Amour et haine

Chapitre 7




 

César a pris possession du palais, il admire la décoration, quand l'un de ses généraux arrive.

 

_César, mes hommes ont fouillé toute la ville sans résultat.

_Elle n'a pas pu filé toute seule, donc on l'a aidé. Étends les recherches jusqu'aux limites du monde connu si il le faut, mais ramène-la moi ! Dit le nouveau souverain, inquiet des lourdes pertes qu'il y a eu lors de l'attaque et furieux qu'une femme aussi dangereuse soit en liberté.

 

Pendant ce temps, les soldats de Xena creusent une fosse commune suffisamment grande pour accueillir les amas sanglants des guerriers morts aux combats, se demandant ce qui a bien pu arriver à leur souveraine.

 

Gabrielle arrive chez elle.

Le soulagement d'être à l'abri remplace la peur de se faire surprendre qui l'a accompagnée depuis qu'elle a quitté la place du marché avec la brune.

 

Tout s'est passé très vite. Il s'est écoulé environ une heure entre sa décision de protéger la guerrière et maintenant. Mais pour la blonde, ça semblait une éternité.

Sa poitrine la brûle tant son cœur bat fort, ses muscles commencent à la faire souffrir, la fatigue s'installe alors que l'adrénaline qui engorgeait son corps diminue.

Pourtant la seule chose qui lui importe est l'état de la femme blessée.

 

Gabrielle prie en silence toute les divinités connues et inconnues, certaine, sans savoir pourquoi, que si la Conquérante meurt, son âme ne s'en remettra pas.

Elle allonge Xena sur son lit.

Avec la peur au ventre, la blonde déshabille la rescapée, nettoie ses blessures avant de les panser, ainsi que le sang qui couvre sa peau.

Étrangement, ce qui d'habitude l'aurait écœurée, ne la répugne pas.

 

Ayant donné les meilleurs soins qu'elle pouvait, Gabrielle la recouvre. Puis avec une boule dans la gorge, entreprend de ranger le désordre que les guerriers ont causé lors de leur chasse à l'homme, tout en essayant de faire également le ménage dans son esprit. Comprendre comment tout cela a pu arriver. Comment la Conquérante a pu se faire détrôner. Sa course pour sauver une femme que tous considèrent comme un monstre et désirent voir six pied sous terre.

 

Son cœur se serre, devient douloureux, non pas à l'idée qu'elle soit découverte et tuée pour l'avoir aidée, mais à la peur que ces paupières qui cachent un océan d'un bleu si clair, dans lequel se perdre et se noyer représente le bonheur suprême au-delà de toute espérance, ne réapparaisse plus.

 

Tard dans la nuit, Gabrielle avait succombé à l'épuisement.

Ce sont des coups à la porte qui la sorte de son sommeil, encore emplis par des songes étranges.

Elle se lève, quitte la chambre la mine défaite, son dos et sa nuque lui font mal d'avoir dormi sur une chaise. Elle va ouvrir, après s'être assurée que la porte de la chambre est bien fermée.

Le soleil l'éblouit, tandis que le soulagement de voir Hélène remplace l'appréhension.

 

_Gabrielle, tu as une tête horrible.

_Bonjour Hélène. Entre.

 

La vieille femme s'exécute et va s'asseoir à la table, regardant son amie fermer la porte en se frottant un œil.

 

_Je viens de me lever. Dit la jeune blonde toute engourdie de sommeil.

_Tu vas bien ? Tu es partie si vite hier que je me suis inquiétée.

_Oui, c'est juste… tout s'est passé si vite hier et la vue de tout ce sang, je me sentais pas très bien.

_Je te comprends, moi aussi ça m'a retourné, j'ai mal dormi. Répond Hélène, tout en regardant la jeune fille préparer du café après avoir ravivé le feu avec des gestes nerveux, qui ne manquent pas d'être remarqués par la femme plus âgée, qui met ceci sur le compte des événements de la veille.

_Tu sais Gabrielle, en venant, j'ai vu les gens ranger leurs demeures saccagées par les soldats qui cherchaient la Conquérante. Mais, c'est bizarre, j'ai eu la drôle d'impression que tout est pareil et en même temps que tout paraît changé. D'ailleurs je me demande bien où elle est, ce n'est pas dans les habitudes de la Destructrice des Nations de se cacher.

 

Gabrielle se crispe à ces mots, puis avec un sourire qui ne trompe pas son amie, elle va s'asseoir à la table.

 

_Oui. Tu veux un café ?

_Non Merci. Gabrielle, je vois très bien que quelque chose ne va pas, dis-moi ce que c'est ?

_Je te l'ai dit, je suis encore sous le choc des événements. Je veux dire, ces changements soudain, ces visions d'horreur, tout s'est passé si vite.

_Oui, mais peut-être que ce romain sera moins dur que la Conquérante. Bon, repose-toi quelques jours, je te tiendrais au courant des dernières nouvelles et si j'ai des informations sur la Conquérante, je te préviendrais. Dis Hélène, certaine que son amie lui cache quelque chose, espérant provoquer une réaction en lui parlant de la brune.

_Pourquoi tu me parles d'elle ?

_Oh comme ça ! Je pense que comme tout le monde, tu dois te demander où elle est.

_Oui comme tout le monde. Répond la barde, son inquiétude se voit dans ses yeux verts si profond.

_Je vais aller à la bibliothèque. Avec toute ces radoteuses, je suis sûre d'être au courant de tout. Fait la femme âgée, inquiète pour sa fille adoptive, en se levant.

_D'accord, tu excuseras mon absence.

_Bien sur.

 

Gabrielle accompagne son amie à la porte, puis, après l'avoir remerciée de sa sollicitude, retourne dans sa chambre. Une boule se forme dans son estomac quand elle entreprend de changer les pansements de la blessée qui transpire et délire, sous l'effet de la fièvre qui la submerge.







Depuis le 14/02/2010