Conséquence - L'arbre de vie

Chapitre 31




  Gabrielle faisait les cents pas devant l'autel d'Artémis, comme elle l'avait fait pendant cette dernière marque de chandelle. Personne n'osa s'approcher d'elle. Même Clymera avait été étonné du courroux qu'avait démontré la jeune femme. Elle avait été furieuse concernant la décision d'Éponin de rester en arrière pour la surveiller, malgré les ordres d'évacuation. Depuis qu'elles avaient quitté le village, Gabrielle n'avait adressé la parole à personne.

Palaemon était assis tout près et surveillait la scène avec intérêt et vigilance. Sa cahoteuse et gênante alliance avec les gardes Amazones lui avait permis de rester près de leur Reine. Il savait qu'en fin de compte la Conquérante voudrait qu'il s'occupe du bien-être de la jeune femme.

Éponin vint vers lui et s'installa à ses côtés, et leva brusquement le menton en direction de Gabrielle. "Est-elle toujours comme ça ?"

Palaemon leva les yeux vers elle et sourit d'un air fatigué. "Je ne l'ai jamais vue comme ça auparavant, à vrai dire. Elle est l'être le plus doux que j'ai jamais rencontré."

Le commandant Amazone lâcha un petit rire narquois. "Alors où a-t-elle appris toutes ces superbes malédictions qu'elle m'a adressées tout à l'heure ?" La diatribe furibonde qu'avait servi Gabrielle à son commandant un peu plus tôt, avait en réalité gagné la réfractaire admiration de la part de l'objet de sa fureur.

"Peut-être était-ce pendant qu'elle était sur la croix."

"Quoi ?" Les yeux d'Éponin se fixèrent sur sa nouvelle Reine qui venait de faire une halte. "Est-ce là que ses jambes ont été brisées ?"

Palaemon hocha la tête. "Oui, bien qu'elles soient en bonne voie de guérison maintenant. Avant elle devait toujours employer son bâton pour se déplacer."

"César ?" Demanda Éponin, connaissant le penchant du Romain pour faire endurer une mort si atroce.

"Non, en réalité, c'est la Conquérante."

Des yeux horrifiés couleur caramel se plantèrent dans les siens. Les sourcils d'Éponin se froncèrent tandis qu'elle encaissait cette nouvelle information. "Tu es en train de me dire qu'elle aime la Destructrice malgré le fait qu'elle s'est fait crucifier par elle ?" Elle n'avait jamais pensé qu'une Reine Amazone pourrait avoir de l'affection pour cette femme impitoyable qui avait presque annihilé leur Nation, certainement pas dans ces conditions en tout cas.

Palaemon regarda en direction de Gabrielle. "Oui, c'est ça. C'est une femme remarquable."

En se rappelant l'accusation précédente de la Conquérante, Éponin ne put s'empêcher de dire tout haut ce qu'elle pensait, "Tu l'aimes vraiment."

"Désespérément," répondit-il, plus pour lui-même que pour Éponin. Comprenant qu'il venait de parler à voix haute, il se dépêcha d'ajouter, "Elle ne le sait pas."

"Es-tu certain de ça ?"

Il hocha la tête, "Oui, je le suis. Si elle avait le moindre doute, elle ne me permettrait pas de rester ici."

"Pourquoi pas ?" Éponin était intrigué. Elle se demanda ce qui était vraiment arrivé entre le Capitaine et sa nouvelle Reine.

"Parce qu'elle ne voudrait pas que je souffre." Voyant la question muette d'Éponin, il continua. "Pas juste à cause de la réaction de la Conquérante. Mais parce qu'elle ne me rendrait pas mon affection."

Le commandant Amazone bougea, et tira un poignard de sa botte, puis se mit à jouer avec lui. "Je ne comprends pas. Toi et Gabrielle semblez être des personnes raisonnables, convenables même. Pourquoi avoir juré allégeance à la Destructrice ? Elle n'est pas digne d'une telle chose."

"Ne l'appel pas comme ça," répondit une voix qui n'était pas celle de Palaemon.

Éponin sursauta, étonnée d'entendre le commentaire de Gabrielle. "Ma Reine …" son visage rougit embarrassé de s'être fait prendre en pleine discussion. Elle ne pouvait pas croire que la jeune femme avait été capable de s'approcher d'eux aussi furtivement. Tu deviens une experte en commérage, Éponin, c'est ce que Terreis disait toujours de toi.

"Personne ne doit plus jamais l'appeler Destructrice, est-ce que tu comprends ? Elle est mon amie." Gabrielle la regarda fixement, elle n'accepterait aucun argument.

Éponin voulait s'opposer, mais comprit qu'elle ne le pouvait pas. C'était un ordre direct de sa régente ; elle n'avait pas d'autre choix qu'acquiescer à sa demande, pas si elle était l'Amazone qu'elle prétendait être. "Oui, ma Reine."

La nouvelle Reine lâcha un soupir et se laissa tomber sur le sol à côté d'eux. "Je suis heureuse que nous ayons réglé cette question. Je ne peux pas supporter cette attente. Tu devrais être avec elle, Palaemon. Elle aura besoin de toi quand viendra le matin." Avant que le Capitaine ne puisse répondre, une messagère s'approcha d'eux et s'inclina devant Gabrielle. Elle attendit la permission de parler, puis elle prit une longue goulée d'air et commença. "Ma Reine, j'ai suivi la guerrière comme on me l'avait ordonné."

Gabrielle leva une main, "Quelle guerrière ?"

Le Commandant grimaça, "Celle qui l'a attaquée." Éponin savait que cette nouvelle ne serait pas la bienvenue, et que Gabrielle ne prendrait pas ça à la légère.

"Cefan ?" Demanda Palaemon. Il avait trouvé cela étrange que les Amazones ne l'aient pas capturée au temple, mais maintenant cela avait du sens puisqu'elles l'avaient suivie.

La colère de Gabrielle se déchaîna à nouveau. "Tu veux dire que nous aurions pu découvrir où elle était et que tu ne me l'as pas dit ?" Incapable de rester assise à côté de la guerrière sans risquer de perdre tout contrôle d'elle-même, Gabrielle se leva et recula de quelques pas. "Quoi d'autre as-tu omis de me dire, Éponin ? As-tu d'autres surprises en réserve ? Tu n'as pas envoyé quelqu'un d'autre sur les traces de la Conquérante, n'est-ce pas ? Une personne qui pourrait lui nuire par exemple ?"

"Non, ma Reine."

Gabrielle leva encore une main et secoua la tête avec véhémence. "Apparemment, je ne suis pas ta Reine. Tu as désobéi mon ordre direct d'aider à l'évacuation de la Nation. Tu as permis à trois autres guerrières Amazones de participer à ta rébellion. Et maintenant je constate que tu me cachais les activités de mes soldats. Je ne suis pas ta Reine, Éponin. Tu es ta propre Reine. Est-ce que c'était comme ça que tu traitais Terreis ou me méprises-tu particulièrement ?"

Honteuse et réduite au silence, Éponin essaya de faire face à l'explosion de colère qui était dirigée contre elle. Elle savait que la jeune Reine avait raison, mais elle avait horreur de se l'admettre à elle-même, ça c'était sans parler de l'admettre aux autres. Au lieu de cela, elle se mit à bouder.

Palaemon essaya de s'empêcher de pouffer de rire, mais ça lui était difficile. Gabrielle avait certainement appris une chose ou deux pendant son séjour avec la Conquérante, nota-t-il.

Ne recevant aucune réponse, Gabrielle retourna son attention vers la messagère. "Parle-moi de la guerrière."

La messagère vit les yeux verts courroucés de la Reine. Elle n'avait jamais entendu personne parler aussi durement à Éponin. Il y avait certaines rumeurs qui racontaient que Terreis lui faisait des remontrances de temps en temps en privé ou aux réunions du conseil, mais jamais devant un auditoire. "Ma Reine, elle a été blessée pendant son combat avec ce soldat grec, " dit-elle en faisant un geste vers le Capitaine.

"Son nom est Palaemon," gronda Gabrielle de frustration, fatiguée des préjugés.

La messagère tressaillit. "Oui, ma Reine. Après sa rencontre avec Palaemon, la guerrière a trouvé un guérisseur qui a recousu sa blessure à la cuisse. Puis elle est retournée voir la Destructrice."

"Son titre est Conquérante et Xena est son nom" gronda de nouveau Gabrielle. Y a-t-il d'autres noms dont vous l'affubler que je devrais savoir ?

"Oui, ma Reine. Elle est allée s'entretenir avec la Conquérante." Cela fit tout drôle d'appeler l'ennemi des Amazones par cette désignation, mais la messagère n'avait aucun désir d'éprouver la colère de la Reine comme Éponin. "Elles ont eu une terrible confrontation. La Conquérante a frappé la guerrière à plusieurs reprises et l'a ensuite quittée."

"Est-ce que la Conquérante allait bien ?" Questionna-t-elle avec une douceur qui était absente dans sa voix auparavant.

"Oui, ma Reine. La guerrière est alors partie et est descendue aux docks où elle est allée à la rencontre de la flotte Romaine."

Palaemon sauta sur ses pieds. "Par les Dieux, sa trahison est absolue ! Cette garce de fille de bacchante !" Il n'y avait aucun doute dans l'esprit du Capitaine sur la discussion qui avait eu lieu entre Cefan et les Romains. "Tu as raison, Gabrielle, je dois aller la rejoindre." Il se tourna vers Éponin, "Je la laisse sous ta protection."

"Palaemon, arrête !" Ordonna Gabrielle derrière lui comme il était sur le point de partir à la hâte.

Une paire de yeux bleus incrédules se retourna vers elle. "Gabrielle ? Elle a besoin de moi. Si Cefan a parlé des plans de la Conquérant aux Romains…" Il n'eut pas besoin de livrer le fond de sa pensée.

"Alors cela prendra plus que toi pour l'aider. Reste ici, Palaemon, et aie confiance en moi."

Le Capitaine hocha lentement la tête, croyant comprendre ce qu'elle essayait de lui dire, espérant que c'était bien ça.

Gabrielle se tourna vers la messagère que l'on avait presque oubliée, "Continue ton rapport. Qu'est-il arrivé ensuite ?"

"Ma Reine, les Romains ont tué la guerrière."

"Qu'ils aillent croupir au Tartare !" S'écria Palaemon en frappant puissamment le sol de sa botte, envoyant des tremblements dans sa jambe. "Je voulais me garder ce plaisir. Est-ce que cela semblait douloureux ?"

La messagère hésita, se demandant si elle devait répondre à la question du grec. Quand la Reine ne fit aucun effort d'empêcher qu'il en soit autrement, elle décida de parler, espérant que c'était le bon choix. "Elle a été transpercée par deux lances."

"Bien. Pas aussi bien que l'éviscération ou l'écartèlement, mais c'est bien," murmura Palaemon, sachant que quelques victimes restaient parfois conscientes tandis qu'ils se vidaient lentement de leur sang. Il espérait que Cefan était une de celles-là. Elle avait été une amie, mais elle avait essayé de faire du mal aux deux personnes les plus importantes de sa vie ; c'était impardonnable.

Les pensées de Gabrielle la ramèrent aux feux de camp qu'elle avait partagés avec l'Égyptienne et l'humour rébarbatif de celle-ci. Elle n'a pas toujours été une ennemie et elle était autrefois l'amie de la Conquérante. Elle méritait mieux qu'une mort pénible aux mains des Romains. "Éponin, rassemble le conseil. Nous devons nous préparer à nous battre."

Le Commandant de l'armée Amazone considéra Gabrielle avec surprise. "Se battre contre la Dest… Contre la Conquérante ?"

Un plissement de front apparut entre deux sourcils pâles, "Ne sois pas ridicule."

"Jamais !" S'exclama Aria. "Par le temple sacré d'Artémis, jamais !"

Le petit groupe de femmes se mit debout derrière l'autel d'Artémis, là où la Prêtresse avait l'habitude de se tenir pour exécuter ses devoirs durant les jours saints. C'était un petit espace qui força les sept femmes à se tenir debout plus près l'une de l'autre que beaucoup d'entre elles ne l'aurait souhaité. Gabrielle comprit qu'il y avait une ligne de tirée entre elles, qu'elles étaient clairement divisées en deux camps distincts, avec deux Amazones qui hésitaient au milieu.

"C'est notre chance," dit raisonnablement Rana. "La Destructrice ne sait pas que les Romains savent tout de son attaque. Nous la mettrons dans notre poche. Aidons les Romains et garantissons-nous une paix durable, à Éphèse."

Clymera regarda tristement la jeune Reine, il était facile de dire où le cœur de celle-ci se trouvait. "Ma Reine, j'ai vu les visions de vous défaisant la Conquérante. Artémis m'a montré votre avenir."

Gabrielle haussa les épaules, "Alors je le rejette."

La prêtresse jeta un coup d'œil autour d'elle, ayant peur de trouver Artémis en personne debout en plein milieu du temple pour avoir entendu un tel blasphème. "Ma Reine, vous ne pouvez pas."

"Regarde-moi bien faire. Je ne suis pas la marionnette des Dieux. Je n'ai pas demandé ce titre, mais je l'ai. Tant que je l'aurai, je ferai ce que je crois être le mieux. Je n'ai jamais eu connaissance que les Dieux avaient un quelconque intérêt pour mon bien-être. Aucun Dieu n'est venu quand mon village a été détruit, quand mes parents ont été torturés et que ma sœur a été tuée. Ou pire encore réduit à l'esclavage. Aucun Dieu n'est venu pour me sauver de la crucifixion." Son regard balaya la pièce, "Aucun Dieu n'est venu sauver votre Nation de l'ambitieuse Conquérante. C'était vous. Vos efforts, votre sang, vos plans. Vous êtes venus à Éphèse pour être en sécurité. Ce n'est pas Artémis qui vous a amenés ici."

Des larmes silencieuses coulèrent sur les joues d'Éphiny. "Artémis n'a pas épargné Terreis." Elle s'approcha de Gabrielle et mit une main sur son avant-bras.

"Nous sommes la Nation d'Artémis, Gabrielle. Ton intérêt pour la Conquérante ne peut pas nous faire renier qui nous sommes. Si nous abandonnons notre déesse, nous serons perdus."

"Clymera, je ne suggère pas que vous reniiez Artémis. Mais je ne crois pas que l'avenir soit écrit. Nous ne sommes pas le jouet d'Artémis, elle n'est pas non plus le nôtre. L'avenir nous appartient et nous pouvons en faire ce que nous voulons. Artémis souhaite-t-elle que vous retourniez dans votre pays natal en Grèce ? Je ne pense pas, dans ce cas pourquoi l'adorer elle ? C'est une opportunité pour la Nation de pouvoir enfin retourner en Grèce. Si nous aidons la Conquérante maintenant, elle aura une dette envers nous. Vous retournerez de nouveau dans votre patrie en paix cette fois."

"On ne peut pas avoir confiance en elle," protesta Solari.

"Sommes-nous les seules à se rappeler que la Destructrice a tué Melosa sous la bannière de la trêve ? C'est cette dirigeante que vous voudriez que l'on sauve maintenant." Aria ne pouvait pas croire que cela était même envisageable. Éponin était restée silencieuse jusqu'à maintenant, mais elle savait que le temps était contre elles et la Conquérante.

"Reine Gabrielle ne devrait pas avoir à demander notre permission pour agir, Aria. Tu te laisses aller. Le conseil est peut-être divisé, mais la Reine des Amazones ne l'est pas. Et tu es obligée de lui obéir." Éponin s'étira et saisit Solari par le col. "Es-tu une Amazone honorable, Solari. Quelle est ta réponse ?"

"Je resterai unie avec mes sœurs."

"Même chose pour moi," Répondit Éponin. "Nous sommes unis à notre Reine," la guerrière désigna Clymera et Éphiny. "Rana, Aria, que dites-vous ?"

L'entraîneur d'animaux se déplaça, croisa lentement les bras, "Je suis une femme d'action. Je préférerais agir contre la Destructrice, mais je me battrai avec mes sœurs."

Gabrielle gratifia Rana d'un petit sourire et regarda ensuite Aria avec espoir. Elle prit note mentalement de parler à chacune d'elles plus tard à propos de cette utilisation abusive du mot 'Destructrice'.

Aria regarda les autres Amazones pendant un long moment avant de répondre. "Je passerai ma journée à essayer de guérir des blessures infligées par les Romains qui seraient sensés être nos alliés. Je concéderai à cet égard, mais je souhaite que mes objections soient tout de même retenues. Plus que ça, je ne crois pas qu'il est convenable pour Gabrielle d'être la Reine des Amazones étant donné son affection marquée pour notre ennemie. C'est une erreur d'analogie épique. J'espère seulement que nous survivrons pour le réaliser."

Pas tout à fait la réponse émoustillante à laquelle que je m'attendais, mais je prendrai ce que je peux. Gabrielle roula ses épaules, comme pour ajuster le poids des responsabilités qui pesait maintenant lourdement sur celles-ci. "D'accord, Éponin, toi et moi allons discuter avec Palaemon et dresserons un plan."

Le ciel nocturne devenait gris avec l'aube qui approchait. Son cheval marchait tranquillement sur le chemin, Xena se déplaçait d'une troupe à l'autre. C'était sa présence parmi ses hommes qui leur donnaient confiance quant à la victoire à venir. Aucun d'eux n'avait jamais vu leur général essuyer une défaite. Elle n'avait rencontré aucune opposition lors de sa conquête de Corinthe. Ils n'en attendaient pas moins ici à Éphèse. Son plan s'avérait simple et mortellement efficace. Elle avait dispersé deux cents soldats le long du sentier, dont cent d'entre eux provenaient de sa Garde Royale d'Élite. La Passe de Sepian était le meilleur choix pour tendre une embuscade. Il y avait peu de doute que les hommes de César enverraient une troupe d'éclaireur pour devancer leur convoi d'armes. Ses hommes se débarrasseraient tranquillement de cet escadron après qu'ils auraient traversé la Passe de Sepian indemnes. Une fois que le convoi d'armes se serait entièrement engagé dans la passe, ses hommes boucheraient les issues, emprisonnant ceux-ci à l'intérieur. Après cela, ce serait une simple question de leur souhaiter la bienvenue en décochant une pluie de flèches jusqu'à ce qu'ils soient tous morts.

En se dirigeant vers l'escadron qui était responsable de bloquer la retraite du convoi, la Conquérante alla se placer au centre du cercle qu'ils venaient de former.

"Une journée splendide pour faire couler le sang," fit remarquer le leader d'escadron.

La Conquérante esquissa un sourire sauvage, "Oui, en effet. Un jour qui fera que César apprendra où est sa vraie place."

Un des jeunes officiers prit son courage à deux mains et s'adressa à la Dirigeante, "Quand marcherons-nous sur le royaume de César, Majesté ?"

Xena regarda le jeune homme qui venait de poser la question. C'était le même qui l'avait si bien servie au temple hier matin. "Comment t'appelles-tu ?"

"Minon, Majesté."

"Minon, quand nous retournons à Corinthe, tu recevras une formation avec Palae…" elle hésita, se rappelant où son Capitaine se trouvait à l'heure actuelle, et incertaine d'où il se trouverait demain. Elle focalisa à nouveau son attention sur le soldat qui attendait, "Tu recevras une formation avec le Capitaine de la Garde et tu pourras alors participer à l'attaque contre les fortifications de César."

Les traits du visage du jeune homme se transformèrent sous l'excitation, puis il la regarda avec fierté. "Oui, Majesté. Merci, Majesté."

"Il y a toujours de la place pour un bon leader. Tous ceux qui veulent défaire César autant que je le veux seront les bienvenus lorsque nous irons l'anéantir." Puis elle s'adressa au commandant de l'escadron, "Assure-toi de maintenir les hommes de César ici. Je ne veux pas qu'ils s'évadent."

"Nos épées sont les vôtres, Majesté. Nous ne vous laisserons pas tomber."

En sautant sur son cheval, elle laissa son regard errer une dernière fois sur ses hommes.

"Aujourd'hui, nous écrirons une page de l'histoire, celle que nous pourrons raconter à nos petits-enfants. Assurez-vous de faire partie de la liste des héros." Avec un petit claquement de langue, son cheval décolla et se dirigea vers la troupe suivante.

***

Au début de la route qui menait à la Passe de Sepian, Brutus était debout aux côtés de quatre cavaliers. "Vérifiez si cette archer a dit la vérité. S'il en est ainsi je veux savoir exactement ce qui nous attend là-bas. Vous avez trois marques de chandelles. Allez !" Donnant un coup sur le flanc d'un cheval, il regarda ses soldats partir.

***

"Je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas porter les vêtements que je portais auparavant," Protesta Gabrielle, se sentant extrêmement embarrassée.

"Puisque vous êtes la Reine des Amazones, vous devrez ressembler à une Reine quand vous les mènerez à la bataille." Clymera ajusta la courroie sur les habits cérémoniaux et regarda la jeune femme d'un air évaluateur. Je pense qu'elle aura quelques disciples de plus avec ces habits. Les nouveaux vêtements de la Reine des Amazones étaient composés d'une courte jupe de cuir lacé, qui révélait ses jambes et un haut qui mettait en valeur ses attributs déjà suffisants. Quelques colliers de perles et de pierres désignant son rang et son adhésion à la Nation Amazone cachaient légèrement le haut de sa poitrine. Clymera jeta un coup d'œil à Eponin qui était fort impressionnée et qui était à l'évidence bouche bée. Ses yeux s'élargirent, pour obliger le Commandant des Amazones à dire quelque chose.

"Ma Reine, vous ressemblez à une vraie Amazone." Ce fut le mieux qu'elle put faire. Tout pourrait effrayer cette fille encore plus qu'elle ne l'était, et elle voulait éviter ça. Eponin avait été plus qu'un peu surprise de constater que les vêtements que la jeune femme avait portés auparavant aient caché une si belle stature.

Ce fut à ce moment que Solari arriva pour faire son rapport. Elle s'arrêta, prit note du changement, inclina la tête d'un air approbateur et déclara ensuite. "Ma Reine, nous nous sommes occupés, des enfants, des femmes enceintes et des aînées. Quelle sont vos ordres à présent ?"

Gabrielle prit une profonde inspiration et réfléchit. "Regroupe les guerrières et les guérisseuses. Nous avons beaucoup à faire."