Closer than close to you

Chapitre 29 : Fais ce que tu as à faire




Chapitre 29 : Fais ce que tu as à faire

 

Une autre lettre de menaces a été envoyée à Yulia, à l'adresse de Sophie. J'étais choquée. Comment pouvait-il savoir que nous étions là ? Nous sommes prudentes. Peut-être pas assez. Je ne pouvais plus le supporter. Je restai sur le balcon pendant que Yulia et Sophie étaient à l'intérieur dans le salon. C'était trop de pression sur moi. Je repensai à ce que j'avais dit à Yulia le jour où nous étions sur ce même balcon. Je me rappelai des choses qu'elle m'avait dites. Elle avait besoin de moi. Mais je suis une menace pour elle. J'aimerais ne jamais l'avoir fait tomber amoureuse de moi. Bien que juste le fait d'entendre ces trois mots de ses lèvres et c'était le paradis. Mais parfois, une personne devait se sacrifier un peu. Je pensai à petite Tibra. Peut-être avait-elle besoin d'une maison saine avec un père et une mère. Mais si je pars, ça tuerait Yulia. J'étais perdue. Yulia interrompit mes pensées en venant sur le balcon. Elle me tint par derrière et m'embrassa dans la nuque. Je sentis un frisson même si ce n'était pas la première fois qu'elle m'embrassait ici. Mais j'avais toujours l'impression que c'était la première fois. Elle posa sa tête sur mon épaule et resta silencieuse. Puis elle fit le tour et se mit à côté de moi, très près. Elle dit : "A quoi tu penses ?". "Tout". Elle soupira et dit : "Arrête de penser… Tu dois te reposer". "Comment je pourrais me reposer alors que ta vie est en danger ?" Elle secoua la tête et ses yeux fixèrent la lune. Elle resta là à la regarder en silence. Comment pourrais-je la laisser tomber ? Etait-ce trop égoïste de vouloir être avec elle si sa vie était en danger tant que j'étais avec elle ? Je l'aimais plus que moi-même. Je ne permettrais pas que ses beaux yeux se ferment pour ne plus jamais s'ouvrir. Son beau grand cœur s'arrêterait. Je ne pouvais pas l'imaginer. Je mis ma main sur la sienne et dis : "Yulia... Nous devons parler". Elle comprit rapidement mon but et secoua sa tête en disant : "Non, je ne veux pas parler de ça". Je caressai doucement sa main et restai silencieuse. Je regardai ce qu'elle regardait et essayai de trouver les bons mots pour le dire. Puis je dis : "Yulia. Je t'aime. Et je ne laisserais personne te faire du mal. Mais c'est inévitable". "Ce n'est pas une excuse Tibra. Tibra, j'étais perdue toute ma vie. Et quand je t'ai trouvée, tout s'est mis en place. Je me suis trouvée et je sais ce que je veux". "S'il te plait Yulia, tu es jeune, nous sommes encore jeunes, nous ne savons pas ce qui est le mieux pour nous". "ET TU CROIS QU'EN ME QUITTANT, CA SERA MIEUX POUR MOI ?" J'étais choquée par sa façon de crier ces mots. Je tournai juste ma tête et restai silencieuse. "S'il te plait, ne dis pas ce genre de chose. Je t'aime Tibra". Elle s'approcha plus près et embrassa ma joue. "Ok, comment pouvons-nous résoudre ce problème alors ?" Elle se tourna vers moi et dit : "On trouvera une solution". "Oh génial, jusqu'à ce qu'une des deux se fasse tuer". Elle fit non de la tête et dit : "S'il te plait Tibra, arrête de réfléchir. Viens à l'intérieur. J'ai besoin de toi pour masser mes pieds". Je souris sur sa façon d'être si joyeuse et je la suivis dans le salon. Sophie me regarda avec de grands yeux et dit : "Finalement, madame je veux être seule, a décidé de nous rejoindre". Je la regardai bêtement et m'installai sur le divan alors que Yulia se mit sur le même divan, mais un peu plus loin de moi et posa ses pieds sur mes jambes. Je commençai par les toucher légèrement. Elle rit un peu, puis s'habitua. J'avais plaisir à toucher ses pieds. Je plaçai mes doigts entre ses orteils et sentit ses os. Je regardai son bracelet de cheville et souris. Elle le remarqua et sourit aussi. Sophie dit : "Pourquoi est-ce que vous souriez ?" "Oh, c'est juste à cause du bracelet sur sa cheville". Sophie s'approcha et le regarda attentivement en disant : "Oh ça. Oui, je m'en rappelle. Votre rencontre au parc", puis elle me fit un clin d'œil. Puis elle dit : "Qu'est-ce qui ne va pas, Tibra ?". Cette phrase brisa le mur de glace où j'essayais de cacher mes sentiments. Une larme coula de mes yeux. Yulia s'assit rapidement et mit son bras autour de moi. Sophie caressa doucement mon dos et dit : "Je sais Tibra, tout ça, c'est trop pour toi, mais on trouvera une solution". Je pouvais sentir le regard de Yulia sur moi alors que je m'allongeai sur sa poitrine. Comme je me sentis en sécurité et au chaud, là. J'aimerais rester comme ça pour toujours. Savoir qu’aucun endroit n'était sécurisé pour nous était misérable. Je posai ma tête en arrière et fixai ses lèvres. Je l'embrassai rapidement. Sophie dit en plaisantant : "Je dois vous laisser seules ?" Je lui souris et dis : "Non, ça va, tu peux rester" et je fis un clin d'œil. Sophie dit alors : "Ok. Ecoutez-moi. Ce n'est pas une solution d'ignorer le problème". Je regardai Yulia et dis : "Tu entends Yulia ?" Elle soupira juste, puis Sophie continua : "Allez, je suis sérieuse. Nous devons trouver une solution et rompre n'est pas la solution". Yulia me regarda alors et dit : "Tu entends ça, Tibra ?" Je ris. Sophie regarda en roulant des yeux, mais continua : "Mon esprit est vide pour le moment, alors je pensais que si nous nous mettions à trois, on pourrait trouver quelque chose. Après tout, deux cerveaux et demi valent mieux qu'un". Yulia me regarda tendrement et dit doucement : "S'enfuir". Je fais un signe de tête et Sophie dit : "S'enfuir ? Je ne pourrais pas vivre sans vous. Non, pense à quelque chose de mieux". "Il n'y a rien de mieux Sophie". Elle me regarda avec un air frustré et dit : "Pourquoi fuir à cause d'un con ? Non, vous êtes heureuses ici et vous devez rester". "Bien, ce n'est pas à cause de ce con ou conne, mais tout est contre nous ici. Sophie, je ne peux même pas tenir la main de Yulia en public sans entendre des gens parler ou regarder bizarrement". Elle secoua la tête et dit : "Ok et qu'est-ce que vous pensez d'interroger les gens que vous suspectez". Yulia cria tout d'un coup : "Pasha". Puis ce fut mon tour de dire qui j'avais en tête. Je dis doucement et nerveusement : "Tanya". Les yeux de Yulia s'agrandirent en me regardant, tout comme ceux de Sophie. "Tanya ? Pourquoi Tanya ?" dit Sophie. "Je ne sais pas. Quand je l'ai quittée, elle était en piteux état et elle a menacé plusieurs fois de tuer Yulia devant moi, mais je ne suis pas sûre qu'elle était sincère". Sophie était ennuyée parce que Tanya était son amie. Elle dit : "Pas moyen que ce soit Tanya. Pense à quelqu'un d'autre". Je l'interrompis et dis : "Hey, tu as dit qu'on faisait la liste des personnes qu'on pensait suspectes. Et je pense que c'est Tanya. Pourrais-tu au moins lui parler ?" "LUI PARLER ? Qu'est-ce que je vais dire ? Salut Tanya, as-tu écrit des lettres de menaces à Yulia ?" Je secouai la tête et dis : "Non pas comme ça. De façon indirecte. Essaie de trouver des preuves sur elle. Je veux dire, ce qu'elle ressent maintenant. Et essaie de placer mon nom plusieurs fois pour voir comment elle réagit". Sophie ne répondit pas et ne fit aucun mouvement pour montrer ce qu'elle pensait de tout ça, puis elle dit : "Je ne peux pas faire ça à Tanya et je ne pense pas qu'elle puisse faire quelque chose d'aussi horrible". "Ok, alors, je n'ai personne en tête. Et toi, Sophie ? A qui tu penses ?" Elle était encore blessée par le fait que je suspectais Tanya, mais elle laissa vite tomber avec un faux sourire et dit : "Ivan. Le patron de Yulia". "Oui. Sophie a raison. Rappelle-toi, Tibra quand nous l'avons vu dans la rue et qu'il a dit qu'il voulait te tuer ?" "Me tuer. Pas toi. Ces lettres étaient pour toi, pas pour moi. Alors je ne pense pas que ce soit Ivan". Sophie fut d'accord avec moi. Yulia resta assise, puis elle dit : "Ok, je pense que c'est Tanya aussi". Sophie se leva et dit : "Oh allez. Arrêtez d'être stupides. Elle est sûrement passée à autre chose maintenant". "Sophie, pourquoi tu ne peux pas juste comprendre que ça peut être elle et je ne pense pas qu'elle soit passée à autre chose". Elle secoua la tête et se leva pour partir se coucher. Yulia me regarda avec des yeux tristes et dit : "Tu vois, même Sophie est contre nous". Je ne répondis pas à ça, mais j'étais d'accord avec elle. Yulia voulut aller se coucher. Je restai debout tard à penser et j'ai finalement trouvé une solution. Ca ne pouvait pas arriver entre Yulia et moi, pas dans ce monde. Je suis en train de rêver et je laisse juste mon imagination interférer avec ma réalité. Je ne peux pas être la raison ou la moitié de la raison de sa mort. Je pensai encore et encore à ce que je devais faire. Il était temps pour moi de partir. C'était un gros sacrifice, mais je devais le faire. Je sortis mon agenda et pris deux bouts de papier. J'écrivis deux lettres, une pour Yulia et une pour Sophie.

 

La lettre pour Sophie :

 

Chère Sophie,

Je sais que tu penses que rompre n'est pas bien, mais je ne peux plus le supporter. Je ne veux pas voir Yulia mourir. Je l'aime tellement et je veux juste que tu prennes soin d'elle. S'il te plait, ne la laisse pas se faire du mal. N'essaye pas de me retrouver parce que je serai déjà loin. S'il te plait, prends soin de Yulia et de petite Tibra.

Tibra…

 

La lettre pour Yulia :

 

Chère Yulia,

Même si nous sommes parfaites toutes les deux, nous venons de deux mondes différents. J'ai beaucoup pensé à ça et je pense que c'est mieux si je n'existais pas dans ta vie. Tout ce que je touche semble se détruire et tu es la dernière chose que je veux détruire. S'il te plait, ne te fais pas de mal. Pense à petite Tibra. Elle a besoin de toi. Je sais que tu penses que je t'ai trahie en partant. Mais parfois, on doit se forcer à faire des choses. Je t'aime tellement et c'est pour ça que je pars. N'essaye pas de me chercher. Mais je te regarderai toujours. Je serai encore plus proche que proche de toi.

A toi pour toujours

Tibra

 

Je signai la lettre de Yulia de mes larmes, puis je marchai doucement vers la chambre de Sophie et plaçai la lettre sur sa table de nuit. Puis je fis la même chose pour Yulia. Je m'assis sur le bord du lit pour la regarder. Mes yeux se remplirent de larmes. Rien que de la regarder me rappelait tous les merveilleux moments que j'avais passés avec elle et ça me déchirait en pièces. Son visage doux et innocent dans l'oreiller, la sensation de ses douces lèvres sur les miennes. Je ne pourrais jamais oublier ces moments, mais il était temps de partir et tout devait finir pour sa sécurité et celle de petite Tibra. Je l'embrassai doucement pour ne pas la réveiller. Juste le fait de sentir ses lèvres était drôle. Ses lèvres réagirent et me répondirent. Ses yeux s'ouvrirent légèrement. Elle me regarda et sourit. Elle était à moitié réveillée. Elle dit d'une voix endormie : "Où est-ce que tu vas ?". Je caressai ses cheveux et dis : "Je sors me promener. Ne t'inquiète pas. Rendors-toi, bébé". Je voulais lui dire que je partais pour une grande promenade vers la misère, mais je ne voulais pas qu'elle le découvre maintenant. Elle sourit et dit : "Ok. Fais attention chérie" avant de se rendormir. Je pouvais dire qu'elle n'était pas complètement réveillée et ne se rappellerait probablement pas de ça quand elle se réveillerait. Je plaçai la lettre sur la table près du lit et embrassai petite Tibra sur la joue. Je regardai à nouveau Yulia et l'embrassai sur la main alors que mes yeux commencèrent à se mouiller. C'était mieux si je partais rapidement au lieu de rester là à me torturer par sa beauté et ce que j'allais perdre. Je pris mon sac et partis vers la porte d'entrée. Je regardai une dernière fois Yulia endormie, puis je quittai l'appartement, laissant une grande partie de moi là dedans…

 







Depuis le 29/09/2008