Auprès de toi

Chapitre 17




 

Le reste de l'après-midi s'écoule paisiblement autour de cette table de café où nous échafaudons moult projets pour les fiançailles à venir. Et c'est dans une ambiance festive et bon enfant que de multiples idées, des plus sages aux plus farfelues, sont couchées sur le papier pour organiser l'évènement.

Malheureusement, le temps est vil traître et déjà se profile à l'horizon l'heure de la séparation. Il est bientôt 19 heures. Chacun doit rentrer chez soi. Y compris Lena qui doit dormir à l'internat ce soir. C'était la condition sine qua non dictée par le proviseur avant qu'il ne nous autorise à passer le week-end ensemble.

Tristes, bien que nous allions nous revoir dès le lendemain matin pour commencer une nouvelle semaine de cours, nous nous séparons sur la place du village. Sergueï raccompagne Tania chez elle. Moi, la mort dans l'âme, je suis Lena. Nous marchons, silencieuses côte à côte en direction de l'Internat. Ce soir, nous ne dormirons pas ensemble. Par avance, je ressens déjà le manque. Ce manque d'elle à mes côtés. C'est d'autant plus frustrant que pas une seule fois dans l'après-midi nos mains se sont frôlées. Hormis la panique qui m'a envahie lors du fameux " Ma Yulia " qu'a prononcé Lena, nous avons admirablement bien donné le change face à Tania et Sergueï. C'est peut être mieux comme cela pour le moment. Lena a sans doute raison. Il ne faut rien dévoiler de notre relation. Tout ce "remue méninge" m'embrouille l'esprit. A ce sujet-là, je suis un tissu de contradictions. Ma position était si simple au départ. Trop simple peut-être. Pour ne pas dire simpliste. Je voulais vivre au grand jour, le cœur léger, forte de mes sentiments pour Elle. Mon Ange. Et maintenant je ne sais plus où j'en suis.

Ressentant sans doute mon mal être intérieur, sans un mot, Lena glisse sa main dans la mienne. Son contact chaleureux me redonne un peu de baume au cœur. Nul besoin de paroles pour se comprendre. Sans doute que le même sujet lui occupe l'esprit et la tourmente également.

Trêve de réflexion ! Le moment fatidique est hélas arrivé.

Nous sommes devant le grand portail de l'école. La fenêtre du doyen est éclairée. D'un geste doux, je passe ma main sur la joue de Lena et caresse les cheveux encadrant l'ovale de son visage. Petit sourire. Nous nous sommes comprises. Le doyen est peut être derrière sa vitre à attendre le retour de Lena. A regret, nous échangeons l'une l'autre une simple bise, un baiser appuyé sur la joue en guise d'au revoir.

Je voudrais la retenir mais déjà Lena remonte l'allée centrale, bientôt happée par la nuit naissante.

 







Depuis le 24/05/2009