Une semaine depuis l'accident. Kennedy est encore dans le coma. Les médecins disent tous les jours à Mégane que son état est stable et qu'elle devrait sortir de là bientôt.
Mégane entre doucement dans la chambre. Il n'y a personne. Cindy vient de la déposer en partant régler quelques affaires.
"Coucou mon amour", dit Mégane doucement en embrassant les lèvres de son amie.
Elle s'assied sur le bord du lit et lui caresse la joue.
"Allez mon cœur, tu as assez dormi maintenant. Réveilles-toi… pour moi"
Elle fixe Kennedy pendant de longues minutes, comme pour attendre un geste, un signe mais rien.
Mégane se lève et soupire. Elle va vers la fenêtre et regarde dehors. Le soleil brille un peu.
"Tu me manques Kennedy", chuchote la jeune fille, fixant toujours le parc de l'hôpital.
Elle reste un moment, perdue dans ses pensées puis revient vers le lit. Elle s'assied sur la chaise à côté du lit et pose sa main sur celle de sa petite amie. Elle ouvre un livre qu'elle vient de sortir de son sac.
"Excuses-moi mon ange mais je dois lire ça pour les cours."
Elle regarde Kennedy et sourit.
"Tu veux que je le lise à haute voix, pour toi ?"
Elle commence sa lecture, lisant doucement et articulant autant que possible comme si elle lisait un conte à un petit enfant alors qu'il s'agissait d'un livre de philosophie.
Elle lève la tête au bout de quelques pages.
"Je sais. Ce n'est pas très passionnant mais… pas le choix"
Elle ricane avant de se remettre à lire.
Tout d'un coup, au milieu d'un chapitre sur l'amour éternel, Mégane sent un frisson sur sa main. Elle s'arrête et réagit. C'est la main qu'elle a posée sur celle de Kennedy. Elle se retourne et regarde sa main et celle de son amour. La main du dessous bouge légèrement et Mégane ressent à nouveau ce frisson. Elle sourit et lève ses yeux pour regarder le visage de Kennedy.
La boxeuse avait toujours les yeux fermés mais souriait légèrement. Mégane se lève d'un coup.
"Oh mon dieu. Kennedy ? Tu m'entends ?"
La main bouge à nouveau légèrement. Le sourire de Mégane s'agrandit.
"Je vais chercher un médecin, chérie… surtout… ne me laisse pas de nouveau."
Mégane lâche avec regret la main de Kennedy et court vers la porte.
"Un docteur s'il vous plait."
Mégane revient dans la chambre suivie d'une infirmière et d'un médecin. Ils auscultent Kennedy alors que Mégane reste dans un coin en les regardant. Elle les entend poser des questions et expliquer des choses à sa petite amie mais n'ose pas intervenir.
Elle se perd dans ses pensées, revoyant la main de Kennedy bouger légèrement sous la sienne. Une petite voix la fait réagir immédiatement. Cette voix, elle la connaît par cœur et elle espère l'entendre depuis une semaine maintenant.
"Még", dit Kennedy dans un murmure presque inaudible.
Mégane se précipite vers le lit. L'infirmière s'écarte en lui souriant. La jeune fille se penche vers le visage de la malade et voit deux grands yeux bleus la regarder avec amour.
"Bonjour mon ange", chuchote Mégane en lui caressant la joue.
Kennedy sourit en guise de réponse. Mégane se penche et l'embrasse au coin des lèvres. Le médecin recommence à parler en expliquant à Kennedy tout ce qui s'était passé. Il l'ausculte mais cette fois, Mégane reste à côté et tient la main de son amie.
Le médecin passe ses mains sur les jambes de Kennedy qui ne réagit pas. Il passe son stylo en appuyant plus fortement.
"Mademoiselle Mc Graham ?"
Kennedy quitte les yeux de Mégane quelques secondes pour regarder le médecin puis remarque ce qu'il est en train de faire.
"Je… Je ne… je ne les sens pas."
Elle regarde Mégane, paniquée.
"Je ne sens plus mes jambes"
Elle a les larmes aux yeux et un regard qui trahit son inquiétude. Mégane regarde le médecin avec le même regard que sa petite amie.
Il les regarde tristement.
"C'est certainement le choc ou le fait d'avoir été dans le coma. Nous réessayerons demain avant de nous inquiéter."
Il écrit sur son dossier puis le ferme avant de finir d'examiner la boxeuse. Au bout de 20 minutes, il sort avec l'infirmière qui a promis à Kennedy de lui ramener quelque chose à manger.
Mégane, de nouveau seule avec Kennedy, la fixe.
"Még… si je ne peux plus marcher…"
"Ne dis pas ça chérie. Le médecin a dit de ne pas s'inquiéter", l'interrompt Mégane.
Elle se penche pour l'embrasser puis se recule légèrement.