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Depuis la résurrection, Gabrielle a élu domicile dans les appartements de la guerrière. Par sa simple présence, le château paraît plus accueillant, comme si la lumière, dont la conteuse irradie, illumine cet univers, cette même chaleur qui a transformé le monstre froid et cruel qu'était la Conquérante, en un être respirant la vie, et souriant.
Après un temps d'adaptation, les soldats se sont habitués à obéir à la blonde comme le peuple s'est habitué à voir leur souveraine sereine et calme.
Xena et son lieutenant discutent dans la salle du trône lorsque Gabrielle arrive.
_Gabrielle, où étais-tu ? Demande la brune en souriant à la vue de son ange. _J'ai été me recueillir sur la tombe de Merrias, il est mort pour me sauver tu sais, dit tristement la conteuse en s'approchant de la guerrière. _Je sais, répond sur le même ton la Conquérante en posant une main sur la frêle épaule de la barde. _Je vais faire exécuter vos ordres, Majesté, annonce le gradé dans le silence lourd qui vient de s'imposer.
Alors qu'il se dirige vers la sortie, Xena se tourne vers Gabrielle.
Le lieutenant, aux portes de la grande salle, manque de heurter Hélène qui arrive.
_Bonjour, je cherche Gabrielle, demande la vieille femme. _Elle est là.
Alors que le gradé lui indique la pièce qu'il vient de quitter, il se retourne pour voir Xena mettre difficilement un genou à terre, à cause de sa hanche brisée pas encore tout à fait guérie, devant Gabrielle qui la regarde intriguée.
_Tiens, tiens, fait l'officier curieux de savoir ce qui va se passer.
_Gabrielle, veux-tu m'épouser ? Demande la guerrière avec la peur d'un refus.
A ces mots, la barde ne peut contenir sa joie, avec un sourire radieux, elle se laisse tomber dans les bras de sa promise, lui offrant un baiser passionné.
_A mon avis ça veux dire oui, propose Hélène heureuse pour son amie. _Je le pense aussi, répond le soldat avec un sourire. _Oui, murmure la conteuse son front contre celui de la brune, avec une larme de bonheur.
Xena se relève, deux bras fins autour de son cou, tenant son ange par la taille, leur paradis terrestre n'est plus un rêve, mais une réalité éternelle, aussi vrai que les sourires qu'elles s'échangent entre deux baisers.
Tandis que le printemps réveille ce qui est endormi, que le soleil réchauffe la terre et les cœurs, l'univers entier paraît sourire à ces deux âmes sœurs enfin réunies par la plus belle chose que l'on puisse trouver, la seule qui donne un sens à une vie. |