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"-Maman, tu sais pourquoi je suis rentrée si tôt ce matin ? Je suis allée voir une amie et on a baisé toute la nuit. (Aucune réaction.) -Ta fille est une putain de gouine! (Toujours rien de sa part.) -Va te faire foutre." **** Je descendis les marches avec fureur. Un jour, il faudra la secouer. Mais ça ne sera pas moi qui m'en chargerais. J'en ai déjà assez avec mes problèmes. Déjà, j'avais difficile à tenir mon crayon dans ma main sans trembler. Mais en dessinant, j'avais empiré mon humeur. N'y tenant plus, je bondis de ma chaise et renversa mon bureau, folle de rage. Je tambourinais sur le mur comme si ça pouvait lui faire mal. Les mains rouges de sang, je m'effondrai au sol. Et pleurai. Ce n'était pas de ma faute si j'avais une mère si instable. Péniblement, je me relevai. D'un geste instinctif, je me recroquevillai sur le lit comme un animal en cage. J'étais seule, si seule… Toc. Une pierre fit un bruit en tombant sur la fenêtre. Je me redressai, aux aguets. Furtivement, j'essuyai une larme sur le coin de mon œil. Je ne voulais pas qu'elle me voie dans cet état! Trop tard, la vitre avait déjà été abaissée. Deux yeux verts scrutèrent les environs. Et elle me vit. Sans un mot, elle se faufila à l'intérieur. "-Chut, murmura-t-elle." Elle avançait toujours dans ma direction. J'avais levé la tête et elle put voir une larme perler au coin de mon œil. S'asseyant à mes côtés, elle se mit à fredonner une chanson. Je ne pleure plus, ma tristesse s'est volatilisée avec le reste, instantanément. Elle fixe un point à l'horizon, droit devant. Les yeux dans le vague, je me laisse emporter par sa voix mélodieuse très loin d'ici. J'ai quitté le monde matériel pour entrer dans le sien. Je ne sais pas combien de temps on passe ainsi, mais la chanson touche à sa fin. Elle me prend dans ses bras et je ferme les yeux. Tranquillement, je m'endors. Cette nuit, je rêverais de mille arcs-en-ciel et de magie. Toutes les nuits. |