Divine

Chapitre 7




 

La vie étudiante suivait son cours, et comme la plupart des étudiants, j'avais une super période où je plongeais dans un ennui profond. C'était au début décembre quand j'étais assise avec mon 'ancien' groupe à la cantine universitaire. J'avais essayé de trouver Yulia plus tôt dans la journée, mais elle ne semblait pas être à l'université. Elle avait dû partir quelque part dans une autre ville pour une journée. Ce n'était pas comme si je m'inquiétais pour elle. Elle avait 18 ans après tout, ce n'était pas la peine de s'inquiéter. Charlie Koznick, le jouet de Yulia ou quoi qu'il soit, était assis à côté d'Andrey, avec qui j'étais en couple. Je ne savais pas du tout ce qui se passait, mais bon, c'était pas mal. A part les baisers, se tenir la main etc., je ne faisais rien d'autre avec lui, et je ne pensais pas qu'il attendait d'autres choses - encore.

Je mâchais mon hamburger en silence, alors qu'à ma droite, mes amies filles étaient en train de se convaincre du parfum qui sentait le meilleur. A ma gauche, ce n'était pas mieux, les gars étaient ensemble et comparaient leur vie sexuelle. Je n'étais intéressée à aucune conversation, alors je préférais rêvasser - jusqu'à ce que Lara m'implique.

" Lena, quel est pour toi le meilleur parfum ? Rush, light&blue ou glamourious ?

" Kenzo "

C'était sorti de ma bouche sans que je le contrôle. Les filles me lancèrent un regard étrange et je me giflais mentalement pour être si bête. J'essayais de sourire, et leur donnais une réponse.

"  Rush 2 de Gucci alors "

Elles étaient comme des enfants. Elles posaient une question, vous répondiez quelque chose de bizarre, elles fronçaient les sourcils, vous leur donniez une autre réponse qu'elles aimaient, elles souriaient, et bam elles avaient oublié ce que vous aviez dit à part la 'bonne réponse '. Trop facile. J'étais fière d'avoir effacé mon erreur, mon attention se porta vers les mecs à gauche. Ils avaient vraisemblablement changé de sujet, et ne parlaient plus de qui baiser mais comment baiser. Je ricanais. Andrey ne pourrait pas être capable de se vanter.

Tout à coup, la voix de Charlie devint la plus forte, alors qu'il prenait une gorgée de coca. Il rit, et était rapidement suivi par les autres.

" Sérieusement les gars, Yulia n'est pas une si bonne affaire que ça " Il annonça, fier de ce qu'il pouvait dire.

"  C'est vrai ? Allez, elle est sacrément hot ! " Dit Nathan.

"  Non, je vous jure.  Vous pouvez utiliser toutes les combines que vous connaissez, Yulia Volkova ne peut pas être emmenée à un autre niveau "

" Tu veux dire… "

" Ouais ! Je l'ai baisée pas mal de fois, et en fait, je suis une machine à sperme ! Ce n'est pas dur parce qu'elle a ce superbe corps et tout ce que tu veux, mais le truc c'est qu'autant que j'ai essayé, je n'ai jamais réussi à lui faire avoir un orgasme "

" Ben " Un autre gars dit.  " Mon frère a eu quelque chose avec elle il y a un an, et m'a à peu près dit la même chose "

" Messieurs, nous avons la reine de glace "

Il y a eu un autre éclat de rire, et pour un instant, je pensais vraiment que j'allais vomir. Je ne savais pas quoi faire, j'étais perdue. Est-ce qu'il fallait que j'ignore tout ça ? Devais-je me lever et partir ? Devais-je leur dire qu'ils étaient un groupe de loser ? Je choisissais la solution la plus simple - je me levai et parti, sans expliquer à qui que ce soit pourquoi j'en avais tout d'un coup marre.

** *

Ce soir là, j'étudiais la littérature de Tolstoï, quand j'entendis un coup familier à la porte. Je souriais involontairement. Six coups - Yulia. J'ouvrais la porte en grand, et elle se jeta presque dans me bras, en me serrant fort. Je souris et fermai la porte avec mon pied, alors qu'elle prenait son chemin habituel jusqu'à mon canapé, sur lequel elle s'affala. Elle s'appuya sur son coude et me regarda jusqu'à ce que je la rejoigne.

"  Lenoshka, tu n'as aucune idée comment tu m'as manqué ! Vladistok est un trou ! "

" Pourquoi est-ce que tu y es allée alors ? " Je lui demandais, en notant dans ma tête qu'elle m'avait appelée Lenoshka.

" Il fallait que je m'occupe de quelques trucs " Me dit-elle en prenant son paquet de cigarettes.

" Mais maintenant t'es de retour ? "

" Bien sûr, et je n'ai pas prévu de partir encore pour l'instant "

" C'est une bonne chose " Je soupirais. Devrais-je lui dire ce qu'il se passait ?

" Oh, je pourrais jurer qu'il y a quelque chose qui t'ennuie Katina "

" Nan, c'est rien "

" Certaines personnes ne savent pas mentir " Elle ricana.

Je décidais de jouer un tour psychologique. Au lieu de la confronter à la réalité, je pourrais facilement l'informer sur certains trucs et lui poser quelques questions, ce qui pourrait être aussi innocent que si je voulais savoir des choses. Je jouais avec un oreiller, en lui lançant un regard interrogateur.

"  Yul, je peux te poser une question ? "

" Tout ce que tu veux mais pas d'argent ! Je rigole. Bien sûr que tu peux. Qu'est-ce qu'il se passe ? "

" Et bien, euh…. Comment décrirais-tu l'orgasme parfait ? "

Je pensais qu'elle allait s'étouffer avec sa cigarette. Elle fit une grimace bizarre pendant quelques secondes, puis elle redevint normale (autant que possible), et se força à sourire comme elle tirait une autre bouffée.

"  Dans quel livre as-tu eu cette question ? " Elle sourit.

" De rien, de personne, je veux dire… je.. .Tu sais… je voulais juste savoir ce que tu en pensais "

" Ah " 

Belle opportunité gâchée Lena. Je me giflais mentalement jusqu'à me rendre KO cette fois. J'avais eu l'opportunité de lui demander, et je l'avais gâchée. Ou pas ? Elle posa sa clope et s'assit sur le même canapé que moi. Elle attrapa un oreiller et se concentra sur le canapé sur lequel elle était assise quelques instants plus tôt.

" Et bien " commença-t-elle. " Un orgasme devrait être, à mon humble opinion, quelque chose qu'on ne peut pas contrôler, ou feindre, ou encourager. Je ne pense pas que c'est quelque chose de mécanique dans ton corps, que tu peux avoir quand quelqu'un appuie sur les bons boutons. Je pense qu'un orgasme devrait venir du cœur, pas du cerveau. Ça devrait être passionné, intime, adorable, ça devrait être… "

Elle avait dit ça tellement doucement (je ne l'avais jamais vue aussi sérieuse auparavant), j'avais agrippé l'oreiller. Je remarquais que mes phalanges étaient blanches tellement que je le serrais fort, mais je m'en fichais. Yulia s'approcha, et je retins ma respiration alors que je sentais la sienne chatouiller mon oreille.

" Et par-dessus tout, ça devrait être époustouflant. "

Elle l'avait dit avec une voix plutôt rauque. Elle ne s'éloignait pas de mon oreille, en fait elle semblait figée pendant un moment. Puis, en silence, elle s'approcha et pressa ses lèvres rapidement contre mon lobe, avant de s'écarter.

En une nanoseconde, elle était redevenue la Yulia espiègle. Elle me donna un large sourire, et se mit de l'autre coté du canapé. Je trouvais enfin le courage de respirer de nouveau.  Je lui souris nerveusement et me levai, en essayant de trouver un échappatoire - c'était nul. Je courais jusqu'au frigo en marmonnant " Coca ? " sans espérer de réponse. Je pris deux cannettes (comme toujours) et lui en lançais une. Je jouais avec la mienne, et je jure que je ne pouvais pas m'empêcher de trembler, pour l'ouvrir.

Tout à coup, je sentis ses mains chaudes sur les miennes, et j'aurais pu mourir à cet instant, alors qu'elle ouvrait ma cannette. Je la regardais droit dans les yeux, en attendant qu'elle sourit ou qu'elle plaisante ou quoi que ce soit mais elle ne fit rien. Elle me regardait juste dans les yeux, puis regarda la cannette de coca, puis elle revint sur son canapé, en se collant à l'accoudoir.

"  C'était euh… " Je commençais. " Intéressant "

" Est-ce que j'ai répondu à ta question ? "

"  En quelque sorte "

" Ok " Elle me sourit de son sourire habituel " Il faut que j'y aille maintenant "

" Tu dois étudier ? "

" Non. Il faut que je prenne une douche. Je sors avec Charlie et ma bande ce soir. Hey, pourquoi ne viendrais-tu pas avec ta bande ? Ce sera cool. Ok, je serai là à 20h ! "

C'était formidable comment elle me donnait l'impression de décider, alors que c'était elle qui décidait.







Depuis le 28/07/2009