Mégane était assise sur une chaise, la tête posée sur le lit, sa main sur celle de Kennedy, toujours profondément endormie. Mégane s'était aussi endormie depuis quelques minutes. Elle était passée des rires aux larmes, de longues discussions émouvantes avec Cindy, des moments seule face à Kennedy, lui parlant, l'embrassant. Des fois, elle lui racontait une anecdote marrante, souvent, elle parlait de son amour, les larmes aux yeux.
Cindy entra doucement dans la pièce. Elle posa sa main délicatement sur l'épaule de Mégane qui sursauta.
"Désolée de te réveiller. Les visites sont terminées. Il est tard. Tu devrais rentrer chez toi", lui dit Cindy.
"Je ne sais pas si c'est une bonne idée. Ma mère doit être fâchée"
"Je suis sûre que non mais si ça peut te rassurer, tu peux venir avec moi à l'hôtel"
"Je ne veux pas te déranger"
"Tu ne déranges pas si c'est moi qui te propose. Seulement, tu appelleras ta mère pour la prévenir"
Mégane se leva et serra Cindy dans ses bras.
"Merci"
"De rien. Je te laisse lui dire bonne nuit. Je t'attends dans le couloir"
Cindy s'approcha du lit et embrassa Kennedy sur le front.
"A demain championne. Tiens bon. On compte sur toi" puis elle sort de la chambre.
Mégane regarda Cindy sortir puis s'approcha de nouveau de Kennedy. Elle s'assit légèrement sur le lit et lui caressa la joue.
"Ma puce, je suis obligée de te laisser pour la nuit. Mais je serai là à la première heure demain matin, c'est promis. Bats-toi pour moi, me laisse pas. Je t'aime. A demain"
Elle se leva et se pencha sur elle pour l'embrasser délicatement sur les lèvres puis sortit non sans avoir jeté un dernier regard vers Kennedy.
*****
Mégane entra dans la chambre d'hôtel de Cindy.
"Le téléphone est là-bas. Je vais prendre une douche pendant ce temps là"
Cindy partit et Mégane attrapa le téléphone.
"Maman" dit timidement Mégane quand son interlocuteur décrocha.
"Bon sang Még, où es-tu ? Je m'inquiète"
"Je viens de rentrer de l'hôpital. Je suis à l'hôtel avec Cindy, l'entraîneuse de Kennedy"
"Mégane, j'aimerais que tu rentres. Il faut qu'on parle"
"Pas maintenant, maman, s'il te plait, j'ai besoin d'être seule. J'ai pas envie de parler de ça maintenant. Je ne veux pas me prendre la tête avec cette discussion pour le moment"
"Mégane, je…"
"Maman, s'il te plait. J'ai pas le moral pour ça. Kennedy est encore inconsciente et son état est assez grave. Je vais rester avec Cindy et retourner à l'hôpital demain matin. Je dois rester près d'elle. Essaye de comprendre s'il te plait. Bonne nuit."
Mégane raccrocha sans même attendre la réponse de sa mère.
*****
"Ça va mieux après avoir mangé un peu, non ?" dit Cindy en débarrassant la petite table de la chambre d'hôtel.
"C'est vrai"
Mégane fit un léger sourire.
"Je sais qu'il y a des tonnes de médecins autour d'elle mais je ne peux pas m'empêcher de m'inquiéter".
"Je m'inquiète aussi Mégane mais elle ne risque rien là-bas et ils appelleront si son état s'aggrave"
Mégane sentait à nouveau les larmes lui monter aux yeux. Cindy la prit dans ses bras et l'emmena vers le petit sofa.
"C'est une battante. Un soir, après un combat, j'ai dû la ramener à l'hôpital pour recoudre une méchante cicatrice sous l'œil. Elle n'a pas bronché. Ils ont désinfecté la plaie et elle a à peine frissonné. Et chaque fois qu'elle se blesse, elle fait comme si de rien n'était"
Mégane fit un petit sourire.
"Une autre fois, elle s'est blessée à l'entraînement. Je ne l'avais pas remarqué. Elle n'a rien dit pendant 3 jours. Elle cachait sa blessure et continuait à venir s'entraîner comme si de rien n'était. Une sacrée, je t'assure. Elle m'en a fait voir des choses. Je me rappelle aussi quand elle sortait avec une fille. Elle sortait en cachette pour aller la voir la nuit et revenait avant le lever du soleil. Elle pensait que je ne l'avais pas remarqué"
Cindy continua à raconter des anecdotes de la vie de Kennedy. Mégane écoutait, riait, pleurait mais elle se sentait mieux.
"Mais c'est un ange cette fille. Un cadeau du ciel. Pas seulement parce qu'elle est ma protégée et qu'elle est une grande championne mais parce qu'elle donne son amour et son amitié sans rien demander en retour. Elle est toujours là. Je ne suis plus son entraîneuse, je suis son amie, je suis comme une grande sœur pour elle et je l'aime"
Mégane avait de nouveau les larmes aux yeux. Elle baissa la tête.
"Je l'aime aussi" chuchota t-elle.
Elles restèrent silencieuses quelques minutes puis Cindy se leva.
"Il est temps de dormir si tu veux aller tôt à l'hôpital demain. Tu peux prendre mon lit, à moins que tu préfères la chambre de Kennedy"