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Je suis heureuse. Pleinement moi-même à présent. Les sentiments que j'éprouve envers Léna ne m'effraient plus. Je me sens forte désormais. Forte de l'amour qu'elle me porte. Forte également de l'amour que je lui porte. Je me sens capable d'affronter les courants, de surmonter le regard méprisant du monde sur notre relation. Elle et moi formons désormais un " nous ", façonné à l'instant de nos mains sur la peau de l'autre. - Léna ? Que devons-nous faire ? - A propos de…? - Nous. Notre relation, précisais-je. Léna, je ne voudrais pas me cacher et mentir, surtout pas à Tania et Sergueï. Je veux vivre notre amour pleinement. Au grand jour. À ces mots, je vois passer un voile de tristesse mêlé de panique devant les yeux de ma belle rousse. - Yulia, s'il te plaît, ne me demande pas cela. Je ne m'en sens pas le courage, c'est au-dessus de mes forces. Je ne veux pas revivre ce que j'ai vécu avec ma mère, c'est trop dur. Être rejetée à nouveau, je ne le supporterais pas. Je comprends ses craintes. Être confrontée à l'intolérance de sa mère avait été une rude épreuve pour elle. Cette blessure est encore vive, les souvenirs bien présents dans sa mémoire. La simple évocation de ce sujet semble suffarire à réveiller en elle tout ce qu'elle s'est employée à cacher jusqu'à présent aux yeux du monde. Soigneusement gardée au chaud au plus profond de son être, la douleur se manifeste parfois, faisant à nouveau saigner son cœur torturé. Choisissant d'arrêter là cette conversation pour le moment, je décide de ne pas la brusquer et de laisser faire le temps. - Alors laissons cela de côté, ma belle Lenoshka. Nous avons toute la nuit devant nous. Jamais je n'aurais pensé être comblée comme cela. À mon tour de t'aimer comme jamais. Ne te tourmente plus, je suis là maintenant. Relevant la tête, je l'embrasse avec fougue. Nos mains se cherchent fébrilement dans les draps froissés. Nos doigts se lient enfin sur l'oreiller. Passionnément, je la regarde scrutant dans ses yeux l'ivresse que font naître en elle mes caresses. Mes baisers descendent le long de ses formes, fouillant avec avidité son cou délicat. Léna frémit sous mes doigts, attisant mon désir. Je m'attarde sur les courbes de ses seins que je dessine langoureusement, fascinée par sa peau de pêche. Puis, continuant mon exploration, j'atteins le nombril puis le bas-ventre de Léna dont tout le corps se crispe sous mes baisers de plus en plus passionnés. Gagnée moi aussi par la fébrilité, prenant la mesure du pouvoir de mes caresses, je m'applique à goûter chaque centimètre de cette peau voluptueuse que je ponctue de baisers papillons. Féline, Léna se cambre et se donne toute entière. Au bord de la jouissance, j'intensifie nos ébats pour la satisfaire pleinement. Puis vint l'extase et les gémissements rassasiés de ma belle. Nos désirs assouvis, le hale laiteux de la lune complice finit par nous gagner. Nous nous endormons tendrement, un sourire béat indélébile sur nos visages amoureux. |