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Elle ne met pas longtemps à revenir, à la main elle tient une trousse de secours.
Moi : Les bandages sont à ma taille ? Elle : T'inquiète pas pour ça. Tu peux retirer ta chaussure ou il faut que je t'aide ?
Je me penche et commence à défaire mes lacets mais quand je tire sur ma chaussure pour l'enlever je dois faire une grimace assez expressive car Lexie pose ses mains sur les miennes pour arrêter mon geste.
Elle : Laisse moi faire.
Je ne sais pas si c'est sa voix dont le timbre a changé ou bien la chaleur de ses mains mais je ne peux retenir le frisson qui parcourt mon dos.
Elle : Tu as froid ? Moi : N... Non. Non, non.
Elle arrive à m'ôter ma chaussure sans douleur. Elle s'assoit sur une chaise et pose mon pied sur sa cuisse. Elle palpe ma cheville qui a commencé à légèrement enfler.
Elle - concentrée : Ok, ne bouge pas je vais essayer de réparer ça. Moi : De… de réparer ?
Elle pose à nouveau ses deux mains sur ma cheville et exerce une pression. Je sens quelque chose craquer, puis une douleur pendant une seconde et plus rien.
Elle : Ca va ? Moi : Heu… Oui. Mais comment tu…? Elle : Je vais te mettre une attelle pour soutenir.
Elle disparaît à nouveau par une porte. Je regarde autour de moi et je cherche les ampoules qui éclairent la pièce. Elle revient et se rassoit devant moi. Elle positionne l'attelle et referme les fixations.
Elle : Voilà avec ça tu ne devrais pas trop boiter mais il faudrait éviter que tu t'appuies dessus ce soir pour laisser le temps à ton articulation de se souvenir de la bonne position. Moi : Tu peux me passer mon téléphone, je vais prévenir Grand Père que je reste dormir en ville. Comme ça je resterais là cette nuit et je retournerais au village demain pour midi. Elle : Hein !?! Tu veux faire quoi ? Moi : Appeler mon Grand Père. Elle : Non après. Moi : Oh. Dormir ici. Elle : Ah non c'est pas possible, c'est pas possible. Moi : C'est toi qui a dit qu'il ne fallait pas que je force. Tu veux quand même pas que j'aille dormir dehors. Elle : Non. Appelle ton Grand Père.
Elle sort de la pièce me laissant téléphoner. Grand Père préfère cette solution, il n'aimait pas trop l'idée de me savoir seule sur les petites routes en pleine nuit. Je raccroche en lui souhaitant bonne nuit. Je saute sur un pied pour rejoindre la porte derrière laquelle elle a disparu mais avant que je puisse attraper la poignée, elle ouvre la porte et je me retrouve face à elle.
Elle : Tu ne peux pas rester en place cinq minutes.
Je suis incapable de répondre car je suis hypnotisée par son regard. Elle est tellement proche que je dois relever la tête. Elle n'est pas une montagne de muscle, ce serait même plutôt l'inverse mais elle m'impressionne. Il se dégage d'elle une force, une puissance surprenante. Je la vois se baisser et me charger sur son épaule comme un sac à patates.
Moi : Mais qu'est ce que tu fais ? Elle : Je te ramène à ton point de départ que tu vas me faire le plaisir de ne plus quitter.
Elle me pose sur une chaise au bout de la table. La même qu'elle occupait le soir de pluie. Elle n'a pas l'air de vouloir faire la conversation. Elle est debout au milieu de la pièce ne sachant pas quoi faire. Comme si elle n'avait pas l'habitude que quelqu'un d'autre soit là.
Moi : Comment va le petit Scotty ? Elle : Mieux. Moi : Il est encore là ? Elle : Oui. Moi : Je peux le voir ? Elle : Léa. Moi : Je sais mais s'il te plait et puis je l'ai déjà vu et en petite tenue en plus alors…
Elle se retourne et sort de la pièce pour revenir très rapidement. Elle s'approche de moi. Dans sa main, il y a le petit Scotty qui est debout dans sa paume se tenant à son pouce replié.
Elle : Scotty, je te présente Léa.
Je regarde ce petit bonhomme qui me sourit timidement. Il porte un petit pyjama tout vert.
Moi : Bonjour Scotty. Ca va mieux ? Scotty : Bonjour Léa. Oui merci ça va.
Et il devient tout rouge.
Elle : Il est timide. Moi : Je vois ça.
Lexie pose Scotty sur la table.
Elle : Tu as faim ?
Scotty et moi répondons en même temps un oui franc. Elle se retourne et elle sourit. Et ce sourire est wow. C'est la première fois que je la vois sourire et c'est merveilleux. Son visage si sérieux s'illumine d'un coup. Mais quand elle croise mon regard elle cesse tout de suite et reprend son masque de dureté. Elle prépare le repas sans rien dire. Elle installe les assiettes et pour Scotty, elle pose une petite table et un petit tabouret sur la grande table. Elle pose devant lui une assiette, une fourchette, un couteau, une cuillère et un verre tout ça à sa taille. Et pour finir elle lui tend une micro serviette qu'il se noue autour du cou. Je regarde ça, fascinée. Alors que la situation devrait me paraître incongrue, elle me semble tout à fait naturelle. Je la regarde, elle, en train de servir les assiettes et s'asseoir en face de moi à l'autre bout de la table. Elle doit sentir mon regard sur elle car elle relève les yeux.
Elle : Quoi ? Moi : Combien de personnes sont rentrées dans cette maison ? Elle : Tout dépend de la taille des personnes auxquelles tu penses. Moi : Je parle d'humains. Elle : Ah, alors la, le calcul est simple. Depuis que j'y habite, tu es la première.
J'en avale de travers. Je tousse un bon coup ce qui fait rire Scotty.
Moi : Personne n'est venu ? Elle - très naturelle : Non. Moi : Pourquoi ? Elle : A ton avis ? Moi : Heu… Elle : Tu es là mais tu as menti à ton Grand Père. Moi : Il ne veut pas que je vienne. Elle : Je sais. Mange.
Elle baisse à nouveau la tête dans son assiette et ne dit plus rien. Le petit Scotty mange tranquillement sa soupe quand d'un coup il éternue, manquant de tomber de son tabouret. Je ne peux m'empêcher de rigoler ce qui le fait rougir. Lexie se lève et va vers un petit placard accroché au mur. Elle ouvre une porte attrape quelque chose et revient vers la table. Elle tend au petit bonhomme un bout de tissu. Il le déplie et se met à souffler dedans. Je n'y crois pas, elle lui a amené un mouchoir.
Elle : A tes souhaits Scotty. Scotty : Merci. Désolé. Elle : C'est pas grave, termine de manger.
Je ne ris plus car je suis fascinée par les deux personnes qui sont en face de moi. L'une adulte mais indéchiffrable et l'autre tout petit mais tout mignon. Il semble y avoir une tendresse indéniable entre eux deux. Je sens au fond de moi un sentiment de jalousie envers Scotty car lui a le droit à cette part de Lexie qu'elle me refuse encore. J'ai l'impression d'être l'ennemie dans cette maison alors que je veux juste la connaître et comprendre qui elle est.
Le repas terminé, je la regarde s'affairer dans le coin cuisine. Je n'ai pas bougé de ma chaise. Scotty est toujours à sa table mais maintenant il est entrain de dessiner sur vous l'aurez deviné : une petite feuille et avec un petit crayon. Elle revient sur la table avec une petite bassine, elle va fouiller dans un tiroir et revient avec une serviette et une petite tenue. Le petit dessinateur voyant ça, se lève et va vers la bassine. Il commence à ôter sa veste de pyjama quand il se tourne vers moi puis regarde Lexie. Elle lui sourit.
Elle : Léa tu pourrais te tourner ou bien regarder ailleurs ? Moi : Pourquoi ? Elle : Car Scotty voudrait se déshabiller pour aller dans son bain et il est très pudique. Moi : Oh pardon.
Je fais un quart de tour sur moi même et regarde le mur en face de moi.
Elle : C'est bon tu peux à nouveau regarder, il est dans l'eau.
Et c'est vrai. Je ne vois que sa petite tête dépasser. Elle me demande de faire la même chose quand il sort de son bain. Puis elle le fait monter sur sa main et s'approche de moi. Elle passe son bras autour de ma taille pour me soutenir et elle me guide vers une des portes. De l'autre côté c'est sa chambre (enfin je crois), elle me laisse près du lit et va déposer Scotty de l'autre coté de la pièce dans un petit lit en bois posé sur un bureau. Et chose qui me choque, il y a un ordinateur portable sur le bureau. Elle l'aide à s'allonger et le borde. Elle lui caresse la joue et lui souhaite une bonne nuit. Elle fait un léger détour par une commode avant de venir me rejoindre. Elle me tend un short et un t-shirt. Alors que je commence à me déshabiller elle me tourne le dos. Elle soutient ma cheville pendant que je m'allonge. Elle rabat ensuite la couette sur moi.
Moi : Et toi où vas-tu dormir ? Elle : Ne t'occupe pas de ça. Endors-toi. Moi : Il y assez de place pour deux, je peux me pousser et- Elle : Non c'est bon repose toi, tu en as besoin et moi je dois veiller sur le petit Scotty. Moi : Comme tu veux, tu es chez toi.
Et je me cale dans l'oreiller très douillet sans pouvoir m'empêcher de la regarder assise à son bureau entrain de lire un livre dont je n'arrive pas à déchiffrer le titre. Je sens mes yeux se fermer tout seul, puis je sombre dans les bras de Morphée.
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