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Ma vie continue. Ou plutôt mon semblant de vie. Nous sommes lundi et je vais au lycée. Mes absences sont toutes justifiées et signées par mes parents. Ils n'en ont rien à foutre que je sèche les cours, ils ne s'occupent pas de moi ou si peu. Ou plutôt ils croient qu'en me passant plein d'argent, je vais être heureuse. Ils croient qu'en me donnant tout cet argent qui m'étouffe et qui me bouffe, ils me montrent à quel point ils m'aiment. Mais au contraire. Plus ils me donnent de l'argent, plus je déprime et plus je les déteste. Je glisse des feuilles et ma trousse dans mon sac et quitte la maison. Sur le chemin du lycée, je me décourage. Je fais demi-tour et marche en direction de chez Julian. Dans le métro, je regarde ma montre, il est huit heures et demie. Julian n'est sûrement pas réveillé mais je sais que ses parents ne sont pas là. On sera seuls. Et il ne m'en voudra pas de le réveiller si tôt. Avec n'importe qui, il gueulerait mais pas avec moi. Je l'aime. Après une demi-heure passée dans le métro et à marcher, j'arrive enfin chez Julian. J'aurais mieux fait de prendre un taxi, je suis complètement crevée. Je pose mon doigt sur la sonnette et sonne deux petits coups. C'est notre code. J'attends quelques minutes et puis je reconnais le pas de mon chéri derrière la porte. Il m'ouvre. Il a sa tête de pas réveillé. Je lui souris, il me sourit. J'entre et il m'embrasse tendrement la porte à peine refermée. On monte dans sa chambre. Ses volets sont entrouverts et on aperçoit le gris du ciel. Je m'allonge sur le lit, après avoir posé mon sac par terre et ôté mes Converses. Julian s'allonge à côté de moi. Il est habillé d'un jean et d'un simple T-shirt noir. Il me serre dans ses bras tout en m'embrassant et en posant ses mains délicatement sur mon corps. On se dévêtit peu à peu toujours avec douceur. Je me retrouve après beaucoup de caresses, de câlins et de bisous en string devant mon amoureux. Il me regarde dans les yeux. Je lui souris. J'en ai envie et c'est la seule personne avec qui j'en ai toujours eu envie. Mes ex j'en avais rien à foutre d'eux. Vraiment rien. Mais Julian... Julian... Julian c'est Julian. C'est-à-dire la personne que j'aime le plus et qui me le rend en mille fois mieux que ce que moi je lui donne. Julian commence à m'embrasser sur les seins tout en caressant mon sexe. Je commence à gémir rien que ça et je suis déjà loin dans l'ascension du bonheur. Je sens les caresses de Julian devenir de plus en plus précises sur mon sexe. Son sexe touche ma peau et pénètre dans mon vagin. Je sens une brûlure. J'ai mal mais je ne veux pas pleurer. Julian me regarde et me sourit, il me caresse encore, me murmure plein de trucs à l'oreille, il me mordille doucement l'oreille et se retire de moi. Un peu de sang coule et une larme roule le long de ma joue. Julian l'essuie doucement avec son index et me sourit de nouveau. Je le regarde droit dans les yeux. J'ai eu mal mais j'ai aimé. Voilà ce que lui dit mon regard, il me fait un clin d'œil, signe qu'il a compris. Je me blottis dans ses bras toujours nue. Il passe un doigt le long de ma colonne vertébrale. Je sens son sexe durcir à nouveau. Julian se lève et me contemple, je sens son regard sur mes yeux, mes lèvres, mes seins, mes hanches, mon sexe. Je me lève, m'agenouille par terre et prend son sexe dans ma bouche. Je le garde longtemps, je le sens durcir et sens le sperme couler dans ma bouche. Je l'avale sans complexes. La matinée continue entre caresses et baisers puis on décide d'aller rendre visite à Sally. Je prends une douche et me rhabille. On sort et on prend un taxi jusqu'au squat où vit Sally. Une fois arrivé, on lui dit bonjour et elle nous fait visiter. Elle habitait au sous-sol d'un immeuble biscornu. Son appartement était composé d'un salon, de deux chambres, d'une cuisine, d'une salle de bains et de toilettes indépendants. Tout était repeint et l'endroit était très propre. Je m'attendais à un endroit complètement délabré et je fus étonnée de voir que cette fille avait de vraies règles de vie et d'hygiène. On s'assit sur le plan de travail dans la cuisine et Sally nous prépara du thé. On le but tout en discutant. Sally me demanda ce que je faisais dans la vie à part aimer Julian. Je ris. "Bah je fais rien. _ Rien du tout ? me demanda Sally en fronçant les sourcils. _ Non. Je suis sensée aller au lycée en classe de 1 ère mais c'est bien la dernière chose que je ferais si je devais choisir. Je passe mes journées à claquer le fric que mes vieux me donnent en croyant me donner de l'amour et à fumer de la beu." Sally hocha la tête. "Et t'en as pas marre des fois ? me demanda-t-elle en remettant de l'eau à chauffer. _ Non j'ai rien à faire. Pas à bosser juste à dépenser mon fric c'est parfait. dis-je en m'étirant dans les coussins." Sally fit la moue. Julian posa son regard sur l'horloge. "Faut que j'y aille. _ Où ça? lui demandai-je la voix pâteuse. _ Bah à l'école de journalisme. me lança-t-il comme si ça allait de soi." Oui contrairement à moi, Julian suit des études et il les suit avec assiduité. Il dit au revoir à Sally, m'embrassa, ramassa son sac et partit. Après son départ, il y eut une période de silence entre Sally et moi. "Et toi? Tu fais quoi ? demandai-je à Sally. _ Je suis en école de traduction. me répondit-elle en buvant un peu de thé." J'hochai la tête et promenai mon regard autour de la pièce. Il y avait une grande quantité de livres rangés dans les bonnes vieilles "Billy" de chez Ikea. Je remarquai pas mal de livres en anglais et contre toute attente en chinois. "Tu parles le chinois ? demandai-je très étonnée." Sally haussa les épaules. "Ma mère est chinoise et mon père anglais. me lança-t-elle froidement." 'Pourquoi est-elle aussi froide avec moi?' pensai-je. J'haussai les épaules. "Pourquoi tu hausses les épaules ? me demanda-t-elle. _ Pour rien. dis-je. _ T'es sûre? me rétorqua-t-elle avec une pointe d'agacement dans la voix. _ Pourquoi t'es aussi froide avec moi ? lui demandai-je. _ Tu devrais aller au lycée. me dit-elle. _ Tu ne veux pas répondre à ma question. lui demandai-je en commençant à m'énerver. _ Je viens de le faire. Mais tu n'as pas l'air d'avoir compris alors je vais t'expliquer. Je ne supporte pas les filles comme toi qui ne font rien, tout ça parce que leurs parents les pourrissent de fric, qui savent qu'elles n'auront aucun mal à trouver quelqu'un de friqué pour les entretenir tout comme leur mère avant elle. C'est minable. Je préfèrerais que tu me dises que tu bosses pour le SMIC chez "Zara" ou que tu vas au lycée mais que ça te soule plutôt que tu ne fais rien de ta vie car tes parents te pourrissent de fric. Mais apparemment c'est trop dur pour ta petite tête, le lycée, donc c'est parfait continue ta vie de merde parmi la jet-set défonce toi, teste la coke et l'héro et puis... _ T'es bien placée pour me dire ça. T'as acheté de la drogue à la soirée tu l'as dit à Julian !" Sally éclate de rire. "Ma drogue c'est l'encens, et la seule personne qui vend l'encens que je fais brûler dans mon appart appartient à la Jet-Set, les soirées c'est le seul moment où je peux lui demander de m'en donner sinon, elle est trop déchirée pour comprendre ce que je lui demande. Ma drogue c'est pas le cannabis, la coke ou l'héro. Pour continuer sur ce que je disais, teste la coke, l'héro, couche avec trente millions de types et puis demande à ton père de t'offrir une Porsche et puis trouve un beau gars bien friqué comme ton père et voilà la boucle sera bouclée. Et tu seras heureuse." Sally posa son regard sur moi. Ses yeux verts me lançaient des éclairs et je croyais presque distinguer des étincelles de colère dans ses yeux. Je la regardais totalement interloquée. De quel droit me critiquait-elle ? De quel droit pouvait-elle remettre en cause la "jet-set" ? Je secouai la tête. Je ne comprenais rien. Pendant que j'essayais de comprendre ce que Sally venait de me dire, elle alluma des bâtonnets d'encens un peu partout dans la pièce. Elle ne parlait pas et dansait de nouveau. Elle s'approcha de sa chaîne, ouvrit le lecteur CD, glissa un cd de Noir Désir et commença à danser sur "Le vent nous portera". Elle ramassa quelques livres par terre, les rangea tout en continuant à bouger son corps et puis doucement elle vint s'asseoir à côté de moi. "Lina ? _ Oui ? murmurai-je les yeux brouillés. _ Regarde-moi. me demanda Sally." Je tournai mon regard vers elle et elle me sourit. Elle essuya gentiment mes yeux tout en continuant à sourire. "Je ne disais pas ça pour te blesser. Mais c'est important que tu prennes ta vie en main. Quitte à quitter la jet-set. me dit Sally en me prenant dans ses bras. _ Mmmh. marmonnai-je." Je ne savais pas quels pouvoirs avait cette fille mais je me sentais attirée par son corps, juste par elle. Sally m'allongea sur les coussins. Et se mit au dessus de moi, les mains posées sur les coussins pour ne pas m'écraser de son poids. Je vis son visage se rapprocher du mien et ses lèvres se posèrent sur les miennes. |