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Je sentais encore le goût des lèvres de Sally sur les miennes. Je rouvris les yeux, elle était toujours au-dessus de moi et me regardait en souriant. Elle se releva et alla dans la cuisine. "Tu veux manger quelque chose ? me cria-t-elle. _ T'as quoi à me proposer ? demandai-je en essayant d'adopter une voix normale. _ J'ai des samosas faits maison si tu veux et du riz cantonnais du traiteur. _ OK. dis-je." Je refermai mes yeux et repensai à ce simple contact des lèvres de Sally sur les miennes. Je ne m'y attendais pas, mais ça ne m'avait pas effrayée. J'avais même aimé ce contact. Mais non ! Non ! Je ne peux pas être lesbienne. Ce n'est pas possible. J'aime Julian, je l'aime. Une larme coula le long de ma joue et puis une autre et encore une autre. J'entendis les pas de Sally. Elle posa le plateau près du lit et vint s'allonger à côté de moi. Elle vit mes larmes. "Bah Lina pourquoi tu pleures ? me demanda-t-elle. _ Je vais partir, je crois que c'est mieux. balbutiai-je entre mes larmes. _ Pourquoi ? me demanda Sally perplexe. _ Parce que je dois rentrer, c'est tout. dis-je avec un peu plus d'assurance." Je rassemblai mes affaires et quittai cet appartement. Je marchai longtemps pour tenter de me changer les idées. Je secoue la tête à plusieurs reprises. Non ce n'est pas possible pas moi ! Moi aimer les filles ? Non ce n'est pas possible ! Le cannabis fumé devait encore faire de l'effet tout à l'heure, c'est pour ça que j'ai cru être attirée par elle, ce n'est pas possible autrement. J'aime Julian, je l'aime plus que tout, plus que moi-même. Je sens mon portable vibrer. Je le sors de ma poche, c'est Sally qui m'appelle, mais je ne décroche pas. Je ne veux plus voir cette fille. Non décidément, je ne le veux plus. Les larmes coulent. Je les essuie et cesse de pleurer. Mon mascara a coulé. J'arrive devant chez moi, entre dans mon appartement. Personne. Il fallait s'y attendre. Je me démaquille soigneusement et me remaquille juste après. Mon portable sonne sur mon lit, je regarde l'appelant. Encore cette fille ! Mais elle va me lâcher oui ? Elle n'a toujours pas compris que je ne voulais pas entrer dans son petit jeu pourri ? Je rejette l'appel, très énervée et lance mon portable dans les coussins. J'attrapai "Ensemble c'est tout" d'Anna Gavalda et repris ma lecture là où je l'avais laissée quelques semaines plus tôt. Le temps passe, mais je ne sais plus quelle heure il est; je suis plongée dans ma lecture. Mon portable sonne. J'en profite pour regarder l'heure : 19 heures 46. Je n'ai vraiment pas vu le temps passer. J'ai reçu un SMS. Je l'ouvre : "Je ne sais pas pourquoi tu ne m'as pas répondu. Sache que ce qui s'est passé tout à l'heure ne sortira pas de mon appartement. Quoi qu'il en soit j'aimerais qu'on en reparle toi et moi. Bonne soirée. Sally" Je regardai le SMS plusieurs fois. Elle veut en reparler, mais moi pas. Et moi j'ai le dernier mot à chaque fois. Je ne veux plus revoir cette fille, plus jamais, je ne veux plus en entendre parler. Le fixe sonne et je me jette dessus. "Allô ? Dis-je. _ Lina ? _ Oui, c'est moi. _ C'est Julian, ça va ? _ Bien sûr et toi ? dis-je en souriant de toutes mes dents. _ Ca va. Je peux passer chez toi ce soir ? me demanda-t-il très poliment. _ Oui pas de problème, tu peux venir dans une heure il faut que je range un peu. _ Ok. A tout à l'heure, ma chérie. _ A tout à l'heure Jul. Je t'aime. dis-je en baissant la voix. _ Moi aussi je t'aime Lin's." Je raccrochai et retournai dans ma chambre. Je commençai à ranger tout en écoutant The Strokes. Je rangeai ce qui traînait par terre, changeai les draps de mon lit, remis correctement la couette. Et ensuite, je me plantai devant mon armoire et mon dressing. Je ne savais pas comment m'habiller. Je déteste ça ! Ne pas savoir comment m'habiller ! Je me décidai pour un jean Armani et un haut Gucci avec des lacets dans le dos. Je restai pieds nus. Pas la peine de mettre des chaussures chez moi. Julian arriva vers 20h30. Il entra, retira ses chaussures et m'embrassa. On alla dans ma chambre et on commença à regarder "Le parrain" tout en mangeant des sushis et des nems que j'avais commandés chez le traiteur. J'avais la tête posée sur le ventre de Julian et nos doigts étaient entremêlés. Julian avait posé son nez dans mes cheveux. Je le sentais sourire. Tout en regardant le film, on s'embrassait, on se souriait, on se racontait notre journée. "Ca s'est bien passé avec Sally ? me demanda Julian. _ Si ça te dérange pas, je préfère ne pas en parler. lui dis-je sans le regarder." Julian plissa le front, je le sentis, car j'avais posé ma main dessus. Mais il ne me demanda rien. Il se contenta de me sourire et de m'embrasser langoureusement. Il se retrouva sur moi et éteignit la télé. Je le regardais avec le sourire. Avec précaution, il défit les lacets dans mon dos et me retira mon haut. Il dégrafa mon soutien-gorge d'une seule main et puis mon amoureux retira mon jean et mon string. J'étais nue devant lui. Il se déshabilla devant moi et une longue nuit d'amour commença. Je m'oubliai totalement dans les bras de Julian. J'oubliai ma journée, j'oubliai Sally et le baiser, j'oubliai que, il y a quelques heures, je me sentais mal, très mal. J'étais là et bien et je couchais avec l'homme le plus beau du monde. J'eus encore un peu mal, mais je me sentais tellement bien. Julian me fit planer et je jouis. Je n'avais plus aucune conscience du temps. Julian et moi, on s'endormit quelques heures. On se réveilla, il était quatre heures du matin; Je me douchai, m'habillai et lui aussi. Ensuite, il sortit de la coke de son sac. Les cailloux étaient emballés dans des longues feuilles d'OCB. Il en sortit un, le broya avec sa carte de crédit. Ensuite, il roula soigneusement un billet de 20 euros. Il traça quelques lignes blanches sur ma table basse et commença à sniffer. Et chose surprenante, après s'être fait quelques traits, il me tendit le billet. "Vas-y. Maintenant tu peux sniffer. me dit-il la voix complètement pâteuse." Je pris le billet et me fis les traits qui restaient. Narine droite, narine gauche. J'alternai régulièrement et en même temps, je me sentais de mieux en mieux. Tout ce qui était négatif en moi s'évaporait, sortait de mon corps, pour ne laisser place qu'aux choses qui me faisaient du bien. Je planais complètement après mon sniff et Julian aussi. On était bien là, posés sur le parquet de mon salon. On s'endormit à même le sol, trop défoncés pour bouger jusqu'à mon lit. Je me réveillai vers dix heures et demie. Julian n'était plus là, mais il avait laissé un mot sur la table. Coucou ma Lin's Tu dormais trop bien, alors je n'ai pas eu le courage de te réveiller. Je suis à l'école de journalisme jusqu'à 19 h maximum ; je dois faire une recherche importante qui compte pour les partielles. Je t'appelle dès que je suis sorti. Je t'ai laissé un peu de coke, mais ne sniffe pas tout, il faut y aller progressivement. Bisous Je t'aime Jul. Je souris après la lecture du mot, le reposai sur la table et me levai. Je pris une douche pendant 20 bonnes minutes et m'habillai. Ensuite, j'allai à l'institut de beauté me faire épiler et masser. Vous allez me dire que je pourrais le faire chez moi, mais je préfère le faire dans un institut ; je suis une "Jet-Setteuse" ne l'oubliez pas ! En ressortant, épilée, massée et maquillée, je me sentais de très bonne humeur. Je me promenai au Luxembourg en regardant les grandes photos du livre "La terre vue du ciel" qui étaient exposées. Chaque photo était d'une beauté indescriptible. Inconsciemment, mes pieds m'emmenèrent devant chez Sally. Alors je sonnai. Personne ne m'ouvrit. Je regardai ma montre: 12h 25. Elle devrait être chez elle. J'appuyai une nouvelle fois sur la sonnette un peu plus fort, mais encore une fois elle ne répondit pas. Une fenêtre s'ouvrit, je levai les yeux. "Mademoiselle ? _ Excusez-moi Madame, est-ce que Sally est là ? _ Ah non je suis désolée, elle est partie en voyage hier. Vous voulez que je prenne un message ? _ Non merci, je repasserai. Vous savez quand elle compte rentrer ? _ Oui, elle sera là dans trois jours. _Merci. Au revoir Madame. _ Au revoir Mademoiselle, bonne journée." Je m'éloignai et tournai les talons. Partie en voyage, mais bien sûr. Elle ne voulait sûrement pas régler ce qui s'était passé entre elle et moi, vu comme elle est poule mouillée. Ca fait vraiment tiep's et ensuite elle vient me faire la leçon... J'étais un peu énervée, alors pour me calmer, j'allai faire les boutiques rue Saint-Honoré. Je n'achetai rien. Et puis, j'appelai une connaissance pour déjeuner chez Armani et rentrai chez moi, crevée par le peu d'activités effectuées aujourd'hui. |