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Je suis chez Grand Père assise à la table de la cuisine, la nuit est tombée depuis peu. Quand je suis rentrée, Il m'a interrogé sur ma promenade matinale. J'ai juste répondu que je m'étais réveillée de bonne heure et que j'avais voulu voir le lever du soleil sur les collines. Je n'ai pas parlé de Lexie même quand il m'a pressée de questions. Il m'a refait un discours sur le fait qu'elle était dangereuse pour moi. Que je devais l'éviter. Qu'elle n'était pas comme nous. J'ai fait de nouvelles recherches sur le net avec "Etre de Grand père vient de rentrer dans la cuisine. Il n'a pas son sourire habituel.
Moi : Qui y'a-t-il Grand Père ? GP : J'ai appelé tes parents, ils viennent demain. Ils arriveront en début d'après midi. Moi : Pourquoi ? GP : Il faut que je parle avec eux. Moi : Pourquoi pas par téléphone.
Il ne m'a pas répondu. Il est parti dans sa chambre sans un "bonne nuit". Vraiment pas comme d'habitude.
Mardi 25 Juillet
Grand Père ne me lâche pas d'une semelle. Il me surveille comme le lait sur le feu. Mes parents seront là dans moins d'une heure maintenant et je n'ai aucune envie de les voir. Si j'ai voulu venir ici, c'était pour être loin d'eux pendant deux mois.
Ils sont là. On est tous les quatre assis autour de la table. Mes parents et Grand Père ont discuté sans moi pendant une bonne heure. Ils me regardent tous comme si j'avais fait une énorme bêtise et qu'ils ne savaient pas comment me punir. Le silence devient pesant. C'est mon père qui se lance.
P : Léa, on en a discuté avec ton Grand Père, tu vas rentrer avec nous. Moi : Quoi ? M : Ne fais pas ton enfant tu as bien entendu, tu rentres avec nous. Tes vacances ici sont terminées. Moi : J'ai peut être mon mot à dire. Je ne suis plus une petite fille. P : Tu rentres, tu vas travailler au bureau avec moi. Moi : Mais la finance n'est pas mon domaine. Et j'ai choisi de venir ici pour mes vacances, j'ai encore un mois à passer ici, et je compte bien rester. P : Tu as beaucoup changé depuis ton entrée à la fac. Moi : J'ai commencé à changer avant la fac mais vous ne vous en êtes pas aperçus.
Je me lève, repoussant ma chaise.
Moi : Pour vous je suis toujours la gentille petite Léa. Vous ne m'avez pas vu grandir. Vous vivez dans votre monde et vous me forcez à y vivre aussi. Mais j'étouffe, j'ai besoin d'air, d'espace. Et ici je me ressource. GP : En allant traîner autour du lac.
La petite phrase de mon Grand Père m'a stoppé net.
Moi : Quoi ? P : On sait ce que tu vas faire là bas. Moi : Comment ça ? P : On va arrêter de perdre du temps je dois être ce soir à une réunion. C'est simple, tu veux rester ici, tu arrêtes d'aller voir la fille de la forêt. Moi : Mais- P : C'est ça ou tu rentres. Moi - le regard des mauvais jours : Je reste. P : Bien, ton Grand Père nous tiendra au courant si tu la revois, tu rentres. Moi : Merci j'avais compris.
Après le départ de mes parents, mon Grand Père était entrain de déposer les tasses dans l'évier quand je suis rentrée dans la cuisine.
Moi - en colère : Merci Grand Père. Je croyais que tu étais de mon côté. GP : Ca n'a rien à voir. Moi : Pourquoi ? Qu'est ce qu'elle vous a fait ? GP : Ne t'occupe pas de ça. Moi : Oh si. Mes parents ont traversé l'île pour venir me menacer de me rapatrier chez eux si je la revoyais. Alors qu'avez-vous contre elle ? GP : Elle n'est pas comme toi. Moi : Comment ça pas comme moi ? GP : Laisse-moi, je ne te répondrais pas. Et si tu dois savoir une seule chose c'est qu'elle a du sang sur les mains. Moi : Hein ?!?
Mais Grand Père était déjà sorti.
Samedi 29 Juillet
Je n'ai pas pu remettre un pied autour du lac. Je suis constamment surveillée. Si ce n'est pas par Grand Père, c'est par la bande de grenouilles de bénitiers.
J'en ai marre, il est minuit passé et je suis assise sur le canapé qui me sert de lit. La lune est voilée par des nuages noirs qui courent devant elle. Je ne peux m'empêcher de regarder le ciel et de penser à toi. Lexie… Qui es-tu ? Tous les mots que j'entends à ton sujet sortant de leur bouche commencent à me mettre le doute face à ton humanité. Ils disent que tu as pactisé avec le diable, que tu fricotes avec les forces obscures, que tu pratiques la magie noire et que tu sacrifies des animaux au cours de rituels sataniques. Mais je t'ai vue avec ce petit bonhomme, tu l'as soigné, tu m'as ouvert ta porte sous la pluie, tu m'as raccompagnée. Qui es-tu ? Qui es-tu vraiment ? Je me pose tellement de questions sur toi. Es-tu la fille de la lune et du soleil ? Pourquoi je me sens aussi bien dans tes vêtements ? Pourquoi sous la pluie les murs de ta maison étaient chauds à l'extérieur ? Pourquoi quand tu me regardes, je ne peux plus penser ou bouger comme je le voudrais ? Pourquoi le son de ta voix me fait frissonner ? Pourquoi quand tu me regardes, j'ai l'impression que tu lis en moi ? Si tes yeux ont l'éclat de la lune, ta peau a-t-elle la chaleur du soleil ? Est-ce que tes lèvres sont aussi douces que parfois tes mots sont durs ? Est ce que tes mains sont aussi tendres quand tu fais l'amour que quand tu soignais le petit Scotty ? Suis-je la seule à avoir eu la chance de voir ton autre regard ?
Houlà ! La vous devez vous dire que j'ai viré au dingue. Mais non ou peut être si un peu je crois. Ce n'est pas comme si c'était la première fois qu'une femme provoque en moi des sensations de ce type mais jamais avec cette intensité. Vous devez vous dire que j'ai un peu triché en me présentant. Mais c'est un peu dur de le dire de but en blanc. Et pour vous rassurer il y a juste certaines choses que je ne vous ai pas dites à mon sujet. Je n'en ai pas honte mais si je pose beaucoup de questions je n'aime pas répondre à celles que l'on me pose quand elles ont pour sujet ma vie privée. Je n'aime pas me raconter mais sur ces pages c'est comme si une force me poussait à le faire. A dire ce qu'il y a au plus profond de mon cœur et de mon âme. J'habite la Capitale de l'île, encore chez mes parents mais plus pour très longtemps. A la rentrée j'emménage près du campus. Mes parents sont des bourgeois conservateurs. Ils ont beaucoup de connaissances mais très peu, voire pas du tout, d'amis. Ils vivent dans le centre dans un duplex où si je le souhaite, je peux ne pas les croiser tellement il est grand. Je vais à l'université. J'étudie la biologie et la chimie, je veux faire de la recherche. J'ai toujours besoin de comprendre et d'expliquer ou de me faire expliquer les choses. J'aime sortir et aller à la rencontre de nouvelles personnes. Vous allez me dire que je tourne autour du pot. Il fait nuit noire maintenant dehors et les bruits semblent atténués. Dans cette atmosphère, il est plus facile pour moi de vous dire la suite. Dans mon portefeuille, vous ne trouverez pas de photo de garçon. Il y a quelques mois en arrière vous auriez trouvé la photo d'une jeune femme, blonde aux yeux marron (Aucun point commun avec Lexie, je vous l'accorde). Et oui, vous l'avez sûrement deviné maintenant, j'ai une forte préférence pour les femmes et pour ceux qui auraient encore besoin de sous titres : je suis lesbienne (enfin je pense). Mes parents le savent mais font comme si de rien n'était. Mon Grand Père l'ignore par contre. Et en ce qui me concerne, pour la communauté gay, je suis encore soumise à controverse.
Après ces aveux vous comprenez mieux mes divagations plus haut. Certains crieront au scandale, au pas normal, diront que je suis une anomalie génétique, sûrement dûe à un défaut dans mon ADN C. Les plus tolérants m'accepteront comme je suis. Depuis quelque temps, je sens au fond de moi que quelque chose va se passer...
Dimanche 27 Juillet
Après la messe, Grand Père est parti dans la forêt avec d'autres hommes du village. J'en profite pour fausser compagnie aux grenouilles en leur disant que je vais en ville, que je prends ma voiture et que je rentrerais tard. Sur la table de la cuisine je laisse un mot à mon Grand Père lui disant que je vais au pub pour m'amuser avec des jeunes de mon âge. Mais je ne prends pas du tout la direction de la ville, je prends la direction du lac. Cinq jours sans la voir c'est long. Chaque nuit pendant tout ce temps, j'ai rêvé, beaucoup, mais dès que j'ouvre les yeux, les images disparaissent en même temps que les dernières brumes du sommeil.
Je marche vite, j'ai planqué la voiture sous un arbre aux branches basses, j'ai hâte d'arriver. Mais ce que je craignais au fond de mon esprit arrive, je ne trouve pas le chemin de sa maison. Je sais que je ne suis pas loin. C'est comme si sa maison ce cachait. Je cherche à travers les arbres pendant une heure et n'étant pas très patiente quand il s'agit de moi je commence à fulminer. J'en suis à jeter des cailloux dans le lac quand je remarque que quelque chose bouge sur l'étendue verte sur la rive d'en face. Une tache blanche et rouge. Je sais d'instinct qui c'est. Je m'élance sur le chemin qui contourne le lac.
Il ne m'a pas fallu longtemps pour rejoindre l'autre coté. Et je ne m'étais pas trompée. Elle est là, Lexie, dans son baggy rouge et son t-shirt blanc sans manche.
Moi : Salut Lexie.
Elle se retourne d'un bloc.
Elle : Léa. Moi : Comment vas-tu ? Elle : Que fais tu là ? Moi : Merci très bien. Elle : …
Son regard est interrogatif et étonné à la fois.
Moi : Je t'ai demandé comment tu allais. La moindre des choses est de me répondre. Elle : Ca va merci. Moi : Bien. Tu prévois quelle météo pour aujourd'hui vu que tu prédis la pluie à la minute prêt ? Elle : Il ne pleuvra pas aujourd'hui. Moi : Bien.
Je commence à m'approcher d'elle. C'est comme si elle ne faisait pas attention à moi.
Moi : Que fais-tu ? Elle : Je cherche quelque chose. Moi : Quoi donc ? Elle : Quelque chose. Moi : T'es pas drôle. Allez dis moi.
Elle ne me répond toujours pas. Elle scrute le sol, je m'approche en faisant le moins de bruit possible. Arrivée dans son dos, je pose ma main sur son épaule, elle sursaute, se retourne, fait un pas en arrière et pouf disparaît de ma vue.
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