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Mon réveil sonna comme tous les matins. Je pris mon portable et l'éteignis. Je le reposai sur ma table de nuit et me rendormis. Quand je me réveillai la deuxième, je regardai l'heure sur mon portable ; il était onze heures du matin. Je me levai doucement en m'étirant. Une fois debout, j'ouvris les volets et vis le soleil briller ou plutôt je savais qu'il faisait beau, mais je ne le remarquais pas. J'allai dans ma salle de bains, me glissai dans un bain très chaud rempli de sels de bains et d'huiles essentielles. Je restais dans mon immense baignoire environ une demi-heure. Je m'habillai d'un jean Diesel, d'une tunique Chloé et enfilai mes Converses. J'attrapai mon long sac noir Cotélac et sortis de chez moi. Je m'appelle Lina, j'ai 16ans. Je vis dans les beaux quartiers de Paris. Plus précisément dans le VIIème arrondissement. Je fais partie de la " jet-set " comme disent les journalistes. A cette heure, j'aurais dû être au lycée et non dans la rue. Mais je séchais trois semaines sur quatre. Je glissai la main dans mon sac et sortis mon Ipod acheté 300 euros. Je commençai à écouter Radiohead très fort tout en continuant ma marche dans les rues de l'ouest parisien. Je dois vous paraître riche. Je le suis. Je peux dépenser 2000 euros en une journée. Je dépense sans compter. Mes parents me donnent de l'argent dès que je leur demande, c'est d'ailleurs la seule chose qu'ils me donnent. Ils ne sont jamais là. Ils travaillent tous les deux pour de grosses entreprises et amassent un bon paquet de thunes... L'année prochaine, ils m'ont promis mon propre appartement. Mais c'est une autre histoire mes parents. Restons concentrés sur moi. Je commençai à faire les vitrines de Dior, Chanel, Colette, Chloé, mais sans les voir. Je ne pensais à rien. J'ai arrêté de penser. Je devais rejoindre mon amoureux Julian dans quelques temps, rue des cascades dans le XXème. On n'est pas du même milieu ça me dérange un peu, même si Julian a de l'argent, mais il connaît beaucoup de gens pour qui le luxe est hors d'atteinte, ça me rend malade. Heureusement quand on est ensemble, il n'amène pas ces gens. On n'est pas sur la même longueur d'ondes, eux et moi. Je ne peux les supporter. Je suis un peu en avance. Je m'adosse contre un mur et allume une cigarette. J'ai même le temps d'en fumer une deuxième. Je commence à m'impatienter. Je monte le volume de mon Ipod. Je sors mon portable, prête à appeler Julian pour lui dire de se dépêcher. Puis je le vois. Il arrive avec sa démarche bien à lui. Il mesure un mètre quatre vingt dix, il a la peau plutôt bronzée, les yeux noisette, les cheveux bruns noirs et un visage indescriptible, tellement beau, tellement parfait. Ses parents sont riches, moins riches que les miens, mais ça va, il pourrait aussi être dans la " jet-set " s'il habitait à l'ouest de Paris, mais il habitait à l'est. Il n'est plus qu'à quelques mètres de moi. J'enlève les écouteurs de mon Ipod, range cet accessoire dans mon sac, et souris à mon amoureux. Il s'approche de moi. "Salut Lin's ! _ Hey Jul. dis-je toujours en souriant." Il m'embrasse langoureusement. Je lui souris, passe doucement ma main dans ses cheveux. Il me regarde, sourit en voyant mes vêtements. "Encore une virée shopping hier ?" Je ris faussement gênée. Il me le disait presque tous les jours. Mais je savais qu'il adorait mon côté " fashion-victim ", mon côté " je dépense 3000 euros en une journée, si j'ai envie ". Il passa son bras autour de ma taille et on commença à marcher dans les rues en discutant. Je suis riche, je passe la plupart de mon temps dans les magasins à essayer des fringues, toutes plus chères les unes que les autres, mais je lis aussi énormément et j'écoute beaucoup de CD. Vous verriez ma discothèque vous seriez impressionnés. J'aime lire. J'aime écouter de la musique. Ca me permet de m'évader, d'être ailleurs quelques minutes ou quelques heures. Julian est aussi un littéraire. Il lit beaucoup plus que moi. La plupart de mes lectures, je les lui dois. Il lit toutes sortes de livres. Des livres pour ados à Shakespeare. "Tu veux venir avec moi au concert de Radiohead en septembre prochain ? me demanda Julian. _ Bien sûr ! C'est où ? demandai-je tout en me demandant pourquoi j'ignorais que Radiohead faisait un concert, alors que j'adorais ce groupe. _ C'est au Zénith. Mais ne dis à personne que je t'en ai parlé. C'est une info hautement confidentielle, mon père me l'a dite hier ; Vu qu'il travaille à Barclay ..." J'hochai la tête et embrassai Julian. J'étais vraiment amoureuse de lui. Ses parents à lui s'occupaient de lui malgré leur argent, pas comme les miens. Et depuis qu'on sortait ensemble, sa mère m'avait prise sous son aile et me considérait un peu comme sa fille. Ca me faisait du bien. On arriva devant un immeuble assez minable. Julian siffla deux notes et une fenêtre s'ouvrit. "Salut Mathi _ Hey Jul ! Tu m'as demandé une 200, c'est ça ? _ Exact. dit Julian" Mathi, qui s'appelait en réalité Mathias, sortit de l'immeuble avec un sac à dos sur les épaules. Les deux garçons se mirent sous le porche de l'immeuble et moi j'allumai une troisième clope. Julian récupéra pour cent euros de cannabis et cent euros de cocaïne. Oui dans la " jet-set " et ses " presque jet-setteurs ", la drogue est là. On se drogue pour déconner ou tout simplement pour oublier qu'on ne va pas bien qu'on est pourris de fric. Julian roula un joint et on le fuma une fois arrivés chez lui, vautrés dans les coussins de sa chambre. Pour être honnête avec vous, je n'ai jamais touché à la cocaïne ou à l'héro. Pour l'instant, je m'en tiens aux joints. Et du moment que j'étais avec Julian, je pouvais attendre avant de toucher à ces deux drogues. Lui il les consommait, mais il ne voulait pas que je fasse comme lui. C'était hors de question. On fuma une dizaine de joints à deux, tout en discutant. On parla de nos prochaines vacances ensemble à Hawaï, de nos lectures récentes, des groupes qu'on comptait aller voir en concert. De notre prochaine soirée. La porte d'entrée claqua. Julian rangea le cannabis et la coke au fond de son placard dans une cachette qu'il avait aménagée. Et il alluma beaucoup d'encens. Ses parents ont beau être géniaux et très compréhensifs, Julian ne leur a jamais avoué qu'il fumait autre chose que des cigarettes et il m'a fait jurer de ne jamais en parler, même par allusion au sujet. On dit bonjour à sa mère et but un thé avec elle. On remonta ensuite dans la chambre de Julian, il remplit une poche de son jean avec du cannabis dans un sachet, attrapa ses clopes et son briquet, j'enfilai mon sac, glissai mon portable dedans et on sortit. "On y va m'man ! lança Julian. _ D'accord. Ne rentrez pas trop tard. _ Non non. Lança Julian" On sortit et il me fit un clin d'œil. Ne pas rentrer tard. Tu parles ! Là, il est onze heures du soir et quand on rentrera il sera sept ou huit heures du matin... On se rendit chez Laura qui organisait une soirée. Soirée " jet-set " bien évidemment. Elle avait invité Julian, car il était beau et aussi bien évidemment parce qu'il sort avec moi. Mais si elle croit qu'elle va se le faire pendant sa soirée, elle peut crever. Julian est MON amoureux et jamais il ne draguera et se laissera draguer avec moi à ses côtés. Une fois arrivés chez Laura, on salua les gens qu'on connaissait. La drogue commençait déjà à circuler. Oui nos soirées servent aussi à écouler notre drogue, à en acheter, à en vendre. Julian commença à discuter business avec une de ses connaissances et moi je me mis au courant des derniers potins. Ah bon David et Amanda ne sont plus ensemble ?... Ouais elle l'a largué hier, il se défonçait trop et sa libido baissait... Mais elle ne va pas tarder à se caser... Ah bon ?.... Enfin je pense, elle enchaîne les mecs, cette fille... Comme tout le monde ici... Non Lina toi t'es plutôt stable... Oui bon passons... Tu penses qu'elle vise qui ? ... Chsais pas, je crois bien que Julian la tente... Je me retourne et cherche Julian des yeux. Où est-il ? Je me lève et le cherche. J'entre dans la salle de bain et le voit en train de sniffer de la coke ou de l'héro, je ne sais pas. Je souris ; calmée. Il me voit et me sourit en retour. Au fait, j'ai oublié de vous dire que Julian marche sur ses 20 ans. Je retourne dans le salon. Entre-temps un groupe est arrivé. Une fille qui n'arrête pas de danser en fait partie. Elle danse tout le temps. Elle danse en mangeant, en parlant avec les autres, en demandant une clope, un joint, en mettant un nouveau CD. Son sourire est toujours sur ses lèvres. Elle sourit à tout le monde et en même temps à personne. Juste à elle-même. A ce moment qu'elle passait. Je vis Julian s'approcher d'elle. Je m'avançai un peu et écoutai. "Hey Sally ! _ Salut Julian. Ca va ? _ Très bien et toi ? T'es sortie de ton squat pour une fois ? _ Ouais comme ça, pour rencontrer d'autres gens, dire bonjour aux gens que je connais, acheter un peu de ma drogue personnelle. répondit la fille en souriant. _ Ok. Je vois. Au fait je te présente Lina. Lui dit Julian, quand il vit que j'étais là. _ Salut ! Je m'appelle Sally. Me lança la fille. _ Hey ! Je m'appelle Lina, je suis la copine de Julian." Sally rit et me sourit. Elle me tendit son joint. "Tu le veux ?" J'hochai la tête en souriant et en tirant une bouffée, puis je passai le joint à Julian. "Au fait, pourquoi t'es ici ? Tu ne fais pas partie de la " jet - set ", dis-je sans me rendre compte que Julian fronçait de plus en plus les sourcils." Sally ne me répondit pas, haussa les épaules et battit des cils sans perdre son sourire. "On rentre, Lin's ? Je suis crevé ; me lança Julian vers six heures après un énième sniff de sa part et moi complètement ivre et défoncée. " On dit au revoir à Sally, elle nous dit de passer la voir chez elle et nous passa son numéro de portable. On arriva chez Julian. Une fois dans sa chambre, je pris un bain, puis enfilai mon pyjama. Je glissai dans le lit et un quart d'heure plus tard, mon amoureux me rejoignit. Je me blottis contre lui. "Pourquoi t'as froncé les sourcils tout à l'heure ? _ Parce que tu peux poser n'importe quelle question à Sally, sauf pourquoi elle est à une " jet-set party " alors qu'elle vit dans un squat. _ Pourquoi ? demandai-je légèrement surprise. _ C'est à elle de te le dire pas à moi. Me dit Julian en passant sa main sur mon visage." Je souris. C'était la première fois que quelqu'un qui n'appartenait pas à la jet-set ne me faisait pas pitié. Cette fille avait au contraire l'air génial. Je savais qu'on allait la revoir bientôt. |