- Mais, Monsieur le Juge et les Jurés, toutes les preuves fournies, là devant vous, ainsi que les témoignages prouvent que mon client a réagi en légitime défense, défendais-je.
- Objection, Maître Telak n'a pas à donner de pronostics, il me semble que c'est votre rôle Monsieur le Juge et non le sien, protesta l'avocat de la partie adverse !
- Je sais très bien quels sont mes rôles et droits dans cette affaire Maître Vincent, objection rejetée. Bien la séance est terminée, le procès reprendra demain à 10h30 précises.
Il marqua la fin du procès en tapant deux coups avec son marteau. J'échangeai quelques formalités avec mon client puis je sortis.
Enfin ! Terminé pour aujourd'hui, je suis crevée. Et oui, le métier d'avocat est passionnant mais également épuisant par moment. Au fait, je m'appelle Stéphanie Telak, j'ai 26 ans et je suis avocate depuis un an maintenant. Je rêvais de faire ce métier depuis toute petite, le fait de découvrir et dévoiler la vérité m'a toujours excitée et l'affaire que je traite aujourd'hui me tient particulièrement à cœur. J'habite dans le sud de la France, à Aix en Provence, une jolie petite ville ensoleillée. Dans un petit appartement, pas très grand mais je m'y sens chez moi.
- Bonne défense Stéph, commenta Polo, un ami avocat.
- Merci, répondis-je. Tu as assisté à la séance entière ?
- Oui, j'avais justement ces deux heures de libre et je voulais savoir un peu où en était l'affaire.
- Et tu en penses quoi ?
- Je me demande comment ce type a fait pour avoir autant de témoignages de son coté, mais je connais Robert, il n'est pas dupe comme juge.
- C'est la première fois qu'il juge une de mes affaires, mais il parait qu'il est très bon.
Polo me raccompagna jusqu'à ma voiture tandis que nous continuâmes à discuter de l'affaire pendant ce court trajet. C'était vraiment quelqu'un de bien, très gentil, un ami de longue date sur qui j'avais toujours pu compter.
Mon téléphone sonna.
- Allo !!
- Stéphanie mais où es-tu ? Tu es en route ?
- Oui, maman, j'arrive
- Bon, tout va bien ?
- Oui, ne t'inquiète pas j'arrive dans dix minutes, à tout de suite !
Je raccrochai, c'était ma mère. Nous nous entendions vraiment très bien mais il suffisait que j'aie cinq minutes de retard pour qu'elle imagine immédiatement le pire. Je démarrai la voiture et me rendis chez ma mère. Une fois arrivée, je me garai. Pour une fois il y avait de la place. Ma mère m'attendait sur la terrasse, cela ne m'étonnait pas, au cas où je me ferais agresser sur son chemin.
Elle habitait une petite villa, pas très loin de chez moi, située du côté campagne de cette ville ; un endroit très charmant et calme.
- Ah ! ma chérie, tu es là, dis-t-elle en m'embrassant.
- Oui, tu vois ; je ne me suis pas perdue, plaisantais-je.
- Tu peux rigoler mais c'est quand même normal que je me fasse du souci pour toi Stéphanie, tu es tellement fragile.
- Mais je ne suis pas fragile maman, je suis adulte et responsable et je sais quand même survivre une journée toute seule tu sais.
Elle me servit une tasse de café dans le salon où la table nous attendait déjà.
- Survivre oui mais en tout cas tu es toujours célibataire. Pourquoi tu ne te trouverais pas un gentil mari avec qui tu aurais des enfants, je pourrais être grand-mère. Tu sais cette idée là ne me dérange pas, au contraire…
- Je sais maman, dis-je désespérée d'entendre à chacune de mes visites la même remarque. Mais déjà, je n'ai pas le temps avec le travail que je fais ; de plus un mari comme tu dis ça ne se trouve pas comme ça !
- Mais tu sais que je connais des tas d'hommes très charmants et célibataires, tout comme toi. Tiens par exemple, le fils de la voisine est très mignon, annonça-t-elle toute fière.
- Bien ! Si un jour cela me tente, je te le dirai.
- Un jour ? Mais quand ? Tu comptes attendre d'avoir cinquante ans pour commencer à y penser ? Tu approches de la trentaine et puis tu ne sors jamais, trouve-toi une activité, quelque chose. Je vais t'inscrire au golf, tu verras ; il parait que ça aide beaucoup à décompresser.
- Non, maman, je me suis déjà renseignée, le golf ne m'intéresse pas vraiment, je te remercie. Par contre, je vais peut être essayer une autre activité sportive.
- A oui ? Laquelle ?
- La danse, ça te va ? Bon allez, je file, dis-je en prenant mes affaires. Merci pour ton café, il est toujours aussi bon !
- Le compliment me va droit au cœur, dit-elle en esquivant un tendre sourire maternel. Essaie de te renseigner pour les cours de danse. Ça te détendra !
- Oui, ne t'inquiète pas, bonne soirée et ferme bien derrière moi! "
Je vais craquer pensai-je en la quittant. C'était bien simple, à chaque fois que je venais la voir, on discutait de deux sujets ; mon célibat et le fait que je devais m'occuper en dehors de mon travail. Elle n'avait peut-être pas tort pour l'activité mais je ne me voyais vraiment pas avec un mari et des enfants, femme au foyer et m'occupant de faire des petits plats pour mon soi-disant mari. Je ne suis peut être pas normale car la plupart des femmes ne rêvent que d'une telle vie mais pas moi, allez savoir pourquoi ?
Une fois arrivée chez moi, je déposai mes affaires dans le salon et me dirigeai vers ma chambre pour me changer, les tenues magistrales, c'était bien pour les procès, mais une fois le pas de ma porte passé, je préférais une tenue plus simple et surtout beaucoup plus confortable Une fois changée, je mis un plat dans le micro-onde, je mangeai et m'affalai sur le canapé. Ah oui ! J'avais oublié, il faut que je cherche une école de danse, pourquoi il a fallu que j'en parle ce soir à ma mère. J'adorais la danse, en fait, je dansais beaucoup mais chez moi, cela me détendait. J'aimais énormément chanter aussi, tout ce qui touchait la musique me plaisait, même si, à ce qu'il paraît, je chantais faux, je le faisais pour mon plaisir personnel.
Je me dirigeai vers ma petite bibliothèque remplie principalement de romans et de grands livres sur les droits des citoyens et autres, je n'avais pratiquement que ça. Je lisais énormément. J'attrapai les pages jaunes et je me mis à la recherche d'une école de danse, j'analysai un peu où elles se situaient mais pour ce qui était des détails, il n'y en avait pas vraiment. Tiens il y en a une pas très loin d'ici, je notai l'adresse sur un papier. Demain j'irai voir.