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Le convoi d'armes passa lentement par la route du sud, et monta vers la passe. Le cortège était constitué de quatre chariots lourds recouverts, et le bois de chacun d'eux ployait sous le poids des armes. Chaque chariot était tiré par quatre chevaux qui écumaient en raison de l'effort qu'ils devaient faire pour monter la pente et en raison du poids de leur charge. De plus, le climat était chaud même si tôt au printemps et le jour s'était levé brillant et clair, ne fournissant aucune protection contre le soleil. Un escadron de vingt soldats armés à pieds et de quatre soldats à cheval précédait chaque chariot. En tout, cent soldats ennemis escortaient la précieuse cargaison. Trois éclaireurs voyageaient devant. Ils étaient partis pour suivre l'itinéraire environ une marque de chandelle avant le reste. Ils s'assuraient que la voie serait libre. Exactement comme la Conquérante l'avait prévu. Cet itinéraire commercial avait longtemps été le favori des bandits de tout acabit. La route était étroite et raide et montait dans les montagnes, ce qui fatiguait hommes et chevaux. Au sommet des montagnes, était située la Passe de Sepian qui s'était longtemps avérée mortelle pour les commerçants qui y circulaient. La route serpentait légèrement, mais paraissait interrompre la chaîne de montagnes, créant un tunnel étroit pour les voyageurs, les exposants à une attaque en hauteur et les gardant ainsi toujours à la merci de ce qui pourrait les attendre à la courbe suivante. Dans la passe, les seules options possibles étaient sois avancer, sois reculer ou encore monter à la paroi rocheuse. Les hommes de la Conquérante devaient conformément à ses ordres, laisser la troupe de sentinelles avancer jusqu'à ce qu'ils se soient assurés que le passage était libre. Une fois qu'ils auraient dépassé celle-ci et seraient à un quart de marque de chandelle, elle avait fait placer des hommes pour procéder à l'embuscade. Cela permettrait de laisser le temps à ses troupes de converger sur le canyon pour qu'ils soient prêts à bloquer la sortie une fois que le convoi se serait engagé complètement. Ses archers feraient alors pleuvoir les flèches pour tuer un nombre significatif de soldats ennemis. Après cela, ce serait du gâteau, elle enverrait ses fantassins finir le travail. Oh, César, me sens-tu te talonner une fois de plus ? Je suis impatiente de sentir ma lame se poser sur ta gorge. J'examinerai tes yeux quand je te passerai par le fil de mon épée et quand elle s'enfoncera dans ta chaire. Quand le dernier souffle s'échappera de ton corps, j'exulterai de bonheur. Ta trahison ne m'a pas tuée, mais elle a porté le fruit de la vengeance. Le corps de la Conquérante se trémoussa avec excitation tandis qu'elle attendait au-dessus du précipice. Elle observa pendant que la dernière sentinelle entrait en terrain découvert et attendit le signal qui lui indiquerait qu'ils avaient été éliminés. Cela aurait été plus rassurant d'avoir Palaemon et Cefan pour coordonner le tout, mais elle avait instruit Charis sur ses devoirs et Xena elle-même ferait partie de la force principale. Cela n'était peut être pas une situation idéale, mais elle était confiante que sa victoire était assurée. Le soleil plomba sur son dos, détendant ses muscles qui étaient comprimés sous son armure, les réchauffant pour le combat à venir. La défaite totale de César viendra. Bientôt. Comme cette pensée lui traversa l'esprit, Xena comprit que quelque chose clochait désespérément. |