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Moi : Joyeux Noël Grand Père Lui : Joyeux Noël Léa. Moi : Tu as l'air de t'amuser ? Lui : Oui. Lexie et Margarett sont là. Moi : Oh. Je peux lui parler ? Lui : A Margarett ? Moi : Euh non… Je pensais plutôt à… Lui : A lexie ? Moi : Oui. Lui : Je te la passe. Moi : Merci. Elle : Bonjour. Moi : Bonjour. Elle : Comment vas-tu ? Moi : Bien. Je suis chez mes parents. Elle : Et tu vas bien ? Moi : Je préfèrerais être ailleurs mais bon on n'a pas toujours le choix. Elle : Il semblerait, oui.
Un silence sur la ligne.
Moi : Tu fêtes Noël chez mon Grand Père ? Elle : C'est Noël aujourd'hui ? Moi : Ben oui. On est le 25 décembre. Tu l'ignorais ? Elle : Non, je te faisais marcher. Je sais quel jour nous sommes, mais je ne fête pas Noël. Moi : Pourquoi ? Elle : Car Noël ne veut rien dire pour moi. Moi : Si on enlève le côté religieux, ça reste une fête laïque et familiale. Elle : Nous avons nos propres fêtes comme Yule, mais aucune ne correspond aux vôtres et puis je n'ai pas vraiment de famille. Moi : Dans l'immédiat, tu as Grand Père. Elle : On peut voir les choses comme ça, mais ça reste ta famille.
Nous nous sommes dit au revoir et j'ai raccroché. J'aurais aimé lui parler plus longtemps, mais j'ai bien senti que Lexie n'était pas très conversation téléphonique. C'est vrai, pourquoi s'embarrasser d'un téléphone quand on peut communiquer de plein d'autre manières différentes ? Mais chez elle, j'ai vu un ordinateur et elle a un téléphone portable vu qu'elle me l'a prêté pour appeler Grand Père. Deux choses anachroniques dans sa vie.
Mercredi 30 décembre / Céadaoin 30 Nollaig
Les résultats de nos examens sont tombés ce matin vers 11 heures. La bonne nouvelle c'est que j'ai eu d'excellentes notes, ce qui me permet d'obtenir la bourse que je voulais pour faire mes recherches. Je vais donc pouvoir aller passer un an dans la région de mon Grand père pour étudier les phénomènes particuliers de cette région et rédiger mon mémoire là-dessus. Je devrai ensuite le soutenir devant le jury et si tout va bien, mes années d'étude seront validées. Je suis super excitée, mais d'un autre côté, j'ai un peu peur de la réaction de Lexie. Elle m'a bien montré pour son anniversaire que je lui plaisais et que je ne la laissais pas indifférente, mais de là à accepter que j'envahisse son monde, il y a une sacrée différence.
Jeudi 31 décembre / Déardaoin 31 Nollaig
Cette nuit, j'ai rejoint Lexie dans mes rêves. Elle était assise au bord du lac, au bout du ponton. Sur son visage, il y avait les stigmates de la fatigue bien qu'elle faisait beaucoup d'effort pour ne pas le montrer. Je me suis doucement assise à côté d'elle, en premier lieu pour ne pas briser la quiétude des lieux, mais aussi car mon corps était encore un peu chamboulé du voyage.
Moi : Tu ne dors jamais ? Elle : Si bien sûr. Tu en as eu la preuve. Moi : Oui, je sais, mais les nuits où je te rejoins, tu ne dors pas. Elle : Je vais me coucher quand tu te lèves. Moi : Ho ! C'est assez logique. Elle : Certaines choses le sont. Moi : Tu vas fêter le nouvel an quelque part tout à l'heure ? Elle : Je ne fête pas le nouvel an. Moi : Pourquoi ? Elle : Tu sais, dans le monde que je protège, il n'y a pas vraiment de nouvel an. Il y a le passage de la lumière à la nuit et de la nuit à la lumière. Moi : Les solstices ? Elle : Oui. Moi : Ce sont vos deux grandes fêtes ? Elle : Ce sont les deux qui regroupent tous les peuples. Mais après, chacun à ses propres fêtes. Tu as assisté à certaines d'entre elles. Moi : C'est vrai. Donc tu ne vas rien faire pour le 31 décembre ? Elle : Pour l'instant rien de plus que ce que je ne fais habituellement. Moi : Viens me rejoindre. Elle : Comment ça ? Moi : Viens faire la fête avec moi dans mon monde. Utilise une pierre ou un chemin de traverse. Je ne sais pas, un de tes tours pour être de l'autre coté tout à l'heure. Elle : Pourquoi ? Moi : J'aimerais commencer la nouvelle année à tes côtés physiquement, en chair et en os. Elle : Tu le veux vraiment ? Moi : Oui. Elle : Ce n'est pas un caprice ? Moi : Non.
Elle plonge son regard dans le mien et je sens à nouveau cette impression qu'elle me sonde, qu'elle lit en moi, qu'elle fouille mon âme. Elle doit être satisfaite de ce qu'elle a lu, car elle détourne le regard vers le lac.
Elle : Bien. J'essayerai d'être chez toi à l'heure du passage. Moi : L'heure du passage ? Elle : Vous appelez ça " entre chien et loup ". Moi : Pourquoi tu appelles ça " l'heure du passage " ? Elle : Car au moment où le soleil croise la lune, les barrières sont plus fines. Moi : Je te verrai donc tout à l'heure. Elle : Si tout va bien, oui.
Je me suis réveillée tard, plutôt détendue et heureuse. Lexie allait venir ce soir pour passer le réveillon du nouvel an avec moi. Je suis curieuse de savoir comment elle va se comporter. Mais j'y pense, je ne lui ai pas dit que l'on allait à une soirée étudiante. Elle pense sûrement que l'on va se retrouver en tête à tête chez moi. Oups !
Je suis assise sur l'appui de ma fenêtre et j'attends que Lexie arrive. Dehors, c'est entre chien et loup. Elle ne devrait plus tarder. On frappe à la porte. C'est sûrement elle. J'ouvre. C'est elle. Elle porte un jeans noir et une chemise bleue sous un blouson en cuir chocolat. Elle dégage un charme fou.
Moi : Tu ne lui as pas demandé de te laisser la traverser cette fois ? Elle : Je n'ai pas de pierre de voyage, c'est un peu différent. Moi : Comment es-tu venue alors ? Elle : Je ne peux pas te donner toutes les clés, Léa. Moi : Tu dois repartir quand ? Elle : Entre Loup et Chien. Moi : Je pourrai voyager de cette manière moi aussi ? Elle : Je l'ignore. Au début, j'aurais dit non, mais au vu des derniers évènements je ne sais pas, peut-être. Moi : Comment ? Elle : Je ne peux pas te le dire. Moi : Allez ! Elle : Léa. Moi : Ça faisait longtemps que je ne t'avais pas insupportée avec mes questions. Elle : Tu étais devenue sage. Moi : Et je n'ai pas envie d'être sage ce soir. Elle : Je suis en danger alors. Moi : Il y a un problème avec l'intégrité de ton essence quand tu voyages de cette manière ? Elle : Non, je suis entièrement là. Moi : Bien alors je peux t'embrasser à loisir ? Elle : Oui.
La nuit est complètement tombée quand j'arrive enfin à me détacher d'elle. C'est dingue comme elle m'attire, m'aimante, me fait perdre notion du temps et de l'espace.
Moi : Il est temps que l'on y aille. Elle : Où ? Moi : A la fête.
J'attends sa réaction.
Elle : Passe devant, je te suis.
Ben mince alors, elle n'est pas étonnée. La nuit dernière au bord du lac, quand elle m'a regardée au fond des yeux, elle a peut-être vraiment lu dans mes pensées. Et cela commence un peu à me faire peur.
La fête a lieu dans une ancienne usine issue de la révolution industrielle. Les murs sont en briques rouges et à l'extérieur, il y a une grande cheminée. A l'intérieur, la musique est déjà forte. Les corps sont déjà en train de se trémousser, de se rapprocher, de se frotter, de se coller. Dans les coins certains s'embrassent déjà. Ce que je ne vous ai pas précisé, c'est que la soirée est Gay Friendly. Lexie n'a aucun geste de recul quand je commence à avancer. Elle a un regard normal, bleu nuit. Par contre, les regards que je croise et qui se posent sur elle, sont intéressés, gourmands, envieux, désireux… Je suis fière et jalouse. Fière car c'est avec moi qu'elle est venue. Jalouse car il y a beaucoup trop d'intéressés et d'intéressées autour de nous. Si je m'écoutais à cet instant, je l'embrasserais à pleine bouche pour bien montrer aux autres qu'elle est à moi. Mais ça serait puéril. Et j'ai compris qu'il fallait mieux éviter d'être puéril avec Lexie. Je retrouve mes amis. Je fais les présentations. Lexie se prête au jeu. Elle n'est pas sur le reculoir. Cela m'étonne un peu, vu son comportement à l'ouest. Quand Sam lui demande d'où elle vient, elle répond simplement qu'elle vient de l'autre coté de l'île. Elle discute de tout et de rien. Je suis surprise de ses connaissances sur l'actualité et les choses à la mode du moment. Elle propose une tournée, je l'accompagne.
Moi : Tu as besoin d'argent ? Elle : Non, j'ai ce qu'il faut.
Je la regarde sortir un portefeuille de la poche arrière de son jeans. Elle tend un billet au barman.
Moi : J'ignorai que tu avais de l'argent. Elle : Comment crois-tu que je paye mes tartines et mon verre de lait chez Margarett ? Moi : Tu as un job en plus de celui de protectrice du petit peuple ? Elle : En quelque sorte. Moi : Tu m'expliques ? Elle : Plus tard. Pas ici.
La soirée avance, les tournées de bière s'enchaînent. Nous dansons ensemble sur tous les rythmes. J'ai une préférence pour les slows, ses mains sur mes reins, son corps contre mon corps, mes mains sur sa nuque, mes lèvres dans son cou. Plusieurs filles l'ont approchées, lui ont proposées une pinte, ont voulu danser avec elle. Elle a tout décliné avec un sourire d'excuse. L'alcool commence à embrumer mon cerveau mais pas celui de Lexie. Pourtant, elle a bu la même chose que moi. Nous sommes sorties prendre l'air à ma demande.
Moi : L'alcool n'a pas d'effet sur toi ? Elle : Il faut croire que non. Moi : Comment ? Elle : Question de métabolisme, je suppose. Moi : Parce que moi ça commence à tourner. Elle : Comme le temps, il est minuit dans 15 secondes. Moi : Une nouvelle année qui commence avec toi. Elle : Zéro.
Elle vient poser ses lèvres sur les miennes et m'attire contre elle. La chaleur de son corps se diffuse au mien. Une sensation étrange se répand dans ma tête. Mon esprit devient clair.
Moi : Qu'est-ce que tu m'as fait ? Elle : Je ne sais pas. Rien. Moi : Ça ne tourne plus. Elle : C'est une bonne chose, non ? Moi : Oui. Mais j'aimerais comprendre parfois. Elle : Je ne peux pas l'expliquer. Tu es la première femme que j'embrasse. Moi : Pardon ?
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