Closer than close to you

Chapitre 25 : Survie




Je l'ai étendue pour qu'elle dorme. J'étais désespérée de savoir qui était le père. J'étais sur que sa mère le savait. Donc je l'ai laissé dans la pièce et je suis allé dans le salon où sa mère se trouvait. Dès que je me suis assis à coté d'elle, elle a dit "raconte moi ce qui s'est passé, as-tu une solution ? ". J'ai hoché de la tête et j'ai dit "oui, nous avons accepté de rester seulement des amies. Elle a hoché et je lui ai balancé la question que j'avais en tête depuis un bout de temps : "dite moi qui est le père" "tu ne le connais pas. Il étudie à l'université de l'état de Moscou, la même que toi. Mais dans une promotion différente" "dites-moi son nom, Madame Volkova" Sans hésiter elle a dit "Pasha Ivanov" PASHA ? Non, ce n'est pas possible. Pas Pasha, il était au courant de mon amour pour Yulia. Il était avec moi depuis le début.

Il était au courant de mon amour immortel pour Yulia. Il était au courant de ce que j'avais fait pour elle. Comment pouvait-il me trahir ainsi? Je n'en croyais pas mes oreilles. Ma petite amie et mon meilleur ami. Quel menteur! Comment l'avait-il approchée? Comment s'étaient-ils rencontrés? Il ne la connaissait même pas. Et s'il la connaissait, il aurait dû être capable de me trouver dans la salle de conférence, le jour où je lui ai donné l'anneau. Je sentais la colère envahir mon esprit. J'avais envie de le tuer. Je regardai sa mère en retour et dis: "c'est mon meilleur ami". Je laissai une larme s'échapper de mon œil. Ses yeux s'agrandirent et elle me dit: "Oh mon Dieu! Je suis tellement désolée!" Je secouai la tête et me laissai aller dans les bras de sa mère. Je pleurais à chaudes larmes. Je ne croyais pas ce qui m'arrivait. Ma petite amie et mon meilleur ami. Les deux personnes qui comptaient le plus dans ma vie, me trahir ainsi! Il n'y avait aucun moyen d'échapper à la vérité. Mon faible cœur tout en morceaux allait-il pouvoir en supporter plus? Savoir qui était le père changeait beaucoup de choses. Cela changeait la manière dont je voyais à présent les choses. Je m'apprêtais à lui pardonner. A présent je ne savais pas si j'étais encore capable de le faire. Elle était au courant pour lui. Elle savait qu'il était mon meilleur ami. Comment pouvais-je lui pardonner tout cela?
Je m'excusai en disant à sa mère que j'avais besoin de marcher. Elle était très inquiète pour moi. Elle me demanda à plusieurs reprises de faire attention à moi. Je lui promis de le faire et lui dis que c'était juste une innocente promenade pour me permettre d'éclaircir mon esprit. J'avais aussi très envie de parler à Sophie parce qu'elle savait comment arranger les choses pour moi. Mais je savais qu'elle me dirait que j'aurais dû rester avec Tanya et que choisir Yulia était une grosse erreur. Je voulais faire taire le monde entier.
Je marchai longtemps. Je tentais de trouver des moyens de survivre à tout cela. Je tentais de rester saine d'esprit. Plus d'idées délirantes. Ne pas retourner à l'hôpital. En tout cas pas avant d'être sûre que le bébé soit né et que Yulia soit en de bonnes mains. Je me demandais, pourquoi fais-je tout cela pour elle? Pourquoi même est-ce que je m'inquiète pour elle? Un ou une autre que moi aurait simplement tourné le dos et serait parti. Pourquoi ne puis-je pas faire la même chose? Je sus alors que je ressentais plus que de l'amour pour Yulia pour agir ainsi et faire tant de sacrifices pour elle. Il n'existait pas de mot plus fort que le mot "amour". Mais j'étais certaine que ce que je ressentais pour elle était au-delà de l'amour. Je regardais des adultes et des enfants me dépasser joyeusement. Pourquoi ne puis-je être ainsi? Pourquoi ma douleur ne s'arrête-t-elle jamais?
Presque cinq mois s'étaient écoulés. Je faisais semblant d'agir normalement devant tout le monde, y compris Yulia. Mais quand j'étais seule je mourais un millier de fois à cause de la douleur dans ma poitrine. Je croyais que le temps guérirait mes blessures, mais j'avais tort. Ça empirait. Les gens me parlaient et me voyaient rire et sourire comme si tout allait bien. Tout ce qu'ils voyaient était mon cœur en train de danser. Ils pensaient qu'il dansait de joie. Mais en vérité, il faisait la danse d'un oiseau qu'on a assassiné. Je ne vis pas du tout Pasha durant ces cinq mois. Je restais en retrait à chaque fois que Yulia voulait me présenter à lui. La mère de Yulia m'y aidait. Elle était la seule à être au courant d'une partie de ce que je ressentais. Je ne vis pas non plus Sophie durant ces cinq mois.
Je reçus une lettre de Tanya qui avait été glissée sous ma porte d'entrée et qui disait:

Chère Tibra,
J'ai appris pour la grossesse de Yulia. J'ai appris aussi qu'elle avait décidé de garder le bébé. Elle t'a trahie, Tibra, moi je ne l'aurais jamais fait. Je savais qu'elle le ferait. J'ai tenté de te prévenir. Mais tu n'as pas voulu m'écouter. S'il te plaît Tibra, j'ai toujours envie que tu reviennes. J'attends jour et nuit le coup de téléphone où tu me diras que tu m'aimes et que tu veux me récupérer. Nous sommes faites l'une pour l'autre. S'il te plaît, écoute ce que le destin essaie de te dire. Comme je te l'ai dit précédemment, tu m'appartiens, et personne ne peut t'enlever à moi. Tu peux toujours tenter d'y échapper, mais le destin te renvoie encore et toujours vers moi. N'essaie pas de t'enfuir ou de te cacher. C'est la vérité. S'il te plaît réfléchis-y encore et encore. Yulia ne pourra jamais te donner ce que moi je peux te donner. Elle ne t'aime pas comme je t'aime. Tu ne peux être heureuse qu'avec moi. Je t'en prie, penses-y. Pense à moi. Et je n'ai pas encore tiré une croix sur toi. J'attends ton appel!
Je serai toujours à toi,
Tanya!

Je repliai sa lettre et la posai sur la table en face de moi. J'allumai une cigarette et en tirai une longue bouffée. Je dis tout haut: "Génial! Maintenant Tanya va essayer de me récupérer." Mais je ne la laisserais pas faire. Pas après tout cela. La grossesse de Yulia était en partie de sa faute. J'ignorai simplement la lettre et tournai à nouveau mon esprit vers Yulia. Elle semblait si heureuse avec moi à ses côtés. Mais je savais qu'elle sentait mes souffrances et mes peines. J'avais entrevu une pointe de tristesse dans ses yeux. Mais elle tentait de la dissimuler. J'avais réussi à la convaincre de garder le bébé. Elle n'avait pas vu beaucoup Pasha. Peut-être même pas du tout depuis cette nuit-là. Je fermai les yeux et me remémorai tous les bons moments que nous avions eus ensemble. Je me remémorai la première fois que j'avais livré les peintures. Je me rappelais sa tête quand elle avait trouvé mes roses et mes dîners aux chandelles dans sa chambre. A quel point ça m'avait fait plaisir. Je me souvenais de la première fois où nous avions eu une véritable conversation, elle et mon vrai moi, dehors devant sa fenêtre. De la manière dont son nez avait heurté mon menton. De ce frisson que j'avais ressenti, qui n'était pas provoqué par son nez froid mais par notre contact. Je me souvenais de ce jour-là au parc, comme elle s'était déshabillée pour que je la dessine. Je me souvenais de notre premier baiser. Des sensations éprouvées. De la première fois où nous avions fait l'amour. Je m'étonnais moi-même de voir à quel point j'étais calme et silencieuse. Parce que je savais que si je laissais sortir tout ce qu'il y avait à l'intérieur de moi, d'un seul énorme cri je pousserais tout le monde à voir à quel point j'étais triste et misérable à l'intérieur. Je pensais à ce qui se passerait après la naissance du bébé. Que devrais-je faire ensuite ? Devrais-je rester ou partir ?

Trois autres mois passèrent. J'en restai au même point que la première fois où j'avais appris la nouvelle de sa grossesse. Yulia tenta de nombreuses fois de se rapprocher de moi. Elle essaya de m'embrasser un millier de fois quand il m'arrivait, de temps en temps, de dormir chez elle. Mais je ne la laissais pas faire. Je nous séparais en plaçant un oreiller entre nous. Elle tentait de m'enlacer mais je m'écartais. Un jour, elle me dit qu'elle voulait me parler, alors je vins chez elle. En entrant je la vis assise sur son canapé. Elle me sourit et je lui rendis son sourire. Je m'assis à côté d'elle et posai la main sur son ventre à présent bien développé. Je lui demandai: "comment va le bébé?" "Le bébé bien. Il dit bonjour à toi." Je souris à cela puis m'assis et lui demandai: "Alors, de quoi voulais-tu me parler?" Elle se racla la gorge et se tourna pour être face à moi. Elle sortit un papier de son portefeuille et je m'aperçu que c'était celui que Tanya m'avait envoyé. Elle me le tendis alors que je laissais échapper un grand rire. Elle sourit et me dit: "quoi de si drôle?" "Ce n'est rien. J'avais juste jeté ce truc quelque part dans mon appartement. Je pensais qu'il était perdu. Mais maintenant je sais où il était pendant tout ce temps." Elle acquiesça et me dit: "je trouvai cette lettre la semaine dernière sous ton canapé. Je le lis beaucoup de fois. Je sais que je n'ai pas le droit de te dire de pas retourner avec elle. Mais je ne veux pas. Peut-être suis-je égoïste. Mais je n'aime pas comme elle pense que tu lui appartiens. Je ne pense pas elle bien pour toi. Je sais beaucoup de choses se sont passées ces huit derniers mois. Mais j'ai toujours espoir. J'essaie beaucoup d'être proche de toi. Mais tu t'en vas. Je ne veux pas parler de ça avec toi. Mais quand je trouve la lettre, je ne peux plus attendre." "Attendre quoi ?" "Tibra je veux toujours être avec toi. Je sais c'est impossible avec toi. Mais je veux que tu reviennes." Je n'eus aucune réaction. Je restai simplement silencieuse. Je voulais hurler: "OUI, MOI AUSSI C'EST CE QUE JE VEUX !" Mais je ne pouvais pas. Je ne sais pas mais quelque chose me retenait. Comment pouvais-je lui dire qu'une fois qu'elle aurait accouché du bébé et que je serais sûre qu'elle était hors de danger, je m'ôterais immédiatement la vie? Je ne pouvais plus être avec elle dorénavant, parce que je n'avais plus beaucoup de temps à vivre. Le bébé était prévu pour dans un mois. Et c'était le temps qu'il me restait à vivre avant de quitter ce monde fou et cruel. Peut-être irais-je dans un monde meilleur. Elle se rapprocha de moi et cette fois je la laissai m'embrasser. J'avais très envie de ce baiser. Elle me le donna d'une manière passionnée. Je l'embrassai en retour. Elle me regarda dans les yeux et me dit: "Donne-moi une autre chance en tant qu'amante. Je ne te décevrai pas. Je règlerai tout. Nous pouvons encore être ensemble." Je fermai les yeux et secouai lentement la tête dans sa direction. "S'il te plaît Tibra. Tant de choses sont gâchées. Mais nous en avons encore bien plus à venir." J'hésitais entre nous donner une seconde chance et continuer avec mon plan originel. Comment cela pouvait-il marcher? Je lui dis ensuite: "Yulia, je ne veux pas que ton bébé vive dans un foyer instable. Tu appartiens à Pasha maintenant. Ton bébé doit avoir à la fois une mère et un père. Nous ne pouvons pas laisser ce pauvre bébé payer pour nos erreurs." Elle secoua la tête et dit: "Je donnerai tout ce qu'il faudra à ce bébé. Peut-être je donnerai au bébé une meilleure maison et une meilleure vie avec toi qu'avec Pasha. Avec Pasha je me querellerai, pas parce qu'il est Pasha, mais parce qu'il n'est pas toi." Je m'accrochai à sa main et dis: "Je suis désolée mais je ne peux pas accepter ce que tu me demandes." "Tibra, je n'abandonnerai pas. Tu comptes beaucoup pour moi. Tu es tout pour moi." Nous eûmes une discussion à ce propos et notre discussion se mua en une petite dispute, jusqu'à ce que je ne puisse plus supporter ses paroles et que je commence à lui hurler après. Elle commença ensuite à sentir des douleurs au ventre. Je m'approchai rapidement et dis: "Yulia, ça va?" Elle se fit violence pour parler et répondit: "Je pense que j'ai le bébé maintenant." J'appelai aussitôt l'ambulance et leur dis qu'un bébé s'apprêtait à venir au monde. L'ambulance arriva rapidement et nous allâmes toutes les deux à l'hôpital. J'appelai sa mère et lui annonçai la nouvelle. Elle se dépêcha de nous rejoindre à l'hôpital. Nous étions à présent dans la salle de travail. Je tenais la main de Yulia tandis que sa mère essayait de calmer les choses. Une doctoresse devait aider à mettre le bébé au monde. Je sentais la sueur couler le long de mon dos. La prise de Yulia se resserrait à chaque pointe de douleur qu'elle recevait. J'observais son visage et ses réactions. Elle me regarda avec ses grands yeux bleus et dit: "Tibra, je t'aime." Sans réfléchir je lui répondis: "Je t'aime aussi." Elle me sourit et je la sentis se détendre un peu après que je lui eus dit cela. J'entendis ensuite la doctoresse annoncer que c'était le moment. Yulia réagit à la voix de la doctoresse. Elle poussa fort tandis que je regardais à quel point ça lui faisait mal. Je lui embrassai le front à de nombreuses reprises pour l'aider à surmonter tout cela. Pas une seule fois je ne lâchai sa main. Finalement le bébé eut pitié de sa mère et sortit. Je vis les yeux de la doctoresse s'illuminer aussitôt qu'elle prit le bébé dans ses bras pour l'envelopper dans une couverture rose. Elle se rapprocha de moi et dit: "C'est une fille." Je pris le bébé dans mes bras et regardai son visage de très près. C'était la chose la plus belle sur laquelle j'avais jamais posé les yeux. Sa petite silhouette se recroquevillait dans mes bras. Je regardai Yulia qui me souriait en tendant les bras vers le bébé. Je le lui donnai. Elle le regarda avec joie. Je voyais que Yulia était fatiguée de l'accouchement. Ses yeux se fermaient lentement. Mais avant qu'elle ne s'endorme, elle regarda la petite fille et murmura quelque chose qui changea ma vie. Elle murmura: "Bonjour, petite Tibra"...