Conséquence - L'arbre de vie

Chapitre 24




  L'atmosphère était légèrement plus calme dans le village des Amazones. Éponin et Clymera avaient convoqué une réunion du Conseil et Gabrielle avait prit part à cette rencontre. Elle avait observé pendant que les autres membres étaient entrées et avaient pris place. Seul le siège au bout de la table était resté vide, personne ne désirait prendre la place de Terreis. Éponin et Clymera étaient assises de chaque côté de la jeune femme. Puis suivait une guerrière prénommée Solari, la guérisseuse prénommée Aria, la dresseuse de chevaux Rana et Éphiny.

Éphiny était toujours sous le choc, ses yeux étaient rouges et sa peau blafarde. Elle semblait sur le point de s'effondrer et Gabrielle s'inquiétait vraiment pour elle. Les autres Amazones semblaient aller mieux et la jeune femme était heureuse que ce soit le cas.

Clymera, étant l'aînée des femmes, assuma la présidence de la réunion. "Je veux exprimer mes sympathies les plus sincères à Éphiny. Terreis était une Reine bonne et honorable. Elle a dirigé notre Nation avec diligence et son amitié me manquera. Je partage ta douleur, ayant moi-même perdu ma compagne il y a moins de trois hivers, je sais à quel point c'est épouvantable de subir une telle perte et mon cœur souffre pour toi."

Toutes les autres femmes murmurèrent leur approbation face à la déclaration de Clymera, et Solari mit doucement son bras autour des épaules d'Éphiny.

"Maintenant il est de notre devoir en tant que Conseil Dirigeant de la Nation d'annoncer le successeur trône de Terreis. Juste avant de trépasser, Terreis a donné son droit de caste à Gabrielle." Clymera marqua une pause pour laisser aux femmes le temps d'absorber ce qu'elle venait d'annoncer, sachant qu'à part Éponin et Éphiny, cette nouvelle serait un choc pour toutes les autres.

Solari jeta un regard furibond à la jeune femme assise en face d'elle. Une erreur." Remarquant que la femme était jeune, inexpérimentée, estropiée, et qu'elle n'était pas Amazone mais grecque. "Je ne peux pas le croire. Pourquoi Terreis aurait-elle donné son droit à une non-Amazone ?" Ce fut la question la plus aimable qu'elle put formuler à ce moment.

Éponin haussa les épaules, "je ne sais pas pourquoi, mais j'ai été témoin, Sol."

"Peut-être," rétorqua Solari, "voulait-elle te le donner, mais au lieu de cela …"

"Tu ne sais pas à quel point je souhaiterais que tu ai raison." Tu ne sais pas à quel point je regrette que ce ne soit pas pour moi qu'on prépare le bûcher pour les obsèques.

La curiosité de Gabrielle prit une fois de plus le dessus. "Excusez-moi, mais je me demandais si quelqu'un pourrait enfin m'expliquer ce qu'elle m'a donné au juste ? Parce que je suis un peu dans le noir en ce moment." La jeune femme était fatiguée d'entendre les gens parler d'elle et non pas à elle.

Rana soupira, "Par les Dieux, elle ne le sait même pas !"

"Je ne suis pas une Amazone," répliqua Gabrielle, ses joues s'empourprèrent d'irritation. Elle avait été plus que patiente et maintenant elle voulait des réponses. "Je n'ai pas demandé cette chose, quoi qu'elle soit. Je serais heureuse de la rendre."

"Tu ne peux pas," Dit doucement Clymera.

"Pourquoi pas ? C'est à moi maintenant, pas vrai ?" S'impatienta Gabrielle, prête à prouver à ces femmes qu'elle était aussi forte qu'elles l'étaient. Elle regarda autour d'elle, ses yeux firent le tour de la table et ne trouva aucune femme pour contredire que cette chose était sienne maintenant. "Pourquoi je ne m'en débarrasserais pas et une d'entre vous pourrait alors gentiment m'indiquer la route pour retourner à Éphèse ?"

"Gabrielle," répondit la vieille femme, "cette chose ne peut seulement se transmettre que par la mort."

"Oh." Tout espoir se draina hors de Gabrielle.

"Nous serions heureuses de…" murmura Aria.

Clymera jeta un coup d'œil courroucé à Aria qui se trémoussa mal à l'aise dans son siège, et fit face à la guérisseuse, "ce n'est certainement pas une façon de t'adresser à ta Nouvelle Reine, Aria."

"Reine ?" Balbutia Gabrielle en un écho. J'aurais vraiment dû rester à la bibliothèque.

La Prêtresse continua, "Vous n'auriez jamais toléré un tel manque de respect envers Terreis."

"Terreis était la Reine des Amazones. Elle était le vrai leader de notre Nation. Elle était bonne et forte et elle nous a sauvés de la Destructrice," répondit Aria avec passion. "Elle avait gagné notre respect, Clymera, et elle le méritait."

Éponin passa nonchalamment une main dans son épaisse chevelure, se détestant déjà pour les choses qu'elle allait dire. "Terreis a donné son droit de caste à cette fille. Ne devrions nous pas respecter Terreis autant dans la mort que dans la vie ?" Toutefois Ter, j'aurais apprécié discuter cette décision avec toi.

"Vous voulez que je sois votre Reine ?" S'exclama enfin Gabrielle, essayant de saisir le concept et n'y réussissant pas. La Conquérante ne va certainement pas aimer ça.

Trois 'non' et trois 'oui' résonnèrent dans la hutte. Clymera regarda fixement les femmes qui avaient protesté, réprimandant silencieusement chacune d'entre elles, heureuse qu'Éphiny ne soit pas l'une d'elles. "J'ai eu des visions de toi, Gabrielle. Des visions de toi nous menant contre notre plus grand ennemi et je nous ai vu, la vaincre, elle, et c'était toi qui étais à notre tête."

"Elle ?" Répéta Gabrielle, redoutant déjà de connaître l'identité de cet ennemi.

"Xena, Conquérante de la Grèce, Princesse Guerrière, Destructrice des Nations et Ennemie d'Artémis." Les petites mains de Gabrielle couvrirent son visage, tandis qu'elle tentait sans succès de dissimuler son choc et l'horreur de considérer la Conquérante comme une ennemie. C'est de pire en pire, cela ne fait juste qu'empirer et empirer.