Conséquence - L'arbre de vie

Chapitre 27




  Quelques moments plus tard, quand Gabrielle fut calmée et que la blessure de Palaemon eut été soignée, la nouvelle Reine s'assit sur un banc à l'extérieur de la palissade. Elle but par petits traits le verre de jus qui fit du bien à sa gorge desséchée d'avoir trop pleuré. Palaemon avait dû rester à la palissade, comme c'était la seule partie du territoire Amazone où on permettait la présence d'un homme, mais Gabrielle avait insisté pour qu'un lit lui soit apporté, ainsi que de la nourriture, de quoi boire, et que la porte reste ouverte. Ce n'était pas ce qu'elle aurait voulu lui donner, mais cela devrait faire l'affaire.

Clymera arriva et prit place près de Gabrielle. La vieille prêtresse savait que la prophétie concernant cette jeune femme était vraie, mais elle ne pouvait pas comprendre pourquoi Gabrielle semblait tant se désintéresser à faire partie de la Nation Amazone. "Ma Reine, vous sentez-vous mieux ?"

Gabrielle s'humecta lentement les lèvres, dégustant la saveur de melon qui y était collée. "Parlez-moi de vos visions. Dites-moi pourquoi je déferai la Destructrice." Je ne veux pas lui faire du mal, jamais. Je mourrai avant que je ne laisse une telle chose se produire.

Ah ! Enfin, cela signifie quelque chose, Clymera compris, que la jeune femme était terrifiée à l'idée de s'opposer à la Destructrice. Elle a sûrement du entendre les histoires que l'on raconte sur la destruction de la Nation en Grèce et en d'autres pays. Elle a peur de mourir. "Mes visions sont réelles, ma Reine. Je vous vois mettre la Destructrice à genoux. Elle ne vous fera pas de mal."

"Est-ce que…" Gabrielle ferma les yeux en essayant de chasser l'horrible image que lui évoquait sa question, "je la tue ?"

Clymera secoua lentement la tête, "Ma vision relate un champ de bataille. Elle a lieu au crépuscule, à l'heure où les derniers rayons d'Apollon frappe la surface de la terre. Il y a beaucoup de sang, beaucoup de cadavres et partout repose les affres de la guerre. Vous êtes debout au centre. La Nation encercle le champ de bataille et vous observe. La Destructrice est devant vous, agenouillée, vous suppliant de ne pas la défaire. Son armée est dispersée. Désormais, ils ne représentent plus une menace pour notre Nation."

"C'est tout ce que vous avez vu ?"

"C'est tout. Je vois que vous nous délivrez de cette être maléfique."

Gabrielle tiqua face aux choix de mots qu'avait employé la prêtresse. 'Destructrice' et 'Être maléfique' n'était pas des surnoms qu'elle aurait choisi pour la Conquérante. "Comment puis-je être votre Reine quand je ne sais même pas de quoi vous avez besoin ?"

La prêtresse étendit la main et toucha le tissu qui couvrait le cœur de Gabrielle. "Vous avez un cœur pur, ma Reine. C'est tout ce que nous demandons."

Vraiment. C'est tout ce que la Conquérante demandait de moi également. "Je ne sais pas-"

Les commentaires de Gabrielle furent interrompus par l'arrivée d'une sentinelle Amazone qui tomba à genoux devant les deux femmes. "Ma Reine, Prêtresse, l'armée de la Destructrice marche vers notre village."

L'obscurité s'était déjà installée sur la terre, nota Gabrielle avec soulagement. Aucune prophétie ne se réalisera ce soir en tout cas. Même si elle me hait, je la verrai. "Dites à Éponin de venir ici." Puis elle se tourna vers Clymera avant de continuer, "j'ai besoin d'avoir une réunion avec le Conseil. Palaemon se joindra à nous."

"Ma Reine -"

"N'argumentez pas avec moi, s'il vous plaît. Palaemon est son Capitaine. Si quelqu'un sait comment nous protéger de sa fureur, c'est bien lui. Je n'essaie pas de me montrer entêtée Clymera. J'essaie juste de survivre."

"Oui, ma Reine." La prêtresse appuya un accent plus respectueux sur le titre de la jeune femme. Oui, c'est bien la Reine que j'ai vue.