Dans un lycée de Moscou, une fille aux cheveux courts et noirs,
coiffés en pics, courrait le plus vite qu’elle pouvait dans un couloir du second étage. Elle s’arrêta
devant une porte, respira un bon coup et tapa.
- Entrez cria une voie stridente et sèche.
La brune entra et présenta un mot au professeur.
- Vous appelez ceci une excuse Mademoiselle Volkova ? Dit le professeur d’un air désespéré. Allez vous
asseoir !
La fille fonça avec un grand sourire sur une fille rousse, aux cheveux ondulés, et des yeux gris vert
magnifiques qui lui lança le même sourire. Elle s’arrêta deux secondes devant elle et l’embrassa
passionnément.
- Mademoiselle VOLKOVA cria la femme, je vous en prie, vous arrivez déjà en retard, n’ajoutez pas de la
provocation en plus.
Toute la classe rigolait en voyant l’air désespéré du professeur à la vue des deux filles qui ne se
lâchaient plus.
- Mademoiselle Katina, s’il vous plait, dites lui de vous lâcher, je….je vous préviens, vous allez finir
chez le proviseur.
Les deux filles finirent enfin leur baiser incessant.
- C’est bon relaxez vous, on dérange personne non ? Moi on m’a appris la politesse ajouta la brune, je
dis bonjour quand j’arrive continua t-elle sur ton provocateur.
Des éclats de rire se firent entendrent. Le tint du professeur rosa.
- Vous êtes dans un lycée ici, il y a certaines choses qui ne se font pas, qui ne se montrent pas et qui
peuvent, d’ailleurs, choquer vos camarades.
- Des choses qui ne se montrent pas ? L’amour vous voulez dire, c’est ça que vous appelez une chose ?
L’amour entre deux filles vous dérange peut être ? Et personnellement je ne trouve pas mes CAMARADES très
choqués pour ma part, dit la brune en se tournant vers la classe qui n’arrêtait plus de rigoler.
Le professeur passa au rouge, elle retourna à son bureau.
- Tu ne peux pas arrêter de te faire remarquer Yulia dit la rousse en rigolant.
- Me faire remarquer, moi ? Pas du tout, si tu le prends comme ça, je t’embrasserai plus dit Yulia en
boudant.
- Tu ne peux vraiment pas t’en empêcher ? La rousse lui donna un baiser sur la joue. Yulia reprit le
sourire.
- Léna Katina, je ne le répèterai pas, taisez-vous !
Le cours de français se termina. Léna et Yulia étaient en terminale au Lycée Gradnern, une école
populaire située dans le centre de Moscou. Elles se connaissaient depuis trois ans et étaient ensemble
depuis maintenant presque une année déjà. Léna était une élève très sérieuse et appliquée, Yulia, par
contre ne s’intéressait pas trop aux cours à part ceux de chant, et de dessins. Leur relation était assez
bien prise par leur entourage, leurs amis s’y étaient habitués et les parents avaient fini par l’accepter
après s’y être opposé au tout début. Seul le père de Léna restait un peu réticent.
A la fin de la matinée, les deux filles allèrent manger, puis se rendirent ensuite au cours de sport, qui
était pratiqué dans un grand stade. Les élèves étaient allongés un peu partout sur la pelouse du terrain
en attendant leur tour.
- Yulia, cette fois-ci tu ne gagneras pas dit Nicolas, un copain de classe. Il était grand, brun,
cheveux coiffés en pics avec des yeux noisette. Il vivait dans le centre ville de Moscou avec sa mère,
son père étant parti quand il était jeune. J’ai fais 1M70 continua t’il, essaie de faire mieux c’est à
ton tour.
- Je suis sûre que tu peux largement le faire dit Léna en s’adressant à Yulia.
- J’aimerais bien voir ça dit Nicolas en croisant ses bras
Yulia s’avança sous le regard du professeur, elle se mit a courir et s’envola dans les airs, puis
atterrit en s’écrasant sur le matelas.
- 1M71 annonça le professeur en adressant un sourire à la brune, bon décollage Yulia.
- Ohh mais c’est pas vrai, tu sais voler ou quoi ? Se plaint Nicolas
- Et oui, tu croyais quoi, je suis imbattable rétorqua Yulia.
- Ouais, coup de chance, pour la prochaine fois, je ne te laisserai pas gagner, on va s’asseoir sur
l’herbe ?
- Je dois faire encore un saut et j’arrive, allez y, je vous rejoins dit Yulia en donna un petit baiser
à Léna
Léna et Nicolas allèrent donc sur la pelouse du stade en attendant que tous les élèves se fassent
évaluer.
- T’aimes bien les films d’horreur? Demanda Nicolas.
- J’aime ça oui, mais pas toute seule aussi non j’ai peur dit-elle en levant les yeux et je
cauchemarde toute la nuit ajouta t-elle en rigolant.
- Tu voudrais bien qu’on y aille samedi, y’en a un, il parait qu’il est génial dit Nicolas enthousiaste.
- Oui ça serait sympa, il faut juste que je demande confirmation à Yulia pour voir si elle n’a rien de
prévu, mais normalement ça serai possible.
- Ahhhh ouiii c’est sur dit-il un peu déçu. Vous ne faites jamais rien l’une sans l’autre ?
- Si bien sur ça nous arrive, on passe beaucoup de temps ensemble c’est normal, mais cela nous arrive
également de faire des choses séparées.
Ils se regardèrent dans les yeux, Nicolas fixa ses magnifiques yeux vert gris. Léna tourna le regard,
gênée.
- T’as de beaux yeux tu sais ? Complimenta Nicolas à la rigolade
- Oui je sais répondit Léna en faisant des gros yeux.
Ils plaisantèrent encore une bonne dizaine de minutes, puis Yulia les rejoignis.
- Tu as terminée ? Demanda Léna
- Oui ça y est, j’ai terminée toutes les épreuves, la semaine prochaine ça sera à ton tour, comme ça
c’est moi qui te regarderai pendant que tu travailleras un peu.
Elle s’allongea contre Léna sous le regard un peu gêné de Nicolas. Non pas que leur relation le
dérangeait, mais il en était un peu jaloux.
- Au fait, Nicolas nous demandait si on voulait bien aller au cinéma samedi pour voir un film d’horreur.
- Ah ouais ? C’est quoi comme film ?
- C’est Graster 2 répondit Nicolas. Mais si tu as des choses à faire c’est pas grave, on se refera une
sortie à trois une prochaine fois.
- Non, c’est bon pour moi aussi.
- Bon ben c’est parfait
- Oh Nico tu viens ? Appela un copain à lui
- J’arrive, bon les filles on reparlera de l’heure demain, je vais y aller, il y en a un qui est jaloux
rigola t-il. A demain ! Il fixa Léna et sourit.
- Ok à demain dit Léna.
Les deux filles restèrent un moment dans l’herbe, puis rentrèrent une bonne demi heure plus tard. Elles
dormaient souvent l’une chez l’autre, elles alternaient suivant les jours. Cependant, elles passaient la
nuit plus souvent chez Yulia car le père de Léna avait toujours un peu de mal avec leur relation.
Yulia vivait seule avec sa mère dans une petite maison, son père étant décédé quand elle était toute
petite, elle n’en avait presque aucun souvenir. Léna, elle, vivait avec ses deux parents dans une petite
villa. Elles habitaient à quelques kilomètres l’une de l’autre, sur le même trajet. Un petit coin de
Moscou qui ne paraissait pas comme une vielle ville terne et polluée, mais plutôt bien éclairée, avec
un parc, des arbres, un endroit tranquille.
- Je trouve qu’il colle un peu Nicolas, dit Yulia
- Comment ça nous coller, il est super gentil !
- Ouais il est sympa, ce n’est pas ça, mais je trouve qu’il TE colle un peu trop
- tu es jalouse ? Demanda Léna avec un sourire en coin.
- Non, pas du tout, c’est juste une remarque. C’est pas le fait qu’il soit souvent avec nous, mais des
fois il a des réactions bizarres avec toi, vous vous échangez des sourires, et puis, il est pas obligé
d’utiliser ce ton mielleux a chaque fois qu’il te parle expliqua Yulia. Je suis sûre qu’il a un faible
pour toi ajouta t-elle d’un ton dégoûté.
- Alors plus personne ne peut plus m’approcher. J’ai signé un contrat d’isolement quand je t’ai embrassé
pour la première fois ? Se moqua Léna.
- Très drôle, mais s'il t’approche trop, alors là ça ira mal pour lui.
- Ohh, je te fais confiance, pour ça il ne m’arrivera rien
- C’est ça moques toi, mais je te surveille.
Elles arrivèrent chez Yulia, se préparèrent à manger en attendant que la mère de Yulia rentre du
travail puis allèrent dans la chambre. Elle firent vite leurs devoirs, puis sortirent pour faire une
bataille de pistolet à eaux dans le jardin avant de s’allonger l’une sur l’autre sur un matelas de la
terrasse. Le soleil était éclatant.