Je suis restée à sa
porte. Je pouvais l'entendre pleurer. J'entendis un gros bruit comme si
elle jetait quelque chose et le cassait. Je savais qu'elle était
vraiment en colère contre moi. Autant je voulais rester et lui
expliquer pourquoi j'ai fait ce que j'ai fait, autant je la
connaissais. Je savais qu'elle aimait rester seule quand elle
était de mauvaise humeur. Chaque fois que je voulais partir,
j'hésitais. J'étais si effrayée qu'elle se blesse
ou qu'elle fasse quelque chose de stupide. Je savais que mon
comportement n'était pas acceptable. J'aurais du réagir
mieux à la situation. Comment je pouvais me donner à
quelqu'un d'autre que ma Yulia. Même si elle me pardonnait pour
ça, je suis sure que je ne me le pardonnerais jamais et ne
serais plus en paix avec moi-même. Je lui ais fait mal. Et toute
ma vie, j'ai essayé de l'éloigner des personnes qui lui
faisaient du mal.
Je ne pouvais plus me retenir. Je suis allée à sa
fenêtre juste pour être sure qu'elle allait bien. Je montai
doucement l'escalier de secours. Je m'assis à sa fenêtre
et la regardai. Elle était vraiment énervée. Elle
marchait de droite à gauche dans la pièce, essayant de
retenir ses larmes. Je ne supportais pas de la voir comme ça. Je
ne pouvais rien faire. Je ne pouvais même pas me faire du mal
à moi-même parce que je savais que ça lui ferait du
mal aussi.
Je regardai dans sa chambre et je vis finalement qu'elle objet elle
avait cassé. C'était mon tableau qui était, avant,
accroché à son mur mais qui était, maintenant,
allongé sur le sol avec le cadre en or cassé tout autour.
Je ne pouvais plus retenir mes larmes après avoir vu le tableau
par terre. Je la regardai de nouveau et elle essayait d'enlever la
bague que je lui avais donnée. Elle réussit finalement.
Elle regarda à la fenêtre et j'étais sure qu'elle
savait que j'étais assise là à la regarder. Elle
s'approcha et ouvrit la fenêtre. Elle me lança un regard
de colère et me prit la main.
Elle plaça la bague dans ma paume et dit avec des larmes dans
les yeux : "Prend-là. Je ne la veux plus. Je croyais que tu
étais un ange mais tu es devenue humaine"
Je la fixai, blessée par ses mots.
Elle cria en colère : "DEGAGE. JE NE VEUX PLUS TE VOIR!!!"
Je me levai. Je la regardai. Ses yeux étaient
sévèrement fixer sur moi. Je pouvais voir à quoi
ressemblait l'enfer dans ses tristes yeux bleus. J'étais sans
voix. Je n'avais rien à lui dire. J'étais
complètement coupable. J'essayai de lui prendre la main mais
elle la retirait.
J'essayai de dire quelque chose pour casser la tension entre nous alors
je dis : "Yulia, s'il te plait, calme-toi. Va à
l'intérieur. Il fait trop froid pour toi"
Elle commença ensuite à crier : "NE ME DIS PAS CE QUE JE
DOIS FAIRE. JE T'ECOUTE TOUT LE TEMPS MAIS TU ME DEGOUTES. JE TE
DETESTE. TU ES UNE MENTEUSE!!!"
Je ne supportais plus ses mots. Je fermai juste la fenêtre et
descendis l'escalier. Je ne pouvais pas la perdre maintenant. Je devais
faire quelque chose. Je vais quitter Tanya ce soir et c'est tout. Je
regardai la bague qui était maintenant dans ma main.
Je la plaçai à mon index me dis à voix haute : "Je
dois le faire. Pas de marche arrière maintenant !"
Je pris le bus et allai rapidement chez Tanya. Tout le temps, je
voulais casser avec elle mais j'hésitais. Pas cette fois.
J'étais sure de ce que je faisais. Ce n'était pas de la
faute de Tanya. C'était ma faute. Mais malheureusement, Tanya
devait payer le prix de mon erreur.
Je toquai à sa porte. J'étais inquiète sur comment
elle allait réagir. Mais je devais faire ça pour Yulia.
Elle ouvrit la porte avec un large sourire sur son visage. Son sourire
s'effaça quand elle me regarda.
Je la regardai et dis : "Tanya, nous devons parler !"
J'entrai dans son appartement. Je m'assis sur son canapé. Elle
ne m'a pas offert de prendre mon manteau comme d'habitude. Je pouvais
dire qu'elle savait pourquoi j'étais là.
Je commençai à parler et dis : "Ecoute Tanya. Tu es
très spécia…"
Elle m'interrompit et dit : "Non, s'il te plait. Je sais ce que tu veux
dire. S'il te plait, ne le dis pas"
Je fis non de la tête et dis : "Je suis vraiment
désolée mais je dois le faire. Ce n'est pas juste pour
toi que je continue cette charade"
Des larmes remplirent ses yeux et elle dit : "Pourquoi maintenant ? Tu
joues avec moi depuis le début. Pourquoi as-tu
décidé de finir tout ça maintenant ? Je m'en fou
si le fait que tu m'aimes est numéro. Je choisis de vivre dans
le mensonge plutôt que de vivre sans toi"
J'étais choquée. Je ne savais pas qu'elle savait que
j'étais gentille avec elle.
Je dis : "Je suis désolée. Ce que j'ai fait est mal. Je
ne sais pas comment je peux rattraper ça"
"RATTRAPER CA ? Tu n'as pas idée du mal que tu m'as fait.
Imagine que tu vis tout le temps effrayé qu'une bombe qui est
accrochée à ton cœur n'explose. Imagine comment
j'étais inquiète. Imagine toutes les nuits sans sommeil.
Merde, j'ai essayé de te faire m'aimer. Je ne savais pas ce qui
allait mal. J'ai essayé de mon mieux"
Je ne pouvais plus la regarder dans ses yeux.
Je dis doucement : "Je suis désolée mais ça n'est
pas arrivé pour moi. J'ai essayé de t'aimer aussi mais je
ne peux pas contrôler. Je ne peux pas empêcher comment je
ressens les choses"
"C'est elle, c'est ça ? Tu me quittes pour elle. Tu sais que si
elle n'existait pas, la vie serait plus simple. Je souhaite qu'elle
MEURE"
Je me levai rapidement et attrapai ses deux bras fortement et dis :
"TAIS-TOI!!! NE DIS PLUS JAMAIS CA OU JE TE TUE. JE LE JURE JE LE
FERAIS"
Elle s'assit juste là, me regardant choquée. Je savais
que je lui faisais mal aux bras. Je serais de plus en plus fort.
Elle ne pouvait plus supporter ma prise sur ses bras et avait des
larmes qui coulaient à cause de toute la douleur et elle dit :
"Tu me fais mal. Lâche-moi"
Je continuai à blesser ses deux bras jusqu'à ce que je me
calmai et la lâchai. Je la regardai. Elle pleurait.
Je lui dis : "Je suis désolée pour ça. Tu ne le
mérites pas"
Elle tint ses deux bras douloureux.
Elle me regarda et dit : "Je t'aime et je ne laisserais pas tomber !"
"Tu dois. Je ne t'appartiens pas Tanya !"
Elle fit non de la tête et refusa juste d'accepter la
réalité. Je m'assis à côté d'elle. Je
caressai ses cheveux avec mes doigts. Elle avait l'air si horrible.
Tout son maquillage avait coulé à cause des larmes. Son
nez était rouge à cause de la colère. Je lui
tendis un mouchoir. Elle le prit et commença à s'essuyer
le visage. Elle se tourna vers moi et me serra fortement. Elle
commença à m'embrasser dans le cou. Je la repoussai
doucement mais elle ne voulait pas se laisser tomber.
Je lui dis : "S'il te plait, Tanya. Tu dois me laisser partir. Tu
mérites mieux. Nous n'irons pas ensemble. S'il te plait"
Ses baisers se calmèrent. Elle laissa juste sa tête sur
mon épaule.
Elle attrapa mon tee-shirt fortement et dit avec une voix pleine de
larmes : "Pourquoi… Pourquoi ?"
Elle commença à ma secouer et ses pleurs
s'intensifièrent. Elle commença à me frapper au
corps. Je ne l'arrêtai pas. Je la laissai me frapper autant
qu'elle le voulait. Je le méritais.
Je lui pris ses deux mains et dis : "Tanya, je suis vraiment
désolée. Je suis une vraie garce !"
Elle s'éloigna de moi et me regarda en larmes et dit : "J'ESPERE
QUE TU VAS PAYER POUR TOUT CA. J'ESPERE QUE VOUS BRULEREZ TOUS EN ENFER"
Elle attrapa un objet près d'elle et le jeta sur moi. Elle en
prit un autre et encore un autre.
Elle commença à crier : "SORS. SORS DE MON APPARTEMENT.
JE NE VEUX PLUS JAMAIS TE REVOIR. J'ESPERE QUE VOUS ALLEZ TOUS MOURIR"
J'essayai d'échapper aux objets qu'elle me jetait. Quelques-uns
m'ont touché, quelques-uns ont frappé le mur
derrière moi.
Je marchai rapidement vers la porte et avant de partir, je dis : "Je
suis désolée" et je sortis rapidement.
Je pouvais l'entendre me crier de sortir. Je commençais à
courir dans la rue. Je me détestais. J'espérai qu'un
camion me renverse au milieu de la route. Je ne pouvais pas
m'échapper de cette douleur. J'ai blessé trop de
personnes. Surtout ma Yulia. La seule personne que je ne m'attendais
pas à blesser. Puis, ce soudain sentiment me vint à
l'esprit. J'étais libre maintenant. Je pouvais être avec
ma Yulia. Je continuai à penser à Tanya. Je me
détestais d'avoir fait ce que j'ai fait mais je devais sacrifier
quelque chose. C'était Yulia ou Tanya et j'ai choisi Yulia
depuis le début. Mais personne ne comprenait mon amour pour
elle. C'est comme ça que j'ai fini avec Tanya.
Je commençai à marcher de plus en plus vite. Des larmes
coulaient de mes yeux. Je commençai à courir.
L'expression triste sur mon visage se transforma bientôt en un
large sourire. Je courais aussi vite que je le pouvais. Je courais chez
Yulia. Je voulais lui dire que j'avais quitté Tanya pour elle.
Je voulais la tenir et l'embrasser. Je pouvais entendre des conducteurs
crier après moi en russe. Je ne pouvais pas entendre clairement.
C'était comme un bruit en arrière fond. Tout ce à
quoi je pouvais penser était Yulia.
J'atteignis sa porte. Je toquai. Comme elle ne répondait pas,
j'appelai son nom. Elle ne répondit toujours pas. Je
commençai à cogner avec mes mains jusqu'à ce
qu'elle répondit finalement. Elle ouvrit la porte doucement.
Elle était encore dans le même état que quand je
suis partie.
Je lui souris et dis : "Je l'ai quitté"
Ses yeux se sont élargis.
Je dis ensuite : "Je t'aime"
Elle me sourit et ouvrit sa bouche comme si elle essayait de dire
quelque chose. Je la regardai inquiète. Sa bouche resta ouverte.
Ses yeux s'agrandirent plus. Ses lèvres commencèrent
à trembler. Elle luttait pour garder les yeux ouverts mais ils
se fermaient doucement. Ses yeux se fermèrent maintenant. Elle
tomba et je l'attrapai dans mes bras. Je la fixai avec ma bouche
ouverte. Je ne savais pas ce qui n'allait pas. Je la portai à
l'intérieur de l'appartement. Je regardai autour de la
pièce, cherchant des indices. Je vis un verre d'eau posé
sur le sol avec des pilules à côté. Je pris les
pilules. La boite était vide. Je la regardai et je savais ce qui
s'était passé. Elle avait pris une surdose. Je me levai
rapidement. Je courus hors de son appartement.
Je commençai à toquer à toutes les portes et
à crier : "EST-CE QU'IL Y A UN DOCTEUR ? C'EST UNE URGENCE"
Les gens sortaient juste de chez eux et regardaient.
Je pleurais et criais : "NE RESTEZ PAS LA… FAITES QUELQUE CHOSE.
J'AI BESOIN D'UN DOCTEUR MAINTENANT !"
Ils continuaient de regarder.
Un homme sortit de son appartement et dit : "J'ai appelé
l'ambulance. Ils sont en chemin"
Ils sont en chemin ? Et s'ils arrivaient trop tard. Je retournai
rapidement vers elle. Je la serrai dans mes bras.
Je l'ai secoué en lui disant : "Yulia, s'il te plait.
Réveille-toi. Tiens bon. Ils sont en route"
Je regardai son visage. Ses lèvres étaient toutes bleues.
Je vérifiai sa respiration. Elle s'était
arrêtée de respirer.
Je la serrai fort et lui dis : "Pas maintenant Yulia. Ne me laisse pas
seule ici. S'il te plait, réveille-toi"
J'attendis sa réponse. Elle n'a même pas tressailli. Son
corps était froid maintenant. Je la serrai fort et j'embrassai
ses lèvres. Elles étaient froides et sans vie. Mes larmes
tombèrent sur ses joues. Je la regardai. Je ne pouvais pas le
croire. Ca ne pouvait pas arriver. C'était entièrement de
ma faute. Je n'y croyais pas. Chaque partie de mon corps lui criait de
respirer à nouveau. Je la serrai fort. Je pleurais et pleurais
à côté de son corps froid. Son visage était
jaune presque allant vers le bleu. Elle mourait doucement. Ca ne
pouvait pas arriver.
Je lui chuchotai sans espoir : "Réveille-toi.
Réveille-toi. Ne pars pas Yulia. Je t'aime. Ne me quitte
pas"…