En prison

Chapitre 20 - Discussion




 

Le lundi quand je retournai au travail, un gardien m'annonça que Lena allait être de retour dans l'aile G. Je n'avais pas oublié que Lena venait de passer trois semaines au mitard. Je demandai au gardien de me l'envoyer dans mon bureau quand elle sortirait. Vers 10h, il y eut la réunion avec les gardiens et seulement après, on emmena Lena dans mon bureau. Elle entra, je lui fis signe de s'assoir sur la chaise et je dis :

-Comment étaient les trois semaines de mitard ?

-Dures, mais j'ai beaucoup réfléchi à mes actes.

-Ah ça, c'est une bonne chose.

-Oui, je regrette sincèrement ce que je vous ai dit et aussi la façon dont je vous ai parlé.

-C'est bien, vous reconnaissez avoir eu tort.

-Oui c'est vrai, j'ai été odieuse avec vous.

-Je comprends. Ce qui est bien, c'est vos excuses.

-Oui et je promets de ne plus recommencer.

Je la regardai, mais pas dans les yeux, car j'étais incapable de le faire. Mais elle, elle cherchait mon regard qui était fuyant, car je repensais à ce que je lui avais dit trois semaines auparavant : mes sentiments et l'effet claque que je m'étais prise en pleine figure. Elle reprit :

-Je n'ai pas été très honnête avec vous. Je vous apprécie énormément, mais je ne sais pas ce que je ressens pour vous.

Elle venait de toucher le sujet sensible que je ne voulais pas aborder avec elle. Je la regardai dans les yeux et dis :

-Moi non plus. Il est vrai que je n'ai pas été très professionnelle. Je ne devrais pas avoir de sentiments pour vous. Alors on arrête d'en parler et on oublie tout ça.

Je voyais qu'elle voulait continuer de parler de ça, mais elle ne dit mot. Elle regarda par terre tandis que moi, je regardai par la fenêtre. Durant une demi-heure, aucune de nous deux ne parla. C'est elle qui reprit la conversation ce qui me fit sursauter :

-Je voulais savoir si j'avais encore mon emploi ?

-Oui, vous continuerez de faire le ménage dans les bureaux.

-Je vous remercie, mademoiselle Volkova.

-Je ne vois pas pourquoi quelqu'un d'autre  prendrait votre place.

Elle me regarda dans les yeux, se leva et partit. Je me retrouvai seule dans mon bureau à réfléchir à ce qu'elle venait de dire. Ses paroles tournaient dans ma tête :

-" Je vous apprécie énormément mais je ne sais pas ce que je ressens réellement pour vous. 

Cette phrase resta dans ma tête toute la journée et même jusqu'au moment où j'allais me coucher.







Depuis le 11/10/2009