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Quelques jours plus tard, le soleil à peine levé, César, fou de rage, est prêt à trancher la tête de son général au milieu du couloir principal du palais.
_Elle était au bord de l'évanouissement, elle n'a pas pu aller loin, ni se volatiliser. _On a fouillé chaque parcelle de terrain, on n'a trouvé aucune trace, les villageois ne l'ont pas vue. Répond l'officier terrifié. _Es-tu sûr que personne ne l'a cachée ? _Oui majesté, on a menacé et torturé des villageois, personne ne l'a aperçue.
Un déclic se produit dans la tête de l'empereur, il baisse son épée.
_Elle perdait beaucoup de sang, donc elle n'a pas pu aller très loin dans cet état, si quelqu'un l'a aidé, il a dû s'arrêter pour lui donner des soins. _Oui majesté, et dans se cas, on aurait trouvé une piste. Dit l'officier avec un soupir de soulagement et le désir encore plus grand de plaire à son chef. _Et si cette chienne n'avait jamais quitté la ville. _Ça expliquerait que l'on n'a rien trouvé. _Où sont tes hommes ? _Ils ne sont pas très loin, ils seront dans Athènes dans peu de temps. _Envoie tous les soldats qui sont ici les attendre aux portes de la ville. Dés que tes troupes seront arrivées, je veux qu'elles ratissent à nouveau la ville. _Bien majesté.
Le gradé part exécuter les ordres, tandis que l'empereur sourit, sûr de sa victoire.
Alors que le soleil atteint son zénith, Gabrielle, qui est retournée travailler aussitôt qu'elle était sûre que Xena soit hors de danger, discute avec Hélène dans une des pièces de la grande bibliothèque. Quand une voix féminine ce fait entendre.
_Vous savez la dernière, César croit que la garce de Conquérante n'a jamais quitté la ville, que quelqu'un la cache. _Il faudrait être fou ou inconscient pour faire ça. Répond la femme âgée. _Apparemment, il croit que quelqu'un en est capable. _Pourquoi ? Demande la blonde soudain intriguée. _Parce qu'il a envoyé toutes ces troupes fouiller Athènes. _Quoi ! S'exclame Gabrielle. _C'est vrai, et...
La jeune femme porteuse de nouvelle ne finit pas sa phrase, regardant ahurie Gabrielle partir en courant.
_Qu'est-ce qui lui prend ? _Je l'ignore. Répond Hélène intriguée par le départ soudain de son amie.
Ne comprenant pas ce qui se passe, la femme ridée, entreprend de la suivre.
La blonde court dans les rues, son cœur bat si fort qu'il semble qu'il va sortir de sa poitrine. L'air froid brûle ses poumons, sa vue se trouble, ses yeux s'emplissent de larmes lorsqu'elle voit les soldats entrer et sortir des maisons. Sa peur est remplacée par le désespoir, une douleur profonde s'infiltre en elle, comme une preuve que tout ceci n'est pas illusoire, alors que deux guerriers pénètrent dans sa maison, où la femme qu'ils cherchent se trouve.
Des mains fermes la stoppent dans sa course.
_Laissez-moi ! _Calme-toi petite fille. Répond une voix grave.
Gabrielle se débat, jusqu'au moment où ses forces l'abandonnent, ses larmes coulent silencieusement. Sa raison lui dit que tout est fini, alors que son cœur bat avec l'espoir de voir une dernière fois cette beauté surnaturelle. Son esprit n'a qu'une envie, voir ces hommes éjectés de sa demeure, par la guerrière, mais ce vœu ne peut pas se réaliser, Xena n'est pas en état de se battre, ni même de se lever.
La brune entend des bruits lourds, les poils de sa nuque se hérissent, une chose est certaine, ce n'est pas Gabrielle. Elle tente de se lever, mais cela lui est impossible, tant à cause de la douleur dans sa jambe et son bras que sa hanche cassée. Quand la porte de la chambre s'ouvre, une armure romaine apparaît, la seule chose à la quelle la brune peut penser est ce qu'ils vont faire à sa barde. Le soldat entre, referme la porte derrière lui, la regarde. Les deux sont stupéfaits de se voir. Elle de reconnaître un de ses hommes, lui de la voir, allongée et blessée mais en vie. La voix de Gabrielle les sort de leurs torpeurs.
_Gabrielle ! Dit la femme avec frayeur.
Le guerrier lève son unique bras, frappe sa poitrine avant de ressortir. Xena entend la voix du soldat à travers la porte fermée.
_Il n'y a rien ici.
Les deux soldats quittent la demeure de la conteuse, la blonde s'attend à voir sa locataire, son esprit ne comprend plus rien, son cœur manque un battement en croisant le regard vide du jeune homme qui l'avait escorté dans les couloirs du château, se pourrait-il qu'il n'ait pas dénoncé Xena ? Alors qu'ils continuent leurs recherches, la barde aux yeux pers se précipite chez elle. Après avoir fermé la porte, elle se dirige vers la chambre, une boule dans la gorge.
Lorsque la blonde entre dans la pièce, les deux femmes relâchent l'oxygène qu'elles avaient retenu trop longtemps.
_Xena qu'est-ce qui s'est passé ? _C'était un de mes hommes, j'ignore pourquoi il ne m'a pas dénoncé.
Gabrielle s'assit au bord du lit, son corps tremble encore des émotions qui l'ont submergée il y a quelques minutes.
_Peut-être qu'au fond, il t'aime bien, malgré ce que tu lui as fait. Dit la barde en baissant la tête tristement. _Peut-être. Mais comment tu sais ça ? _Il me l'a avoué quand il m'a escorté le premier soir où je suis venue au palais, mais ce que j'ignore c'est pourquoi.
Sans vraiment comprendre, Xena ressent le besoin et le désir de lui expliquer son acte.
_Il est mort dans sa tête quand il a vu ses parents se faire décapiter devant ses yeux par des brigands. La mort n'aurait pas été une punition pour lui, mais une bénédiction.
Le silence lourd qui s'est imposé, est rompu par des coups à la porte. Gabrielle va ouvrir avec la peur au ventre que les soldats reviennent. Un soupir de soulagement lui échappe en voyant Hélène.
_Gabrielle qu'est-ce qui ce passe ? Tu m'as fait peur en partant comme ça. _Entre, je vais tout te raconter.
Ce qui venait de se passer était trop pour la jeune fille. Elle avait besoin de parler à quelqu'un, de libérer son angoisse, ses nerfs déjà trop tendus, prêts à craquer.
_Mon dieu Gabrielle ! Je suis désolée que tu ais eu à subir tout ça toute seule, mais tu as fait preuve d'un grand courage. Dit Hélène, estomaquée par le récit et par le fait que pendant que tout le monde cherchait la Conquérante, elle était juste là. La vieille femme est soudain consciente que la blonde qu'elle a apprécié et protégé dés son arrivée à Athènes, n'est plus l'enfant qu'elle était.
_Promets-moi de n'en parler à personne. _Promis, mais soit prudente, tu sais de quoi cette femme est capable. _Ne t'inquiète pas, je ne peux pas te dire pourquoi, mais je suis persuadée qu'elle ne me fera pas de mal.
"Folle, inconsciente ou amoureuse." Pense la femme âgée, en se rappelant la discussion qu'elles ont eu plus tôt, avant que Gabrielle ne se sauve en courant.
Quelques semaines plus tard, alors que les premiers flocons de neige commencent à tomber dans le silence de la nuit, Xena boîte plus qu'elle ne marche dans la chambre. Lorsque Gabrielle arrive, surprise de ne pas l'avoir entendue arriver, la brune bascule en avant. La blonde à le réflexe de la rattraper pour éviter qu'elle ne s'écroule. Ses mains sur les hanches de la guerrière semblent lui brûler la peau, une chaleur irradiante l'envahit, une explosion de bien-être, alors qu'elle se perd dans le vert de ses yeux. Gabrielle sent son cœur s'affoler, plus aucune pensée ne lui parvient tandis qu'elle se perd dans cet océan azur.
Leurs visages sont si proches que leurs souffles se mêlent, caressant doucement leurs peaux, alors que leurs lèvres se rapprochent, inconsciemment. Des coups à la porte les sortent de leur état de transe.
Xena s'assoit sur le lit, Gabrielle va ouvrir, essayant tant bien que mal de retrouver le fil de ses pensées.
Lorsque la blonde ouvre, elle frisonne tant à cause de la fraîcheur de l'air que de la personne qui se trouve face à elle.
_Bonsoir mademoiselle, je désire parler à la Conquérante. Dit le guerrier mutilé qui se sent réchauffé par la vision de la blonde aux yeux pers.
Après un instant de stupeur, sa crainte s'estompe, la conteuse le fait entrer.
_Attendez ici, je vais la chercher. _Merci.
Le jeune homme la regarde disparaître dans la pièce adjacente avant de revenir en soutenant la guerrière.
_Majesté. Dit-il surprit de voir la Conquérante simplement vêtue d'une tunique noire, que Gabrielle lui a acheté au marché quelque temps auparavant. _Je ne suis plus ta souveraine. Que veux-tu me dire ? Demande la brune en s'attablant, tandis que l'obscurité qui l'avait quitté depuis qu'elle était là, commençait à remonter en voyant son uniforme. _On a besoin de vous. _Ah oui ? Et que veux-tu que je fasse ? Répond la guerrière sur un ton froid. _Enlevez votre manteau, je vais préparer du thé. Propose Gabrielle qui est déçue de voir à nouveau la Destructrice des Nations au regard glacial et non plus la femme douce qui a occupé ses pensées depuis deux lunes. _Merci. Reprenez votre trône. Dit le soldat handicapé en prenant une chaise. _Et avec quelle armée ? _La vôtre. J'ai parlé avec vos hommes, s'ils devaient choisir, c'est pour vous qu'ils se battraient. La soif de pouvoir de César est plus effrayante que... vous. D'après ce que j'ai entendu dire, vous avez de nombreux partisans car contrairement à ce romain, vous torturez seulement ceux qui ont commis un crime et non les innocents, vous n'oppressez pas le peuple, vous prenez les territoires par la force mais après, ils reprennent leurs vies tranquillement, vous êtes juste dans vos jugements, lui il tue juste parce qu'une tête ne lui revient pas. _Vous savez ce que l'on dit, contente-toi de ce que tu as, tu ne sais pas ce que tu auras après.
Les deux guerriers regardent la blonde qui vient de parler.
_Combien d'hommes reste-t-il ? Légendrios est toujours en vie ? Demande la brune en regardant la barde verser le thé dans les tasses.
Son esprit repasse tout ce temps où le bonheur était présent, la sensation de liberté quand elle discutait avec son ange, la quiétude quand, chaque matin, elle l'a regardait dormir recroquevillée dans son fauteuil, le pincement au cœur à cette vue de l'innocence, la douceur en elle lorsque la blonde lui sourit.
Si elle reprend son trône, ces moments de pur bien-être deviendront de simples souvenirs, son cœur léger redeviendra lourd, encore plus lourd, car en plus de ses démons, il y aura ses souvenirs, elle regrettera ce qu'elle ne connaissait pas avant. Mais si elle choisit Gabrielle elle devra vivre cachée. Peut-elle laisser le monde souffrir pour un dictateur, juste pour préserver son paradis ? Peut-elle vivre avec la peur d'être découverte ? Peut-elle vivre en sachant que sa capture signifierait la mort de Gabrielle ? Peut-elle risquer la vie de cet être si pur ?
_Une centaine d'hommes seulement a survécu, épargnés uniquement s'ils servaient César et le lieutenant est dans une cellule. _Bien, on va envoyer ce romain au Tartare. Recrute une armée hors de la ville pour ne pas éveiller les soupçons. Trouve un homme de confiance pour faire ce travail, n'en parle à personne tant que ce n'est pas fait. Dit la guerrière au soldat alors que le même éclat qu'elle avait dans le regard lors des batailles apparaît dans ses yeux. _Mais on ne pourra jamais avoir assez d'hommes pour renverser les romains, il nous faut un autre plan. _Non, mais on a l'effet de surprise, de plus si on attaque de nuit, par l'extérieur et l'intérieur en même temps, ça augmente déjà nos chances. _Bien sûr et si les hommes tuent déjà ceux qui dorment, après il n'y aura plus qu'a s'occuper de ceux qui sont de garde. Dit le jeune fier de montrer à sa chef son intelligence. _Oui. Tiens-moi au courant lorsque tu auras rassemblé des troupes.
Gabrielle écoutait buvant son thé en silence, son cœur semble se déchirer. Si la Conquérante revient, jamais elle ne reverra cette femme qui a comblé un vide dans son être. Elle restera une barde, qui avec un peu de chance, sera convoquée au palais lors de soirée.
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