Conséquence - L'arbre de vie

Chapitre 1




La Conquérante aux cheveux d'ébène se recala dans les confortables coussins de velours de son trône, écoutant à demi les rapports de ses régents de Macédoine, Thrace et Illyrie. La lumière brillante du soleil entrait par les fenêtres, et cette tâche mortellement ennuyeuse la faisait dodeliner de la tête. Une brise pénétra apportant avec elle le parfum printanier à l'intérieur, ce qui lui rappela les saisons qu'elle avait passé à conquérir la Grèce; Conquérir était la partie amusante, régner ne l'était pas.

"…et, bien sûr, toute cette partie de la Grèce est loyale envers vous Majesté, la prospérité …"

Xena étouffa un bâillement, elle aurait pu prédire chacun des mots qui sortiraient de leurs bouches. Bien sûr ils lui déclarèrent que tout allait merveilleusement bien dans les territoires qu'on avait placés sous leur tutelle. Le contraire aurait signifié leur mort. Mais ce n'était pas ce qui la dérangeait.

Fronçant les sourcils, elle changea de position sur son trône, croisant une longue jambe par-dessus l'autre, elle savoura la douce caresse de la soie contre sa peau. La Maîtresse de la Garde-Robe Royale avait été chargée de la conception de chaque vêtement stylisé à l'Orientale selon les préférences de la Conquérante. Sa robe bleue nuit - d'une nuance un peu plus sombre que ses yeux - avait des manches bouffantes, une taille serrée et une jupe à longue fente. Son insigne, une épée transperçant un chakram, était brodé de fil d'or sur son cœur.

Les régents regardèrent la robe bouger sur sa forme lisse avec des yeux avides. Chacun d'entre eux manifestèrent bon nombre de pensées à ce que se serait que de conquérir une telle femme.

Cela n'échappa pas à Xena, qui roula les yeux au plafond, souhaitant qu'ils soient aussi concentrés sur leurs territoires qu'ils l'étaient sur son corps. Elle leva son index en direction d'Orpheus, le régent de Thrace, "Parles-moi d'Amphipolis."

Le régent sentit des perles de sueur se former sur son front. Maudit soit ma chance pour avoir hérité de la ville natale de la Conquérante parmi mes terres. Quand on la lui avait assigné, il l'avait pris cela comme un gage d'honneur, s'attendant à des visites fréquentes et à des faveurs royales. C'était une idée ridicule maintenant qu'il y repensait, puisque pas une seule fois durant ses cinq années de règne, elle n'avait daigné visiter Amphipolis. Pas qu'elle soit la bienvenue… Dieux, qu'ils la détestent là bas, tout spécialement la femme aubergiste qui appel Xena 'Démone En Rut'. "Tout va bien Conquérante. La ville prospère sous l'égide du commerce maritime que vous avez instauré entre elle et Troie."

Un sourcil se souleva légèrement, "Aucune dissension de la paix ?"

"Aucune, Majesté." Orpheus résista à la forte envie d'essuyer son front avec le travers de sa main, cela attirerait seulement l'attention sur son mensonge. Il savait qu'il ne serait pas prudent de mentionner l'effigie de la Conquérante qui avait été brûlée à l'extérieur de l'auberge de la ville. "C'est une ville calme, aimant la prospérité que lui prodigue votre règne. Comme toute la Thrace et la Grèce à vrai dire."

Elle soupira et tambourina le bras de son trône de ses doigts. Il y avait cinq printemps elle avait établi trois règles fondamentales pour maintenir l'ordre à l'extérieur de Corinthe. Les régents qu'elle avait, assujetti, n'étaient pas ses premiers choix, mais elle s'était laissée convaincre sur les conseils de Menticlès… Son précédent Secrétaire Royale qui servait aujourd'hui d'engrais à jardin et de nourriture aux vers. Elle aurait du prendre des dispositions supplémentaires, et nommé à ces postes des hommes de sa propre armée une fois que son règne s'était stabilisé. Elle passa une main oisive dans ses longs cheveux, et réarrangea distraitement quelques mèches tandis qu'une idée lui vint. Mais je peux changer cette situation.

Ces trois hommes avaient volontairement acquiescé à son règne, malgré la richesse et les honneurs que leur avaient octroyés leurs souverains précédents. Une fois que sa puissante armée avait renversé la couronne, ils avaient capitulés. Leur seul désir dans la vie était de protéger leur propre richesse tout autant que leur statut. Cela faisait d'eux des hommes dangereux. S'ils pouvaient l'accepter comme souveraine, ils en accepteraient un autre tout aussi facilement. Ils croyaient ne rien lui devoir.

Elle avait besoin de régents qui lui seraient redevables. Elle avait assez supporté de trahison. Cela devint évident pour elle, tandis que ses yeux se rétrécissaient, elle entrevit clairement l'avenir: Orpheus s'allierait avec quiconque lui promettait un titre plus glorieux. Les deux autres en feraient autant, ils étaient encore plus ambitieux que lui. Aucun d'eux n'avait la vision d'une Grèce unifiée. Une Grèce qui pourrait gouverner le monde, avec elle à sa tête.

Ces hommes étaient menaçants en fin de compte.

Un sourire joua sur ses lèvres, les hommes ne la connaissaient pas assez bien pour noter que son sourire n'avait pas atteint ses yeux. "Vous m'avez tous bien servi. Et je veux vous honorer pour cela." Elle claqua ses doigts et fit un geste vers le scribe qui quitta sa position contre le mur et se précipita vers son trône.

"Écris cela : la Conquérante s'entretiendra avec ses Régents à la prochaine pleine lune. Eux et tous les membres de leur famille sont conviés à Corinthe pour le bon plaisir de la Conquérante et pour ainsi être présenté à toute la Grèce. Les trois hommes tressaillirent à la perspective d'un tel honneur.