Fight girls

Chapitre 25




2 semaines plus tard.

"C'est bien Kennedy, tu fais du bon boulot, les progrès sont incroyables".

"Je penserai ça quand je remarcherai", répond Kennedy au kiné tout en grimaçant quand il lui plie sa jambe.

"Allons, ne dis pas ça, tu progresses, tu sens la douleur maintenant".

Kennedy rit.

"Difficile de ne pas la sentir avec toi Fred !"

Il relâche doucement sa jambe droite.

"On fait une pause de quelques minutes."

Il remonte le dossier du siège et l'aide à s'asseoir. Il va à la fontaine et lui prend un verre d'eau fraîche. Kennedy en profite pour s'essuyer avec sa serviette. Ses jambes étaient tellement lourdes que tous ces exercices la faisaient suer.

"Mégane n'est pas là aujourd'hui ?"

"Non, elle a un cours important ce matin et puis les examens approchent, elle doit se concentrer et étudier."

Depuis qu'elle avait commencé la rééducation il y a deux semaines, Mégane avait insisté pour venir le plus souvent possible pour soutenir son amour. Les premières séances avaient été très dures car là où Kennedy pensait ne rien sentir, les douleurs musculaires apparurent très vite.

"On y retourne Kennedy ?"

"Oui."

Elle pose son verre et se réinstalle. Il abaisse le dossier et recommence à lui faire faire des mouvements avec ses jambes.

*****

Quelques heures plus tard, Kennedy est dans sa chambre à attendre patiemment Mégane. Celle-ci arrive avec vingt minutes de retard.

"Je dois m'inquiéter ?" lui demande Kennedy

"Pourquoi ?"

Mégane retire son manteau et embrasse sa petite amie.

"God, qu'est-ce qu'il fait chaud ici par rapport à dehors, tu as bien de la chance."

Elle regarde la boxeuse.

"Pourquoi t'inquiéter ?"

"Que tu sois en retard parce que tu as rencontré un beau jeune homme qui t'a fait la cour ?"

Mégane rit et embrasse encore Kennedy.

"Imbécile, je n'aime que toi !"

Elle s'assied.

"Comment était la séance de rééducation de ce matin ?"

"Douloureuse. Fred a profité de ton absence pour me torturer."

Elle ricane.

"Ça ne me dit toujours pas pourquoi tu es en retard."

"Rohhh, curieuse. J'ai vu un ancien prof qui a voulu me parler après le cours de ce matin et puis je suis allée manger avec mes amis et je leur ai parlé de toi et forcément… tu sais très bien que quand je parle de toi, je ne sais plus m'arrêter !"

"Tu as parlé de moi ? Tu leur a dit que… ?"

"Oui, je leur ai dit que j'étais dingue de toi et qu'on était ensemble."

Kennedy sourit, heureuse de voir que sa petite amie assumait maintenant pleinement sa vie avec elle.

"Mais je vais devoir rentrer plus tôt ce soir. J'ai pris pas mal de retard et il faut que j'étudie", annonce Mégane en grimaçant.

"Je comprends. C'est normal et c'est un ordre même, je veux que tu réussisses", lui dit Kennedy en posant sa main sur la sienne.

"Oh, le médecin est passé après ma séance de torture."

"Ah ! Et qu'est-ce qu'il a dit ?"

"Que je faisais de gros progrès et que j'allais pouvoir sortir de l'hôpital bientôt."

Mégane sourit.

"Excellente nouvelle. J'ai hâte qu'on puisse se retrouver ensemble, passer mes nuits avec toi, ne plus dormir seule alors que j'ai besoin de tes bras !"

"Pareil pour moi bébé", dit Kennedy en lui caressant les cheveux.

"Il faudra trouver autre chose que l'hôtel et avec des structures adaptées pour toi."

Mégane commence à partir dans ses plans.

"On en reparlera le moment venu mon cœur", l'interrompt Kennedy.

Les deux jeunes femmes passent l'après-midi à parler d'elles, des cours, à se promener dans les couloirs de l'hôpital jusqu'à la cafeteria.

*****

Il est près de 18 heures quand Mégane se lève de sa chaise.

"Il est temps que j'y aille mon amour."

Elle va prendre son manteau, l'enfile et se penche sur sa petite amie pour l'embrasser.

"A demain. Tu vas me manquer."

"Toi aussi. Vivement que je sorte d'ici !"

"Oh que oui !"

Mégane embrasse encore une fois langoureusement son amour avant de sortir de la chambre en lui faisant des signes de la main et des baisers dans le vide.

Une fois seule, le sourire de Kennedy disparaît.

Vivement que je sorte d'ici pense-t-elle…

*****

Mégane est installée sur son lit dans la chambre d'hôtel. Ça fait deux heures qu'elle tente de faire entrer son cours dans sa tête qui semble plus préoccupée par Kennedy que par ses examens.

Elle s'allonge et attrape le téléphone pour se commander un nouveau café. Elle repose le combiné sur l'appareil puis soupire et revient à son cours.

Son téléphone portable se met à sonner. Elle pense immédiatement à Kennedy et sourit.

Elle doit s'ennuyer de moi, pense la rousse.

Son sourire devient une grimace quand elle voit le nom de sa mère sur l'écran. Que peut-elle bien vouloir ?

Elle décroche, ne s'attendant pas à avoir de ses nouvelles, elle pensait l'avoir perdue.

"Mégane. C'est… c'est maman…"

Mégane ne sait pas quoi répondre. Etre heureuse ? Jouer l'indifférence ?

"Maman", dit-elle simplement.

"Oh Mégane, que ça fait du bien de t'entendre. Si tu savais comme tu me manques, depuis combien de temps j'avais envie de faire ça… Comment vas-tu ?"

"Ça va merci", dit-elle pas très rassurée, ne sachant toujours pas quoi faire.

"Je sais que ça doit te paraître bizarre de m'avoir au téléphone et que tu devais penser que je t'avais oubliée. Mais c'est faux"

"…"

Un blanc. Mégane reste bouche bée.

"Je te dois des explications je crois. Ton père et moi sommes sur le point de divorcer."

"Quoi ? Mais…"

"Depuis plus d'un mois, nous n'arrêtions pas de nous disputer à ton sujet. Depuis un mois, je lui demande de parler de ce qui s'est passé, je lui dis qu'on doit t'appeler, qu'il n'a pas le droit de briser notre famille. Plus les jours passaient et plus je voulais te revoir."

"Il est… il est parti ?"

"Il est parti Mégane et j'aimerais que tu rentres à la maison."

"Mais… Tu sais que je ne laisserai pas tomber Kennedy."

"Il est hors de question de laisser tomber Kennedy. Comment va-t-elle d'ailleurs ?"

Mégane sourit. Elle est heureuse de ce retournement de situation. Elle aurait préféré que son père change d'avis, qu'il soit là aussi mais, le simple fait que sa mère puisse demander des nouvelles de sa petite amie et lui donne sa bénédiction pour leur amour.

"Beaucoup mieux. Elle a commencé la rééducation il y a deux mois et on vient de lui dire qu'elle allait pouvoir sortir bientôt."

"Oh ! Bonne nouvelle, ça. Vous allez vous installer où ? Elle a un appartement ?"

"Non… Il y a la chambre d'hôtel pour le moment mais on se disait qu'il allait falloir un truc plus équipée pour sa situation."

"Oui, c'est normal. Mais tu sais que c'est dur de s'occuper de quelqu'un en fauteuil roulant. Je l'ai été assez souvent pour savoir. Ça va être dur pour toi, physiquement et moralement"

"Je sais maman mais, je veux le faire pour elle"

Sa mère sourit au téléphone.

"Tu es un amour remarquable et une âme charitable mon bébé."

Mégane rougit.

"Et comment va Sarah ?"

"Bof. Elle n'a plus goût à rien depuis que tu n'es plus là. Je dirais même depuis l'accident."

"C'est un peu normal. Elle a vu son idole dans un sale état puis sa sœur se faire engueuler par son père et partir de la maison."

"Et je pense qu'elle ira mieux, maintenant."

"J'espère !"

"Mégane, est-ce que tu crois que Sarah et moi pourrions passer à l'hôpital voir Kennedy demain après-midi ? Je pense que ça lui ferait du bien."

"C'est une excellente idée."

Elles continuent à parler ensemble, comme si rien ne s'était jamais passé, comme avant. Ça avait manqué à Mégane et ça lui faisait un bien fou.