Fight girls

Chapitre 22




"Chut. Calme-toi Kenny. Ça va aller"

"Comment veux-tu que ça aille ? Elle s'est cassée et je ne peux même pas lui courir après à cause de ces foutues jambes qui veulent pas bouger" crie la boxeuse en pleurant.

"Elle va revenir, j'en suis sûre"

Pas de réponse de la part de Kennedy.

"Aie confiance en elle, Kennedy. Elle a appris beaucoup sur elle et sur ses sentiments pendant qu'elle était là, seule, à attendre ton réveil"

"Je suppose que oui mais..." chuchote Kennedy.

"Mais quoi ?"

"Rien… Laisse tomber"

"Kenny, je te connais assez pour savoir que quelque chose te tracasse"

"J'ai peur de la perdre, c'est tout. Peur qu'elle soit partie et qu'elle ne trouve jamais la force de revenir. Peur que quand elle se décide, je ne serai plus là à l'attendre"

*****

Mégane arrive devant la porte de la chambre. Elle s'apprête à toquer mais entend des voix. Elle hésite. Elle se rappelle avoir croisé Cindy dans le couloir.

Mince…

Elle écoute ce qu'elles se disent.

"Pour le moment, tu es là et pour un moment. Tu n'as aucune raison de retourner en Angleterre tant que tu n'es pas rétablie. Autant rester ici. Ils ont de très bons médecins et un centre de rééducation très performant qui s'occupe de grands sportifs. J'ai déjà fait une demande pour toi et ils sont très heureux de t'accueillir. Et tu pourras rester près d'elle"

"A quoi bon ? Elle n'osera jamais affronter son père" dit-elle finalement sur le ton de la déception. "Je n'ai plus rien à faire ici. Je veux rentrer en Angleterre"

Mégane baisse la tête. Elle ne sait pas ce qui la déçoit le plus. Le fait que Kennedy ne lui fasse pas confiance, le fait qu'elle puisse la croire faible ou le fait qu'elle ne lui laisse pas sa chance. En même temps, il y a quelques minutes, elle ne pensait pas encore qu'elle serait capable de faire ça.

"Laisse-lui une chance Kennedy. Laisse-lui un peu de temps pour revenir"

"Non. Je n'en peux plus. J'ai trop mal"

*****

Dans la chambre, Kennedy soupire. Elle tourne sa tête vers la place vide où avait l'habitude de s'asseoir Mégane. Cindy ne sait plus quoi dire de plus. Sa protégée ferme les yeux.

"J'ai besoin d'être seule. Je suis fatiguée"

Cindy soupire. Elle attrape sa petite veste en jeans et son sac.

"Je repasserai plus tard"

Elle embrasse Kennedy sur le front mais celle-ci ne réagit pas. Elle garde les yeux fermés, le visage tourné vers la chaise vide, imaginant sa petite amie, assise ici en train de lui lire un livre.

*****

Mégane reste là, devant la porte, choquée par les paroles de son amoureuse. Comment peut-elle encore douter d'elle après qu'elle soit restée une semaine à son chevet, à lui parler, s'occuper d'elle sans arrêt ?

"Non" chuchote t-elle.

Elle entend Kennedy renvoyer Cindy puis des mouvements. Un bruit de clés, des pas vers la porte. Elle a envie d'entrer dans la chambre et de crier sa haine envers son amour, lui montrer qu'elle a osé l'affronter, qu'elle est revenue pour elle. Mais le "non" de Kennedy résonne encore dans sa tête.

"Je suis revenue… Mais toi, tu es partie"

Elle touche la porte du bout des doigts.

"Adieu amour. Je t'aime" murmure-t-elle.

Une larme coule. Elle se tourne et commence à marcher dans le couloir. Elle a juste le temps de tourner au coin quand elle entend Cindy sortir de la chambre. Elle marche vers elle sans la voir. Mégane sait qu'elle ne doit pas être vue. Elle a tout juste le temps d'entrer dans l'ascenseur quand Cindy arrive dans le couloir où elle se trouvait quelques secondes plus tôt.

"Ouf" soupire Mégane quand les portes se referment.

"Mégane" entend-elle à la dernière seconde.