Danse avec moi

Chapitre 7




Le lendemain, Carole montrait un ton toujours froid avec moi, ou complètement indifférent, comme si je n'étais même pas à son cours. Les trois qui suivirent se déroulèrent dans la même ambiance, cette situation commençait à m'énerver.

- " Stéphanie, si tu veux rester parmi nous, tu as intérêt à te mettre au boulot, ok ? Je ne suis pas là pour perdre mon temps avec des incapables qui ne veulent rien faire. Alors bouge-toi un peu.
- Ok ! L'incapable s'en va, les cours seront peut-être plus agréables pour les autres et ça me fera des vacances de ne plus t'entendre me hurler dessus. "

Je pris ma serviette sur le banc au fond de la salle et entrai directement dans le vestiaire. Tout le monde me jeta un regard qui me paraissait être de la compréhension, cela me toucha car, même si l'entente avec Carole n'allait plus du tout, je savais que je pouvais compter sur le soutien des autres.

- " Je peux savoir pourquoi tu la jettes de cette façon ? " demanda Justin.
- " Je ne l'ai pas jetée, c'est elle qui est sortie du cours !
- Oh bien, tu joues sur les mots maintenant ? Tu peux me dire ce qui te gène chez elle ?
- Rien, ce n'était que des remarques strictement professionnelles.
- Professionnelles ? Si c'était réellement le cas, tu l'aurais plutôt complimentée, car cette fille danse merveilleusement bien. Mais bon, fais comme tu veux après tout, ce n'est qu'un concours qui est en jeu.
- Continuez, je reviens. Alice, n'oublies pas de faire un pas glissant sur le temps 8 ! "

Elle se dirigea dans les vestiaires et m'y rejoignit. Mon dos lui faisait face tandis que je rangeais toutes mes affaires.

- " Tu peux laisser tes affaires ! " dit-elle.
- " Je peux avoir une bonne raison de les laisser ? Je te signale que tu ne m'as pas virée, je suis partie de ma propre volonté. Donc mes affaires, je les reprends.
- Ok d'accord. Tu veux jouer à ça ?
- Attends, ce n'est pas un jeu pour moi. Je peux te demander pourquoi tu ne peux pas me voir ?
- Je ne sais pas ce qui te fait penser une chose pareille, mon travail est d'enseigner….
- Oui je sais, ton discours, tu me l'as déjà sorti, tu m'excuseras mais je n'y crois pas une seconde. A mon avis, c'est un jugement personnel, et je ne crois avoir rien fait pour que tu me détestes. Pardon ! " lui dis-je pour qu'elle libère le champ de la porte.
- " Attends, je ne te déteste pas, ça n'a aucun rapport. En fait je… je t'apprécie beaucoup justement. " Elle baissa les yeux puis me regarda.
- " Permets-moi d'en douter. " Je m'apprêtais à passer la porte quand elle attrapa mon bras. La sensation de ce contact me fit frissonner, elle le vit malgré moi.
- " Reste, s'il te plait. " Ses paroles étaient passées des cris à la douceur, je ne comprenais plus rien.
- " Montre-moi que tu veux me garder pour de bonnes raisons et je reviendrai. En attendant, j'ai des choses à faire alors bonne soirée. "

Mon comportement m'étonnait moi-même, elle me parlait avec une extrême douceur et je la remballais aussitôt, alors qu'elle me suppliait presque de rester. Je ne sais pas trop pourquoi j'avais réagi ainsi mais je laissais faire mon instinct, il ne m'avait encore jamais trahi. Puis, revenir m'installer alors qu'il ne restait plus qu'une demi heure de cours n'en valait pas la peine.
Je ne rentrai pas de suite chez moi, un besoin d'air frais m'appela, je pris donc le chemin de la mer. Vingt minutes de route et me voila pieds nus sur le sable à contempler l'horizon. Mon lieu de refuge dès que quelque chose n'allait pas.
Comment pouvais-je m'attacher à une femme alors que je ne la comprenais absolument pas, aussi douce et belle qu'elle était intimidante et blessante, un caractère épineux qui me mettait dans des états inimaginables. Je restai une bonne demi heure, puis je me décidai à rentrer.

Rien d'intéressant à la télévision, comme d'habitude, je fis une partie de jeu vidéo puis me couchai en pensant encore à Carole.