Destin

Chapitre 1 : Premier contact




Célia était arrivé avec quelques minutes d'avance au lycée. Elle se dirigeât à grand pas en direction de la salle de classe et s'assit au dernier rang près de la fenêtre. Elle fut vite rejoint par un petit groupe d'individus qui se placèrent soit juste devant soit sur son coté droit. Chacun à sa place habituelle. Célia adorait ce groupe de personnes, aussi éclectique fut-il. La fille qui s'installa juste à coté d'elle lui demanda intriguée :
" Mais c'est que mademoiselle arrive à l'heure aujourd'hui. Que de changement, tu va bientôt pouvoir intégrer la bande de connes du premier rang ma belle. "
Elle fit mine d'être vexée par cette réflexion, puis pouffa de rire avant de lui expliquer :
" Arrêtes, tu veux. Je ne suis jamais en retard. Et je n'ai pas de bonnes excuses à fournir, la grève des bus ne peut pas m'aider… "
Elles se sourirent quand leur regard se posa sur la porte qui s'ouvrait. Un autre petit groupe prit place à l'avant de la salle, accueillit par des moqueries et des hument. N'en tenant pas compte les élèves sortirent tranquillement leurs affaires et attendirent le prof qui ne tarda pas à faire son entrée. Il s'agissait du prof d'histoire qui était également leur prof principal. Il regarda ces élèves en levant un sourcil. En 30 ans d'enseignement, il n'avait jamais vu une pareille situation. Cette classe était divisée en deux bandes, les plus brillants et les plus bavards. Ce qui l'étonnait toujours, c'était la façon dont ses élèves ne se mélangeaient pas. Ils restaient dans leur groupe. Il n'y avait aucun échange, aucune entente, aucun respect pour les autres. Il avait décidé de s'en mêler et d'unir ces jeunes gens. Il savait bien que la plupart d'entre eux se retrouveront ensemble l'année suivante. Il les salua et leur dit :
" Bonjour, aujourd'hui nous allons entamer nos recherches pour le T.P.E. nous allons donc descendre au C.D.I pour travailler sur des sujets que je vais vous transmettre. Mais avant cela je vais faire les groupes. "
Des regards médusés accueillir cette réflexion et Célia, le porte-parole du groupe des bavards leva la main pour protester :
" Monsieur ce n'est pas normal que nous ne choisissions pas les personnes avec qui nous allons travailler toute l'année. Que faites-vous de la liberté ? "
Le prof ne fut pas étonné que ce soit elle qui protesta. Elle avait eu le rôle de porte-parole sans même sans rendre compte. Elle disait tout haut ce que tout le monde disait tout bas. Personne ne trouvait jamais rien à redire quand elle s'exprimait. Cette attribution vint naturellement. L'homme ne put contenir son mécontentement, mais n'émit qu'un simple soupir et continua :
" Très bien mademoiselle De Clairefontaine, nous allons tirer au sort qui sera avec qui. Comme vous êtes 22, nous allons faire des groupes de deux. Quand dites-vous ? "
Il ne s'agissait là que d'une question rhétorique, elle le savait bien. De plus le fait qu'il l'ait appelé par son nom de famille l'avait énervé. Ce nom à particule était plus un gène pour elle, elle avait eu du mal à s'imposer et à ce faire accepter par les autres qui la prenaient pour une petite bourgeoise sans profondeur d'âme. Elle avait réussi, à force de coup fourrer et de défense à se faire une place dans cette bande et pris par la suite le rôle de porte-parole. Elle se contenta d'envoyer des regards noirs de colère et de désapprobation, mais elle ne pouvait plus rien y changer. Les premiers noms furent ceux de deux de ses amis. Avec ma chance je vais me retrouver avec cette connasse d'Aurore. Cette fille à papa de bonne famille et qui n'a pas un sous de gentillesse. Ces yeux se posèrent sur cette fille assise au premier rang, elle aussi à coter de la vitre. Elles n'avaient rien en commun, Célia, d'un naturel très ouvert, était brune, les yeux marron clair tirant vers le vert. Elle était de taille moyenne et toute menue. En revanche Aurore était blonde, les yeux d'un bleu vif et froid, elle était assez grande et assez musclée. Tout comme Célia elle venait d'une famille bourgeoise de la région, mais elle ne s'en cachait pas, assumant tout à fait sa réputation de poufiasse aux yeux de tueuse. Ses pensées furent interrompues par un cri de sa voisine, elle tourna les yeux dans sa direction et lui lança un regard curieux :
" Tu n'as pas entendu ? ? ? "
Les autres se tournèrent d'un seul homme et la regardèrent, une expression indescriptible dans chacun de leur regard, un mélange de compassion et d'amertume. Elle ne comprenait toujours pas pourquoi sa camarade avait crié de la sorte, ni pourquoi ils s'étaient tous retourner vers elle. Elle regarda le tableau et soudain elle comprit :
" C'est pas vrai Ketty, dit moi que ce que je lis est faux, que ce n'est qu'une hallucination. Ce n'est pas possible, ce n'est pas possible… je ne suis pas avec cette… "
Le prof l'interrompit net :
" Quelque chose ne va pas mademoiselle ? "
" Tout va bien monsieur, je m'excuse. " Fit-elle sans pour autant pouvoir calmer sa voix. Elle était encore sous le choc de cette nouvelle. L'homme leur fit signe de ranger leur affaire, ils arrivèrent au C.D.I. et ils attendirent que les sujets soient distribués. Puis chaque groupe se dispersa. Elles ne s'adressèrent à peine la parole et le peu d'échange étaient très basique. Célia la détestait depuis sa plus tendre enfance. Et c'était réciproque. Elles se voyaient souvent lors de dîners mondains, de soirées de charités et autres. A chacune de leur rencontre, Célia s'arrangeait pour lui faire les pires misères du monde, arrivant toujours à ses fins sans que personnes ne s'en rende compte. La fin de la première heure sonna, Célia abandonnant avec un soulagement non dissimulé sa pire ennemie. Cette dernière allant rejoindre ses propres amis. Arrivée près d'eux Bérengère lui demanda étonnée de voir le regard sombre de son amie :
" Ça se passe si mal avec la pétasse première catégorie ? Tu veux qu'on aille voir le prof pour te changer de groupe ? Je suis sure qu'il n'y verra pas d'objection. "
La surprise fut encore plus grande quand elle lui répondis que ce n'était pas la peine. Si tu crois que je vais te laisser cette chance Célia tu te trompe lourdement. Je vais rester avec toi et te faire de ces deux heures un véritable enfer. Compte dessus. Un sourire froid se dessina aux coins de ses lèvres à l'idée de se venger de toutes les misères que Célia lui avait faites durant toutes ses années. Cette dernière venait de réapparaître et elle riait aux éclats à cause d'une maladresse de Nadia. Cette dernière avait le chic pour se mettre dans des situations délicates, ce qui faisait toujours rire ses amis, sans même qu'elle ne comprenne. Ils l'avaient surnommé cata, du mot catastrophe. Le prof les rappela à l'ordre et c'est avec tristesse que Célia s'approcha d'Aurore.
" Bon je pense qu'il faut retourner travailler " lui lança-t-elle froidement.
L'autre ne prit même pas la peine de lui répondre. Contrairement à la première heure, elles discutèrent légèrement. Surtout du sujet de l'étude. Aurore fut même étonnée de voir comment Célia maîtrisait le sujet. Elle ne pensait pas la jeune fille capable de s'intéresser à autre chose qu'à ses amis. De son coté, Célia fut également surprise de ne pas voir l'heure passer se sentant plutôt à l'aise face à ce génie. Malgré la distance qui les séparait, elles semblaient ne pas si mal s'entendre que ça. L'étonnement arriva à son paroxysme, quand Célia lui lança une petite blague et que l'autre ria de bon cœur. Voilà que je me mets à lui raconter des blagues. Elle n'a pas l'air si pimbêche que ça finalement. Et elle a de très beaux yeux en plus.. Mais qu'est ce qui t'arrive ma poule ressaisie toi, c'est Aurore qui se trouve en face de toi, pas l'une de tes potes. Gardes tes distances. Nous ne sommes pas amies. Elle se répéta cette dernière phrase plusieurs fois, comme pour s'en convaincre. Commencerait-elle à l'apprécier ? Non ! Se dit-elle fermement. Cette dernière s'arrêta automatiquement, retournant à son mutisme initial. Cela jeta un froid qu'aurore compris et elles ne discutèrent plus. Elles se séparèrent sans même se lancer un regard, pourtant troublées de ce qu'elles avaient partagé durant une partie de l'heure. La routine reprit sa cour.