D'ordinaire, j'essayais plutôt de me soustraire aux regards qui convergeaient sur ma silhouette dans les lieux publics. Larges pulls et vêtements amples m'y aidaient durant la saison froide. En été, c'était évidemment une autre affaire et j'évitais alors de porter des tenues trop provocantes sauf quand, par malice, par jeu, j'avais au contraire envie de vérifier si mon pouvoir de séduction était bien intact. Et là, j'avais envie de plaire, de me sentir belle. C'est que j'étais en route pour aller rejoindre mon tendre amour, ma douce Chloé, que je chérissais déjà de toutes mes forces.
Et sur le chemin qui me menait à ce petit restaurant italien où nous nous étions données rendez-vous, je m'imprégnais de ces regards qui me déshabillaient, me fouillaient, me caressaient, me parcouraient toute. Je me sentais belle, attirante, sexy, triomphante, femme en un mot ! Oui, je me sentais comme portée par ces regards langoureux, ces désirs furtifs ou avoués, fugaces ou soutenus qui me couvraient aussi sûrement que les rayons complices, à la fois chauds et caressants, de ce soleil de fin de journée estivale. Je sentais mon corps, j'étais totalement présente à lui, ne me contentant pas, comme à l'ordinaire de l'habiter distraitement, sans me soucier de ce qu'il ressentait. Mon esprit était comme fractionné, répandu dans chacune des parties de mon corps désormais éclaté, agrandi, diversifié. Les petites ondes de choc produites par les impacts de mes talons sur le pavé se répandaient le long de mes jambes et aboutissaient dans mon bassin qui les absorbait, s'en nourrissait en quelque sorte. La musculature de mes jambes exécutait sa danse souple et rythmée. Ma mini jupe, complice, rappelait sans cesse ses limites à mes cuisses qui s'en trouvaient délicieusement agacées. Une sorte de moyeu doux et chaud articulait tous mes mouvements autour d'un point central : mon sexe qui, à l'évidence, faisait centre de rayonnement, diffusait ses ondes, faisait vibrer en moi un bien être insolent. Mes côtes, tout mon bassin, tout le haut de mon corps, en fait, était comme séparé du bas, rehaussé, suspendu. Je rentrai mon ventre afin d'accentuer cette sensation, de l'affermir, de la muscler. Mais les deux parties restaient articulées, elles dialoguaient : au roulement de mes fesses correspondait le balancement de mes épaules ; aux lancées successives de mes genoux répondaient les petits va et viens saccadés de mes coudes ; le tangage de mon bassin faisait écho aux mouvements relâchés de ma tête qui se laissait mollement emporter par le roulis de l'ensemble. De surcroît - plaisir ineffable et discret - la chaleur qui habitait mon ventre se retrouvait, je le sentais bien, étalée sur mon visage en feu. Je savais mes pointes de seins dressées, agacées par le frottement du tissu distendu de mon chemisier que le mince soutien-gorge de satin ne suffisait pas à enrayer. Je savais mon clito' sujet à la même tension sous son petit capuchon, et ce lent et doux tournoiement de chaleur vorace qui grondait en mon ventre trouvait son parfait équivalent en ma poitrine gonflée à la fois de fierté et de désir. De petites ondes électriques parcouraient mes seins et allaient se perdre dans ma chair pour se renouveler sans cesse, à l'infini, en une plainte obstinée. À mesure que je me rapprochais du lieu où je savais retrouver Chloé, source de ce délicieux bouleversement de mes sens, ces sensations s'accentuaient, se développaient, achevaient de m'embraser. À coup sûr, elle était déjà en moi, me possédait par anticipation, régnait sur mes sens affolés avant même que je sois en sa présence.
Le haut de mon corps continuait de se visser et de se dévisser sur mes hanches ondoyantes, pulsant ses vagues de plaisir comme la marée roule ses galets, gratuitement, par jeu. Mon corps en fête ne faisait rien d'autre que de célébrer là le plus doux état qui soit : être amoureuse !
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Comme sachant par avance où il la trouverait, mon regard tomba immédiatement sur Chloé. Je me laissai inonder par la vague de plaisir diffus qui se répandit en moi comme la brume du point du jour emplit une vallée. Elle était assise à une petite table non loin de la fenêtre légèrement à contre jour ; le soleil déclinant qui avait pris possession de sa somptueuse chevelure lui faisait une couronne rougeoyante ; sous cet éclairage assurément complice, le cuivré de sa peau ressortait et faisait scintiller ses taches de son, accentuant le ton de miel de sa carnation. Elle était d'une beauté à couper le souffle. Il me fallut déglutir avant de m'asseoir en face d'elle, incapable de prononcer un mot.
La bise amicale que nous échangeâmes était trop furtive, trop maladroite pour ne pas trahir notre trouble. Premier et délicieux partage qui nous lûmes aussitôt dans le regard, déjà complice, que nous nous adressâmes.
Elle se mit à tripoter nerveusement le ravissant petit sac de toile qu'elle avait déposé sur la table. Je me mordais les lèvres pour contenir mon émoi, mon cœur battait à tout rompre. Nous échangeâmes un sourire presque crispé. Je sus que nous partagions le même émoi ce qui, évidemment, n'était pas de nature à me calmer.
Je m'entendis articuler, d'une voix automatique :
- Tu es là depuis longtemps ?
- Non, non, je viens d'arriver !
Elle avait prononcé sa réponse d'une voix presque détimbrée qui trahissait une vive d'impatience.
- Je suis si contente de te voir, ma chérie !
- Autant que moi ?
Mon regard dévalait en cascade le long de son corps. Je me noyai un bref instant dans ses beaux yeux pervenche dont le contre-jour rehaussait la pâleur et la brillance. Mes yeux se laissèrent glisser le long de ses joues rosies par un émoi que je me refusai à évoquer sur le moment. Je m'attardai sur ses lèvres humides, si sensuelles, si vivantes, si mobiles, avant de dégouliner le long de son adorable cou si fin, si bien dessiné. Mon regard fit une brève halte à hauteur de ses clavicules, se baigna un court instant dans ses 'salières' avant d'achever sa chute sur la naissance de ses seins qui, tout ronds, tout guillerets, pointaient insolemment dans ma direction. Elle portait un t-shirt dont le haut formait une échancrure gardée par quelques lacets négligemment noués et qui révélaient sa poitrine plutôt qu'ils ne la dissimulaient. Très sexy !
- Tu m'as manquée !
- Toi aussi !
Dieu ! qu'elle était belle, désirable ! Elle me parut d'autant plus émouvante que, à l'évidence, elle ne cherchait nullement à rehausser sa beauté au moyen d'un quelconque artifice. À peine maquillée : la courbe en amende de ses yeux était soulignée d'un trait si fin qu'il en était presque imperceptible.
- Je n'ai pas cessé de penser à toi…
- Tout le temps, oui, moi aussi…
Le sourd grondement qui s'était installé dans mon ventre allait devenir difficile à contenir. Ses yeux s'étaient faits mobiles qui n'arrêtaient pas de sauter d'une partie de mon corps à l'autre, tels des mouflons se lançant du bord d'un ravin à une corniche. Je me sentais envahie, caressée, désirée. C'était divin.
- Tu sais Chloé, je… Elle me coupa la parole :
- J'ai envie d'aller aller coucher avec toi ! /i>
Ces mots, prononcés sur le souffle, d'une voix rauque, m'arrivèrent droit dans l'entrecuisse et provoquèrent une brusque montée de désir. Son visage s'était soudain empourpré, accusant un brusque surcroît d'excitation. Le redoublement du verbe m'avait ému plus que tout, tant il trahissait son trouble.
- Ma chérie… oh !…
- Si tu savais…
Il me fallut faire un gros effort pour dominer mon trouble, pour calmer les battements de mon cœur, pour arrêter le ridicule clignotement de mes yeux, pour apaiser mon souffle qui s'était fait soudain plus fort.
-Je n'ai jamais ressenti ça, tu sais !… Pour personne…
- Pour moi, c'est pareil, tu peux être sûre…
Par inadvertance, mon genou venait de frôler l'intérieur de sa cuisse. La table étant assez exiguë, nos jambes pouvaient se toucher. La réaction de Chloé ne se fit guère attendre : elle enserra mes genoux entre les siens et se mit à serrer avec une force extraordinaire. Une onde électrique se propagea depuis l'endroit où nos chairs étaient en contact jusque dans mon sexe, directement, en droite ligne, y répandant son feu ravageur.
Moitié pour tenter de reprendre le contrôle de mes sens en ébullition, moitié par jeu, je me mis à exercer la force inverse : celle qui aurait pu repousser, écarter les mâchoires de l'étau que formaient les genoux de Chloé. Une sorte de lutte immobile venait de s'engager là ! Elle réagit aussitôt à ma poussée en accentuant encore la sienne.
- Je ne sais pas ce qui m'arrive, c'est si puissant !
- Oui, moi, c'est pareil !
Elle relâcha légèrement la pression de ses cuisses qu'elle n'aurait d'ailleurs pu maintenir bien longtemps à un tel niveau. Je pus donc écarter un peu mes genoux, mais guère, car, presque tout de suite, Chloé revint à la charge. Je me laissai faire puis repris ma contre-poussée, mais brièvement de façon à laisser Chloé recommencer son jeu. Très vite s'installa une alternance, et fut comme si nous nous caressions, comme si nos corps s'adonnaient à une de ces luttes si fréquentes lors des ébats sexuels. Oui, ce jeu avait pris - nous en étions toutes les deux parfaitement conscientes - valeur d'échange sensuel, sexuel ! Nous nous faisions déjà l'amour en quelque sorte, là, sous la table, en public, sans avoir la moindre certitude qu'un observateur avisé ne perdait peut-être rien de notre manège. Cette pensée acheva de nous bouleverser. Nous nous regardions, toutes deux écarlates, immobiles, tendues par l'effort, les mains rivées aux bords de la petite table afin de donner appui à notre mouvement. Je sentais que je commençais à mouiller, et je m'affolai à l'idée que chaque poussée de ma part provoquait une légère émission de cyprine.
Notre petit jeu fut interrompu par l'arrivée du garçon qui venait prendre nos commandes.
Il semblait ne s'être aperçu de rien. Un rapide regard alentour me con-vainquit que personne n'avait du se rendre compte de notre état. Aux tables qui nous entouraient, les conversation allaient bon train, personne ne nous prêtait attention, si ce n'était cette paire d'amis qui, attablés dans le fond, assez loin de nous, heureusement, prenaient plaisir à nous observer. Leurs sourires gourmands montraient assez à quel point ils devaient s'échanger des propos salaces en évoquant probablement les plaisirs que nous aurions pu leur offrir.
- Tu as vu les deux gusses, là dans le fond ? demandais-je à Chloé qui reprenait des couleurs et une attitude à peu près normales.
- Oui !/i> fit-elle d'une voix rieuse. S'ils savaient !
Le fou-rire qui s'ensuivit nous aida à soulager nos nerfs et à canaliser notre excitation.
Ce ne furent pas tant l'escalope et les spaghettis que je dégustai durant cet étrange repas, mais bien plutôt la manière sensuelle dont Chloé savourait ses brocolis et avalait ses pâtes.
- C'est bon, hein ?
- Délicieux !
Sous la table, nous n'avions pas résisté à la tentation de reprendre notre jeu de jambes, mais de manière différente, moins sauvage : Chloé se contentait de frotter doucement l'intérieur de sa cuisse contre la mienne. Caresse furtive, frustrante, mais qui n'en constituait pas moins le rappel sensuel dont nous avions besoin afin de maintenir notre fringale d'autre chose que de nourriture à un niveau acceptable.
Le chemin du retour vers mon appartement m'avait semblé d'une longueur insupportable. Pourtant, le restaurant n'était situé qu'à quelques pâtés de maisons. Nous n'avions pas pu résister au désir de nous tenir la main. Les doigts énervés de Chloé cherchaient le contact, se voulaient sensuels, charnels. Et cette pression de nos paumes enlacées nous était comme une anticipation de nos ébats désormais imminents. Nos mains se faisaient l'amour, tout comme nos cuisses durant le repas.
Assez d'apéritifs, assez d'échantillons ! Il était temps de passer aux choses sérieuses !
Chloé ne put retenir un éclat de rire au spectacle de mon incapacité à ouvrir la porte de mon appartement. J'étais tellement énervée que je n'arrivais pas à introduire ma clé dans cette fichue serrure. Nous étions là, toutes les deux, secouées par un fou-rire inextinguible, prêtes à pisser sous la pression tout à la fois de nos rires et de notre excitation.
Lorsque, enfin, j'arrivai à ouvrir ma porte, nous nous précipitâmes à l'intérieur, telles deux furies. Je m'étais affalée le dos à la porte, pour souffler un peu, reprendre contenance et laisser filer ce rire qui n'en finissait pas.
Chloé vint à moi, s'empara de mes mains et les serra dans les siennes, les soulevant pour les placer de part et d'autre de mon visage, sans les lâcher.
Les rires se figèrent aussitôt. Un silence frémissant s'installa, l'air vibrait de nos présences, de nos désirs. La pièce toute entière se taisait, comme si elle ne voulait rien perdre de ce qui allait se passer là.
Le regard de Chloé me vrilla, me pénétrant au plus profond. L'instant était magique. Nous nous regardions avec une expression grave, presque tragique, voire douloureuse. Le moment était venu de laisser libre cours à notre passion.
Les lèvres de Chloé, d'une douceur satinée, entrèrent en contact avec les miennes. Feu mouillé, ravageuse incandescence ! Sa langue ne tarda pas à franchir la douce barrière de mes lèvres frémissantes et rencontra la mienne qui lui répondit aussitôt. Nous nous dévorions, en proie à une véritable fringale de plaisir, ne cherchant pas à nous soustraire à l'appel de nos sens. Je fermai les yeux pour mieux savourer, m'abandonnant à ce long baiser sensuel. Le feu du plaisir se répandit bien vite dans tout mon corps, et tout se passa comme si nos langues irradiaient leurs flammes bien au-delà de nos bouches, nous embrasaient toutes. Je sentis mes seins gonfler davantage encore, leurs pointes se faire plus drues. J'ondoyais, tout mon corps cherchant le contact, la chaleur, le plaisir, le sexe.
Notre baiser se prolongeait, nous ne cessions de varier la pression de nos langues, nos mouvements de tête, nos rythmes, nos caresses buccales.
Nous maintenions nos nuques dans un même mouvement prenant de nos mains qui se voulaient à la fois caressantes et possessives.
La tête me tournait, je voyais mille étoiles scintillantes, je ne percevais plus qu'un bourdonnement sourd et insistant. Dieu ! que c'était fort ! que c'était bon !
Lorsque, enfin, nos lèvres se séparèrent, comme à regret, nos yeux se rouvrirent sur une expression féline, presque sauvage.
Mes mains glissèrent le long des épaules de Chloé et, m'emparant de ses avant-bras, je la guidai vers le canapé impatient de nous accueillir.
- Ne bouge pas ! lui dis-je après l'avoir étendue parmi les coussins ravis, je vais m'occuper de toi !
Elle me mangeait des yeux, l'air égaré, la bouche entrouverte, haletante.
J'entrepris de délacer le haut de son t-shirt pour démasquer son adorable poitrine qui semblait frétiller d'impatience, mais sans aller plus loin.
Je lui retirai ses escarpins, puis entrepris de faire glisser sa jupette. Elle m'aida en soulevant son bassin. Ces quelques gestes me permirent de maîtriser mon trouble et j'achevai de la dénuder avec des gestes d'officiants, me livrant à un véritable rituel. Assise à ses côtés, je la contemplai dans sa nudité triomphante. Quelle était donc belle ! Un corps parfaitement harmonieux, équilibré à souhait, musclé, ferme et souple, tout recouvert d'un adorable duvet et parsemé de taches de son. Je la contemplai longuement, laissant mon regard errer de-ci de-là.
À son tour, elle entreprit de me dévêtir et, quelques instants plus tard, nous étions toutes deux entièrement nues.
- Laisse-moi faire ! lui glissai-je dans le tuyau de l'oreille. Ferme les yeux ! /i>
Elle était à nouveau étendue de tout son long sur le canapé.
Je me mis à parcourir son ventre du bout de mon nez, la reniflant comme un petit chien, laissant de temps à autres passer un tout petit bout de langue qui, l'effleurant à peine, lui arrachait de petits gémissements de plaisir.
Je goûtais sa peau, m'imprégnais de son odeur, cette odeur qui se faisait de plus en plus prégnante, de plus en plus enivrante, à mesure que je progressais. Tel un explorateur à la découverte d'une contrée nouvelle, je voulais connaître le moindre recoin de son corps, en découvrir toutes les saveurs, m'imbiber de sa plus secrète intimité. Un pays, oui ! avec ses collines et ses vallées, ses plaines et ses bosquets, son oasis délicieusement parfumée, ses courbes pleines et ses branches lisses et souples, la flamboyance de sa forêt incendiée qui encadrait ses deux lacs clairs aux reflets si troublants qui plongeaient dans l'infini de son être. Une symphonie de tons chatoyants, de rythmes sans cesse changeants, de courbes s'engendrant l'une l'autre, de déchirures poignantes : autant de gouffres plongeant dans son intime et moite douceur. Et le tout vivant sous mon souffle, sous mes caresses encore à peine marquées.
Un doux frisson d'admiration et d'amour me parcourait l'échine alors que je promenais mes yeux ébahis et mon souffle amoureux sur ce paysage unique et mouvant, le plu beau pays au monde, mon amour : le pays de ton corps !
À l'instar des régions vivantes de notre planète, le pays de ton corps est sans cesse brassé par des séismes, des glissements de terrain, des tremblements de chair ; il voit jaillir des geysers, il assiste à des éruptions, il est le témoin d'écroulements grandioses. Il bruisse, il chante, il hurle parfois : il vit !
Les ondes qui le parcourent, sous ta peau tendre et ferme, sont, je le sais, les réponses à mon souffle qui, tel un sirocco débridé, parcourt ta surface énervée par le galop de mes doigts, la pression de mes paumes, les léchouilles et les intrusions de ma langue fouineuse, avide, coquine…
Nous sommes assises l'une en face de l'autre, nos jambes mêlées, nous mangeant d'un regard dont l'intensité me bouleverse : l'amour profond, le désir puissant que je lis dans tes yeux me court le long de l'échine et met en transes, se répand en moi comme une coulée de lave dégringole le cône du volcan ; oui, du volcan, car nous sommes bien en éruption, toi et moi ! Nos souffles rauques, nos respirations haletantes, nos peaux écarlates, nos corps parcourus de frissons incoercibles, ces picotements, ces déchargent qui nous traversent, nous soulèvent… et l'éruption, le cataclysme qui s'annonce…
Tu as présenté tes doigts serrés l'un sur l'autre à l'entrée de mon vagin, et je me suis empalée sur ce pic de chair, je t'ai bloqué la main un instant, pour lui signifier de ne pas bouger, et c'est moi qui m'embroche, me précipite à l'encontre de tes doigts immobilisés, me retire et revient sans cesse, danse autour de tes doigts figés, me remue, me démène, m'excite, me masturbe sur tes doigts qui vibrent, qui frémissent, qui recueillent ma mouille qui se fait de plus en plus abondante.
Je ne sais plus comment, mais quelques instants plus tard, nous étions en train de nous lécher le sexe comme deux bêtes, têtes bêches, avides, sauvages, déchaînées, seulement conscientes d'être la proie du plus ravageur, du plus impérieux des désirs.
Écrasés sur son buste, mes seins décrivaient sur sa chair incandescente des cercles de feu qui achevaient de me catapulter aux portes de la jouissance. Je sus, aux spasmes soudain plus violents, plus rapprochés, qui la secouaient, que son orgasme était proche, ce qui précipita l'arrivée du mien.
Me souvenant soudain avoir découvert tout récemment que j'étais une " fontaine " et que mon " geyser " risquait de surprendre Chloé, voire de la choquer, je me mis à crier :
- Attention ! ça va gicler !
Je me retins un instant, indécise, n'osant m'abandonner. Mais Chloé fut saisie d'un soudain tremblement et se mit à pousser une série de petits cris aigus : elle entrait en jouissance. Je ne pus me contenir et me laissai alors submerger par la toute puissance d'un orgasme ravageur.
À travers le bourdonnement de mes sens en pagaille, je perçus la voix de Chloé :
- Waouh ! ooooh ! mais qu'est-ce que c'est que ça ??? Yahouuuu !…
J'explosais, je ne savais plus où j'étais, mille étoiles explosaient en tournoyant devant mes yeux, tout se mélangeait…
Reprenant peu à peu mes esprits, je réalisai que Chloé était en train de me boire, le visage inondé, l'œil allumé, l'air ravi… à l'évidence, elle était à la fête ! Un filet de ce liquide incolore que je venais d'émettre puissamment coulait le long de ses lèvres, et sa langue cherchait à en recueillir jusqu'à la dernière goutte.
Ma crainte n'avait pas eu raison d'être !
- Tu m'avais caché ça, coquine ! me dit-elle, d'un air gourmand, l'œil pétillant.
Puis, redevenant soudain grave, elle vint se lover tout contre moi, le visage tout baigné d'un mélange de cyprine et de ce curieux liquide ; elle se blottit tout contre moi et me murmura d'une voix infiniment tendre, sur un ton presque triste :
- Je t'aime, toi ! je ne savais pas qu'il y avait moyen d'aimer aussi fort !
Je la serrai contre moi, comme si je voulais l'envelopper toute et lui chuchotai :
- Pardonne-moi, ma chérie, mon amour, d'avoir mis si longtemps à le comprendre.
Elle me sourit avec une douceur ineffable et me dit sur un ton où perçait un léger reproche :
- Et… et… les hommes, ça ne va te manquer ? Castor, il te plaisait bien, non ?
- C'est vrai ! et ils me manqueront sans doute ; leur virilité, les plaisirs du sexe, leur intensité, c'est clair ! Mais l'amour, ma chérie, la tendresse, la descente au cœur de ce que nous sommes, le partage absolu, cet abandon si complet, cette confiance absolue, ce… ce… oh ! je ne trouve pas de mots… quand je te fais l'amour, je ne sais plus où je suis, ni si ce n'est pas toi qui es à ma place, je… cette fusion ! voilà, oui !… ça, c'est nous, mon amour, ma chérie, c'est nous, unies à tout jamais !