Closer than close to you

Chapitre 24 : Vivre pour Yulia




Immédiatement après qu'elle ait reçu mon mot et mon dessin, sa mère m'appela et me dit que Yulia était trop blessée à cause de ce qui s'était passé…

L : "Tibra, Yulia ne mange pas beaucoup. Elle ne fait que boire et fumer. Elle t'aime beaucoup. Et elle se sent perdue. Elle a très honte et elle ne peut même pas te parler"
Moi : "Madame Volkova, je suis encore plus blessée. Je ne peux toujours pas croire ce qui s'est passé"
L : "Tibra, tu ne lui as même pas laissé une chance de s'expliquer"
Moi : "Expliquer quoi ? Comment elle est tombée enceinte ? En me trompant, c'est la seule explication"
L : "Elle avait bu et elle ne savait pas ce qui se passait autour d'elle. Elle s'est réveillée le lendemain et m'a appelée et m'a tout raconté. Elle pleurait et était dans un sale état"
Moi : "Madame Volkova, je ne suis pas en train de vous dire que je ne veux plus d'elle. Je la veux. Mais je ne sais pas quoi faire. Je ne sais plus comment agir avec elle"
L : "Tibra, Yulia veut avorter. C'est vraiment dangereux parce qu'elle en a déjà eu une quand elle avait 17 ans. Elle est de plus en plus faible chaque jour. Je m'inquiète vraiment pour elle. Je crois que tu devrais venir et lui parler"
Moi : "Je ne sais pas si c'est bien de faire ça madame Volkova"
L : "Ne pense pas, viens juste maintenant, s'il te plait"
Moi : "…"
L : "S'il te plait Tibra, ce n'est pas une blague. Elle se sent mal. Elle n'arrête pas de me dire que c'est de sa faute et qu'elle t'a perdue. Son père n'est pas à la maison pour le moment. Mais il est aussi inquiet pour elle. Elle pleure tout le temps"
Moi : "Ok madame Volkova. J'arrive"

Je raccrochai le téléphone et ne pus comprendre ce sentiment de précipitation que j'avais maintenant en moi. Je me changeai rapidement et partis pour la maison des parents de Yulia.
Je toquai deux fois à la porte. Sa mère ouvrit immédiatement et me laissa entrer. Elle ne me dit pas un mot mais me tira par la main vers la chambre de sa fille. Elle me regarda avec des yeux tristes et me fit signe d'y aller. Je toquai doucement avec l'articulation de mon doigt du milieu. J'attendis en écoutant mais il n'y eut aucune réponse. Je toquai à nouveau doucement et tournai lentement la poignée de la porte. Je regardai à l'intérieur, elle dormait. Son visage était tout rouge. Ses yeux, même s'ils étaient fermés, je pus voir qu'ils étaient gonflés. Je marchai sur la pointe des pieds vers son lit. Je la regardai dormir. Ses sourcils se contractaient et se relâchaient. Je réalisai qu'elle devait avoir du mal à dormir. Je caressai ses cheveux avec mes doigts. Elle semblait si innocente, il n'y avait aucun moyen qu'elle puisse me faire si mal. Je voulais encore l'écouter. Je voulais écouter ce qu'elle avait à dire. Je sentis une larme brûler derrière mes yeux. Je ne pouvais plus me retenir alors je la laissai couler et elle tomba sur sa nuque derrière son oreille. Elle bougea un peu et ses yeux commencèrent à cligner pour se réveiller. Ses sourcils maintenant contractés, elle me regarda de plus près et prit son temps jusqu'à ce qu'elle puisse se rendre compte que c'était moi, assise là, à ses côtés. Elle était trop faible pour se lever alors elle dit juste faiblement avec une voix cassée : "Tibra…" Je ne pus me retenir et je laissai échapper toutes mes larmes. Je commençai à les essuyer avec mes manches. Je me sentais désolée pour elle. Je me levai rapidement et appelai sa mère. Elle arriva précipitamment. Elle tint rapidement la main de sa fille et commença à pleurer. Puis, je dis à sa mère : "Madame Volkova, amenez-moi de la soupe ou quelque chose comme ça pour Yulia. Je pense qu'elle est prête à manger. Et peut-être un peu de jus d'orange". Sa mère me fit signe de la tête et partit rapidement à la cuisine. Yulia était allongée sur son dos maintenant. Elle continuait à me fixer. Je me mis à genoux et pris sa main dans les miennes. J'embrassai ses doigts plusieurs fois. Elle enleva sa main et dit : "Je ne le mérite pas. S'il te plait, arrête". Je ne réagis pas à ça. Je restais juste là à la fixer, attendant le retour de sa mère. Celle-ci arriva finalement avec la soupe et le jus d'orange. J'aidai Yulia à s'asseoir et c'est là que je vis son ventre. Ça grandissait en elle. Elle était encore mince mais la seule différence était au niveau de son estomac. Je restai là à fixer. Elle remarqua ce que je faisais alors elle remonta rapidement les couvertures sur elle. Je m'assis à ses côtés et pris le plateau. Je pris une cuillère pleine de cette soupe aux légumes et l'insérai dans sa bouche. Elle ne résista pas. Je regardai sa mère qui avait un grand sourire. Je recommençai une fois puis deux. Je l'aidai avec le jus d'orange. J'essuyai sa bouche de temps en temps avec la serviette que sa mère avait mise sur le plateau. J'étais trop lente alors elle prit la cuillère de ma main et but sauvagement sa soupe et son jus d'orange. Je pouvais dire qu'elle mourait de faim. Je me contentai de la regarder jusqu'à ce qu'elle finisse sa soupe et son jus. Sa mère prit rapidement le plateau et ferma la porte derrière elle en sortant. J'essuyai sa bouche une dernière fois et plaçai la serviette de côté. Je me tournai pour lui faire face et dis :
"Comment te sens-tu maintenant ?"
"Je me sens mieux"
Je lui fis un signe de tête et ne pouvais plus la regarder dans les yeux. Je brisai le silence et dis :
"Yulia, je ne veux pas que tu avortes"
Elle continua à me fixer. Elle dit finalement :
"Je ne veux pas te perdre. C'est mon erreur. Et j'arrangerai les choses comme ça"
Je fis non de la tête et dis :
"Yulia, tu ne vas pas avorter, point final"
Elle me regarda, confuse. J'éclaircis les choses et dis :
"Si tu vas avorter, ça sera un meurtre. Une petite vie grandit en toi. Tu ne peux pas la tuer. De plus, c'est une partie de toi. Je ne peux pas te laisser faire ça"
Elle fit non et dit :
"Tu rigoles ? Tu es folle ? Je ne veux pas de ça"
"Ecoute Yulia, je t'ai dit que je ne peux pas te laisser faire ça. Je ne le permettrai pas. Tout est brisé maintenant. Si tu veux que je me sente moins mal à partir de maintenant, s'il te plait, garde-le"
"Tibra, s'il te plait, avant de me quitter et tout envoyer balader, s'il te plait, écoute-moi. Laisse-moi t'expliquer"
Je fis signe que oui et dis :
"C'est pour ça que je suis là. Prends ton temps. Dis tout ce que tu as à dire. J'écoute"
Elle fit un signe de tête et s'assit. Elle éclaircit sa gorge et dit :
"Cette nuit, quand j'ai vu Tanya t'embrasser. Je suis devenue folle. J'avais déjà trop bu et quand c'est arrivé, je me suis sentie vraiment triste. J'aurais dû attendre cette nuit et t'écouter. Mais, je n'ai pas pensé. Je suis vite sortie avec mon ami et nous sommes allés chez lui. J'ai encore bu chez lui. Après ça, je ne me rappelle plus. Je me suis réveillée le lendemain et je savais que j'avais fait une erreur et que tout allait changer. J'aimerais pouvoir revenir un peu en arrière et réagir autrement, mais je ne peux pas. Je ne veux pas te faire de mal. Je ne voulais pas coucher avec lui. C'est juste arrivé. Je sais que j'ai fait une connerie. Mais je veux être avec toi. Je veux que tu me pardonnes. Je te promets de ne plus faire de conneries"
"Ecoute Yulia, je te crois. Mais ce qui est fait est fait. Je ne veux pas non plus te quitter. Jour et nuit, je chercherai un moyen de vivre avec ça. Je ne veux pas que tu sois avec quelqu'un d'autre. Mais je ne suis pas égoïste. Ce bébé va bientôt venir au monde et je ne veux pas qu'il ou elle ait une vie ruinée. Je veux que le bébé ait une vie normale et saine. Surtout, ça va devenir ton enfant. Si je ne te revois plus, ça n'est pas parce que je suis en colère, bon je le suis. Mais la raison principale sera pour la sécurité du bébé"
"C'est pour ça que je ne veux pas du bébé. Si je dois te quitter pour garder le bébé, je n'en veux pas"
Je soupirai et fus à nouveau capable de la regarder dans les yeux et dis :
"Ecoute, tu as fait une connerie. Que tu le veuilles ou non, ça s'appelle tromper. Oui, tu m'as trompée. Il y avait dix millions d'autres choses à faire pour éviter ça. Mais tu as choisi la mauvaise. Ton erreur nous a causé beaucoup de peines et de blessures. Je ne pense pas être capable de vivre après ça. Je ne voulais pas venir. Mais je l'ai fait pour ta mère. Elle m'a appelée et elle pleurait et tout. Alors je suis venue. En plus, je suis venue pour t'écouter, peut-être que tu aurais pu être capable de me convaincre. Mais je me mentais à moi-même. La vérité est évidente. Tu voulais me faire payer pour Tanya parce qu'elle m'a embrassée. Ben, félicitations Yulia, tu m'as profondément blessée. Nous payons toutes les deux le prix de ton erreur"
Elle pleura en entendant mes mots. C'était dur pour moi. Je n'aimais pas la voir pleurer. Mais j'avais trop mal. Quelqu'un devait lui dire ces choses. Et c'était mieux si c'était moi. Elle était sans voix. Elle n'avait rien à dire en retour. Je ne pouvais plus supporter de la voir comme ça. Je voulais la serrer et l'embrasser, lui dire que tout irait bien. Ça ne me dérangeait pas de ravaler ma fierté pour elle. Mais les choses ne marchaient pas comme ça. Si elle m'avait juste trompée, j'aurai pu trouver un moyen de lui pardonner. Mais un bébé était inclus. Ça changeait tout.

Je voulais avoir plus de détails. Je voulais lui demander qui était le père et si je le connaissais. Mais elle avait du mal maintenant. Je ne voulais pas aggraver les choses. Mais ça n'était pas facile, pour moi non plus. Je lui dis ensuite :
"Yulia, je veux que tu me promettes quelque chose"
Son attention revint vers moi. Je continuai :
"S'il te plait, fais attention à toi. Mange bien et dors bien. Je ne veux pas te voir comme ça parce que si quelque chose t'arrive, je ne pourrai le supporter. Promets-moi juste ça"
Elle fit non et dit :
"Ça n'est pas en mon contrôle. Je ne peux pas te le promettre"
Je soupirai, croisai mes bras et restai là à fixer l'image d'elle et moi dans le miroir. Comment on était belles ensembles. Je regardai ensuite la réflexion de son ventre. Je sentis un mal de tête. J'avais très mal. Au fond de moi, je voulais qu'elle avorte. Mais ma conscience ne l'admettrait pas. Je posai ma tête en arrière et fermai les yeux. Je voulais chasser toute la douleur. Mais ça semblait s'agrandir en étant juste assise avec elle dans la même pièce. J'ai essayé d'ignorer la réalité plusieurs fois et retourner dans mon monde imaginaire où seule ma Yulia et moi pouvions être ensemble. Je sentis sa main toucher ma cuisse. Je ne réagis pas, je la laissai faire. Je voulais tellement qu'elle me touche. Elle prit ma main dans les siennes et commença à toucher ma paume et mes doigts doucement. Mon cœur palpitait à chaque caresse. Ses doigts étaient doux et faibles. Je restai juste là, la tête en arrière et les yeux fermés. Je pus la sentir s'asseoir et me regarder. Elle toucha mes lèvres et c'est là que j'ouvris les yeux et me forçai à repousser sa main. Puis elle dit d'un doux murmure :
"S'il te plait, laisse-moi te toucher. Je ne suis pas prête à te laisser tomber maintenant"
Je secouai ma tête. Elle soupira et continua à jouer avec mes doigts. Je serrai fort sa main et dis :
"Je ne suis pas prête non plus. Je ne serai jamais prête à le faire. Mais le destin me force"
Je lâchai sa main et dis :
"Promets-moi Yulia"
Elle déclina à nouveau ma demande. Je ne pouvais plus supporter d'être dans la même pièce qu'elle. Je voulais sa promesse et partir. Mais elle n'allait pas la faire. Je continuai à regarder ses jambes. Elles étaient bronzées, brillantes et belles. Je me rappelai le nombre de fois où j'y ai mis de la crème et les nombreuses nuits où ma taille était entourée d'elles. J'avais cette image fatale dans ma tête d'elles entourant la taille de quelqu'un d'autre. Je sentais cette douleur chaque fois que je l'imaginais avec quelqu'un d'autre. Ses baisers, son amour, ils étaient pour quelqu'un d'autre, même si c'était seulement pour une nuit. Je ne pouvais supporter l'idée. Et maintenant, elle portait le bébé de quelqu'un. Ça me tuait rien que d'y penser. Je réalisai finalement que je n'arriverai pas à la convaincre de garder le bébé et de prendre soin d'elle si je n'étais pas là. Mais je ne pouvais plus être son amoureuse. Alors, je dis finalement :
"Yulia, nous n'avons pas besoin de nous quitter"
Ses yeux brillèrent de bonheur. Je continuai rapidement :
"Ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit. Mais nous pouvons rester ensemble comme des amies. Pas comme des amoureuses"
Je pouvais voir qu'elle était déçue. Mais nous étions si désespérées de nous voir encore que je m'attendais à ce qu'elle accepte ma demande cette fois. Elle me fit signe de la tête. Puis je dis :
"Je resterai seulement si tu me promets de garder le bébé"
Elle fit non d'abord. Je dis :
"S'il te plait, je le veux. S'il te plait, promets-moi"
Elle dit finalement :
"C'est dur. Ce bébé va nous séparer. Je ne peux pas le garder"
Je serrai sa main et dis :
"Si tu veux que je reste, tu dois me le promettre"
Elle soupira puis fit signe que oui et dit :
"Ok"
Je pouvais voir une larme dans ses yeux. Elle dit ensuite avec une voix cassée :
"Tibra… S'il te plait, serre-moi. J'en ai besoin"
Je n'hésitai pas. Je m'approchai et la serrai fort. Elle embrassa mon épaule plusieurs fois. Elle recula un peu puis posa son front sur ma poitrine alors que je mis mon menton sur sa tête. Sa mère ouvrit la porte et jeta un coup d'œil. Je la regardai et lui souris pour lui dire que tout allait bien. Elle était satisfaite. Elle sortit et ferma la porte.

Je savais ce à quoi je devais faire face à partir de maintenant. Je devais voir son ventre grandir de plus en plus. Je voulais être là et lui tenir la main à l'accouchement. Je savais que ça allait être dur pour moi de rester juste son amie. Peut-être qu'elle allait épouser le père du bébé. Personne ne savait ce qui allait se passer. Mais je devais traverser l'enfer pour être sûre qu'elle allait survivre à ça. Si ça voulait dire peine et misère pour moi, je le ferai même si elle m'avait tant blessée, tant qu'elle va bien. Je sais que ça allait me tuer tôt ou tard. Mais comme je lui avais promis, je vivrai pour elle.