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Apres deux heures de cours, je ramassais mon sac à main et mon plan de psychologie, et sortais de l'amphithéâtre aussi rapidement que mes jambes pouvaient le supporter. Je déboulais presque dans les toilettes, et me penchais vers le lavabo, et je regardais mon image dans le miroir. Comment était-ce possible d'autant se ridiculiser ? Tout ça à cause de Yulia Volkova, ce qui n'équivalait à rien. J'étais tellement perdue dans mes pensées que je n'avais pas remarqué que la porte venait de s'ouvrir. Mais une fois encore, en quelques secondes, je vis Yulia Volkova marcher vers moi dans le miroir en face de moi. Je refusais de me retourner et d'être en face d'elle, alors je pris mon maquillage, et je faisais quelques retouches à mon rimmel. Du coin de l'œil, je pouvais voir son sourire satisfait, alors qu'elle se lavait les mains. Elle les essuyait avec une des serviettes recyclables, qui pouvaient facilement avoir pour synonyme truc de merde puis elle se pencha vers le miroir, et tirait sur sa lèvre inférieure, en faisant une grimace. Bien sûr, j'essayais de comprendre ce qu'elle faisait, même si ma fierté m'interdisait de lui demander quoi que ce soit. Ok, elle était étonnante, mignonne, et même drôle, mais rien de tout ça ne pouvait lui donner la permission de me faire sentir nulle devant tout l'amphi. Il ne fallait plus que je pense à ça, parce qu'en fait, elle me ramena à la réalité. Elle se retourna vers la gauche, et me sourit gentiment, alors que ses yeux scrutaient mon visage. " Excuse-moi, est-ce que tu aurais par hasard du rouge à lèvres ? J'ai une trace de dent sur ma lèvre " C'était une phrase qui n'avait franchement pas de sens. Je ne voyais pas cette foutue trace de dent, et je pouvais jurer qu'elle avait dit ça pour commencer la discussion. Mais quoi qu'il en soit, j'étais madame Cool, et je ne comptais pas abandonner ce titre. J'haussais les épaules, fouillais un peu dans mon sac, et en sortis un petit rouge à lèvres. Je le lui donnai, et elle prit de la paume de ma main avec reconnaissance. C'est à ce moment là que j'ai remarqué ses mains. Petites, avec des doigts longs et délicats, avec des ongles parfaitement manucurés. Je continuais à me demander comment elle faisait pour paraître si parfaite. Elle finit de faire des retouches à son maquillage déjà parfait et me retendit le rouge à lèvres, en me souriant. Je lui donnais comme réponse un de mes regards les plus froids, ce qui l'amusa encore plus. Elle me sourit encore brillamment, et s'assit sur le lavabo, en soulevant ses sourcils en secouant la tête, pour enlever une mèche de cheveux noirs de ses yeux. " Alors, quand me montres-tu les environs ? " Ça devait être la première fois que j'étais si interloquée. Cette fille était entrée dans ma vie en venant de nulle part, et elle me parlait comme si on se connaissait. Je trouvais ça très impoli, mais bien sûr, je ne pouvais pas l'envoyer balader comme je l'aurais fait avec les autres. Même si je détestais la manière directe qu'elle avait avec moi, je dois admettre qu'elle avait cet effet bizarre sur moi. Je ne sais pas comment le décrire, mais c'était comme si elle tenait tout mon être entre ses mains. J'essayais toujours d'être cool, comme si j'en avais vu d'autres avant pendant 20 ans, avant que cet être complètement fou apparaisse dans mon petit monde. " Pourquoi devrais-je ? Je ne te connais même pas " je lui mentais carrément. " Et bien il va falloir changer ça, pas vrai ? Je suis Yulia Volkova " elle me tendit la main. " Oui je sais, je suis… " " Elena Sergeevna Katina ". Un autre sourire éclatant. Vous pouvez certainement imaginer la manière dont je la regardais, alors qu'elle disait mon nom. Comment était-ce possible qu'elle connaisse mon nom ? C'était comme si elle pouvait lire en moi, parce qu'elle laissait échapper un petit rire, avant de me regarder à nouveau, avec ses yeux brillants. " Le professeur avait une liste de la classe, et je lui ai demandé qui étaient les étudiants les plus intelligents pour que je recopie leurs notes sur ce que j'ai raté le mois dernier où je n'étais pas là. " " Oh.. " je réussissais à prononcer. " Donc si tu es d'accord, est-ce que tu pourrais me prêter tes notes, pour le week-end ? " " Ouais bien sûr " j'étais pétrifiée. " Ok, on se reverra bientôt alors, Elena Sergeevna. " Elle me fit un dernier clin d'œil, avant de sauter élégamment du lavabo, et sortir des toilettes. J'étais toute seule, la tête pleine de questions, et une drôle d'impression sur cette nouvelle qui était entrée dans ma vie. ** * Deux heures plus tard, j'étais allongée sur mon lit, en marquant des passages intéressants d'un de mes livres. Comme je n'avais pas de cours cette après midi-là, je préférais étudier pour pouvoir sortir le soir. Il n'y avait rien de mieux que d'étudier en paix, sans être dérangée par qui que ce soit et quoi que ce soit. Un pur plaisir. J'étais assez heureuse et calme, quand tout à coup, il y eut un grand coup à ma porte. Je fronçais les sourcils, ne sachant pas quel lunatique était derrière ma porte à cette heure-ci. Ça ne pouvait pas être Ana ou Lara parce qu'elles avaient un cours supplémentaire. Sergey était parti pour la journée, donc ça ne pouvait pas être lui non plus. Je continuais à me poser la question jusqu'à ce que j'ouvre la porte. Je me retrouvais devant les yeux les plus bleus qu'avait jamais eu un être humain sur cette planète. Yulia Volkova sourit de ma contemplation, et releva les sourcils, alors qu'elle claquait des doigts devant mon visage. Je revins à la réalité, et la regardais avec confusion. Elle entra sans permission, et regarda tout autour d'elle. Pendant ce temps, je fermais la porte et me tournais vers elle, impatiente de savoir ce qu'elle pensait de m'avoir interrompue dans mes études. J'allais lui demander, quand sa voix de futée arriva à mes oreilles. Putain, elle était télépathe, je le jure … " Tu te demandes certainement ce que je fais ici ? " elle sourit. " Bien sûr " " Et bien, c'est vendredi après-midi, et tu étais d'accord pour que je t'emprunte tes notes pour le week-end, alors… " " Oh " je lui répondais. Qui pouvait penser qu'elle était là pour des notes ? " Alors je peux les prendre avec moi ? Ça prendra à peu près une heure " " Ouais. Pas de soucis " Je farfouillais dans les piles de papiers sur mon bureau, et lui tendait une pochette avec tous mes cours de psychologie. Elle me sourit, et fit un bruit de baiser. Avant que je puisse réagir, elle avait fait demi-tour et était partie.
J'étais à la moitié de la première page d'un livre de Nietzsche que je devais lire, quand j'entendis un coup familier à ma porte. Je soupirais et fermais mon livre, j'étais persuadée que je ne pourrais pas étudier du tout. Je me levais et marchais vers la porte, l'ouvris en grand, pour trouver Yulia appuyée nonchalamment contre l'encadrement. " Je te rends tes notes " elle me sourit, en me rendant ma pochette. " Merci. Tu as été rapide pour faire les photocopies. Il n'y avait pas la queue ? " " Si normalement il y a la queue. Mais j'ai des avantages " me dit-elle en secouant son cul. " Je vois " je ne pouvais pas m'empêcher de sourire. Elle était arrogante mais drôle aussi. " Alors… qu'est-ce que tu fais ? " " Je lisais Nietzche, c'est de la merde " je lui disais. " C'est vrai ? " " Oui complètement " " Alors je ne vais pas m'embêter à lire ce bouquin alors " Elle sourit quand elle se retourna vers un gars qui était apparu juste derrière elle. Elle lui sourit, et se retourna vers moi, en penchant un petit peu la tête vers la droite, en me regardant avec des yeux tendres. " Merci de m'avoir prêté des notes, Kat, à charge de revanche " " Pas de problème " Elle me fit un dernier clin d'œil, avant que le gars la renverse complètement et la porte dans le couloir. Je ne pouvais pas m'empêcher de regarder jusqu'à ce qu'ils disparaissent au coin du hall. Yulia Volkova, décadente mais adorable. Je découvrais bientôt qu'elle créait constamment des contradictions sur elle-même. Ce fut le même jour où j'étais au courant qu'il y allait avoir un petit bal de promo, une fête de bienvenue en fait, dans une semaine. L'horreur. Je détestais les fêtes, je voyais ça comme une opportunité pour les bimbo de diriger l'école. Pour certaines raisons, je savais déjà qui allait voler la vedette… |