Je courus très vite dans l'autre pièce en laissant la petite Tibra sur la chaise de la cuisine. Je vis Yulia debout, comme clouée sur place. Je fus soulagée qu'elle n'ait rien. Je la serrai fort mais elle avait toujours les mains plaquées sur la bouche. Je tournai les yeux dans la même direction qu'elle, et vis que notre chambre était pleine de sang et de phrases menaçantes écrites partout sur les murs en lettres de sang. Je l'accompagnai rapidement au salon. Elle s'assit et, tandis que je tentais de retourner dans l'autre pièce, elle s'accrocha à ma main et secoua la tête dans ma direction, me laissant entendre qu'elle ne voulait pas que j'y entre. "Tout va bien, ne t'inquiète pas, je vais juste l'examiner.", lui dis-je pour la calmer. Elle lâcha ma main de manière hésitante. Je pénétrai lentement dans la chambre. La belle chambre dans laquelle nous avions autrefois fait l'amour était à présent changée en une chambre de l'horreur. Elle était pleine de sang. Tous les oreillers et toutes les couvertures étaient déchiquetés, et ce qui m'anéantit le plus à l'intérieur était la peinture que j'avais un jour faite pour ma Yulia. Elle était brûlée en partant du milieu et le cadre était complètement détruit. Je vérifiai la fenêtre; elle n'était pas verrouillée. J'en déduisis que c'était par là que l'intrus était entré dans la chambre. Je sortis rapidement de la pièce et appelai la police. Yulia ne m'en empêcha pas et ne m'adressa pas la parole. Je me contentai de la fixer de temps en temps du regard. Je voyais bien qu'elle était contrariée. La police était en chemin. Je m'assis à côté de Yulia la réconfortai. Elle me regarda de ses yeux tristes et me demanda : "Pourquoi tout ça est arrivé ? Est-ce que c'est parce que je suis amoureuse ? Pourquoi est-ce que les gens ne peuvent pas nous laisser tranquille?" Puis elle éclata en sanglots. Je me sentais terriblement mal parce que je n'avais aucun moyen de l'aider à se sentir mieux. Je ne pouvais que la serrer aussi fort que je le pouvais. Plus tard j'allai dans la cuisine pour surveiller la petite Tibra. Elle était simplement assise là, calmement. Je lui fis un sourire et la pris dans mes bras, et c'est à ce moment-là que la police arriva. Yulia leur ouvrit la porte et les recherches commencèrent. Ils commencèrent par entrer dans la chambre et par chercher des empreintes digitales. Mais il n'y avait rien à trouver. Plus tard ils s'assirent avec moi et Yulia. Ils commencèrent à poser des questions...
L'homme : "Est-ce que vous avez senti quelque de suspect auparavant ?"
Y : "Non, tout va bien. Notre maison est toujours calme et normale."
Moi : "Hé bien, en fait, nous avons reçu deux lettres de menace d'une personne anonyme aujourd'hui."
L'homme : "Et quand est-ce que vous les avez reçues, Mademoiselle ?"
Moi : "Une ce matin et une cet après-midi."
L'homme : "Pouvez-vous me montrer les lettres ?"
Je lui tendis les lettres et il les examina attentivement. Puis il les retourna pour chercher des empreintes. Ensuite il continua...
L'homme : "Pouvez-vous me donner quelques noms de personnes qui, selon vous, pourraient s'être introduites chez vous ?"
Sans attendre que l'homme termine sa question Yulia y répondit...
Y : "Pasha."
L'homme : "Qui est Pasha ?"
Y : "Pasha Ivanov."
L'homme : "Et qu'est-ce qu'il a à voir avec tout cela ?"
Y : "C'est le père de mon bébé... par accident."
L'homme : "Je vois. Quelqu'un d'autre ?"
Y : "Nyet. Que lui."
L'homme : "Très bien alors. Nous allons voir ce que nous pouvons faire et puis nous vous rappellerons plus tard. Voici ma carte si quoi que ce soit d'autre arrive."
Il me tendit sa carte et je la plaçai soigneusement dans l'annuaire près de notre téléphone. Je raccompagnai les policiers à la porte. Je commençai ensuite à empaqueter les vêtements qui n'avaient pas été endommagés ainsi que d'autres choses dont nous avions besoin. Yulia me regarda et me dit : "Qu'est-ce que tu fais ?"
"Nous ne pouvons pas rester ici ce soir. Ce serait de la folie. Nous allons chez Sophie, d'accord ?"
Elle secoua la tête et répondit : "Nous ne pouvons faire confiance à personne à présent."
"Tu te moques de moi ? Nous pouvons faire confiance à Sophie."
Elle hésitait encore à y aller ou pas.
"Pourquoi nous n'allons pas dans un hôtel ?"
"Non, Yulia. Nous ne voulons pas rendre les choses publiques maintenant, si ?"
Elle secoua la tête mais ne voulait toujours pas aller chez Sophie. Je me rapprochai d'elle, la regardai bien dans les yeux et lui dis : "Fais-moi confiance." Elle baissa les yeux et acquiesça. Je portai les sacs et Yulia porta la petite Tibra.
Sophie fut surprise de notre visite tardive. Nous lui expliquâmes ce qui s'était passé. Comme à son habitude elle nous prépara une tasse de thé pour nous réchauffer. Elle joua avec la petite Tibra tout le temps que je restai allongée sur le canapé, dans les bras de Yulia. Je remarquai que Yulia regardait Sophie avec inquiétude. Je lui embrassai le menton pour la rassurer. Elle se contenta de me regarder et me fit un sourire mi-figue, mi-raisin. Je me dégageai et lui dis : "Yulia, s'il te plaît, calme-toi un peu. Sopie est mon amie. Tu te souviens de ce fameux jour au parc ?" Elle acquiesça d'un signe de tête dans ma direction. Je continuai. "Hé bien, Sophie est celle qui m'a remonté le moral. Ce que je veux dire, c'est qu'elle ne pourrait pas être suspecte. Elle n'est pas contre nous, Yulia." "Tibra, s'il te plaît, je suis très inquiète maintenant, et je ne fais confiance à personne. J'ai peur que quelque chose de mauvais t'arrive." Je lui embrassai le front et lui répondis : "Ne t'en fais pas." Elle reprit alors : "Allons nous asseoir sur le balcon. Je veux regarder les étoiles dans le ciel." Nous nous levâmes toutes deux et marchâmes jusqu'au balcon. Sophie nous dit : "Vous prenez un moment en privé les deux tourterelles ?" Puis elle me fit un clin d'oeil. Je me contentai de lui sourire et sortis derrière Yulia avec mes deux mains autour de sa taille fine. Elle resta là, debout à regarder les étoiles, tandis que je regardais sa beauté. La manière dont la lumière de la lune se reflétait dans ses yeux. Ses yeux semblaient plus bleus que jamais. Ses lèvres paraissaient douces et humides. Son menton était parfait. Elle était parfaite. La fille de mes rêves. Tout à coup, j'eus ce terrible sentiment. En quelque sorte je regrettais d'avoir laissé Yulia m'aimer. Elle n'aurait alors pas souffert autant. Je lui dis : "Yulia, je suis tellement désolée." Elle me regarda, les sourcils froncés, et me demanda : "Désolée pour quoi ?" "Pour tout cela." Elle me prit la main et me répondit : "Ce n'est pas de ta faute, bébé." Je levais les yeux vers la lune puisque je n'étais plus capable de la regarder dans les yeux. Je poussai un soupir et repris alors : "Yulia, si tu n'étais pas tombée amoureuse de moi, rien de tout cela ne serait arrivé." "Qu'est-ce que tu veux dire ?" Je déplaçai mon regard sur le grand arbre. Puis je repris : "Tu te souviens de ce jour à la conférence, quand Ivan t'a emmenée dans le "lemo" ? Elle hocha la tête, comme je pus le voir du coin de l'oeil. Je continuai : "Hé bien, si je n'avais pas surgi de la foule pour te donner l'anneau il n'aurait pas fait ce qu'il a fait. Et aussi, tu es tombée enceinte à cause de moi." Elle répondit rapidement : "Non Tibra, ce n'est pas de ta faute. Je suis stupide. Je ne pense pas comme il faut. C'est ma faute à moi." Je continuai néanmoins : "Non, si je n'avais pas été là avec toi et si je ne t'avais pas rendue triste, tu ne serais pas partie avec Pasha. Depuis que nous sommes ensemble nous avons eu énormément de problèmes. Imagine si tu ne m'avais jamais rencontrée." "Je serais folle à présent. Tibra, grâce à toi je reste saine d'esprit, malgré tout le stress de mon travail et des concerts et des interviews. Quand je pense à toi je me détends. Tu m'as appris comment quelqu'un pouvait vraiment aimer, d'un amour pur. Je n'avais jamais connu l'amour pur avant de te rencontrer. Tu m'as appris à être loyale envers quelqu'un. À sentir ce qu'il y a de merveilleux dans la vie, ce à quoi je n'avais jamais pensé auparavant. Je n'avais jamais remarqué à quel point la lune et les étoiles étaient belles avant de te rencontrer. Mais maintenant toutes les nuits je parle à la lune et lui demande de prendre soin de nous. J'ai beaucoup d'idées pour la musique. Tu m'as appris beaucoup de choses." Bien que ses mots me calment, je continuais de m'en vouloir. "Yulia, je ne sais pas comment dire ça mais... si les choses s'enveniment, je pourrais lâcher prise." Ses yeux s'agrandirent et elle dit : "Lâcher prise ? Tu abandonnerais ?" "Non, ce n'est pas ce que tu crois. Je ne peux pas te regarder mourir. Il y a une raison à ces menaces dirigées contre toi, et c'est probablement parce que nous sommes ensemble. Si je devais être malheureuse simplement pour que tu sois en sécurité, je le ferais." À présent elle avait des larmes plein les yeux. Je ne voulais pas qu'elle pleure ou qu'elle soit blessée. Je voulais ce qu'il y avait de meilleur pour elle, même si cela voulait dire lâcher prise. Elle me répondit alors, la voix brisée : "Tibra, si jamais tu lâches prise, je me tuerai, parce que je ne peux pas vivre sans toi." Je secouai la tête, l'esprit à présent confus. Je lui répondis : "Yulia, tu ne comprends pas." "Qu'est-ce que je ne comprends pas ? Que tu es une lâche et que tu veux abandonner ? Et non tu ne me crées pas de problèmes. J'ai choisi d'être avec toi. Tu ne me forces pas, Tibra. Je t'aime et j'aime ma vie actuelle bien plus que celle d'avant. Ma vie n'était que sexe et alcool. Tu me redonnes un nouveau souffle, Tibra. S'il te plaît, ne dis pas que tu veux qu'on se sépare parce que je ne comprendrai pas." Elle éclata en sanglots et je ne supportai plus sa voix brisée par les larmes. Je tentai de la calmer : "Bébé, je suis désolée. Je ne pensais pas les mots que j'ai dits, mais j'essaie de te protéger. Je veux te voir heureuse." "Et je suis heureuse avec toi", répondit-elle la voix brisée. Quelque chose dans les derniers mots qu'elle me dit ôta une petite partie du fardeau que je portais. Je lui dis : "Yulia, si cela continue, l'une d'entre nous va mourir."
"Ne dis pas cela. La police va s'en occuper." Je secouai la tête et dis : "Cette personne est trop intelligente pour la police. Il ou elle n'a laissé aucune empreinte digitale et a fait très attention à tout." "Alors nous allons nous enfuir, Tibra. Toi, moi et la petite Tibra." Oui, c'était la solution. Mais comment et quand ? "Comment ?" "Maintenant, prends le sac que tu es en train d'emballer et allons-nous en. "Nous ne pouvons pas faire ça. Où allons-nous vivre ? Et pour l'argent ? Comment allons-nous pouvoir nous acheter des choses ? Et ton travail ?" Elle réfléchit alors à nouveau à tout cela, secoua la tête et dit ensuite : "Tu as raison. Mon travail." Elle savait qu'Ivan parlerait bientôt de son problème de drogue et qu'ils nous trouveraient tôt ou tard. Elle se rapprocha de moi et me dit : "S'il te plaît, Tibra, ne dis jamais que tu veux lâcher prise. Moi et ma fille, nous avons besoin de toi." Je hochai la tête dans sa direction pour la calmer, mais je pensais tout au fond de moi que, s'il fallait que je quitte Yulia et sa fille pour assurer leur sécurité, je le ferais plutôt deux fois qu'une. J'avais souvent pensé à ce que je ferais si cela arrivait un jour. Peut-être que je m'isolerais pour me tirer une balle dans la tête. Mais ensuite j'y repensais. Si jamais cela arrivait, chose que j'espérais ne jamais devoir arriver, je resterais à regarder ma Yulia de loin pour la protéger. Je serais son ange gardien. J'eus envie de lui faire l'amour ce soir-là. La lumière de la lune la rendait si belle et me donnait tellement envie de l'embrasser. Surtout après tout ce qu'elle m'avait dit. Mais je ne pensais pas qu'il fallait le faire, pas dans ces circonstances. Je la regardai dormir en tenant la petite Tibra dans ses bras. C'était vraiment un ange. Elle était si douce et si attentionnée avec sa fille. Je la serrai contre moi par derrière, chaque parcelle de mon corps touchant chaque parcelle du sien. Elle laissa échapper un son de satisfaction tandis que je rapprochais mes parties intimes de ses fesses douces sans m'en apercevoir. "Je suis désolée." Elle fit de son mieux pour tourner la tête vers moi et me dit : "Pourquoi ?" "Je sais que ce n'est pas le bon moment, mais je n'ai pas pu m'en empêcher. Je pense que je devrais dormir dans le salon." Elle me sourit et me dit : "Non, j'ai envie moi aussi. Mais j'avais peur que tu ne veuilles pas." Je secouai la tête. Je savais qu'à cet instant ce n'était pas bien, mais je ne pouvais plus m'en empêcher. Je voulais le faire ici et maintenant. Elle me regarda en gloussant et pointa du nez la porte menant à la salle de bain. Je lui souris et me levai pour y aller avant elle. Elle s'assura que la petite Tibra était totalement endormie puis me suivit. Nous commençâmes à nous dévêtir. Je la regardai ôter lentement sa chemise et son short. Étonnamment elle ne portait rien en-dessous, comme si elle s'y était préparée. J'enlevai mes vêtements et elle m'aida pour mon soutien-gorge. Ensuite elle m'embrassa sauvagement sur les lèvres. Je touchai sa poitrine, d'abord doucement puis plus rudement, alors que je sentais ses tétons durcir contre les miens. Ses poils pubiens taquinaient légèrement les miens et cela me fit la désirer plus encore. Je descendis et goûtai sa partie inférieure, tandis qu'elle gémissait doucement. Je ne voulais faire aucun bruit, alors je me relevai et entrai lentement mes doigts en elle. Comme ils se frayaient un chemin à l'intérieur(,) ses gémissements augmentèrent, alors je plaçai ma main dans sa bouche afin qu'elle puisse la mordre. Elle faisait de son mieux pour ne pas mordre fort mais elle ne put s'en empêcher alors que j'effectuais un lent mouvement de va-et-vient jusqu'à ce qu'elle soit envahie de ce sentiment de satisfaction. Elle m'embrassa les doigts et s'excusa si elle m'avait fait mal. Je n'y prêtai pas attention mais pris rapidement ses lèvres entre les miennes. Elle me fit la même chose mais seulement alors je fis mon possible pour ne pas pousser de gémissements, bien que ce soit très difficile. Sentir ses doigts courir en moi. Je trouvais qu'elle se débrouillait mieux que moi pour cela. Je retins mes gémissements du mieux que je pus jusqu'à ce que tout s'apaise. Nous nous allongeâmes dans la baignoire, serrées l'une contre l'autre. Elle s'endormit rapidement dans mes bras. La baignoire n'était pas très confortable alors je dus la réveiller et l'habiller pour aller au lit. Elle s'endormit immédiatement. Je repensai à notre récente conversation sur le balcon. Quitter Yulia ? Était-ce possible ? Peut-être devrais-je pour sa sécurité. Ou peut-être ne devrais-je pas...