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Cette nuit fut la pire de ma vie. Je ne pouvais toujours pas croire que j'avais pu fuir la fille de mes rêves. Mais simplement le fait de savoir qu'elle était maintenant plus en sécurité me calmait. Je voulais pleurer, mais ça ne sortait pas. C'était coincé entre ma gorge et mes narines. Mon cœur était brisé. Je me demandais pourquoi on nous faisait ça. Pourquoi ne pouvaient-ils pas nous laisser tranquille ? Maintenant, ils avaient ce qu'ils voulaient, Yulia et moi devions souffrir pour ça. Je me demandais comment Yulia allait réagir quand elle lirait la lettre. Je devais trouver un endroit où aller. Quelque part où personne ne me trouverait. Je pensais à la petite Tibra. Va-t-elle savoir pour moi ? Est-ce que sa maman lui parlera de moi ? J'espère. Mais je n'allais pas laisser tomber ma Yulia pour le moment. Je la regarderai de loin pour la protéger. Elle était comme une petite fille perdue. Et mon job était de la mener vers la lumière. Je passai près de chez elle, notre appartement. Je regardai par la fenêtre. C'était vide depuis que la police avait tout pris pour les preuves et les empreintes. Je regardai vers là où était ma peinture avant. Tout était en désordre. Tout comme mes sentiments. S'ils pouvaient seulement savoir ce que je ressens. Ils me laisseraient aimer Yulia pour toujours. Mais tout le monde est si égoïste et ignorant que je suis obligée de souffrir pour toujours. J'ai eu une vision, de Yulia et moi, dans la chambre. Ca semblait si réel. J'étais assise sur le lit qui était maintenant tout beau. Yulia arrivait, m'apportant une tasse de chocolat chaud avec de la crème comme j'aimais. Elle portait son short moulant noir et un haut sans manche blanc. Je me voyais prendre une gorgée pendant que Yulia s'asseyait sur mes jambes. Je mettais la tasse sur la table près de moi et aidais Yulia. On était si heureuses dans la vision. Je restai à regarder. Yulia était si proche de moi que nous nous embrassions presque. Mais je pouvais voir quelque chose attirer l'attention de Yulia et elle se tourna pour voir qui était là. J'essayais de voir, mais je n'arrivais pas à cause du rebord de la fenêtre. Je me vis me lever et essayer de nous protéger l'une et l'autre. Une balle de pistolet venait vers nous, rapidement. Tout était dans un mouvement ralenti. Je pouvais voir la bouche de Yulia s'ouvrir pour crier et moi faire pareil. Je me levai et essayai d'ouvrir la fenêtre pour nous sauver toutes les deux, mais les visions disparurent. Je restai là, plantée devant la fenêtre, choquée par la scène que je venais de voir. Mes visions revenaient. Je devenais folle. Je pensai "pas maintenant Tibra", j'avais une mission difficile, sauver ma Yulia et la mettre en sécurité, avec sa fille. Je touchai la fenêtre une dernière fois, puis je descendis par l'escalier de secours. Je marchai un long moment et je passai près de chez Tanya. Je la regardai de loin. Je pouvais voir une autre silhouette avec elle. Une belle jeune femme, probablement plus vieille que Tanya. Elle voyait sûrement quelqu'un. Peut-être que j'avais tort de la juger. Peut-être que Sophie avait raison, elle en avait fini avec moi. Ca me calmait un petit peu. Elle semblait si heureuse. Pourquoi tout le monde est heureux ? Je ne le suis pas. Pourquoi est-ce que je devais vivre cette misère loin de mon amour ? C'est la vie. Même si je ressentais cette envie de retourner chez Sophie et déchirer toutes ces lettres avant que Yulia ne les lise et retourner dans ses bras, mais je ne pouvais pas.
Je cherchai un hôtel près de chez Sophie. La chambre n'était pas parfaite mais bien pour quelques nuits, jusqu'à ce que je puisse trouver un autre endroit. La vieille dame à la réception ne semblait pas gentille, mais je m'en fichais. Rien n'avait d'importance maintenant. Je m'assis sur le lit une place. Je regardai les étoiles et la lune par la fenêtre. Je me rappelai quand Yulia m'avait dit qu'elle parlait à la lune toutes les nuits et lui demandait de me protéger. Je souris avant de commencer à parler à la lune :
Je t'envie lune. Tu peux toujours regarder Yulia. Personne ne peut te séparer d'elle et personne ne peut la séparer de toi. Tu apparais la nuit et tu connais tous les secrets de tout le monde. J'aimerais que tu puisses me parler pour me dire ce que fait ma Yulia maintenant ou ce à quoi elle pense. Je voudrais te demander une faveur. Prends soin d'elle, s'il te plait, et de son beau bébé Tibra. Je te serai reconnaissante pour toujours.
Je ris de la façon de prendre les choses au sérieux avec ma conversation avec la lune, mais ça me calmait un peu. Je continuai à regarder la lune et à sourire en me rappelant le reflet des yeux de Yulia éclairés par la lune. Comment ils étaient bleus et profonds. Comment sa belle silhouette était sous la lumière de la lune. Je remerciai encore la lune d'avoir ajouté de la beauté à la beauté de Yulia. C'était notre ange gardien. Ca nous couvrait d'un manteau noir, nous permettant de nous aimer, d'être libre un court moment. Puis le soleil arrivait et tout disparaissait. Le soleil paraissait si triste de nous voir souffrir. Mais je ne lui en voulais pas. J'en voulais aux personnes qui rendaient nos matins si frustrants. Je voulais être libre avec elle. Je voulais courir dans un champ en lui tenant la main. Je voulais l'embrasser. Je voulais faire l'amour avec elle. Je voulais avoir une famille avec elle. Mais tous mes rêves étaient anéantis avec cette première lettre de menace. Ils avaient réussi. Ils savaient que je l'aimais tellement et que je savais que si elle pouvait mourir à cause de moi, je ferais tout pour la quitter. Ils étaient durs avec nous, mais je ne pouvais rien faire maintenant. Je finis par abandonner et m'endormir.
La chaleur du soleil me réveilla. Je clignai des yeux quelques fois avant d'être capable de réagir. Je regardai la montre et il était presque dix heures du matin. Je soupirai 'Yulia doit être réveillée maintenant. Elle doit avoir lu ma lettre'. J'espérai qu'elle ne se ferait pas de mal, mais Sophie était là et elle lui avait probablement lu sa lettre aussi. Je pris une douche rapide pour me réveiller et peut-être laver un peu de ma douleur. Je fixai mon image dans le miroir. J'écrivis sur le miroir plein de buée le nom de Yulia et le mien. Je posai ma tête sur le miroir alors que les larmes coulaient de mes yeux. Je me fis une tasse de chocolat chaud avec de la crème, pour me rappeler les vieux jours quand Yulia m'en faisait. Je me rappelai comment il était si bon et parfait. Je lui avais dit 'C'est parfait, c'est si bon. Tu l'as probablement mélangé avec ton doigt'. Elle avait souri avec son beau sourire. Je regardai par la fenêtre et vis les gens passer. Je regardai l'entrée principale de l'immeuble où vivait Sophie. Une personne sortit. C'était Yulia. Elle était en pleurs. Elle allait dans tous les sens, confuse. Je pouvais voir la lettre dans sa main. J'ouvris la fenêtre pour entendre ce qu'elle disait. Elle commença à bouger ses mains dans les airs en regardant partout. Elle commença à hurler : "QU'EST-CE QUE TU VEUX ? LAISSE-NOUS TRANQUILLE. TU VEUX ME TUER ? OK VAS-Y, JE SUIS LA. TIRE". Mon coeur se brisa en mille morceaux. Je me parlai à moi-même : "Non Yulia, bébé, ne fais pas ça. Retourne à l'intérieur. S'il te plait". Sophie sortit rapidement et tira Yulia à l'intérieur en disant quelque chose que je ne pouvais pas entendre. Yulia se débattit et cria encore : "PRENDS-MOI MAINTENANT. TIRE, ESPECE DE LACHE". Mais Sophie était plus forte. Elle la souleva et la ramena à l'intérieur. Yulia commença à crier d'autres mots que je ne comprenais pas. Cette scène me tua de l'intérieur. Je voulais revenir vers elle, la tenir dans mes bras et lui dire que tout allait bien. Mais je ne pouvais pas. Je la regardai entrer dans l'immeuble. J'étais fière de Sophie, elle prenait soin de Yulia comme je l'avais demandé. Mon portable commença à sonner pour me dire que j'avais un message. Je l'ouvris et lu Joulia.
Tibra, s'il te plait, reviens. Je ne peux pas vivre sans toi. S'il te plait. J'ai besoin de toi - Joulia
Juste avant de finir de lire le message, mon portable sonna et c'était elle. Je ne savais pas si je devais répondre ou pas. J'étais prête à appuyer sur le bouton "répondre" puis j'hésitai et rangeai le téléphone dans mon sac. Elle continua d'essayer d'appeler. Le fait de savoir qu'elle avait besoin de moi me déchira. Je voulais répondre, mais je ne pouvais pas. Je finis par éteindre mon téléphone. Je ne pouvais plus l'entendre sonner. Je devais changer de numéro. Mais comment changer ce numéro qu'elle avait l'habitude d'appeler et son numéro qu'elle avait sauvegardé dans mon portable de ses propres mains. 'Joulia'. Je ne pourrais jamais oublier ça. Je le laissai éteint pendant un moment. Mais la curiosité prit le dessus et je devais l'allumer pour voir si elle m'avait envoyé d'autres messages. Il sonna trois fois pour chaque nouveau message. Ils étaient tous de Yulia.
Message 1 : Tibra, pourquoi est-ce que tu as fermé ton téléphone ? Tu vas bien ? Tibra, s'il te plait, appelle-moi. Je veux entendre ta voix - Joulia
Message 2 : Tibra, je ne peux plus attendre. Je veux mourir. - Joulia
Message 3 : Je ferai tout ce que tu veux. On peut s'enfuir. Se marier. Aller sur Mars. Tout ce que tu veux. Mais s'il te plait, appelle-moi. Je ne peux pas vivre sans toi. - Joulia
Le téléphone se remit à sonner. Je n'ai pas répondu. Je l'ai juste laissé sonner. Quelques jours passèrent et le téléphone sonnait encore et encore. Je mourais d'envie d'entendre sa voix. J'ai finalement répondu, mais je n'ai pas parlé. Je l'écoutais juste…
Y : "Allo ? Tibra ? S'il te plait. Réponds. Je sais que tu es là. Tibra s'il te plait, reviens. Je ne peux plus dormir ni manger. S'il te plait... Allo... Alloooo... Tibra... ALLO...
Je fermai les yeux et écoutai avec des larmes aux yeux...
Y : "Tibra s'il te plait, Dis-moi juste un mot. Ok, je ne veux pas te voir. Mais on peut au moins parler au téléphone. Je dois t'entendre. S'il te plait Tibra…
Je n'en pouvais plus. Je ne pouvais plus la torturer. Alors que j'ouvris la bouche pour parler, elle raccrocha. Je fermai ma bouche et soupirai… Je regardai à nouveau la lune et encore une fois, je lui demandai de m'aider…
Nous nous tenions les mains fortement. Nous étions dans un beau jardin rempli de roses blanches et roses. Nous étions allongées sur le sol couvert de roses. Elle se tourna et s'allongea sur moi. Elle caressa mes longs cheveux noirs avec (/de) ses doigts. Chaque caresse me faisait frissonner. Elle me regardait affectueusement avec ses yeux bleus remplis d'amour. Je regardais autour de moi puis de nouveau vers elle. J'étais au paradis. Peut-être que je suis morte cette nuit et j'étais envoyée au paradis. Peut-être que Dieu nous avait amené à lui. Je m'assis. Elle était maintenant assise sur mes jambes avec mon corps entre les siennes. Elle enroula ses bras autour de mon cou. Elle sourit et me dit : "Je t'aime Tibra". Je lui répondis : "Je t'aime aussi, Yulia. Enfin, nous sommes libres" Dès que j'eus dit ces mots, les roses autour de nous s'enflammèrent. J'attrapai rapidement Yulia dans mes bras et commençai à sauter vers là où il n'y avait pas de feu. Alors que je courrais vers un endroit sécurisé, Yulia en trouva un autre et courut de l'autre côté. Nos mains se séparèrent. Je regardai tout autour de moi. Je la cherchai encore et encore. La sortie était par là, mais je devais sauver Yulia d'abord. Même si je devais mourir pour ça. Je pouvais l'entendre m'appeler. Je regardai et elle était sur la colline, en sécurité. Je regardai à nouveau le feu et une flèche enflammée arriva vers moi. Mes pieds étaient trop engourdis et je ne pouvais plus bouger. Quand la flèche traversa mon cœur, je me réveillai à cause de l'alarme du réveil. Je regardai autour de moi. Je transpirai. Je remerciai Dieu que ce n'était qu'un cauchemar. Les visions ne voulaient pas me laisser tranquille. Je ne pouvais plus dormir cette nuit. J'attendrais le lever du soleil et je verrais bien ce que cette nouvelle journée m'apporterait… |