A new start

Chapitre 17




 

Le lendemain matin à 7h30, un infirmier entra dans la chambre. Les filles dormaient à poings fermés. Yulia avait la main droite sur le sein de Lena et la tête dans son cou.

Le jeune homme s'approcha de la perfusion pour en régler le débit.

-         Bonjour mesdemoiselles ! chuchota-t-il.

Lena se réveilla quasi immédiatement. Yulia, quant à elle, ne bougea pas.

-         Je viens vous chercher pour votre fibroscopie.

-         D'accord.

Elle passa la main sur le visage de la petite brune qui dormait toujours, lovée contre elle.

-         Yulka, chérie, il faut que tu te réveilles… je dois partir faire des examens.

-         Hum… Laisse-moi dormir encore un peu !

-         On ne peut pas ! Je m'en vais tout de suite.

Elle se releva difficilement, les yeux mi clos.

-         Tu vas où ?

-         Faire sa fibroscopie, intervint l'infirmier.

Yulia sursauta en entendant une voix masculine. Elle passa se passa les deux mains sur le visage et s'assit sur le lit en bayant.

-         Ça va durer combien de temps ?

-         Vraiment pas longtemps. Elle sera de retour d'ici une heure.

-         Ok.

Il enleva les freins du lit de Lena et la tira vers la porte.

-         Attendez ! dit Yulia en se mettant debout.

Elle s'approcha de Lena.

-         Vous pouvez nous laisser deux minutes ?

-         D'accord.

Une fois qu'elles furent seules, elle se pencha vers Lena.

-         A tout à l'heure ! Dors encore un peu, tu en as besoin !

-         Non, je t'attends !

-         Pourquoi tu lui as dit de sortir ?

-         Parce que je ne voulais pas qu'il voit ça !

Elle colla ses lèvres à celles de la jeune rousse. Leurs langues se touchèrent et dansèrent ensemble. Yulia se décolla quelques instants plus tard dans un soupir.

-         Je t'aime Katina !

-         Moi aussi Volko !

 Elle alla chercher l'infirmier et retourna dans son lit.

 

 

-         Bien, nous avons les résultats. Nous comprenons maintenant votre douleur…

Martirev réfléchit un moment.

-         Qu'est-ce qu'elle a ? intervint Yulia paniquée. Elle prit la main de Lena dans la sienne et la serra fortement.

-         J'ai d'abord quelques questions à vous poser. Est-ce que vous avez souvent été au régime ces derniers temps ?

-         Euh… Oui. Depuis 3 ans.

-         Pour quelles raisons ?

-         On m'a demandé de le faire. J'y étais quasiment obligée.

-         Bien. Vous fumez ?

-         Oui.

-         Vous buvez ?

-         Que très rarement !

-         D'accord. Alors je vous explique la situation. A cause de ces régimes à répétition et votre hypertension, la paroi de votre estomac a été attaquée. C'est la raison pour laquelle on doit vous opérer !

Les deux filles furent abasourdies par cette nouvelle. Yulia rompit enfin le silence.

-         C'est dangereux ?

-         Pour les calculs à la vésicule biliaire non, c'est anodin mais pour la paroi de l'estomac, il va falloir que l'on fasse quelque chose très vite. J'ai bien peur qu'il faille vous en enlever une partie.

-         De mon estomac ?

-         Oui. Mais vous savez on peut vivre même sans !

-         Mais vous m'opérez quand ?

-         Tout à l'heure. A 15 heures. Un anesthésiste viendra vous voir d'ici peu de temps. Je vous laisse un peu tranquille pour l'instant. Mais ne mangez pas aujourd'hui c'est très important.

 

-         Lena, tu veux que j'appelle tes parents ?

-         Oui, appelle ma mère. Mais je ne veux pas voir mon père !

-         Ok. je vais lui dire. Je descends pour l'appeler. Essaie de dormir un peu Lenok. Je reviens vite.

Elle allait sortir mais Lena lui attrapa le poignet.

-         Yulka, s'il m'arrive quelque chose, je voudrais que tu continues ta carrière, même sans moi. C'est très important.

-         Ne dis pas de bêtise ! Premièrement tout se passera bien et deuxièmement jamais je ne continuerais quoi que ce soit sans toi ! On est TATU  Toutes les deux ! Et puis hormis le groupe, je t'aime Lenochka ! Et t'as pas intérêt à me laisser tomber, tu as compris ? Tu vas guérir très vite et on va faire le tour du monde avec notre album, on va avoir un succès fou !

-         Comment peux-tu être si optimiste ?

-         Je ne suis pas optimiste chérie !Je sais que tu vas guérir !

-         Je t'aime mon cœur !

-         Moi aussi… mon amour.

Elle l'embrassa tendrement et descendit dans le hall.

-         Inessa ? C'est Yulia.

-         Yulia ? Pourquoi m'appelles-tu ? Si c'est pour me parler de toi et ma fille, ce n'est pas la peine ! Elena sait ce que j'en pense ! Elle dit qu'elle t'aime mais je suis sûre que tout est de ta faute !

-         Je n'ai pas envie de parler de ça avec vous aujourd'hui ! Je tiens juste à vous prévenir qu'on est à l'hôpital !

-         A l'hôpital ? Mais pourquoi ?

-         Lena est malade, très malade.

-         Quoi ? Mais qu'est-ce qu'elle a ?

-         On lui a dit qu'elle avait des calculs dans la vésicule biliaire mais elle a quelque chose à l'estomac. J'ai pas tout compris mais ils vont l'opérer d'urgence cette après-midi. Lena voudrait que tu sois là. Tu peux venir ?

-         Bien sûr ! j'arrive tout de suite !

-         Je  t'attends.

Elle raccrocha et sortit de l'enceinte du bâtiment, prit une cigarette et l'alluma. La fumée lui fit un bien énorme. Elle avait l'impression que ça l'apaisait un peu.

Au bout de deux clopes, une dame rousse s'approcha d'elle rapidement.

-         Yulia !

-         Tu es déjà arrivée ?

-         Oui, elle est où ?

-         Je  t'accompagne…

Elles entrèrent dans l'ascenseur.

-         Que s'est-il passé ? Demanda madame Katina.

-         Elle a déjà eu des problèmes à Los Angeles et les médecins nous avaient dit que c'était un ulcère. Mais quand je suis revenue de mes vacances, je l'ai trouvée inconsciente dans le lit. Et je l'ai amenée tout de suite ici.

-         Merci d'avoir pris soin d'elle.

-         C'est tout à fait normal. Je ne veux pas qu'il lui arrive quoi que ce soit. Je tiens à elle, vraiment.

Inessa se pinça les lèvres en entendant les mots de la petite brune. Elle allait répondre quand elles arrivèrent devant la chambre.

-         Je vais laisser seules, je crois que je vais prendre un café dans le hall.

-         Merci Yulia.

-         Pas de quoi.

 

Elle entra doucement dans la chambre sans taper. Sa fille était allongée, les yeux fermés. Madame Katina sentit son cœur se tordre. Elle s'approcha et s'assit sur le rebord du lit.

-         Lena ? chuchota-t-elle.

Aucune réaction. Elle caressa doucement les longs cheveux de sa fille. Cette dernière ouvrit enfin les yeux. Inessa la regardait tendrement.

-         Maman ? Tu es venue ?

-         Tu ne pensais quand même pas que j'allais laisser mon bébé à l'hôpital sans être à ses côtés !

-         Je ne sais pas… Avec la dernière discussion qu'on a eue. Je me suis dit que tu ne voudrais plus me voir.

-         Chut… Ne dis rien.

-         Si maman. Il faut que je te parle. C'est important.

-         Je t'écoute alors. Répondit Inessa, résignée.

-         Tu sais, Yulia et moi, nous allons vivre ensemble, avec Vika.

-         On ne peut pas changer de sujet ?

-         Non, attends ! Laisse-moi finir ! Je t'en ai parlé parce que je me sens bien avec elle, je suis heureuse et je suis aimée.

-         Mais Andreï t'aimait aussi non ?

-         Certainement mais moi je ne l'aimais pas vraiment. J'ai ouvert les yeux quand on était à Los Angeles. J'aime Yulia depuis que j'ai 14 ans maman et ça ne s'est jamais atténué.

-         Mais chérie…

-         Et je suis bien quand elle est avec moi, c'est tout ce qui compte. Tu ne veux pas que je sois heureuse ?

-         Bien sûr que si mais je ne comprends pas pourquoi tu es si attachée à elle !

-         Je ne pourrais pas te l'expliquer. C'est au-delà des mots. Mais je veux juste te dire que si je voulais t'en parler c'est parce que j'avais besoin de le faire. Mon bonheur est tellement grand qu'il faut que je le fasse partager. Et je voulais le faire avec toi. Parce que tu es ma mère et que je t'aime, et que tu m'as terriblement manquée quand j'étais aux Etats- Unis !

Elle pleurait depuis le début de sa tirade.  Sa mère l'enlaça et elles restèrent ainsi longtemps.

 







Depuis le 31/08/2008