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A la fin d'une guerre qui avait durée des années, Xena et son armée étaient entrées dans Athènes. La ville sous son contrôle, elle conquit le reste de la Grèce avec une facilité déconcertante. Mais ce ne fut pas suffisant pour la brune aux yeux océan assoiffée de pouvoir. La guerrière entreprit de prendre le contrôle des pays voisins par la force, lâchant ses hommes tels des meutes de chiens désirant sentir le goût du sang, village après village, pays après pays. Depuis qu'elle a imposé son autorité, Xena savoure aussi bien la peur que la haine que son nom ou sa présence provoque chez le peuple qu'elle domine, les hommes de ses troupes ou le personnel de sa demeure.
Son palais à beau être immense, entouré de grandes murailles, celles-ci séparées des murs du château par de vastes jardins luxurieux, composés de plantes les plus variées et les plus rares, toute personne qui passe à proximité entend les hurlements de douleurs et d'agonies des prisonniers, enfermés au plus profond des entrailles de la demeure de la Conquérante. Les supplications vaines, d'hommes encore vivants mélangées aux cris stridents des êtres devenus fous, glacent le sang, envoient des frissons le long de la colonne vertébrale de quiconque les entends, comme cet officier qui marche dans le couloir principal qui mène à la salle du trône.
Les lourdes portes s'ouvrent, il entre, son casque sous le bras, sa cape rouge à l'emblème noir dans le vent, ses mains, son visage, son armure argentée couverts de sang séché. Le gradé avance encore de quelques mètres, les yeux rivés au sol, puis pose un genou à terre. La grande salle est décorée d'étoffes, de fourrures d'animaux magnifiques inconnus en Grèce, aux gueules effrayantes avec leurs crocs acérés, de dorures somptueuses, une table incroyablement longue, richement ornée face à la porte, un trône démesurément grand, rouge avec en son centre un symbole couleur funèbre.
Sur la droite, une autre table en bois, de taille plus respectable où sont disposés des fruits, une carafe ainsi qu'un verre. Juste à côté, une fenêtre où est appuyée une femme qui observe le coucher de soleil, ses longs cheveux noirs couvrant sont dos, vêtue d'une robe de soie rouge couvrant entièrement son corps élancé.
_Je t'écoute Légendrios. Dit la femme de dos.
Le ton froid et rigide de la Conquérante le faisait toujours tressaillir malgré toutes ces années à travailler à son service.
_Nous avons gagné majesté, Rome est à toi. _Et César ? _Il s'est enfui.
La Destructrice des Nations se retourne, s'approche de la petite table, sans daigner regarder son officier. Elle se sert un verre de ce qui semble être, d'après la couleur, du vin. Elle se retourne en buvant, puis, pose enfin son regard froid, glacial et dénué de sentiment sur son lieutenant.
_Envois des hommes à sa poursuite, si je n'ai pas sa tête à la prochaine lune, je les tuerais de mes propres mains. _Bien Conquérante. _Tu peux disposer. _Oui Conquérante.
Le guerrier se relève, puis fait demi-tour en se dirigeant vers la porte par où il était arrivé. _Légendrios ! Dis aux geôliers de tuer les prisonniers, j'en ai assez de ces cris. _Tout de suite Conquérante.
Le soldat sort de la salle du trône, avec le soulagement de savoir qu'il n'aura plus à entendre ces hurlements, mais aussi triste pour ces hommes qui vont mourir simplement parce que c'est le désir de la maîtresse des lieux. Xena est retournée se poster à la fenêtre. Le soleil a disparu, ne diffusant plus qu'un halo de lumière rosée, de la douceur, petit à petit happée par les ténèbres. Elle observe les étoiles naissantes dans le ciel, buvant son vin, un sourire cruel aux lèvres, tandis que les hurlements s'arrêtent, le silence arrivant au même rythme que l'obscurité nocturne. Soudain, des coups à la porte ce font entendre.
_Entrez !
Une femme, dans la fleur de l'âge entre, les yeux rivés au sol, fait une révérence à la Conquérante qui s'était assise sur son trône.
_Majesté, il est temps de vous préparer pour la réception de ce soir. _Tu as raison. Répond la Destructrice d'un ton lasse.
La domestique traverse la salle, suivit de Xena. Arrivée à l'entrée, cette dernière s'arrête.
_Toi, dis à Legendrios que je veux le voir tout de suite dans mes appartements.
Le jeune homme, qui gardait la porte depuis peu, se mit à transpirer.
_Oui...Oui...Majesté. Tout de suite. Bégaye le portier avant de partir en courant, sous le regard et le sourire moqueurs de la brune, ravie de son effet.
Arrivé à sa chambre, la Conquérante demande à sa domestique de lui préparer un bain, des bruits de pas ce font entendre en même temps, elle les reconnut aussitôt. Les pas s'arrêtent devant la porte, des coups contre celle-ci ce font entendre.
_Entre Légendrios.
Il entre, restant le plus prêt possible de la porte, admirant la peau de tigre qui sert de tapis au pied du lit.
_Vous m'avez fait demander majesté ? _Oui. Je ne veux plus de la tête de César.
Le guerrier lève la tête surpris et croise le regard froid, la brune le toise en levant un sourcil, son regard plus dur qu'à son habitude. Le soldat comprend son erreur et reprend sa contemplation du sol. Xena lui tourne le dos puis lui lance, avec du désir dans la voix.
_Je le veux vivant pour le crucifier sur la grande place. _Bien Conquérante. Lâche Légendrios dans un souffle.
La servante entre par une petite porte, dépose une robe bleue aux ornements argentés sur les couvertures de soie du lit.
_Votre bain est prêt majesté. _Tu peux disposer Légendrios. Dit Xena en se dirigeant vers la porte par laquelle la domestique est venue. _Majesté.
La destructrice s'arrête, se retourne, le tout à une vitesse fulgurante.
_Quoi ? Dit-elle avec colère. _Je me permets une question. Étant votre lieutenant, pourrais-je savoir pourquoi vous organisez une soirée pour un homme que vous détestez et qui, de plus, veut votre perte ?
Lentement, la brune se rapproche de son officier, avec une grâce féline, d'un pas feutré, qui donne l'étrange sensation qu'elle évolue dans les airs sans toucher le sol. A ce moment, il sent sa transpiration couler le long de son dos. Par réflexe, pensant avoir été trop loin et sa dernière heure venue, il retient son souffle.
_Parce que je veux son armée, il me la donnera. Ses soldats lui sont fidèles, alors il faut qu'il leur ordonne de m'obéir. Par la suite, il mourra lors d'un combat contre je ne sais qu'elle armée ridicule qui essayera de défendre son pays. N'ayant plus de chef, ils n'auront d'autres choix que de me suivre. Vas maintenant, tu en sais suffisamment, pour l'instant.
Sur ces mots, le guerrier se retire, une fois la porte fermée, il soupire, soulagé d'avoir encore la tête sur les épaules, avant de prendre la direction de ses appartements, pour, lui aussi, prendre un bain bien mérité. Légendrios connaît suffisamment la guerrière pour savoir qu'il y a une raison à sa cruauté, même s'il ne la comprend pas. ''Un jour Xena, quelqu'un réchauffera ton cœur et fera renaître ton âme." Pensa t-il en traversant le couloir sombre et austère. |