|
Au matin du quatrième jour, Max émerge pour de bon, elle ne reconnait pas la chambre, elle ne sait pas où elle est. Elle pense que son cerveau lui joue des tours, elle vient de fermer les yeux pour se reposer un peu, c'est impossible que tout ait changé autant, elle n'a dû dormir qu'une heure ou deux. En plus c'est quoi ces tuyaux dans sa gorge et son nez, sous son bras ? Heureusement, une infirmière passe pour vérifier sa perfusion et la trouve réveillée. Elle lui explique avec des mots simples et une voix très douce qu'elle se trouve à l'hôpital de Genève et que l'on est jeudi, puis part chercher un médecin. Jeudi cela lui parait impossible, c'est forcément lundi vu que l'on était dimanche hier, elle a sûrement mal compris. Le docteur arrive et se présente, elle s'appelle Cécile Pilet. Elle vérifie que tout est en ordre et lui dit que ses poumons vont mieux et qu'elle va pouvoir lui ôter le respirateur. Normalement, on devrait le lui enlever après l'avoir endormie mais avec elle ce n'est pas possible sa trachée est trop petite, pour ne pas occasionner de dégât, elle va avoir besoin de sa coopération. Max se dit qu'il n'y a qu'à elle que cela arrive mais bon, elle prend son courage à deux mains, suit bien les instructions du médecin et après quelques minutes de lutte, elle est enfin délivrée. Elle prend plusieurs inspirations pour calmer le feu de sa gorge. Elle essaye de parler mais sa voix et comme enrouée. Cécile lui dit de ne pas parler, elle lui explique qu'elle a fait une pneumonie très grave, qu'il a fallu lui mettre un tube pour qu'elle respire car ses poumons avaient cessé de fonctionner mais ça ne s'était pas bien passé, il a fallu drainer du liquide qui s'y était introduit. C'est pour ça qu'elle a un tuyau sous le bras et deux pansements sur le haut du torse. Mais qu'on allait le lui retirer ainsi que la sonde nasale. Elle lui dit aussi qu'elle allait se sentir faible encore un bon moment cela étant dû aux effets du curare qu'elle avait reçu lors du transport, c'était pour qu'elle reste immobile. Une infirmière allait venir dans quelques minutes, mais il fallait qu'elle se repose pour reprendre des forces. Sur un au revoir, elle part. Tout se bouscule dans la tête de Max, elle revoit ses parents et Marion à son chevet puis plus rien. Elle essaye de se souvenir… Pendant ce temps, Marie qui est de garde arrive. Elle lui explique qu'elle va d'abord lui enlever la sonde nasale puis lui donner de la morphine et lui retirer celui sous son bras. Les sensations quand on lui retire le premier tube ne sont pas très agréables, normalement en une fois il vient mais là pas de chance c'est en deux fois. Le chatouillement dans sa gorge ne présage rien de bon. Elle a une longue quinte de toux mais finit par retrouver l'usage de sa trachée. Marie s'approche de la perfusion et fait son injection. Elle lui dit qu'elle revient dans cinq ou dix minutes, le temps que ca fasse effet. Max se sent étrangement bien, c'est comme si elle flottait. Quand Marie revient, elle la trouve avec le regard dans le vide. Elle lui dit qu'elle va commencer et là, il y a un truc qui se passe dans la tête de Max, elle commence à rire en lui disant de ne pas la toucher car elle la chatouille. Marie est un peu interloquée, elle se trouve au moins à trente centimètres d'elle. Après une courte lutte avec sa patiente pas très coopérative, elle arrive à lui retirer le deuxième tube et lui mettre un pansement, puis laissant Max finir son délire, elle part en lui disant qu'elle va revenir. Max calmée, elle revient et lui demande si elle a besoin de quelque chose et si elle veut qu'on lui apporte une télé. Elle accepte, le poste installé, elle zappe sur les quelques chaînes et se fixe sur un film qui vient de commencer. On lui apporte de l'eau, mais le verre lui paraît peser deux tonnes, même en le prenant à deux mains comme les petits enfants. Mais elle y arrive, en en renversant un peu, beaucoup, mais peu importe, elle a réussi. Elle continue de regarder le film ne sachant pas très bien quelle heure on vit. Elle s'est peut-être assoupie un moment, car quand elle ouvre les yeux, elle voit Marion assise à côté de son lit. Elle lui sourit, voudrait lui parler mais aucun son ne sort et ses yeux la piquent… |