Les jours passèrent trop doucement. J'attendais impatiemment mercredi. J'ai continué à lui envoyer des messages sur son téléphone. Mais elle ne répondait pas. Je l'ai appelé de temps en temps. Mais, elle semblait vraiment très occupée au travail. Elle n'a répondu à aucuns de mes appels. Alors, j'ai arrêté, juste pour ne pas l'ennuyer. Je me demandais si elle avait oublié pour mercredi. Je ne pouvais rien faire, je devais attendre jusqu'à ce jour. J'ai continué à lui servir son dîner et à la regarder dormir chaque nuit. Mais elle n'a pas rappelé.
Le jour avant mercredi, je suis allée faire du shopping pour acheter de nouveaux vêtements pour l'événement. Je me suis achetée un jeans bleu foncé stylé années 70 et un tee-shirt blanc avec écrit "Kiss me!" en bleu foncé dessus… qui allait avec ma veste en jeans. Je devais lui acheter un cadeau aussi. Alors, j'ai cherché dans les magasins pour un cadeau convenable. Et j'ai trouvé un bracelet pour cheville en or. C'était très simple. Il avait un petit cœur accroché dessus. J'ai pensé que le plus simple était souvent le mieux. Je l'avais dans une boite rouge avec une ficelle en argent.
Je suis allée dans un salon de coiffure pour fixer mes cheveux un peu. Quand je suis entrée dans le salon, la femme libanaise (que j'aimais bien) au comptoir me fit signe et dit :
"Salut, ça fait longtemps qu'on ne t'a pas vu… Je vois que tes cheveux sont un peu longs… Comment vas-tu?"
Je lui souris et lui répondis :
"Je vais bien"
Ensuite, elle dit :
"Alors, qu'est-ce que je te fais? La coupe habituelle?"
Je lui fis signe de la tête. Je m'assis sur une des chaises pour attendre mon tour. Puis, mon téléphone me signala un nouveau message. J'ai rapidement sortit mon téléphone et lu le message… Il disait :
'Salut. Je suis désolée de ne pas avoir répondu. Je suis vraiment occupée ces derniers jours. Je voulais te rappeler pour demain. Le parc. N'oublie pas. Julia'
Je laissa échapper un long souffle. Merci, elle s'en rappelle. J'ai continué à regarder le message. A comment elle avait écrit. La dame libanaise m'appela et je me levai et m'assis dans un grand siège en cuir. Elle mit une serviette autour de ma nuque. Puis je lui dis :
"Coupe mes cheveux comme d'habitude. Mais essaye de faire ça de façon très spéciale. Je ne sais pas comment. Tu es la pro"
Elle me regarda de façon étrange et dit :
"Je vois que quelqu'un est amoureuse… Alors comment il s'appelle?"
Je lui répondis :
"C'est une fille. Son nom est Yulia"
Ses yeux se sont élargis en me regardant :
"Je ne savais pas que tu étais gay… Tu ferais mieux de faire gaffe… Si un de tes amis ou ta famille le découvre quand tu rentreras à la maison… tu pourrais avoir des gros problèmes"
Je lui répondis :
Ne t'inquiète pas. Je n'ai pas prévu d'y retourner. J'aime vraiment cette fille. J'ai prévu de la marier"
Je me suis choquée moi-même par ce que je venais de dire. 'mariage'? Est-ce que c'est possible? Mais à ce moment, j'ai finalement réalisé ce que je voulais le plus dans la vie. Oui. Je voulais me marier avec Yulia et avoir notre propre maison, peut-être adopter un enfant ou deux. Oui, je voulais passer le reste de ma vie avec elle. Je voulais vivre pour toujours avec elle.
La dame libanaise me coupa dans mes pensées et dit :
"Tu sembles vraiment aimer cette fille. J'aimerais la rencontrer un jour. Je voudrais la féliciter!"
Je lui répondis :
"La féliciter pour quoi?"
Elle dit rapidement :
"Pour être la seule personne capable d'entrer dans ton cœur brisé"
Je lui souris pendant qu'elle commença à laver mes cheveux. Quand elle eut finit, elle les essuya et dit :
"Ok, ça fait longtemps que je n'ai pas coupé tes cheveux. Alors s'il te plait, rafraîchis-moi la mémoire. Tu les veux longs sur le devant jusqu'à la mâchoire et plus court vers l'arrière de ta tête comme d'habitude? Ou est-ce que tu veux quelque chose de nouveau?"
Je lui répondis :
"Non, juste comme d'habitude"
Elle affirma de la tête. Cette coiffeuse était la meilleure. Elle savait toujours ce que ses clients voulaient. Elle commença à demander :
"Alors, dis-moi des choses sur cette fille. Comment est-elle? Est-elle russe?"
Je répondis :
"Oui, elle est russe. De Moscou. J'ai une photo d'elle dans mon portefeuille si tu veux la voir"
Elle répondit :
"Vraiment? Oui, j'aimerais la voir. Vas-y, va la chercher!"
Je me levai et allai à mon sac derrière son bureau. Ensuite, je revins avec mon portefeuille. Je l'ouvris et lui montrai la photo. Elle venait d'un magazine. Elle semblait être dans un parc ou un lac. Elle portait un tee-shirt bleu moulant avec ces cheveux courts et dans tous les sens. Ses yeux réagissaient avec le bleu du tee-shirt et semblaient encore plus bleus que d'habitude. Ses sourcils étaient longs et noirs. Elle avait un rouge à lèvres transparent. Elle ne souriait pas sur cette photo. Elle fixait l'objectif. C'est tout ce qu'on pouvait voir sur la photo puisque le magazine l'avait imprimé à la bonne taille pour un portefeuille.
Les yeux de la dame libanaise s'ouvrirent en grand et elle dit :
"Mon Dieu, c'est une princesse. Elle est belle. Tu as bon goût. Je pense que c'est les plus beaux yeux que j'ai jamais vus. Et quand je dis ça, je veux dire professionnellement. J'aimerais maquiller cette jolie face un jour. Oui bien sûr. Je prendrais soin d'elle le jour de ton mariage. Qu'est-ce que tu en penses? Je serais très en colère si tu engages quelqu'un d'autre!"
Le sourire que j'avais sur mon visage s'affaiblit et je dis :
"Pas si vite"
Elle répondit :
"Pourquoi? Qu'est-ce qui ne va pas?"
Je dis :
"Bien, c'est une longue histoire. Je t'ai dis que j'avais prévu de la marier. Je t'ai dis que j'aimais cette fille. Mais ce que je ne t'ai pas dis c'est que je ne sais pas encore si elle m'aime. Je veux dire elle sait que je l'aime mais je ne peux rien ressentir ou voir de sa part bien qu'elle soit vraiment gentille avec moi"
Puis, elle dit :
"Comment ça? Quand quelqu'un te dit 'je t'aime', tu acceptes ou tu refuses ça. Je ne comprends pas"
Alors, je commençai à lui raconter toutes les choses que j'avais faites. Les peintures, les roses et les dîners. Après m'avoir écouté, elle dit :
"Mon Dieu, tu es une folle romantique toi tu sais. Si quelqu'un faisait ces choses pour moi, je tomberais immédiatement amoureuse de lui… ou… euh… d'elle"
Je lui répondis :
"Je sais. C'est ce qui me rend dingue. Je ne sais pas quoi faire d'autre pour la faire m'aimer"
Elle semblait soudainement avoir une idée en tête et dit :
"Ok écoutes. Ce soir, tu restes chez moi. Je vais te préparer pour ton rendez-vous de demain. Je vais faire de toi une déesse. Fais-moi confiance sur ça. Demain soir, tu vas la faire tomber à la renverse. Si elle ne te dit pas 'je t'aime' alors je commence à manger de la viande. Fais-moi confiance. Je le sais!"
Je rigolai à sa remarque concernant la viande parce qu'elle était végétarienne. Je dis ensuite :
"Bien, je ne sais pas comment te remercier. Tu es vraiment gentille. Je veux que tout soit parfait demain"
Ensuite, elle me demanda où était le rendez-vous. Je lui réponds au parc pour que personne ne nous voit. Je lui parlai du patron de Yulia, comment il la contrôlait. Je lui montrai le cadeau que j'avais pour ma Yulia. Elle me conseilla alors de faire un pique-nique dans le parc. J'étais d'accord avec ça. Elle me demanda plus sur Yulia. Je lui répondis qu'elle était une artiste, je lui donnai aussi un de ses CD à écouter. Elle était heureuse.
Après qu'elle est finit mes cheveux, c'était parfait. Je me levai et lui dis que je voulais aller prendre quelques affaires à mon appartement et qu'ensuite, je la verrais chez elle. Elle était d'accord et me demanda d'être prudente à cette heure de la nuit. On se dit au revoir et je retournai à mon appartement. Je pris quelques affaires comme mon pyjama, brosse à dent, 3 paquets de cigarettes (je sais que j'en aurais besoin ce soir), des chaussettes et des chaussures à talons noires en cuir que j'avais acheté il y a longtemps et que je gardais pour des occasions comme celle-ci.
Quand j'allais sortir de mon appartement, mon téléphone portable sonna. C'était Yulia et voilà la conversation :
Moi : "Allô?"
Y : "Allô… Tibra?"
Moi : "Ouais c'est moi… Comment vas-tu?"
Y : "Je vais bien… et toi?"
Moi : "Jamais aussi bien… alors qu'est-ce qui se passe?"
Y : "Euh… Es-tu libre maintenant? J'ai besoin de te dire quelque chose d'important"
Moi : "Bien sur… Je t'écoute!"
Y : "Euh… ok… j'étais avec une amie… et je lui ai parlé de toi… et j'ai réalisé… que je t'ai donné une fausse idée de moi… Je pense que je t'ai fait croire que je t'aime… je suis désolée… je t'aime beaucoup… mais comme une amie… je ne t'aime pas comme ça… je ne veux pas te prendre la tête… je ne sais pas pourquoi j'appelle maintenant pour dire tout ça… mais tu dois savoir… je ne veux pas faire l'imbécile avec toi… je suis désolée"
Un long silence passa… J'étais choquée… bien que je m'attendais à ça… mais ça faisait juste trop mal en réalité… je suis restée silencieuse…
Y : "Tibra? T'es là?"
Moi : "Oui, je suis encore là"
Y : "Je suis vraiment désolée… Je ne veux pas te faire mal"
Moi : "Non, c'est bon… Je m'attendais un peu à ça… alors je suppose que c'est fini maintenant. Je suppose que je ne te verrais pas demain… Bien c'était bien de t'avoir rencontré"
(J'ai dis ça sous le choc… mais je ne voulais pas que ça arrive!)
M'interrompant :
Y : "Je suis désolée. Je veux tout faire pour que tu sois heureuse"
Je soupirai.
Y : "mais j'ai vraiment besoin de te voir demain… je ne veux pas que ça finisse comme ça avec une mauvaise impression… alors je dois te voir au parc demain… je dois te dire au revoir d'une meilleure façon!"
Moi : "Bien sur… tout ce que tu veux"
Y : "Tibra? Je suis vraiment désolée… je suis trop stupide… je n'aurais pas du dire ça au téléphone… alors, je te vois demain?"
Moi : "Oui bien sur… comme j'ai dis… tout ce que tu veux"
Y : "Ok…….. au revoir maintenant!"
Moi : "……….. au revoir" avec une voix cassée.
En raccrochant, je sentis le monde tourner autour de moi… je ne pouvais rien entendre, ni voir… Je n'arrêtais pas de me répéter la phrase 'je ne t'aime pas comme ça'…
Je m'assis sur le canapé… pensant au coup de fil… J'allumai une cigarette, j'inhalai la fumée… je pouvais la sentir brûler dans ma gorge et dans mes poumons… une larme tomba de mon œil… Je ne pouvais pas le croire… J'ai fait tout ce que je pouvais… J'ai traversé l'impossible… J'ai traversé l'enfer… Tout semblait être à porter de mains… sauf son cœur… Je ne pouvais pas l'avoir… mais je me disais… que je n'allais pas abandonner maintenant… Je n'allais pas laisser tout tomber…
Je préfèrerais mourir que de vivre sans elle… comment je pouvais la laisser partir? Je n'aurais pas du attendre à sa fenêtre cette nuit quand elle me l'avait demandé… J'aurais du lui laisser plus de temps… J'avais été stupide… Je ne savais pas quoi faire… mon cœur faisait mal de plus en plus chaque fois que je repensais à cet appel… J'avais besoin d'enlever cette douleur de ma poitrine…
Alors je suis rapidement sortis de mon appartement… Il pleuvait… Mais je ne faisais pas attention… J'ai couru vraiment vite… en pleurant… la pluie froide me frappant comme des couteaux… J'ai continué à courir et courir… avec mes larmes se mélangeant avec la pluie froide sur mon visage… Je me suis arrêtée et je suis tombée sur mes genoux… Je posai ma tête sur le sol… et j'ai commencé à pleurnicher… personne ne pouvait m'entendre pleurer à cause de l'orage… les gens passaient juste en me regardant avec de la pitié… Je suis juste restée là, allongée sur le sol… pleurant et pleurant… mes cheveux et mes vêtements étaient tout mouillés… Je n'avais pas prévu de ma lever et d'aller au chaud… Je voulais juste mourir… ici… comme ça elle serait ensuite que je suis morte parce que je ne pouvais pas avoir son amour…