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Un flash de lumière dans son champ de vision périphérique attira son attention vers le sud-ouest. Là elle vit ce qu'elle évalua à environ cent autres soldats ennemis qui montaient la pente prêt à engager le combat avec ses soldats. Le fait qu'ils étaient venus de cette direction fit dire à Xena que les hommes de César avaient été informés quant à ses plans. Elle et ses hommes étaient parfaitement cachés parmi les rochers escarpés et les crevasses qui délimitaient le passage pour ceux qui s'approchaient par la route. Avec les forces de César qui montaient la route ainsi que la pente, ses troupes seraient très efficacement prises au piège, leurs seule alternative serait de descendre dans la plaine et se battre ou descendre dans la passe et combattre là encore. Si elle faisait descendre toutes ses troupes pour s'opposer contre cette dernière force, le convoi d'armes lui échapperait des mains. Si elle allait de l'avant avec son attaque, leur arrières seraient exposées aux soldats qui venaient par derrière. Si elle divisait ses troupes, elle risquait de perdre et le convoi et ses hommes. Elle n'aimait aucune de ses options. Son esprit bouillait en tentant d'évaluer qui blâmer pour cette trahison aux mains des hommes de César, elle passa les suspects potentiels en revu - Gabrielle, Palaemon, le Proconsul, Salmoneus, même Cefan, quoiqu'elle l'avait laissée pour morte. Elle secoua violemment la tête, pour chasser de telles pensées. Celles-ci étaient improductives, surtout en ce moment. Une fois qu'elle aurait survécu, elle pourrait punir le contrevenant. Et elle le ferait. Maintenant elle devait mener ses hommes à une victoire, mais une victoire beaucoup plus ardue que prévu. En jetant un coup d'œil vers l'Est, la Conquérante nota que l'on n'avait pas encore vu le signal de son équipe assignée pour rattraper les éclaireurs ennemis. Quelque chose s'était passé là bas aussi. Sans aucun moyen d'entrer en contact avec ses troupes qui étaient postées le long de la partie inférieure de la traînée, ceux qui avaient été assignés pour empêcher la retraite du convoi, Xena ne disposait que de cent hommes seulement pour contrecarrer une force d'environ le double. Une force qui venait vers elle de deux directions différentes et qui incluait une caravane avec plus qu'assez d'armes pour répondre à une attaque. Elle saisit l'armure en cuir d'un jeune soldat à côté d'elle. "Je veux que tu ailles où se trouve le deuxième escadron pour dire à Charis qu'elle est responsable de l'attaque sur le convoi. Elle dispose seulement de ses hommes et de ceux du troisième escadron pour le faire. J'amène le reste des troupes vers la Plaine au sud-ouest. César nous attaque par derrière. Elle ne doit pas laisser les armes nous échapper. Compris ?" Au signe de tête approbateur de l'homme, elle le poussa pour qu'il se mette en route. L'escadron de Charis était sur le bas côté loin de la crevasse, hors d'atteinte du deuxième bataillon ennemi et toujours hors de vu du convoi d'armes. Xena retourna son attention vers les légions qui s'approchaient par derrière. Il ne lui restait que trois escadrons pour vaincre une force beaucoup plus grande. Elle disposait de trois autres escadrons plus loin au bas la route, qui attendaient pour s'approcher par derrière et deux autres à la sortie du passage, qui, s'ils s'en tenaient au programme, devaient être en train de sceller cet issue en ce moment. En jetant un coup d'œil aux hommes autour d'elle, et essaya de trouver le plus jeune et le plus svelte. Jaugeant un archer paré d'une armure légère, elle lui fit signe. "Peux-tu courir plus vite que le vent, soldat ?" "J'ai gagné un prix aux jeux de Corinthe l'année dernière, Majesté." "Bon. Voici ta nouvelle épreuve : je veux que tu descendes la pente et que tu trouves Kaipher, le leader de l'escadron. Dis-lui de déplacer ses hommes immédiatement au sud-ouest et de me rejoindre sur le champ de bataille à cet endroit." Les yeux du jeune soldat s'élargirent quand il comprit ce que sa nouvelle assignation signifiait. Il devrait foncer directement, devant le convoi d'armes qui approchait ou le contourner dans le cas échéant, puisqu'il progressait rapidement maintenant. Une flèche bien placée mettrait fin à sa course et à ses jours. "Oui, Majesté." Xena saisit son épaule et la serra puis le retourna pour qu'elle puisse le regarder droit dans les yeux. "Quand nous rentrerons à Corinthe, victorieux, je te donnerai personnellement un laurier d'or." La crainte dans les yeux du jeune homme disparut sous l'influence de la confiance qui émanait d'elle. "J'en serai honoré, Majesté." "Vos camarades et moi comptons sur toi. Allez maintenant !" Le jeune homme partit à la course sans un regard en arrière. Elle laissa dériver son regard bleu glacier sur les soldats qui restaient. "Dites-moi, combien de soldats ennemis équivalent un de nous ?" Un sergent de sa Garde Royale frappa sur une roche, le son saisissant résonna dans le silence en un écho. "Dix hommes de César ne valent pas même l'un d'entre nous, Majesté." "Êtes-vous d'accord avec ça ?" Un chœur de consentement résonna à ses oreilles. "Bon. Alors dans ce cas c'est une bataille gagnée d'avance." Elle fit un geste vers la deuxième légion ennemie que l'on pouvait maintenant voir approcher. "Il semble que les hommes de César savaient que nous étions ici. Nous descendrons donc et arrêterons ses chiens de guerre. Agnus, ton escadron vient avec moi. Menticles et Graphon, vous prendrez le flanc gauche. Ne laissez personne vous échapper. Charis et ses troupes arrêteront le convoi. Et nous célébrerons la défaite de César et de ses hommes avant la tombée de la nuit." À la fin de son discours, la conquérante tira son épée, le métal chanta comme s'il était heureux de quitter son fourreau. Bientôt l'air autour d'elle fut rempli d'un chœur métallique qui résonna dans les airs, accompagné par les éclats de lumière provoqués par les rayons du soleil qui frappaient le métal. Faisant un geste avec son épée, la Conquérante divisa ses troupes et entama sa course pour aller à la rencontre de ceux qui s'opposeraient à elle. Le sang afflua de manière extravagante dans ses veines, apportant de la chaleur à ses extrémités. Ses doigts se ravivèrent anticipant la bataille à venir, et se resserrèrent sur le manche de son épée, avec la confiance des nombreuses victoires qui l'avaient portées là où elle était à cette heure. Son épée était une extension de sa main, comme si la chair et le métal avaient été soudés ensemble depuis le jour de sa naissance. Cela avait toujours été ainsi pour elle. Celle-ci n'avait jamais laissé tomber son arme, ne l'avait jamais laissé quitter ses mains involontairement. Aucun homme ne l'avait jamais vaincu en combat et elle savait qu'aucun ne réussirait jamais. C'était son destin de gouverner la Grèce, de gouverner Rome, de gouverner chaque endroit que son cœur et son esprit lui dicteraient de gouverner. Rien ne pouvait dénier la vision qu'elle avait eue. Il n'y avait personne qui pourrait réfuter ses rêves, jamais. César avait essayé auparavant. Et tout ce qu'il avait accompli avait été de donner vie à un adversaire encore plus dangereux, une femme dont l'ambition avait été forgée du même feu que les clous avec lesquels on l'avait mise sur sa croix. La croix sur laquelle César l'avait laissée pour morte, les jambes et l'esprit totalement brisés. Cette même croix qui avait, en fait, signifié sa venue au monde. Elle était la fureur incarnée. En menant ses hommes vers le champ de bataille elle savait que cela prendrait beaucoup plus que toute sa volonté pour vaincre. Ses hommes étaient dispersés, incapables de se soutenir l'un l'autre. On avait déjoué son plan initial qui consistait à attirer les hommes de César vers un destin mortel. Elle était maintenant forcée de sacrifier ses hommes pour relever ce défi. Quand elle fut à environ cent empans de la première vague offensive, elle fit une pause sur une petite butte et leva son épée bien haut au-dessus de sa tête. Là dans la lumière aveuglante du soleil elle vit le tableau devant elle. L'expérience aurait fait hésiter n'importe quel autre général. Elle pouvait maintenant voir ce qui avait été dérobé à sa vue pendant sa descente de la passe : une autre troupe ennemie d'environ cent hommes attendait bien à l'abri. Leur commandant l'avait habilement doublé. Si elle avait su que ce serait deux cents hommes contre ses soixante, elle aurait choisit de descendre dans la Passe, pour attendre et frapper le convoi d'armes. Elle put sentir la crainte émaner des hommes derrière elle. Sans un regard en arrière, elle balança son épée dans un arc serré au-dessus de sa tête. "Choisissez vos dix hommes et apprenez leur ce qu'un de mes soldats peut faire quand on le défi." Avec un cri, elle s'élança au devant et fonça droit à la rencontre de ses ennemis. Ses hommes crièrent et se précipitèrent à sa suite. La Conquérante savait que le premier à tomber sur le champ de bataille était d'une importance capital, et ce dans n'importe quelle bataille. Tandis qu'elle courait vers la rixe, elle choisit sa victime : le plus en vue des romains de la ligne de front. L'homme dépassait ses camarades d'une tête et il portait une cape écarlate. Xena était un peu déçue parce qu'il serait plus difficile pour ses pairs de voir son sang la détremper. Pour efficacement marquer son point elle devrait le décapiter, elle se décida, alors il n'y aurait aucun doute de sa présence parmi eux. Concentrée seulement sur sa future victime, elle se déplaça avec assurance sur le terrain. D'autres romains se dirigeaient vers elle, mais elle ne leur porta pas attention. S'ils réussissaient à parcourir cette distance, ils se retrouveraient aussi morts que le soldat qui portait la cape écarlate. C'était son épée contre la sienne qui apporta le premier choc de la bataille. En livrant une série de hauts coups, destinés à le déséquilibrer, elle se rua sur lui en employant l'avantage que lui procura la descente. Il se déplaça rapidement et bloqua les coups, mais dû reculer pour y arriver. Ce pas en arrière lui coûta une bonne position et elle exploita ceci en lui donnant un coup de pied directement dans le genou. Ils entendirent tous les deux l'os se briser sous l'impact. Son genou fracturé, il fut incapable de soutenir son poids et tandis qu'il s'effondrait, Xena inversa l'arc descendant de son épée et lui coupa proprement la tête. Du sang chaud éclaboussa ses cuisses et ses bottes, une partie de ce liquide gluant coula sur ses jambes et dessous sa jambière. Elle se pencha et ramassa le casque toujours attaché sur le menton de son propriétaire mort. Elle souleva cette tête sans corps, et une longue traînée de sang coula le long de son bras gauche. Finalement elle lança la tête sanglante sur la ligne de soldats ennemis qui avançait. De nouveau, elle choisit sa prochaine victime. Devant elle, elle vit une femme qui portait la cicatrice rituelle qui signifiait qu'elle était une Amazone du Nord de la Grèce. Xena sentit son sang bouillir à la pensée qu'une Amazone Grec puisse se mesurer à elle. Une Amazone Grec qui se battait sous la bannière de César ne fit seulement que la mettre encore plus en colère. La femme sentit l'attention de la Conquérante. C'était le moment qu'elle avait tant attendu, la raison pour laquelle elle s'était permise d'être vendue au service de César le nécromancien. Il était inévitable qu'un jour la Conquérante et les soldats de César s'affrontent. C'était le seul désir de Amari. Être celle qui tuerait la femme qui avait détruit son village. "Artémis, protège-moi !" Cria Amari puis elle attaqua celle qu'elle détestait le plus au monde. Xena rit, sachant que prier les Dieux était un exercice inutile. Ils n'aidaient seulement que selon leurs bons caprices, jamais quand on avait besoin d'eux. Si l'Amazone avait besoin de Artémis pour la protéger, elle venait de prouver qu'elle se tenait debout sur sa propre tombe. Bientôt le son de leur échange monta à l'unisson avec ceux qui montaient autour d'elles. Les sens aiguisés de Xena pouvaient dire que ses hommes subissaient des pertes, c'était du quatre contre un. La plupart des ennemis se contentaient d'encercler simplement un de ses hommes et le tuait, puis avançait ensuite vers le soldat suivant. Ceux qui réussissaient à s'en sortir étaient des membres de sa Garde Royale, qui avaient été entraînés à combattre dos à dos et épaule à épaule avec leur compagnon. C'était plutôt les hommes du contingent macédonien qui étaient tués. Elle nota mentalement de s'assurer que Charis leur apprendrait les techniques de combat appropriées quand ils retourneraient à Corinthe. Du moins, à ceux qui survivraient. Un coup porté à son épaule gauche ramena son esprit sur son adversaire. La douleur aidait toujours à se concentrer sur le moment présent durant un combat. Les cicatrices serviraient plus tard à se rappeler la victoire. "Une Amazone Grec combattant contre la Grèce ?" Se moqua Xena pendant qu'elles croisaient l'épée. Amari secoua la tête, "une Amazone Grec combattant contre la Grèce, pour enfin finir ce que César a commencé." "Ce que César a commencé," répliqua Xena, en tentant de distraire son adversaire, "est loin d'être terminé." Avec un geste rapide de son poignet gauche, Xena projeta un poignard dans la gorge de la femme. En saisissant l'arme, l'Amazone ne réussit qu'à aggraver sa blessure quand elle la retira de sa chaire. Elle tomba par terre, porta les mains à son cou, cracha du sang et essaya de murmurer des mots haineux. Xena s'éloigna sans se retourner et en crachant par terre, du regard elle chercha le prochain ennemi qu'elle allait exterminer. |