Closer than close to you

Chapitre 20 : Tournant du destin




Je suis restée à sa porte. Je pouvais l'entendre pleurer. J'entendis un gros bruit comme si elle jetait quelque chose et le cassait. Je savais qu'elle était vraiment en colère contre moi. Autant je voulais rester et lui expliquer pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait, autant je la connaissais. Je savais qu'elle aimait rester seule quand elle était de mauvaise humeur. Chaque fois que je voulais partir, j'hésitais. J'étais si effrayée qu'elle se blesse ou qu'elle fasse quelque chose de stupide. Je savais que mon comportement n'était pas acceptable. J'aurais du réagir mieux à la situation. Comment je pouvais me donner à quelqu'un d'autre que ma Yulia. Même si elle me pardonnait pour ça, je suis sure que je ne me le pardonnerais jamais et ne serais plus en paix avec moi-même. Je lui ais fait mal. Et toute ma vie, j'ai essayé de l'éloigner des personnes qui lui faisaient du mal.

Je ne pouvais plus me retenir. Je suis allée à sa fenêtre juste pour être sure qu'elle allait bien. Je montai doucement l'escalier de secours. Je m'assis à sa fenêtre et la regardai. Elle était vraiment énervée. Elle marchait de droite à gauche dans la pièce, essayant de retenir ses larmes. Je ne supportais pas de la voir comme ça. Je ne pouvais rien faire. Je ne pouvais même pas me faire du mal à moi-même parce que je savais que ça lui ferait du mal aussi.

Je regardai dans sa chambre et je vis finalement qu'elle objet elle avait cassé. C'était mon tableau qui était, avant, accroché à son mur mais qui était, maintenant, allongé sur le sol avec le cadre en or cassé tout autour. Je ne pouvais plus retenir mes larmes après avoir vu le tableau par terre. Je la regardai de nouveau et elle essayait d'enlever la bague que je lui avais donnée. Elle réussit finalement. Elle regarda à la fenêtre et j'étais sure qu'elle savait que j'étais assise là à la regarder. Elle s'approcha et ouvrit la fenêtre. Elle me lança un regard de colère et me prit la main.

Elle plaça la bague dans ma paume et dit avec des larmes dans les yeux : "Prend-là. Je ne la veux plus. Je croyais que tu étais un ange mais tu es devenue humaine"

Je la fixai, blessée par ses mots.

Elle cria en colère : "DEGAGE. JE NE VEUX PLUS TE VOIR!!!"

Je me levai. Je la regardai. Ses yeux étaient sévèrement fixer sur moi. Je pouvais voir à quoi ressemblait l'enfer dans ses tristes yeux bleus. J'étais sans voix. Je n'avais rien à lui dire. J'étais complètement coupable. J'essayai de lui prendre la main mais elle la retirait.

J'essayai de dire quelque chose pour casser la tension entre nous alors je dis : "Yulia, s'il te plait, calme-toi. Va à l'intérieur. Il fait trop froid pour toi"

Elle commença ensuite à crier : "NE ME DIS PAS CE QUE JE DOIS FAIRE. JE T'ECOUTE TOUT LE TEMPS MAIS TU ME DEGOUTES. JE TE DETESTE. TU ES UNE MENTEUSE!!!"

Je ne supportais plus ses mots. Je fermai juste la fenêtre et descendis l'escalier. Je ne pouvais pas la perdre maintenant. Je devais faire quelque chose. Je vais quitter Tanya ce soir et c'est tout. Je regardai la bague qui était maintenant dans ma main.

Je la plaçai à mon index me dis à voix haute : "Je dois le faire. Pas de marche arrière maintenant !"

Je pris le bus et allai rapidement chez Tanya. Tout le temps, je voulais casser avec elle mais j'hésitais. Pas cette fois. J'étais sure de ce que je faisais. Ce n'était pas de la faute de Tanya. C'était ma faute. Mais malheureusement, Tanya devait payer le prix de mon erreur.

Je toquai à sa porte. J'étais inquiète sur comment elle allait réagir. Mais je devais faire ça pour Yulia. Elle ouvrit la porte avec un large sourire sur son visage. Son sourire s'effaça quand elle me regarda.

Je la regardai et dis : "Tanya, nous devons parler !"

J'entrai dans son appartement. Je m'assis sur son canapé. Elle ne m'a pas offert de prendre mon manteau comme d'habitude. Je pouvais dire qu'elle savait pourquoi j'étais là.

Je commençai à parler et dis : "Ecoute Tanya. Tu es très spécia…"

Elle m'interrompit et dit : "Non, s'il te plait. Je sais ce que tu veux dire. S'il te plait, ne le dis pas"

Je fis non de la tête et dis : "Je suis vraiment désolée mais je dois le faire. Ce n'est pas juste pour toi que je continue cette charade"

Des larmes remplirent ses yeux et elle dit : "Pourquoi maintenant ? Tu joues avec moi depuis le début. Pourquoi as-tu décidé de finir tout ça maintenant ? Je m'en fou si le fait que tu m'aimes est numéro. Je choisis de vivre dans le mensonge plutôt que de vivre sans toi"

J'étais choquée. Je ne savais pas qu'elle savait que j'étais gentille avec elle.

Je dis : "Je suis désolée. Ce que j'ai fait est mal. Je ne sais pas comment je peux rattraper ça"

"RATTRAPER CA ? Tu n'as pas idée du mal que tu m'as fait. Imagine que tu vis tout le temps effrayé qu'une bombe qui est accrochée à ton cœur n'explose. Imagine comment j'étais inquiète. Imagine toutes les nuits sans sommeil. Merde, j'ai essayé de te faire m'aimer. Je ne savais pas ce qui allait mal. J'ai essayé de mon mieux"

Je ne pouvais plus la regarder dans ses yeux.

Je dis doucement : "Je suis désolée mais ça n'est pas arrivé pour moi. J'ai essayé de t'aimer aussi mais je ne peux pas contrôler. Je ne peux pas empêcher comment je ressens les choses"

"C'est elle, c'est ça ? Tu me quittes pour elle. Tu sais que si elle n'existait pas, la vie serait plus simple. Je souhaite qu'elle MEURE"

Je me levai rapidement et attrapai ses deux bras fortement et dis : "TAIS-TOI!!! NE DIS PLUS JAMAIS CA OU JE TE TUE. JE LE JURE JE LE FERAIS"

Elle s'assit juste là, me regardant choquée. Je savais que je lui faisais mal aux bras. Je serais de plus en plus fort.

Elle ne pouvait plus supporter ma prise sur ses bras et avait des larmes qui coulaient à cause de toute la douleur et elle dit : "Tu me fais mal. Lâche-moi"

Je continuai à blesser ses deux bras jusqu'à ce que je me calmai et la lâchai. Je la regardai. Elle pleurait.

Je lui dis : "Je suis désolée pour ça. Tu ne le mérites pas"

Elle tint ses deux bras douloureux.

Elle me regarda et dit : "Je t'aime et je ne laisserais pas tomber !"

"Tu dois. Je ne t'appartiens pas Tanya !"

Elle fit non de la tête et refusa juste d'accepter la réalité. Je m'assis à côté d'elle. Je caressai ses cheveux avec mes doigts. Elle avait l'air si horrible. Tout son maquillage avait coulé à cause des larmes. Son nez était rouge à cause de la colère. Je lui tendis un mouchoir. Elle le prit et commença à s'essuyer le visage. Elle se tourna vers moi et me serra fortement. Elle commença à m'embrasser dans le cou. Je la repoussai doucement mais elle ne voulait pas se laisser tomber.

Je lui dis : "S'il te plait, Tanya. Tu dois me laisser partir. Tu mérites mieux. Nous n'irons pas ensemble. S'il te plait"

Ses baisers se calmèrent. Elle laissa juste sa tête sur mon épaule.

Elle attrapa mon tee-shirt fortement et dit avec une voix pleine de larmes : "Pourquoi… Pourquoi ?"

Elle commença à ma secouer et ses pleurs s'intensifièrent. Elle commença à me frapper au corps. Je ne l'arrêtai pas. Je la laissai me frapper autant qu'elle le voulait. Je le méritais.

Je lui pris ses deux mains et dis : "Tanya, je suis vraiment désolée. Je suis une vraie garce !"

Elle s'éloigna de moi et me regarda en larmes et dit : "J'ESPERE QUE TU VAS PAYER POUR TOUT CA. J'ESPERE QUE VOUS BRULEREZ TOUS EN ENFER"

Elle attrapa un objet près d'elle et le jeta sur moi. Elle en prit un autre et encore un autre.

Elle commença à crier : "SORS. SORS DE MON APPARTEMENT. JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR. J'ESPERE QUE VOUS ALLEZ TOUS MOURIR"

J'essayai d'échapper aux objets qu'elle me jetait. Quelques-uns m'ont touché, quelques-uns ont frappé le mur derrière moi.

Je marchai rapidement vers la porte et avant de partir, je dis : "Je suis désolée" et je sortis rapidement.

Je pouvais l'entendre me crier de sortir. Je commençais à courir dans la rue. Je me détestais. J'espérai qu'un camion me renverse au milieu de la route. Je ne pouvais pas m'échapper de cette douleur. J'ai blessé trop de personnes. Surtout ma Yulia. La seule personne que je ne m'attendais pas à blesser. Puis, ce soudain sentiment me vint à l'esprit. J'étais libre maintenant. Je pouvais être avec ma Yulia. Je continuai à penser à Tanya. Je me détestais d'avoir fait ce que j'ai fait mais je devais sacrifier quelque chose. C'était Yulia ou Tanya et j'ai choisi Yulia depuis le début. Mais personne ne comprenait mon amour pour elle. C'est comme ça que j'ai fini avec Tanya.

Je commençai à marcher de plus en plus vite. Des larmes coulaient de mes yeux. Je commençai à courir. L'expression triste sur mon visage se transforma bientôt en un large sourire. Je courais aussi vite que je le pouvais. Je courais chez Yulia. Je voulais lui dire que j'avais quitté Tanya pour elle. Je voulais la tenir et l'embrasser. Je pouvais entendre des conducteurs crier après moi en russe. Je ne pouvais pas entendre clairement. C'était comme un bruit en arrière fond. Tout ce à quoi je pouvais penser était Yulia.

J'atteignis sa porte. Je toquai. Comme elle ne répondait pas, j'appelai son nom. Elle ne répondit toujours pas. Je commençai à cogner avec mes mains jusqu'à ce qu'elle répondit finalement. Elle ouvrit la porte doucement. Elle était encore dans le même état que quand je suis partie.

Je lui souris et dis : "Je l'ai quitté"

Ses yeux se sont élargis.

Je dis ensuite : "Je t'aime"

Elle me sourit et ouvrit sa bouche comme si elle essayait de dire quelque chose. Je la regardai inquiète. Sa bouche resta ouverte. Ses yeux s'agrandirent plus. Ses lèvres commencèrent à trembler. Elle luttait pour garder les yeux ouverts mais ils se fermaient doucement. Ses yeux se fermèrent maintenant. Elle tomba et je l'attrapai dans mes bras. Je la fixai avec ma bouche ouverte. Je ne savais pas ce qui n'allait pas. Je la portai à l'intérieur de l'appartement. Je regardai autour de la pièce, cherchant des indices. Je vis un verre d'eau posé sur le sol avec des pilules à côté. Je pris les pilules. La boite était vide. Je la regardai et je savais ce qui s'était passé. Elle avait pris une surdose. Je me levai rapidement. Je courus hors de son appartement.

Je commençai à toquer à toutes les portes et à crier : "EST-CE QU'IL Y A UN DOCTEUR ? C'EST UNE URGENCE"

Les gens sortaient juste de chez eux et regardaient.

Je pleurais et criais : "NE RESTEZ PAS LA… FAITES QUELQUE CHOSE. J'AI BESOIN D'UN DOCTEUR MAINTENANT !"

Ils continuaient de regarder.

Un homme sortit de son appartement et dit : "J'ai appelé l'ambulance. Ils sont en chemin"

Ils sont en chemin ? Et s'ils arrivaient trop tard. Je retournai rapidement vers elle. Je la serrai dans mes bras.

Je l'ai secoué en lui disant : "Yulia, s'il te plait. Réveille-toi. Tiens bon. Ils sont en route"

Je regardai son visage. Ses lèvres étaient toutes bleues. Je vérifiai sa respiration. Elle s'était arrêtée de respirer.

Je la serrai fort et lui dis : "Pas maintenant Yulia. Ne me laisse pas seule ici. S'il te plait, réveille-toi"

J'attendis sa réponse. Elle n'a même pas tressailli. Son corps était froid maintenant. Je la serrai fort et j'embrassai ses lèvres. Elles étaient froides et sans vie. Mes larmes tombèrent sur ses joues. Je la regardai. Je ne pouvais pas le croire. Ca ne pouvait pas arriver. C'était entièrement de ma faute. Je n'y croyais pas. Chaque partie de mon corps lui criait de respirer à nouveau. Je la serrai fort. Je pleurais et pleurais à côté de son corps froid. Son visage était jaune presque allant vers le bleu. Elle mourait doucement. Ca ne pouvait pas arriver.

Je lui chuchotai sans espoir : "Réveille-toi. Réveille-toi. Ne pars pas Yulia. Je t'aime. Ne me quitte pas"…