Auprès de toi

Chapitre 8




 

La soirée se passe divinement bien. Placée sous le signe de la convivialité, la conversation s'engage, bon enfant. Léna est resplendissante, répondant avec bonheur aux questions de mes parents. Ma mère semble tout à fait apprécier la perspicacité de certaines de ses observations sur divers sujets, même les plus sérieux.

Je n'aurais pas pu rêver mieux : l'atmosphère est particulièrement chaleureuse et l'heure est à la bonne humeur. Il n'y a pas de doutes, Léna est tout à fait à l'aise dans mon environnement familial et aux yeux de mes parents, c'est quelqu'un de cultivé et d'attachant.

Le dîner terminé, et après avoir fait la vaisselle, Léna et moi montons dans ma chambre.

- Je vais prendre une petite douche, dis-je. Fais comme chez toi, si tu veux mettre la télé ou autre chose. Je suis à côté, je n'en ai pas pour longtemps.

Je m'éclipse à la salle de bain.

Ma douche terminée et n'ayant pas pris la peine de me rhabiller, je reviens en sous-vêtements dans la chambre où je trouve Léna qui me tourne le dos. Installée à mon bureau, elle est concentrée au dessus de son cahier de poèmes, en train de griffonner quelque chose.

- Voudrais-tu m'en lire un ? risquais-je. S'il te plait, ma Léna.

Je m'attendais à un refus de sa part. Pourtant, à ma plus grande surprise, elle me tend son cahier.

- Je ne veux plus avoir de secrets pour toi, Yulia, dit-elle comme pour justifier ce geste.

Je savais que m'autoriser à lire ses pages, comme une fenêtre ouverte sur son cœur,  représentait pour elle un pas important dans notre relation. Prenant toute la mesure de la confiance qu'elle place en moi à cet instant, nous nous installons confortablement sur le lit pour feuilleter ensemble son cahier.

Le papier est un peu chiffonné par le temps, témoin des ans et du passé de sa propriétaire. Presque religieusement, je l'ouvre. Je reconnais aussitôt l'écriture familière de Léna. Le trait est fin et soigné. J'imagine sa main formant délicatement les lettres, couchant sur le papier ses plus secrètes pensées comme pour alléger son cœur. Dans les marges, il y a quelques esquisses et illustrations suivant son inspiration du moment.

Léna se penche sur le cahier, tourne quelques pages puis s'arrête.

- Celui-là est pour toi, me souffle-t-elle au creux de l'oreille.







Depuis le 21/02/2009