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Résumons la situation. Une jeune lesbienne lubrique est devant moi, à m'observer quasi nue. Je sens son regard partout à la fois, même si je sais bien qu'à travers la vitre, elle ne peut que deviner mes formes. C'est étrange, mais d'un côté j'ai envie qu'elle me voie, je me sens fière. Pourtant, je suis super pudique d'habitude. Je sais bien que mon corps n'est pas si mal, qu'il y'a des filles mille fois plus mal foutues, mais je n'arrive pas à me résoudre à le montrer. De toute façon le mal est fait là, elle t'a vue donc c'est trop tard. Prenant une serviette, je l'enroule autour de mon corps et je sors tranquillement de la douche, essayant de paraître naturelle. - Et pour ta sœur on fait quoi ? dit-elle, visiblement inquiète - Bah, elle reviendra, je m'en fais pas, elle fait souvent des colères. C'est l'adolescence. Je me suis arrêtée juste à côté d'elle, dans le chambranle de la porte. Son regard suit une goutte d'eau depuis ma mâchoire jusqu'à mon décolleté. Elle doit se rendre compte que je la regarde, car elle lève la tête. Je lui fais un petit sourire l'air de dire " ça va je te dérange pas ? " Ses joues prennent une légère teinte rosée qui la rend vraiment craquante. Elle me regarde droit dans les yeux. Ses pupilles sont très dilatées. Soit c'est l'obscurité, soit elle a envie de moi. Mon regard descend sur ses lèvres. Elles ont l'air très douces. J'ai pas vraiment eu le temps de faire attention la fois précédente. Je devrais lui en vouloir pour ce baiser volé, mais à l'heure actuelle, j'ai plutôt envie qu'elle recommence. Hey, mais à quoi je pense moi ? Un léger sourire vient à sa bouche parfaite. Merde, elle m'a vue. Alerte !! - Alors officier, il y a du relâchement ? Elle peut pas avoir lu dans mes pensées, elle peut pas… elle peut ? - Euh, je peux savoir de quoi tu parles ? dis-je le plus innocemment possible - Je crois que tu le sais très bien… Elle s'avance vers moi, me collant contre la porte. Sa main vient se poser sur le nœud qui retient ma serviette. T'oseras jamais. C'est juste de la provocation. Son regard ne quitte pas le mien. Ma respiration se fait plus courte. Mais non, elle va pas oser quand même ? Elle lève la tête, continuant d'avancer. Je dois commencer à paniquer là je crois. On entend claquer la porte d'entrée. Je sursaute, laissant au passage ma serviette dans les mains de Laura. Anna s'arrête au bout du couloir. Si ses yeux avaient été des machines de guerre, je serais morte depuis longtemps. Je reprends ma serviette des mains de mon agresseur et tente de recouvrer un semblant de dignité. - Ah ben j'avais oublié mon mp3, mais je vois que vous perdez pas de temps. Ne vous gênez surtout pas pour moi je fais que passer. - C'est pas ce que tu crois Anna, dis-je. Rageuse, elle se tourne vers moi - Ah ouais ? c'est quoi alors ? je me fous à poil devant l'amie lesbienne de ma petite sœur pour rigoler ? Je la regarde un moment, incrédule. Mais pour qui elle se prend au juste ? Je fais ce que je veux aux dernières nouvelles ! Oh et puis qu'elle aille se faire foutre ! J'attrape la tête de Laura et colle mes lèvres contre les siennes. J'avais raison, elles sont douces. Elle ne me repousse pas, au contraire une fois la surprise passée, elle répond à mon baiser. Sa main vient se loger derrière ma nuque. Sa langue vient toucher mes lèvres et le baiser s'approfondit. Mais pourquoi personne ne m'avait dit que les filles embrassaient aussi bien ? J'ai besoin de l'avoir plus près… je place ma main dans le bas de son dos et l'attire. J'ai du mal à croire à ce que je suis en train de faire, devant ma petite sœur en plus. Ca ne me ressemble tellement pas… Au bout d'un moment, je suis obligée de couper le baiser. Je suis sûre d'avoir les pupilles dans un sale état là ! Mon dieu, j'ai envie d'une fille ! Nan, c'est pas possible ! Je suis hétéro ! J'aime les garçons ! Hein oui j'aime les garçons ! Anna est toujours là. Elle est sous le choc on dirait. - Tu vois moi aussi je peux provoquer ! C'est ça que tu voulais ? Il n'y a rien entre elle et moi ! merde ! Arrête de voir le mal partout. Et de toute façon on fait ce qu'on veut ! - … Tu savais que je l'aimais bien. Me dit-elle d'une toute petite voix - J'ai rien fait et je ne pouvais pas deviner - Si tu pouvais ! - C'est vrai, j'aurais pu ! après tout c'est chaque jour une nouvelle. Et tes critères de sélection on les connaît : il leur faut des seins et pas de… allez c'est bon ! Laura fait un pas et se met entre nous. - Oh ! OH !! on se calme les filles. Anna, il s'est rien passé entre ta sœur et moi. En tout cas rien de plus que ce que t'as vu. Et ensuite, je sors pas avec toi. Et j'ai déjà une copine je te rappelle. Elle a déjà quelqu'un. Bien sûr. La nouvelle me fait comme un coup de massue derrière le crâne. Elles continuent à parler. Le ton monte puis redescend. Je n'écoute déjà plus. J'ai été tellement stupide de croire que… - Je… je vais aller faire un tour. A tout à l'heure. Je me retrouve dehors, sans vraiment savoir comment j'y suis arrivée. L'air frais me fait du bien. La nuit est tombée et les gens commencent à sortir. Je suis pas vraiment d'humeur à faire la fête pourtant. Comment ça a pu m'arriver à moi ? Les images de notre baiser me reviennent en mémoire. Tout est de ma faute, c'est moi qui l'ai embrassée, pas l'inverse. J'ai du mal à croire que c'est vraiment arrivé. Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'est pas du tout mon genre d'agir comme ça. Mais d'un autre côté je ne regrette pas. Et puis j'en ai assez qu'Anna soit jalouse de moi. J'ai pourtant jamais rien fait qui lui donne des raisons de l'être. Et qu'est-ce qui me pousse à faire des trucs bizarres dès que cette fille est dans les parages ? Plusieurs automobilistes me klaxonnent et il y en a même un qui s'arrête pour me parler. Les mecs sont vraiment lourds des fois. Au bout d'un bon moment, à peine calmée, je décide de rentrer. De toute façon ça n'y changera rien. * * * * * Jo partie, on se retrouve un peu comme deux connes, Anna et moi. Je vois bien qu'elle est très énervée. J'essaie de calmer les choses tant bien que mal : - Tu sais, c'est pas tous les jours facile pour elle non plus. Son job lui porte sur les nerfs. - Peut-être, mais j'en ai marre que toutes les personnes qui me plaisent ne jurent que par elle. - Je ne jure pas que par elle. Mais elle est sympa et je l'aime bien. - J'ai cru voir ça. Tu ne l'as pas vraiment repoussée tout à l'heure. Elle se place devant moi, les bras croisés, dans un air de défi. Ce que je peux la détester quand elle fait ça ! - Mets-toi à ma place une seconde, Anna ! Une fille que je trouve craquante m'embrasse… - T'as une copine pour moi et pas pour elle, c'est ça ? - Pfff si c'est pour me prendre la tête comme ça c'est pas la peine, j'ai pas de comptes à te rendre. J'ai une copine pour tout le monde. Je suis très bien avec Kim et de toute façon, ta sœur est hétéro, débarque un peu ! - Mouais…. Y'a des fois je me demande. Et puis ta copine, je ne l'ai jamais vue, moi ! - C'est ça ! Allez, bonne nuit Anna ! Ca sert vraiment à rien de discuter avec elle. Je coupe court à la conversation en fermant la porte de la salle de bain. Y'en a chez qui la crise d'adolescence dure… 30 minutes plus tard, je vais me coucher avec bonheur dans un vrai lit. Ca fait deux semaines que j'ai pas eu le luxe de faire ça. C'est court deux semaines, mais ça me parait faire déjà une éternité. Le marchand de sable doit passer très vite car lorsque je me réveille, je remarque que mon superbe pyjama n'est enfilé qu'à moitié. Je mets une minute à me rappeler où je suis, pas encore tout à fait réveillée. Un bruit me fait sursauter. Je devine une ombre. Il y a quelqu'un dans la pièce. Quelqu'un de grand. Oh merde, merde, merde !!! C'est qui, je fais quoi ? - Mais il est passé où ce con de matelas bordel ! - Jo ? c'est toi ? - Oh ! Je t'ai réveillée ? Je suis désolée !!... T'aurais pas vu un petit matelas traîner dans le coin ? - Pourquoi tu cherches ça ? - Disons qu'une nana de 1m80 passé se case difficilement dans un sofa de 1m50, et qu'en prime j'avais déjà mal partout avant, alors si je pouvais éviter ça… - Ben viens dormir avec moi… c'est ton lit après tout ! J'aurais pu proposer de prendre le canapé c'est vrai. Mais elle aurait sûrement refusé. Et puis, je ne vais pas renoncer à un aussi bon lit. Ou à une aussi charmante compagnie… - Nan c'est bon, t'inquiètes pas. Je vais trouver ce foutu matelas et mettre mes grosses fesses dessus pour passer une bonne nuit. - Je vais pas te laisser faire ça, tu en es consciente ? T'inquiètes pas, je vais pas te tripoter hein ! Et puis, cherche pas à discuter, c'est une bataille que tu ne gagneras pas. Elle semble réfléchir un instant. Je prends mon air le plus convaincant possible. - Tsss… je gagne jamais contre toi, c'est pas juste ! - Oh pauvre chou ! Héhé !! J'étais déjà tout sourire dans le noir. Elle va venir dormir avec moi ! Je la vois revenir, un petit coussin en forme de cœur à la main. Elle dort avec ça ? Elle se glisse sous les draps à mes côtés. Je reste volontairement en plein milieu du lit. Comme ça hop, elle est obligée d'être contre moi. Je suis un génie ! Je sens deux glaçons se poser simultanément sur mon ventre et mes pieds. " AHHH ! " Je fais un bond pas possible. Elle en profite pour prendre de la place, comme si de rien n'était. - Mais pourquoi t'as fait ça ? T'es dingue ! - Tu prenais toute la place, tu croyais quand même pas que ça allait se passer comme ça ? Même dans le noir, je vois qu'elle sourit largement. Et en plus elle est fière d'elle ! Elle s'installe tranquillement et au bout d'environ 30 secondes, j'entends déjà sa respiration se ralentir. Elle a dû s'endormir. Ce n'est pas humain de s'endormir si vite. En plus du coup, je reste comme une imbécile, avec une fille de rêve dans mon lit et les fantasmes qui vont avec. La semi pénombre laisse deviner ses formes. Elle est vraiment superbe. Et elle a de ces yeux… et elle embrasse bien aussi. ARGHH mais comment je vais faire pour dormir moi maintenant ! Bon, Laura, deux mots : self control. Malgré tout je suis assez contente. Y'a pas si longtemps, elle me poursuivait pour m'arrêter et ce soir, on dort ensemble. La vie, c'est curieux des fois quand même… Au fond je crois qu'elle m'aime bien. Je l'aime bien aussi. Une image de Kim me vient à l'esprit. Je me sens coupable d'être avec une autre fille, de ne pas savoir où elle est, comment elle va… Demain, c'est promis, je la chercherais. J'espère juste qu'elle va bien. Johanna bouge dans son sommeil. Elle se rapproche de moi. Pour mon plus grand malheur, elle est maintenant assez proche pour que son odeur parvienne à mes narines. C'est sûr que là, pour dormir c'est mort. C'était un bon lit pourtant… Je caresse distraitement ses cheveux. Elle fait des petits bruits de contentement. C'est vraiment trop mignon. Au fond, je crois que je pourrais m'y habituer. |