils partent. Lena se lève. A la lueur d'une lampe à huile elle parcoure les couloirs. Elle croise un des compagnons d'Anatoly qui lui grogne un simple " salut ". Elle s'arrête devant la porte de la chambre d'Anatoly. Elle frappe.

C'est Yulia qui ouvre. Elle est seule. Lena pousse un soupir de soulagement. Jusqu'à ce que la lueur vacillante de la flamme de sa lampe ne lui révèle les contusions qui garnissent le visage de la brunette.

Lena effarée pose les mains sur les plaies de Yulia. Comment a t il pu oser… La brunette prend les poignets de Lena dans ses mains. Doucement. Fermement.

-" Ne fais rien, Lena… Ils s'en vont… On les laisse partir et tout ça est fini… "

Lena plonge son regard dans les yeux de Yulia.

-" Il a dit que tu pouvais rester ? "

Yulia secoue la tête…

-" Mais devant vous, il n'osera rien dire… "

Et elle se blottit dans les bras de Lena. S'abandonnant à son parfum, à son corps. Cherchant dans chacune de ses respirations un réconfort. Leurs bouches se croisent. Les lèvres blessées de Yulia s'entrouvrent. Fermer les yeux. Abandon. S'embrasser avec passion.

Lena est arrachée de son étreinte. Par les cheveux. Elle se retourne. Anatoly. Il projette son visage contre la paroi du couloir. Choc. Elle tente de se débattre. Mais il relance sa tête contre le mur. Plusieurs fois de suite. Eclats de souffrance. Intenables. La rouquine s'évanouit. Sous les cris de Yulia.

Le goût du sang plein sa bouche. Lena reprend ses esprits. Elle est traînée dans la neige. Par les cheveux. Ciel bleu. Lumière éclatante. Puis les cris de Yulia. Plein les oreilles. Comme un bourdonnement. Elle tente de se remettre debout. Une pluie de coups s'abat sur elle. Un tourbillon d'image. Les bottes d'Anatoly. Yulia agenouillée, le visage en sang. Le camion avec la bâche. Les regards des autres malchicks. Et les bottes d'Anatoly. Et les bottes d'Anatoly.

Alertées par les cris, les filles sortent de la mine. Armes au poing. Elles font face aux compagnons d'Anatoly. Ce dernier décoche un dernier coup de pied au visage de Lena.

-" Fais encore un seul geste, et je te troue la peau! " Crie Pitsa.

-" Alors voilà comme on remercie Anatoly de son hospitalité... Un honnête partisan, on lui vole sa femme, on le menace avec des armes... "

-" Honnête partisan? Tosnanino, ça te dit quelque chose? "

Anatoly recoiffe précieusement sa longue mèche noire. Il tourne son visage vers Pitsa et lui adresse un sourire menaçant.

-" Un massacre d'un village. Femmes violées. Enfants empalés. Tellement ignoble que même les Allemands recherchent ceux qui ont fait ça… Enfin, peut être que les Allemands recherchent simplement les icônes précieuses… Celles qui sont dans ton camion…. " Poursuit Pitsa.

-" Et tu comptes me dénoncer, Camarade ? "

Les hommes posent leurs doigts sur la gâchette de leurs armes. Ils pointent les filles. Miroir de corps dressés les uns face aux autres. Les uns contre les autres... Penguin serre sa kalachnikov. Son regard posé sur ses adversaires. Tension. Le soleil bas projette des ombres effilées sur la neige. Scintillement. Tenir les yeux sur ses ennemis. Ne pas baisser sa garde.

Anatoly se jette à terre en dégainant son revolver. Tirs croisés. Mitraillettes. Fusils. Nagans. A bout portant. Carrousel de feux. Manèges sanglants. Les corps tombent. Fauchés.

Lena reprend ses esprits lorsqu'elle sent une corde s'enrouler autour de ses poignets. Autour d'elle, les corps de ses camarades couchés. Les corps des autres aussi... Une main se pose sur son visage. Une caresse.

-" Lena... "

La brunette a également une corde enroulée autour des poignets. Lena prend alors conscience que cette corde les relie au camion. Fermement attachée à l'attelage arrière. Elle plonge son regard dans les yeux effrayés de son amie.

-" Il ne va quand même pas... "

-" Je suis désolée " Pleure Yulia

Anatoly grimpe dans le camion. Contact. Il roule au pas. Jet de neige le long des roues. Yulia releve Lena... La corde se tend, les deux jeunes femmes sont tirées dans la neige. Efforts surhumains pour ne pas tomber. Pour ne pas glisser.

Dans le rétroviseur, Anatoly les surveille du coin de l'œil. Hilare... Ah ces salopes de gouines ne seront pas déçues du voyage, ah ça... Il compte bien leurs faire payer la mort de ses hommes. Il compte bien leurs faire payer leur trahison. Il accélère puis freine un coup. La corde se tend et se détend. Ce mouvement fait chuter les deux filles. Il éclate de rire.

Au bout d'un kilomètre, le camion et son cortège arrivent au centre d'une clairière. Juste en dessous d'une butte. La butte des loups... Anatoly stoppe le camion. Il attrape Vika d'une main et sort de la cabine.

Les deux femmes se remettent péniblement debout. Poumons en feux. Brûlures de froid. Des contusions et de la souffrance dans chacun de leurs membres. De la peur aussi. Des silhouettes menaçantes descendent de la butte… Des loups…

-" Tiens, ta merde de Schleu! "

Il lance le bébé vers les filles. Lena plonge pour rattraper l'enfant. Ils chutent tous les deux dans la neige. Le bébé pleure. Visage rouge de grimace. Lena tente de la calmer en l'embrassant doucement. Baiser lèvres blessées.

-" Tu n'es même pas un être humain, tu n'es que la pire des merdes que j'ai jamais vu!!! " Hurle Yulia dans un dernier sursaut de colère.

Anatoly se retire dans la cabine en riant.

Tous les loups sont en cercle. Les plus jeunes montrent leurs crocs. Ils attendent le signal de leur chef pour se précipiter sur ces créatures attachées et qui dégagent une si délicieuse odeur de peur. Malgor se retourne vers Grinska. Elle a couché ses oreilles. Quelque chose la perturbe. Les cris de ce bébé humain. Des cris de détresse. Des cris qui lui font mal. Elle lèche les babines de Malgor. Comme pour lui demander quelque chose. Comme pour le supplier.

Lena et Yulia se sont rapprochées. Agenouillées. Elles tiennent le bébé au milieu d'elles. Espérant faire rempart de leur corps autour de Vika. Trois visages rassemblés. Des murmures de pleurs. Leurs haleines qui se confondent et qui s'évaporent dans le cristal de l'air glacé. Leur dernière ode d'amour. Désespérée.

Anatoly perché dans sa cabine s'impatiente. Mais qu'attendent ces stupides loups? Peut être un peu plus de sang... Il prend son fusil et sort du camion. Claquement de portière. Les loups reculent. Une balle dans la jambe d'une des deux, ça fera une assez jolie blessure... Laquelle des deux pour commencer? Sa salope de femme ou cette salope de rousse?... A moins qu'il ne tire sur cette merde de bébé qui braille...

Malgor le reconnaît. Ce n'est pas la même odeur. Ce n'est pas le même humain. Mais c'est le même bâton noir que cet humain porte dans ses bras. Et il fait le même geste. Le bâton légèrement penché vers le sol... Et l'humain qui met son visage derrière.

Ses muscles se tendent. Un ressort. Pleine puissance. Malgor s'élance sur Anatoly. Ce dernier tombe à la renverse. Claquement de mâchoires. Hurlement. Le loup rate la gorge. Un bout de nez dans la gueule. Le goût enivrant du sang. Malgor agrippe la main de l'humain qui tente de se protéger...

Les autres loups se précipitent sur Anatoly. Certains dépassent les filles agenouillées. Ils ne leurs prêtent aucune attention, leur chef ayant désigné la proie. Une danse de crocs furieux sur tous les membres du malchick. Cris de douleurs et de peur. Un voile rouge sombre comme étendard sur fond de neige. Anatoly se fait dévorer.

Lena et Yulia se sont relevées péniblement. Prudemment elles s'approchent de la cabine du camion. Fuir discrètement...Mais la corde qui les entrave est trop courte pour accéder à la cabine. Yulia sent soudain une tension sur cette corde. Elle se retourne. Elle sursaute. A un mètre d'elle, Une énorme louve. Elle a la corde entre sa gueule.

- "Lena..."

Lena ne répond pas. La rouquine tend tout son corps pour ouvrir la portière de la cabine. Ouvrir cette portière pour lancer le bébé à l'intérieur. C'est sa seule volonté... Avant que les loups ne se retournent contre elles...

Yulia regarde avec effarement la louve qui est tout près d'elle. La bête croque à pleine dent la corde. Frénétiquement. Les secousses tirent Lena en arrière. Elle se retourne. La louve a presque détruit complètement la corde. Lena prend la main de Yulia dans la sienne. Encore un coup de dent et les filles sont libres.

Elles se précipitent dans le camion. Lena referme la portière derrière elle. La louve n'a pas bougé. Elle s'est assise et regarde Lena à travers la vitre de la cabine.

-" Merci " se surprend à dire à voix haute la rouquine.

Yulia serre Vika dans ses bras. Elle la berce tout doucement.

-" C'est fini mon cœur… C'est fini… "

Lena se débarrasse de ses liens et démarre le camion. En faisant demi tour, elle croise les restes d'Anatoly que se disputent encore quelques jeunes loups affamés. Elle détourne son visage. Enclencher la seconde vitesse. Craquements. Appuyer doucement sur l'accélérateur. Quitter cet endroit.

Elle jette un regard sur Yulia et Vika qui s'assoupissent sur la banquette. La fillette blottie contre sa maman. Bercées par le roulis du camion. Epuisées. Mais vivantes. Lena garde une main sur le volant et dépose l'autre sur la cuisse de Yulia.

Sa Yulia. Sa Vika. Au delà de la douleur qui s'étire encore le long de son visage blessé, Lena sourit.

Derrière le camion, un nuage de poussières de neige. Un voile blanc qui s'estompe sous le soleil. Et une louve aux yeux bleus qui tend son museau face au ciel. En poussant une longue complainte d'adieu.