Danse avec moi

Chapitre 13




Les mois passaient, Carole accepta de venir habiter chez moi, nous pouvions ainsi vivre notre amour pleinement, malgré le Cabinet qui me prenait beaucoup de temps. Les visites de ma mère toujours aussi fréquentes ont permis à Carole et elle-même de mieux se connaître et même de beaucoup s'apprécier.

Je ne voulais pas immédiatement la mettre au courant de notre relation, je dis simplement que pour aider Carole, je lui avais proposé de venir habiter chez moi, qu'elle était en quelque sorte ma colocataire.

Mais je fus réellement heureuse car elles s'entendaient vraiment très bien, ma mère la considérait un peu comme sa deuxième fille, cela me fit chaud au cœur. Les projets d'avenir de manquaient pas, union, adoption, même si nous ne voulions pas nous presser, nous en parlions beaucoup.

Nous étions en novembre, la date de l'anniversaire de Carole arrivait à grands pas. Toute la semaine, je préparai le plus discrètement possible la surprise que je lui réservais. Mon emploi du temps me permettait de faire mes affaires tranquillement tandis qu'elle travaillait. Tout était prêt pour le samedi, je pris ma journée, Carole terminait à 18 heures ce qui me laissait le temps de cuisiner le repas et de tout installer pour la petite soirée que je prévoyais.

Le jour attendu, j'entendis Carole se lever et se diriger à la salle de bain, je fis mine de faire comme si je travaillais également ; je me levai et préparai le petit déjeuner pendant qu'elle prenait sa douche. Elle sortit prête et m'embrassa passionnément avant que l'on déjeune.

- " Tu ne te prépare pas mon amour ? " me demanda t'elle.
- " Si, je vais y aller, mais je commence un peu plus tard aujourd'hui.
- Tu aurais pu en profiter pour rester un peu au lit mon chou. "

Nous continuâmes de petit déjeuner, puis elle partit travailler en me souhaitant une bonne journée. Enfin seule, je me languissais vivement ce soir.

Durant la matinée, je suis allée acheter ce que j'avais commandé et repéré il y a quelques temps. J'emballai les cadeaux ; une robe de soirée, des chaussures, des sous vêtements qui lui plaisaient et le plus important, une bague pour ma demande d'union. Cela faisait maintenant huit mois que nous étions ensemble, je voulais officialiser notre couple.

Le temps était vraiment mauvais, l'hiver était bien lancé, la neige, le givre formaient les seules choses que l'on pouvait voir depuis quelques semaines. Un temps rare pour cette période, en particulier aujourd'hui, il neigeait énormément.

Toute l'après midi, je cuisinai des petits plats ; en entrée une salade complétée d'œufs, de gésiers, avec des tomates, des olives, du jambon cru… présentée directement dans les assiettes. Ensuite des cœurs d'artichauts, des tomates, des aubergines et des poivrons farcis et un désert maison également.
Je préparai aussi la table, avec deux couverts, des bougies, un disque dans la chaîne pour la musique d'ambiance et les pétales de roses pour former le trajet de l'entrée à la chambre où une tenue l'attendait, et qui se poursuivait jusqu'à la table où nous devions manger.

A 16 heures, je décidai de me reposer un peu, avant son arrivée. Je lui envoyai un message pour lui demander de venir directement à la maison après sa journée. Je trépidai d'impatience, les heures me semblaient une éternité.

A 18h30, Carole n'était toujours pas arrivée, sûrement un cours qui se prolongeait plus longtemps. A 19heures, je commençais à perdre patience, je l'appelai, aucune réponse, elle laissait toujours son portable dans les vestiaires, je lui laissais un second message.
Quelques minutes plus tard, mon téléphone sonna, se doit être elle, je décrochai :

- " Allo,
- Bonjour madame, ici le commissaire de la gendarmerie. Vous connaissez Carole Mayert ? " demanda une voix féminine.
- " Oui… " répondis-je vraiment inquiète par ce coup de fil.
- " Je suis vraiment désolée, mais mademoiselle Mayert a été victime d'un grave accident en raison des conditions atmosphériques.
- Grave ? Comment ça ? Qu'a-t-elle ? " demandais-je d'une voix tremblante.
- " Je suis sincèrement désolée, elle n'a pas survécu… "

Je lâchai le téléphone, qui atterrit en fracas au sol, tombant à genoux, en pleurs. Comment une telle chose pouvait être possible, pourquoi à moi, à nous ? Je n'arrivais pas à croire à ce coup de fil imprévu, qui n'avait pas lieu d'être. Pour moi, cette soirée devait être une des plus belles, elle ne pouvait se résumer à un tel malheur.
Je repensais à Carole, à notre rencontre, nos conflits, nos réconciliations, à notre histoire d'amour qui, malgré un début difficile, ne subit plus aucune seule dispute. Je revivais nos moments forts, notre première fois, nos joies, nos pleurs ; les huit plus beaux mois de ma vie. Cela ne pouvait se terminer de cette façon après tout ce que nous avions vécu.

En seulement quelques secondes ma vie s'était écroulée, elle n'avait désormais plus aucun sens. Mes projets d'avenir, ce bonheur si certain, mon futur n'existaient plus ; sans elle tout cela ne pouvait plus exister.
Je restais là des heures, sans même plus compter le temps qui s'écoulait, à pleurer, à hurler de douleur, cachant mon regard de toute cette mise en scène préparée spécialement pour mon amour ; la table, les pétales… désormais sans intérêt.
Je pris le petit boîtier contenant la bague, le serrant contre moi le plus fort possible, mes pleurs s'intensifient. Mon cri de désespoir résonna dans cette maison tout à coup vide, elle le restera à jamais.
Ma vie perdit son seul et unique sens. Je n'eus même pas le courage de mettre fin à ma vie, malgré cette envie qui me rongeait, ma seule envie du moment, la retrouver…La fatigue me conquit, je tombai dans un profond sommeil, mon réveil ne sera plus que malheur !