Fight girls

Chapitre 15




Mégane arriva chez elle plus vite que d'habitude. Sarah n'avait pas dit un mot de tout le trajet, juste pleuré. Elle aida sa sœur en la portant jusque dans la maison.

"Maman" appela Mégane.

"Oui" dit sa mère en arrivant "Je…"

Elle s'interrompit elle-même en voyant Sarah dans les bras de Mégane.

"Qu'est-ce qui se passe ? Elle va bien ?" demanda sa mère.

"Oui. Enfin non. Il y a eu un accident. Kennedy est blessée. Je pense que Sarah était surtout choquée"

Sa mère s'approcha et caressa les cheveux de sa plus jeune fille.

"Sarah, mon bébé"

Sarah releva sa tête. Son visage était rouge à cause des larmes.

"Je vais la mettre sur le canapé" dit Mégane en allongeant Sarah. "Tu peux t'occuper d'elle ?"

"Pourquoi ? Tu vas où ?" demanda sa mère.

"Je vais à l'hôpital voir Kennedy"

"Je préfèrerai que tu restes ici avec ta sœur. C'est vrai. Kennedy n'est rien pour toi, tu ne l'as connais même pas alors que ta sœur a besoin de nous"

En entendant ça, Mégane commença à s'énerver. Certes, sa mère ne savait pas qu'elle avait passé la soirée de la veille avec Kennedy et qu'elles étaient maintenant plus que proche, mais ce n'était pas une raison pour laisser tomber Kennedy.

"Kennedy a besoin de moi, maman"

"Még, ne sois pas ridicule. Kennedy n'est qu'une boxeuse qui n'en a rien à foutre de nous. Sarah est ta sœur. En plus, pourquoi tu t'intéresses d'un coup à la boxe alors qu'avant tu soupirais dès que tu entendais ce sujet."

Mégane ne voulait pas en arriver là mais elle ne pu se retenir.

"Parce que Kennedy est bien plus qu'une boxeuse pour moi, maman. Parce que Kennedy et moi, on a passé la soirée ensemble hier et qu'on a couché ensemble. Je l'aime maman. Maintenant, si tu veux bien m'excuser, j'ai perdu assez de temps ici. Elle a besoin de moi autant que Sarah a besoin de toi" avoua Mégane en criant.

Sa mère, étonnée par cette révélation, ne dit rien. Mégane sortit de la maison en claquant la porte. Elle avait les larmes aux yeux. Elle venait d'avouer à sa mère qu'elle avait couchée avec une fille et qu'en plus, elle était amoureuse.

Elle démarra la voiture et roula rapidement vers l'hôpital. Kennedy avait besoin d'elle. Ce qui était arrivé était de sa faute. C'est elle qui avait blessé Kennedy avant même qu'elle ne monte sur le ring.

Elle gara la voiture dans le grand parking et courut à l'intérieur. Elle intercepta la première personne qu'elle vit.

"Excusez-moi, je cherche Kennedy Mc Graham. Elle a été amenée ici il y a quelques minutes"

"Il faut demander à la réception" dit l'infirmier.

Mégane courut vers le bureau à sa droite.

"Bonjour, je cherche Kennedy Mc Graham"

"Etes-vous de la famille ?" demanda la réceptionniste.

"Pas vraiment"

"Je suis désolée mais nous ne pouvons pas vous révéler d'informations si vous n'êtes pas de la famille"

Mégane comprit que la secrétaire avait pour ordre de bloquer toute personne cherchant à voir Kennedy, surtout les journalistes qui voudraient avoir leur scoop.

"Je suis sa petite amie" tenta Mégane, même si elle ne savait pas si elle avait encore ce statut dans la vie de la boxeuse.

"Je suis désolée mademoiselle je ne peux rien faire"

Mégane commença à pleurer en s'éloignant du bureau. Elle partit s'installer dans le hall, espérant que quelqu'un proche de Kennedy la reconnaîtra.

"Mégane"

Elle entendit son nom et releva la tête pour apercevoir Cindy. Elle se releva et enlaça la jeune femme.

"Cindy. Je suis contente de te voir. Ils ne voulaient pas me dire où était Kennedy"

Cindy tapota le dos de la rousse.

"Ils font leur travail. Je venais justement leur dire de laisser passer une rousse du prénom de Mégane quand je t'ai vu"

Mégane lâcha Cindy.

"Je peux la voir ?"

"Viens avec moi"

Elles se dirigèrent toutes les deux vers un couloir qui menait à une grande porte.

"Comment est-ce qu'elle va ?" demanda Mégane.

"Elle est encore inconsciente. Mais les médecins ont commencé les examens. Les cervicales sont gravement touchées. Ils ne savent pas dans quel état elle sera quand elle se réveillera"

"Mais elle va se réveiller" demanda Mégane inquiète.

"J'espère"

Cindy vit les larmes couler sur les joues de Mégane. Elle s'arrêta et la serra dans ses bras.

"C'est une battante, Mégane, elle va s'en sortir"

"J'espère"

Elles passèrent une porte et arrivèrent dans un autre service. Cindy s'avança vers une porte vitrée et regarda à travers.

"Elle est ici. Je te laisse avec elle. J'attendrais dans la salle d'attente au bout du couloir. Les médecins ont dit de lui parler. Je suis certaine que ta voix lui fera du bien"

Cindy s'éloigna. Mégane regarda quelques secondes par la petite vitre de la porte. Elle distingua la forme de Kennedy, allongée sur les draps trop blancs de la chambre. Elle ouvrit doucement la porte, même si Kennedy était inconsciente, comme pour ne pas l'effrayer.

Elle s'approcha doucement du lit. Pour elle, Kennedy semblait dormir. Seul les appareils autour d'elle et le gros bloc qui lui bloquait la tête montraient qu'elle était dans un sale état.

Mégane se pencha sur la boxeuse et l'embrassa sur le front.

"Mon cœur, c'est moi. Je sais, je suis certainement la dernière personne que tu es envie d'entendre pour le moment mais je t'aime alors, il faudra que tu me supportes encore."

Elle caressa son bras puis s'assit sur la chaise à côté du lit.

"Je suis désolée d'avoir encore une fois mal réagit. Tu dois me prendre pour une folle. J'ai la plus belle femme au monde qui me court après et tout ce que je trouve à faire, c'est de piquer une crise et te fuir dès que la situation m'échappe. Mais là, je ne vais pas fuir. Je ne sais pas quoi faire en attendant que tu te réveilles mais je resterais là, à tes côtés. Je ne te laisserais plus."

Elle caressa ses doigts et laissa sa main sur la sienne.

"Sarah est traumatisée. J'ai l'impression que c'est de ma faute. Je n'aurais pas du te parler comme ça. Maintenant, l'amour de vie est inconsciente dans un lit d'hôpital, ma petite sœur est choquée et je viens de balancer comme ça à ma mère que j'étais amoureuse d'une fille. Je n'ai même pas eu le temps de voir sa tête. Elle se demandait pourquoi j'étais si pressée de venir te rejoindre. Je ne sais même pas l'effet que ça me fait. Je crois que je ne me rends pas compte pour l'instant. Mais je ne regrette pas. On verra comment ça va se passer. J'espère juste que tu auras encore envie d'être à mes côtés. J'ai besoin de toi"

*****

Mégane était seule avec Kennedy depuis près de 45 minutes, à parler de tout et de rien avec elle, quand Cindy revint dans la chambre. Elle toqua doucement à la porte et passa la tête.

"C'est bon, tu peux entrer" lui dit Mégane.

Cindy vint s'asseoir à côté d'elle.

"Comment ça va toi ?"

"Ca peut aller. J'ai peur"

"Ca va aller" dit Cindy en lui prenant la main pour la soutenir moralement.