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La scène qui apparut devant les yeux de Gabrielle la stupéfia. Les troupes de la Reine Noire étaient divisées et disséminées parmi les troupes de César. Il y avait deux mêlées, une sur la route et une dans la plaine au sud-ouest. Aucunes des deux ne semblaient avantageuses pour les troupes de Xena, beaucoup de ses soldats étaient tombés. Sur la plaine, la Conquérante et une petite troupe avaient effectué une retraite partielle sur la colline. Les hommes de César erraient parmi les blessés et portaient leurs hommes vers leurs guérisseurs. Il était évident que la bataille reprendrait aussitôt que cette tâche serait complétée. Sur la route, la bataille faisait rage. Les deux armées avaient des archers sur les corniches du canyon, ce qui rendait difficile le combat au corps à corps. On pouvait voir quelques escarmouches, mais elles étaient aussitôt interrompues par une pluie de flèches. Plus de soldats alliés que d'ennemis étaient étendus sur le chemin et Gabrielle eut de la peine pour les hommes et les femmes avec qui elle avait voyagé. Elle se tourna vers Palaemon. "Comment pouvons-nous l'aider ?" Le Capitaine regarda les cent vingt guerrières Amazones qui étaient avec eux. "Nous devrions commencer par anéantir la ligne arrière. Alors nous nous diviserons et prêterons main forte aux deux forces." Il regarda Eponin pour obtenir son approbation. Elle hocha brièvement la tête. "C'est ce que nous ferons alors." Comme les Amazones commencèrent à marcher vers le champ de bataille, Gabrielle saisit le bras d'Eponin, et l'obligea à faire une halte. "Comprennent-elles qu'elles ne doivent pas nuire à la Conquérante ? Que nous sommes ici pour l'aider ?" "Ma Reine," répondit Eponin et elle fit un geste vers les femmes autour d'elles, "Se sont des guerrières honorables. Si leur Reine leur donne un ordre, elles y obéiront, même si elles doivent y laisser leur vie. Nous ne lui porterons pas préjudice, parce que vous la protégez." Gabrielle inclina la tête, "Bien alors, tant qu'elles le savent." Sans autre discussion, la nouvelle Reine se mit en route avec ses troupes. Xena se déplaça parmi les dix-huit hommes qui étaient toujours en état de se battre. Chacun portait les traces physiques d'une dure journée de combat. Elle essaya de ne pas penser à la trahison qui avait causé la perte de ses hommes, cela ne faisait que perturber sa concentration. Elle remarqua que les soldats ennemis avaient presque terminé de retrancher leurs blessés. Elle se tint debout au milieu de ses hommes et essuya le sang de sa lame du mieux qu'elle le put. "Moins de soldats, signifie une plus grande part d'honneur pour chacun d'entre nous." Avec un regard à son épée, elle indiqua le champ de bataille. "Nous garderons toujours les cicatrices de cette bataille. Et nous montrerons fièrement ces cicatrices à nos enfants quand nous leurs raconteront cette journée." Elle les regarda tous dans les yeux à tour de rôle, désirant leur insuffler sa confiance. Ce n'est pas aujourd'hui que je vais mourir, je le sais. Aujourd'hui quelque chose de grandiose va s'accomplir. "Vos enfants et les enfants de vos enfants, connaîtront le nom de ceux qui se sont battus ici aujourd'hui. On racontera l'histoire de notre victoire à nos enfants et à leurs enfants et ils se rappelleront de nous. Même si nous sommes peu nombreux, nous marquerons l'histoire. Les soldats qui ne sont pas avec nous envieront notre gloire et maudiront les Dieux de ne pas avoir été ici à nos côtés. De plus, nous ne voudrions pas partager cette victoire avec eux. Pour ce type de victoire, une force surnuméraire serait moins honorable. Mais aujourd'hui vous pouvez vous tenir debout et prendre votre place dans le panthéon des héros. Aujourd'hui vous pouvez prouver que vous êtes de vrais soldats. Aujourd'hui vous pouvez gagner le droit d'être appelé Ami de la Nation, un de Mes amis. Soldats vous allez acquérir des droits et des privilèges que vous allez gagner à la sueur de votre front et au sang que vous allez verser. Les fils de ma mère sont tous morts. Mais vous pourrez vous considérer comme mes frères quand vous vous battrez à mes côtés pour obtenir cette victoire." "Vers la victoire !" Cria Agnon, en sautant sur ses pieds, bouillant d'une nouvelle énergie. "Pour la Reine !" Proclama Menticles. "Gloire !" S'écria Graphon, en balançant sa lame dans les airs, tuant des ennemis imaginaires. "Mort à César !" Commanda Xena tandis qu'elle les menait une nouvelle fois à l'assaut des forces ennemies. Palaemon et Eponin avancèrent côte à côte parmi les rangs de leurs opposants. Leurs styles de combat s'harmonisaient parfaitement et permettaient une bonne collaboration - Eponin sauvage et féroce, cherchait toujours sa prochaine proie ; Palaemon méthodique et déterminé, ouvrait la voie et dégageait un couloir vers la Conquérante. Le reste des Amazones se jetèrent dans la rixe avec abandon. Elles semblaient avoir oublier que c'était pour faciliter la tâche à l'Usurpatrice Sombre. Au lieu de cela, elles furent totalement envoûtées et absorbées dans la tuerie. Les guerrières Amazones avaient été inactives depuis trop longtemps. La menace face à la Nation était minime à Éphèse. Pendant ces temps de paix, Terreis les avait préparés pour la guerre. C'était le premier vrai test de leur degré de préparation, elles ne la décevraient pas. Rapidement l'arrière garde ennemie fut détruite, les soldats ne s'attendaient pas à une attaque, et croyait que leur seul ennemi se trouvait devant. Leur arrogance s'avéra être leur chute, chaque membre de l'escadron était maintenant couché ensanglanté sur le sol. La troupe de guerrières Amazones avança et se sépara, la moitié d'entre elles montèrent à l'assaut vers la plaine, et l'autre remonta le chemin vers la Passe de Sepian. Eponin s'occupa de mener la charge en bas de la colline, sentant que la bataille était plus féroce à cet endroit. En entendant les cris le long du chemin, le regard de Xena se tourna dans cette direction. C'est alors qu'elle vit les Amazones venir vers son flanc. Elle vit une moitié se précipiter vers ses troupes près de la Passe, et l'autre moitié descendre en bas de la colline pour sans doutes l'engager. Se penchant, elle retira violemment une lance des mains d'un ennemi mort et se prépara à la lancer vers la première Amazone qui approcherait de ses hommes. Elle savait que c'était toujours à son avantage de verser le sang la première. Elle élança son bras en arrière et équilibra la lance soigneusement, puis mira. Comme elle était sur le point de la projeter, elle découvrit le visage de Palaemon parmi les Amazones. Palaemon vit la Reine au même moment et sut immédiatement quel était son plan. Il savait qu'il signifierait très probablement un renversement de situation chez les Amazones si leur allié par obligation tuait l'une d'entre elles. Rapidement, il leva son poing gauche et le frappa sur sa poitrine, à deux reprise et raidit ensuite son bras vers la Conquérante. C'était un vieux code de la Garde Royale qui signifiait allégeance à la Reine. Il pria pour que Xena ait confiance en lui. Ce geste porta ses fruits et la Conquérante marqua une pause. Tenant toujours sa lance pointée sur l'Amazone, elle attendit pour voir avec qui la femme croiserait l'épée. Si elle faisait le moindre mouvement vers ses hommes, elle serait empalée. Eponin pouvait sentir l'énergie de la bataille couler en elle. Ses jambes la propulsèrent rapidement en bas dans la plaine et encore plus près des forces de César. La Conquérante avait moins d'un escadron qui se battaient toujours, les autres étaient morts ou blessés. Mais je suis sur le point de faire basculer la balance en sa faveur, qui l'aurait cru. Eponin se réjouit avec malveillance comme elle lâcha un cri perçant et couru vers le premier ennemi assez malchanceux pour se trouver sur son chemin. Il ne put résister à son accablante attaque et bientôt il se retrouva couché sur le champ de bataille, tandis que ses mains tentaient en vain de remettre ses intestins à l'intérieur de ses entrailles. Tout à coup, elle sentit un déplacement d'air lui frôler le bras et elle entendit ensuite le bruit de la chair qui se déchire comme une lance empala un soldat ennemi qui s'était approché d'elle par derrière. En jetant un coup d'œil à par-dessus son épaule, elle vit la Conquérante soulever son épée en guise de salut. Eponin savait que c'était la façon du général d'accueillir les Amazones en tant qu'alliées dans la bataille, bien qu'elle détestait être en dette envers celle-ci puisqu'elle venait de lui sauver la vie. En réponse, elle leva sa propre épée, pour ensuite la plonger dans le prochain ennemi qui s'approcha. Debout sur la pente, Clymera était à peine capable de retenir Gabrielle qui voulait descendre au champ de bataille. "Ma Reine, nous devons rester ici. La Nation tire sa force de vous savoir ici et de vous voir vous tenir debout sur cette colline." "En effet, elles doivent me voir de là-bas," gronda Gabrielle, ses yeux suivant constamment à la trace les mouvements de la Conquérante." "Ma Reine," dit doucement Clymera, en mettant un bras autour des épaules de la jeune femme, "vous n'êtes pas une guerrière. Quel bien vous ferait-il, si vous deviez descendre là-bas ? Restez ici ; observez vos guerrières, décider à qui vous octroierez les (de quoi s'agit-il ?) quand nous célébrerons la victoire ce soir et soyez un leader Amazone. En temps opportun, nous pourrons vous apprendre à devenir une guerrière. Mais pas aujourd'hui." "Elle doit vivre," chuchota Gabrielle. "Ma Reine, je l'ai déjà vue se battre sur un champ de bataille par le passé, elle n'a pas d'égal." La voix de la prêtresse chevrota avec émotion, son esprit lui fournissait les images de la dernière fois où elle avait vu Xena combattre, elle revit le sang frais de sa compagne sur son épée. Des yeux verts se fixèrent sur la prêtresse. "Me détestez-vous pour avoir obligé les Amazones à l'aider ? Vous l'avez vue combattre quand elle s'est opposé à vous, n'est ce pas ?" La prêtresse inclina gravement la tête. "C'est exact. Je l'ai regardé détruire plusieurs de nos villages. Nous sommes partis de nos pays du Nord seulement pour découvrir qu'elle avait aussi attaqué nos villages occidentaux. Alors nous n'avons pas eut le choix nous avons prit la mer et fuit jusqu'ici avant qu'elle ne nous ait tous tués. Ma compagne était gravement blessée. Elle ne s'en est jamais remit. Xena l'a tuée, cela à juste pris un peu plus de temps." "Je suis tellement désolée." Clymera inclina la tête et tapota doucement la main de Gabrielle. "J'ai appris que la détester me faisais plus de mal à moi qu'à elle. Je ne déshonorerai pas la mémoire de Kalia de la sorte. J'ai toujours espoir qu'elle sera celle qui m'accueillera aux Champs Élysées. Mais, j'admettrai que les visions que j'ai eus de vous la défaisant ne me rendent pas du tout malheureuse." "Je ne la déferai pas. Je ne veux même pas essayer." Gabrielle laissa son regard errer en bas de la colline vers la Reine. Elle observa en silence pendant que Xena se défendait contre deux officiers ennemis. "Les Guerres peuvent parfois se gagner sans armes," chuchota Clymera. Avec l'aide des Amazones, les ennemis étaient perdants. Ceux-ci favorisaient l'épée courte, conçue pour percer des trous plus facilement dans les armures. Les Amazones évitaient de porter des armures lourdes, et elles se battaient surtout avec de longues épées, des bâtons et des lances. Ce qui leur donna un avantage non négligeable. Cela se traduisit en ce que peu d'Amazones furent blessées tandis que les ennemis tombaient à la douzaine. Quand elle vit que le conflit était dans la poche, Xena remit son épée dans son fourreau et commença à se diriger plus haut sur le chemin, là où le conflit faisait toujours rage. Ses muscles épuisés la brûlaient, mais elle savait qu'elle devait continuer à se battre avec ses soldats. Le soleil avait atteint son apogée dans le ciel lui donnant espoir que le combat serait bientôt terminé. Elle fit des pieds et des mains pour escalader le versant de la montagne et redescendit de l'autre côté pour aller vers un de ses officiers. Elle évalua rapidement la situation. Les ennemis avaient employé l'espace réduit de la passe à leur avantage, employant les chariots d'armes comme couverture et leur contenu tel une provision illimitée de flèches et d'armes. Ils avaient anticipé l'attaque aérienne, et avaient disposé leurs boucliers comme un auvent. La seule option était un assaut intégral de face. Celui qui ferait beaucoup de morts dans ses rangs et dans les rangs Amazones. Autrement, c'était l'impasse. Les hommes de Xena les avaient maintenus en place pour le moment. Et les Amazones n'avaient pas accès au chemin. "Où est Charis ?" Demanda-t-elle comme sa respiration redevint normale. L'officier fit un signe de tête et indiqua le passage au-dessous d'eux. Là sur le sol était étendu le corps de Charis. "Majesté, elle est descendue pour tenter de nous ouvrir une voie pour que l'on puisse attaquer." Xena vit les flèches qui s'étaient empalées dans le corps de Charis et émit un soupir de frustration. Si seulement j'avais Palaemon avec moi. Si seulement je n'avais pas écouté Cefan. Et Gabrielle. Gabrielle. Soudainement, il vint à l'esprit de Xena que si les Amazones et Palaemon étaient ici, Alors Gabrielle devait l'être aussi. Soigneusement, elle parcourut la pente des yeux, puis elle vit la jeune femme aux cheveux blonds. Elle la reconnut à peine puisqu'elle était maintenant parée dans les vêtements de la reine des Amazones. Elle est à couper le souffle. Et elle me regarde fixement. Ouais, droit dans les yeux ; Dieux, Xena, revient sur terre. Tu ne peux pas dire où elle regarde vraiment. Mais la partie intuitive de son cerveau savait qu'elle était l'objet de l'attention de la jeune Reine. Puis elle souhaita que la bataille se termine au plus tôt. La partie de Xena qui s'associait toujours à Arès revint soudainement à la vie. La fatigue qui l'accablait un moment plus tôt disparu et fut remplacée par une implacable énergie, une énergie qui exigeait que le sang ennemis soit versé. Elle se tourna vers l'officier à côté d'elle et le saisit par ses cuirs. "Je descends sur le champ et j'ouvre une voie. Prépares tes hommes." L'homme la regarda avec soulagement. "Oui, Majesté." Il grimpa de peine et de misère un peu plus haut où se trouvait ses hommes et les rassembla. "César, tu ne me déferas pas à nouveau." Reculant de quatre enjambées du bord, Xena parcourut la courte distance et exécuta une série de sauts périlleux puis atterrit sur la route à quelques longueurs de corps de ses ennemis. Ses jambes se plièrent pour absorber le choc, elle poussa sur ses pieds et commença à sprinter vers le chariot le plus proche. Elle se déplaça en zigzaguant. Des flèches commencèrent à voler vers elle, elle tira son épée et les para facilement, ne quittant jamais sa cible des yeux. Deux empans plus loin, elle projeta son corps dans les airs de plus en plus haut, sur le chariot et s'effondra sur les rangées de boucliers pour anéantir cette protection contre les flèches. La structure s'effondra sous elle et elle escalada le métal puis revint sur le chemin. Une fois qu'elle fut hors de danger, ses archers commencèrent à tirer en bas sur les soldats ennemis maintenant exposés. Le premier chariot fut défait rapidement. Xena continua vers le bas du chemin et se dirigea vers le deuxième chariot, mais elle s'arrêta amusée quand elle aperçut une petite Amazone se projeter dans les airs et retomber directement sur les boucliers en imitant ce qu'elle venait tout juste d'accomplir. Une fois que la guerrière fut passée, une douzaine d'Amazones descendirent dans la passe. Ses soldats, encouragés par son assaut solitaire, se précipitèrent le long du chemin et attaquèrent les deux chariots restants. Bientôt, tout ce que Xena put entendre fut le son des armes qui s'entrechoquaient, ils ne rencontrèrent pas vraiment de résistance tandis qu'ils transperçaient les ennemis. Errant d'un chariot à l'autre, la Conquérante essuya son épée avec un reste de couverture, puis rengaina ensuite celle-ci. Elle retourna au pas de course vers Charis. En mettant un genou à terre aux côtés de son officier, elle nota la respiration laborieuse de Charis. "J'ai besoin d'un guérisseur !" Aboya Xena à un soldat tout près. "Trouves-moi un guérisseur immédiatement !" Elle retourna son attention vers son jeune officier et lui passa la main dans les cheveux. "Tiens bon, Charis, j'ai envoyé chercher de l'aide." Comme pour répondre au son de sa voix et à son contact, l'officier ouvrit les yeux et regarda fixement sa Reine. "Avons nous vaincu ?" "Nous avons vaincu. Et tu vivras, tu m'entends ? Ces cicatrices prouveront que tu as ridiculisé César." C'était vrai, tant que Charis ne perdait pas trop de sang, puisque les flèches n'avaient pas transpercé d'organes vitaux. "Merci, Majesté." Le soldat revint en tirant une Amazone de très mauvaise humeur contre lui. "C'est une guérisseuse, Majesté." La Reine se releva, "Vois à ce qu'elle n'y reste pas. C'est un bon soldat." Aria fronça les sourcils, mais se pencha pour faire son travail. Xena commença à marcher parmi ses troupes, en faisant le compte des survivants, des blessés et des morts. Quand elle trébucha contre le corps du jeune coureur, elle s'arrêta et le pris dans ses bras. Soulevant la forme sans vie, elle le porta là où les corps de ses soldats morts étaient réunis. Xena fit un geste vers le soldat qui transcrivait le nom des morts. "Sais-tu son nom ?" Le soldat inclina la tête, "Nike, Majesté." "Fais en sorte que sa famille reçoive un laurier d'or." Elle observa comme le soldat inscrivait sa demande sur ses notes. "Qui d'autre ai-je perdu ?" Tandis qu'il récitait les noms des morts, Xena regarda fixement les corps à ses pieds. Il y en avait plusieurs qu'elle ne pouvait identifier. À ceux qu'elle reconnaissait, elle jura de tuer la personne qui les avait trahis pour les venger. Quelqu'un avait parlé aux hommes de César de son complot et avait causé la mort de plus de cent trente de ses hommes. Tous auraient été perdus, incluant elle-même, si Gabrielle et ses Amazones n'étaient pas intervenus. Gabrielle. Au moins ce n'était pas Gabrielle. "Majesté, nous avons capturé le leader ennemis !" Cria Palaemon comme il poussa grossièrement son prisonnier, il le força à s'agenouiller devant la dirigeante. Brutus lutta de toutes ses forces et essaya de se remettre sur ses pieds, mais la main ferme de Palaemon sur son épaule l'en empêcha. Les yeux de Xena devinrent sombres comme elle les braqua sur l'homme et l'examina. Il était petit et avait les cheveux frisés, deux choses qu'elle n'avait jamais aimé chez un homme. Le fait qu'il était le leader et certainement un confident de César n'améliorait pas son sort. Ses habits, rouge et or, étaient déchirés en lambeaux, et sales. Mettant un genou par terre elle captura ses yeux. "Qui ?" Il n'avait pas à demander le sens de ce qu'elle voulait savoir. Elle voulait le nom de celui qui l'avait trahie. Brutus décida qu'il serait préférable de passer une éternité au Tartare que de lui donner satisfaction, il ne dit rien. "Tu es Brutus, n'est-ce pas ?" Demanda-t-elle, continuant son examen de l'homme, choisissant enfin l'approche qu'elle allait utiliser. "J'ai entendu parler de toi. Tu es l'animal de compagnie de César. Son chien de poche. Tu aboie quand il te dit ' jappe, ' et tu t'assois quand il te dit ' assis. ' Te dit-il quand te soulager ?" Les yeux sombres qui la regardaient fixement devinrent encore plus sombres, et rempli de haine. "Je ne traiterai jamais mes hommes." Xena se releva à sa pleine hauteur et regarda directement Palaemon. "J'admire les hommes qui peuvent penser par eux-mêmes et se battre pour leur convictions." À cela, Brutus renifla. "Vous tolérez la trahison ? Je pense que non." "Jamais. Mais je veux quelqu'un qui me donnera des réponses honnêtes, même si ce n'est pas ce que je veux entendre." Xena haussa les épaules dramatiquement, "Cependant, sache que c'est un privilège qui se gagne. Parler à la Dirigeante et par le fait même au peuple de Corinthe n'est pas une chose que l'on fait à la légère. Je suis sûr que César pense la même chose." "J'ai l'oreille de César." Xena ricana de façon ironique, "je voudrais l'avoir moi aussi. Épinglé à mon mur." "Il vous détruira, malgré cette petite défaite. J'en suis sûr." "Et puis après, même s'il le fait ?" Satisfaite que la fierté de ce soit piqué à vif, elle poursuivit avec son argument suivant. "Où cela mènerait-il sa Rome ?" "Au sommet de la suprématie." "Non, Rome ne serait pas au sommet de la suprématie ; César oui par contre. Ne vois-tu pas cela ?" Xena se pencha derrière lui, sa voix et son souffle se firent sentir sur son épaule, chatouillant son oreille. "Si César me défait, César deviendra invincible. Demandes-toi si c'est une bonne chose. Qu'a-t-il fait pour Rome en tant que dirigeant ? Il vous a conduit en sol étranger où vous faites la guerre. Pourquoi ? Augmenter sa gloire. Il a circonscrit la plupart de vos jeunes soldats. Pourquoi ? Que vous vous battiez pour encore augmenter sa gloire. Il a institué de nouveaux impôts. Pourquoi ? Payer pour ces soldats qui se battent et qui augmentent sa Gloire. Tout est pour César. Il ne se souci pas de Rome juste de comment il peut s'en servir." Quand elle n'entendit pas d'objections de la part de Brutus, elle sourit et vint se mettre devant lui." Maintenant, dis-moi, qui t'a informé de mes plans ?" "Non." Les yeux de la Reine se rétrécirent dangereusement. "Je demanderai cette question pas plus de dix fois, tu me comprends ?" Inclinant la tête vers Palaemon, son Capitaine saisit les cordes qui liaient les mains de Brutus et les souleva devant elle. Se déplaçant lentement pour que celui-ci comprenne ce qu'elle avait l'intention de lui faire, elle retira son poignard de sa botte. Elle regarda briller la lame, couverte de sang séché et la fit miroiter dans la lumière du soleil. Xena tendit la main et saisi son index puis posa la lame à sa base. Le métal froid se posa sur sa chair un moment, lui faisant comprendre qu'il pouvait arrêter son mouvement à tout moment en lui donnant la réponse qu'elle désirait. "Qui ?" Le Silence lui répondit et elle haussa les épaules, "Hé bien, ce n'est pas la main qui tient mon épée, mais je peux parfois être bonne avec celle-ci" Elle commença à appuyer sur la lame qui s'enfonça dans sa peau, et commença à tailler juste sous la base du doigt pour le couper. "Hy-quelque chose !" Cria Brutus quand elle fut à un tiers de lui trancher le doigt, il agonisait de douleur tandis qu'elle accomplissait lentement sa tâche. "Je ne peux pas me souvenir de la prononciation. C'était une archère et un Officier de votre armée. " Soudainement Brutus compris que son doigt ne valait pas le prix de cette information. Elle essuya le sang de la lame sur sa joue mal rasée, une longue traînée de chaleur humide le fit tressaillir. "César t'aurait tranché les doigts quand même, pas moi, je tiens parole et je suis heureuse tu aies plus de bon sens que lui," chuchota-t-elle. Se relevant, elle se tourna vers deux de ses soldats, "Enchaînez cet homme et gardez-le. Je m'occuperai de lui plus tard." Comme ils emportaient Brutus, Xena étendit son bras vers Palaemon. "Capitaine, cela me fait plaisir de vous voir." Palaemon prit son bras, "Majesté, j'attends vos ordres." "Sécurisez le secteur, brûlez leurs morts, préparez les nôtres pour l'enterrement à Éphèse et supprimez les chevaux qui boitent." Elle débita cela à toute allure puisque c'était les ordres habituels après chaque bataille. "Ce sera fait, Majesté." Palaemon la salua et se mit à surveiller les tâches. À la fin de l'après-midi, après avoir rendu visite aux hommes de César qui avaient été fait prisonnier et fait un inventaire rapide des armes, Xena commença à marcher vers l'hospice provisoire que l'on avait disposé au sommet de la colline, et où Gabrielle se trouvait par le fait même pour aider à traiter les blessés. Elle n'avait pas revu Gabrielle depuis qu'elle l'avait entrevu durant la bataille. Ses hommes avaient eu besoin d'elle pour diverses raisons, les ennemis avaient été interrogés et elle avait aussi du prendre des dispositions quant au transport imminent des armes vers son navire. Elle était la Conquérante, et non une jeune poétesse en mal d'affection, elle se rappelait cela, chaque fois que le désir de partir aux pas de course rejoindre la jeune femme la prenait, et ainsi elle se contraignait à garder son allure constante. Maintenant, comme les rayons du soleil couchant miroitaient sur l'horizon, elle ne pouvait plus résister à l'envie d'être en la douce présence de Gabrielle. Elle sentit l'harassante fatigue de la journée qu'elle venait de passer à guerroyer, s'insinuer profondément en elle, la faisant ployer comme si elle avait eu un énorme bloc de pierre sur les épaules tandis qu'elle progressait à travers le champ. De la tente, Gabrielle jeta un coup d'œil et vit la Conquérante venir vers elle. Laissant le soldat qu'elle était en train de soigner, elle sortit dans le dernier rayon de lumière et commença à se déplacer en direction de Xena. C'était comme si le temps s'était arrêté. Elle ne pouvait plus entendre les sons métalliques que les Amazones et les soldats de la Conquérante provoquaient en nettoyant armes et armures. Elle ne pouvait plus ressentir l'épouvantable inquiétude qui s'était emparé de son cœur depuis le matin quand elle avait d'abord vu la scène du carnage. C'était comme si tout autour d'elle avait disparu, ne laissant exister qu'elle et Xena. Elle détailla minutieusement la grande guerrière aux cheveux d'ébènes qui continuait à avancer vers elle. Inquiète de voir tout ce sang qui recouvrait sa peau bronzée et à l'idée que celui-ci ne provienne de ses propres veines, elle l'examina soigneusement pour s'assurer que Xena allait bien. Puis elle s'arrêta au milieu de la plaine et attendit. Les rayons du soleil jouèrent encore un moment sur le corps de l'oracle y dessinant des formes plus intéressantes les unes que les autres. Ce corps qui était un peu plus exposé qu'auparavant, et dont la vue réjouissait la Conquérante. Elle sourit en voyant ses cheveux clairs projeté des teintes rougeâtres dans la lumière agonisante du jour et aussi ses yeux verts qui correspondaient tout à fait à la teinte de l'herbe sous ses pieds. En arrivant finalement à quelques pieds de Gabrielle, Xena fit quelque chose qu'elle n'avait jamais fait de toute sa vie - elle se mit à genoux devant une autre personne. Gabrielle haleta à ce geste. Elle pensa immédiatement que la Conquérante était blessée. Elle recula d'un pas et la regarda à nouveau en faisant l'inventaire des coupures, ecchymoses, contusions et de la quantité massive de sang dont elle était recouverte. Aucune de ses blessures ne semblait être assez grave pour avoir mit à genoux cette redoutable femme. "Es-tu blessé ?" Chuchota Gabrielle, en touchant la chevelure de Xena. À ce contact, Xena secoua la tête. "Peux-tu me pardonner ?" "Tu sais, ça fait déjà un moment que j'ai compris pourquoi tu as fait ce que tu as fait et les raisons qui t'ont poussé à le faire. Il n'y a aucun pardon à obtenir." Xena secoua la tête avec plus de vigueur et étendit un long bras. Elle entoura la taille de Gabrielle, la tirant tout près d'elle. "Non, pour ça," chuchota-t-elle comme sa main traça un chemin imaginaire sur toute la longueur des jambes de Gabrielle. À cette sensation Gabrielle frissonna. "Je t'ai, déjà pardonné ça." Doucement elle prit la mâchoire de Xena en coupe, et l'obligea à lever son visage vers elle. "La crucifixion à été comme une renaissance pour moi, Xena," elle prononça le prénom de la Conquérante pour la première fois. "Et cela m'a mené à toi." Xena avala avec difficulté et se fit violence pour poser la question qui lui brûlait les lèvres, "peux-tu vraiment m'estimer après tout ce que je t'ai fait ?" Mille batailles ne l'avaient pas préparé à la crainte qu'elle ressentait maintenant en prononçant ces mots. Gabrielle sourit tendrement, "je le fais déjà." Sa petite main caressa la joue de la Conquérante sans se soucier de la saleté et du sang qui le recouvrait. La Conquérante émit un petit son étranglé et ses bras volèrent autour du corps de Gabrielle, tirant la jeune femme encore plus près d'elle, enfouissant son visage contre la peau douce de son estomac, elle soupira de contentement quand elle sentit les bras de Gabrielle se serrer autour d'elle. Cela aurait pu faire une éternité qu'elles étaient dans cette position. Xena s'en moquait éperdument. Elle avait un avant goût des Champs Élysées, là en ce moment, bien blottit les bras de Gabrielle, à écouter le rythme calme de sa respiration, à se complaire face à la douceur de la peau sous sa joue, à éprouver la force du corps qu'elle tenait fermement contre elle. Sa fatigue de la journée avait été balayé totalement en présence de Gabrielle, elle ne ressentait plus maintenant qu'une immense paix. "Allez viens, allons nettoyer tous ces bleus," chuchota l'oracle, ne voulant pas briser ce moment de promiscuité, mais voulant surtout que Xena soit traité pour ces innombrables blessures si superficiels soient-elles. "Je vais bien," vint la réponse assourdit qui chatouilla Gabrielle plus que prévu. Gabrielle regarda vers ses mains qui étaient maintenant souillées par le sang qui couvrait la Conquérante. "Alors à qui ce sang appartient-il alors ?" "Pas le mien. Au moins, pas la majeur partie." Xena bougea légèrement, laissant tomber ses mains au dos des cuisses de Gabrielle, savourant chaque moment. "J'en remercie les Dieux." Gabrielle balança ses hanches doucement, "Viens maintenant, allons nettoyer tout ça et ensuite rentrons." "J'ai beaucoup à faire avant que je ne puisse quitter Éphèse. Et pas la moindre idée de ce que je vais faire de tes Amazones..." "Hmm," le sourire de Gabrielle se refléta dans le ton de sa voix, "je suppose que tu pourrais commencer par les remercier." La Conquérante s'assit sur ses talons et chercha le regard de la jeune femme, "Puis-je juste remercier leur Reine ? Ne peut-elle accepter ma gratitude pour l'aide que sa Nation m'a donné ?" Xena permit à un sourire de jouer aux coins de sa bouche, le premier à illuminer son visage depuis des jours. "Bien, elle pourrait, mais une certaine amazone que je connais n'acceptera jamais cette offre. Elle voudra plutôt que l'aider, si pleine de reconnaissance, parler à sa Nation en personne. D'autant plus que cette Reine ne peut pas affirmer que sa Nation portera le même respect pour l'aider que cette dernière." Xena ne pu se retenir, et elle pouffa de rire. "Je n'ai aucune idée de ce que tu viens juste de raconter. Tu m'as un peu perdu après le truc de l'aider en première partie," elle réussit à dire tout cela entre deux éclats de rire. La Reine des Amazones sourit avec indulgence, "ce que j'ai dit c'est que tu dois les remercier personnellement. Est-ce plus clair ?" Elle lui offrit sa main, "S'il te plaît, allons te soigner... et te nettoyer un peu." La Conquérante se parcouru du regard et avisa les croûtes de sang, d'os, de cheveux et la panoplie de morceau de corps humains qui incrustaient son armure et son propre corps. Cela prendrait des jours avant que ses cuirs et son armure ne soient assez propres pour en faire usage de nouveau. "Je ne suis pas très jolie à voir là tout de suite, hein ?" "Non, tu es superbe - tu es en vie et en un morceau, c'est comme ça que je te préfère." Xena prit la main offerte et se remit sur ses pieds. "J'ai l'intention de le rester pendant un bon moment, Gabrielle. Je te le promets." "Fantastique," l'oracle resserra sa main un peu plus solidement autour de celle de la Conquérante. "Il est Temps de faire face à la Nation Amazone, Majesté." |