Cindy court dans l'escalier. Elle est persuadée d'avoir vu Mégane entrer dans l'ascenseur. Elle doit la rattraper avant qu'il ne soit trop tard. Elle doit arranger les choses si elle veut que sa protégée soit enfin heureuse.
Elle arrive dans le hall juste quand la rousse passe les portes automatiques de l'entrée.
"Mégane" crie Cindy sans se soucier des regards des infirmières, étonnées qu'on puisse crier dans un lieu comme celui-ci.
Mégane se retourne. Elle se dit qu'elle devrait fuir loin. Elle ne voulait pas entendre ce que Cindy avait à lui dire mais ses jambes refusaient d'obéir à son cerveau, comme si elles étaient contre cette fuite mais pour cette discussion. Elle soupire, résignée puis laisse l'entraîneuse s'approcher d'elle.
"On doit parler" annonce Cindy comme si elle savait que Mégane avait entendu quelque chose de mauvais pour elle.
La rousse ne dit pas un mot mais montre son accord en s'installant sur une marche à l'entrée du bâtiment.
"Je suppose que tu as entendu quelque chose."
Mégane se contente de faire signe de la tête.
"Elle ne le pensait pas vraiment. Elle est dingue de toi. Seulement, elle était persuadée que tu l'avais laissé tomber."
"Je lui ai dit que je reviendrais… Même si j'étais partie avec eux, je serais revenue la voir très vite. Je n'aurais pas pu continuer sans elle… Elle devait me faire confiance."
Cindy regarde devant elle et entrelace ses doigts.
"Pourtant, tu as bien réagi ainsi également quand elle t'a annoncé qu'elle repartait en Angleterre le jour du tournoi"
"Ce n'était pas pareil."
"En quoi ?"
"Elle serait partie dans un autre pays, loin. On se serait perdue de vue, elle aurait trouvé quelqu'un d'autre et m'aurait oubliée."
"Qu'est-ce qui te fait dire ça ? Et surtout, qu'est-ce qui te dit qu'elle ne s'est pas dit la même chose aujourd'hui quand tu as dit que tu partais avec tes parents ?"
Mégane ne sait pas quoi répondre.
"Vous auriez peut-être été dans la même ville mais avec ton père qui refuse que tu la revois, elle a été persuadée que vous alliez finir par casser. Et être dans la même ville que toi mais ne pas pouvoir te voir et te parler, lui aurait fait encore plus mal que de devoir rentrer en Angleterre."
Mégane fait un signe de tête.
"Sûrement… Mais je ne suis pas rentrée avec mon père. Elle devait faire confiance en mon amour pour elle. Elle devait se douter que j'allais finir par dire à mon père d'aller se faire voir."
"Elle aurait dû… mais vous êtes ensemble depuis peu de temps et elle sort d'un coma… Je pense que vous ne vous connaissez pas assez pour savoir comment l'autre devrait réagir. Tu as voulu qu'elle réagisse à ta façon mais ce n'est pas comme ça qu'elle a réagi. Si tu commences à penser à comment elle doit réagir à telles ou telles choses, alors tu risques souvent d'être déçue parce qu'elle risque de ne pas suivre tes souhaits."
Mégane prend son visage entre ses mains.
"Tu crois qu'elle me pardonnera ?"
"Elle n'est pas fâchée, juste déçue… si tu retournes là-haut, elle pourra constater que tu es revenue pour elle et que ton amour est fort"
"Ok" répond simplement Mégane en se levant.
Cindy fait de même. Elle tape légèrement sur l'épaule de la rousse.
"Allez, il est temps de mettre un terme à toutes ces disputes et de laisser enfin parler votre cœur et votre amour. Il est temps que vous soyez ensemble et heureuses."
Elle fait deux bises à Mégane et commence à descendre les marches. Elle se retourne une fois en bas.
"Dis-lui que je suis là pour vous si vous avez besoin de moi."
Elle lui fait un clin d'œil, puis s'éloigne vers sa voiture de location.
Mégane la regarde partir puis prend son souffle et retourne dans le bâtiment. Elle arrive très vite à l'étage mais devant la porte de son amour, elle hésite à toquer, écoute ce qu'il se passe à l'intérieur. Pas un bruit. Tout est calme.
Elle toque doucement et entre. Kennedy est dans son lit, tournée vers la fenêtre. Elle ne réagit d'abord pas au bruit de la porte, pensant certainement à une infirmière.
Mégane fait le tour du lit et se positionne entre sa boxeuse et la fenêtre. Kennedy réagit enfin et lève les yeux vers son visage. Elle cligne des yeux plusieurs fois, croyant rêver. Ses yeux sont mouillés de larmes. Elle voit dans le brouillard de ses yeux, son ange se pencher sur elle en chuchotant.
"Chut… Ça va aller. Je suis là maintenant."
Doucement, elle lui essuie les joues mouillées.
"Je suis revenue pour toi mon amour, je ne suis pas partie et je ne partirai jamais. Je te promets. Je ne te laisserai plus jamais seule"
Elle se penche doucement vers son visage, caresse son front et sa joue du bout de ses lèvres, avant de rejoindre celles pulpeuses de son amour.
Kennedy répond doucement au baiser puis passe son bras derrière la tête de la rousse pour attirer son visage encore plus vers elle, peut-être aussi pour être sûre qu'elle ne pourra plus partir. Le baiser devient plus passionné, débordant de toute la tendresse et l'amour dont elles avaient besoin, se prouvant l'une à l'autre que la passion sera plus forte que les obstacles.
Doucement, le soleil se couche sur la ville alors que les deux jeunes femmes se prouvent leur amour par de longs baisers et des déclarations émouvantes.