Fight girls

Chapitre 26




Mégane toque puis pousse la porte de la chambre de sa petite amie. Elle la voit assise sur son fauteuil roulant devant la fenêtre, en train de téléphoner.

Kennedy tourne la tête en entendant la porte puis sourit.

"Cindy, je vais devoir te laisser, Még vient d'arriver."

Mégane lui fait de grands signes pour lui faire comprendre de continuer sa conversation. La boxeuse parle un peu encore puis pose sa main sur l'appareil pour parler à son amour.

"Elle te dit bonjour."

"Pareil", lui répond la rousse en se débarrassant de son manteau.

Kennedy reparle avec Cindy pendant que Mégane vient l'embrasser rapidement sur le front pour ne pas la déranger.

Après quelques minutes encore, Kennedy raccroche et sourit.

"Coucou mon amour. Comment vas-tu ?"

"Très, très bien et toi ?"

"Ça se voit. Moi, je vais bien aussi, la rééducation n'était pas si dure ce matin."

"C'est parce que tu t'y habitues maintenant."

"Alors, pourquoi es-tu autant en forme ?"

Kennedy pousse son fauteuil jusqu'à la table où Mégane avait posé les quelques affaires qu'elle a apporté pour son amie.

"Des nouvelles de ma mère", dit Mégane avec un énorme sourire.

"Oh ! Et bonnes, je suppose, vu ton sourire"

"Oui très. Il a demandé le divorce. Mon père est parti de la maison. Elle veut me revoir, elle veut te revoir."

"Me revoir ? Mais…"

"C'est mon père qui était contre nous. Ma mère n'a juste pas osé s'interposer à ce moment-là. Maintenant, elle a réagi. Elle veut que je retrouve ma famille et elle m'a demandé si elle pouvait venir cet après-midi avec Sarah."

Kennedy sourit.

"Je trouve que c'est une excellente idée."

"Moi aussi."

Les deux filles s'embrassent puis Mégane montre à sa petite amie ce qu'elle venait de lui apporter. Des romans, des livres de jeux et des biscuits qu'elle adorait.

Deux heures plus tard, Kennedy est dans son lit à regarder la télé avec Mégane assise à ses côtés quand on toque à la porte.

"C'est eux. God, je suis nerveuse", dit Mégane.

"Et moi donc !"

"Entrez", crie Kennedy pour les inviter.

La porte s'ouvre doucement et Kennedy aperçoit une petite tête rousse passer la première puis une grande dame rousse marchant avec une canne.

Les deux femmes entrent.

"Coucou Sarah", lance Kennedy pour tenter de retirer la jalousie de sa jeune amie.

Puis elle salue la mère de Kennedy.

"Enchantée de vous connaître enfin", lui dit la mère.

Elles parlent d'abord un moment de tout et de rien, de la santé de la boxeuse, de la rééducation, des cours de Mégane, de l'école de Sarah qui avoue avoir arrêté la boxe par peur depuis l'accident de son idole. Kennedy tente de lui remonter le moral. Elles rient plusieurs fois et l'après-midi se passe très bien.

"J'ai une proposition à vous faire", dit la mère de Mégane d'un coup alors que Kennedy jouait à un jeu avec Sarah.

Tout le monde se tourne vers elle.

Elle hésite à parler pourtant, elle a réfléchi à ça toute la nuit. Elle sait qu'elle a envie de retrouver sa famille, sa fille et elle sait qu'elle doit l'aider.

"Kennedy, tu dois sortir bientôt, n'est-ce pas ?"

"Oui", lui répond simplement la boxeuse, se demandant ce qu'elle voulait.

"Et tu dois chercher un appartement avec les équipements adaptés, pour ton fauteuil et tout ?"

"Oui"

"Chez moi, j'ai tout les équipements qu'il te faudra. Il y a quelques années, quand j'ai accouché de Sarah, j'ai eu un problème qui a fait que je suis restée handicapée partiellement. J'ai donc dû investir dans des équipements qui ne me servent plus vraiment maintenant."

Kennedy ne répond pas, ne sachant quoi dire. Mégane regarde sa mère. Elle n'avait jamais parlé de son handicap avant, à part à la famille. Elle sourit intérieurement, pensant à l'intégration muette de Kennedy dans la famille, que venait de faire sa mère.

"Vous vous demandez ce que je veux, n'est-ce pas ?" dit-elle en riant, voyant les visages perdues des filles.

Elle se tourne vers Mégane.

"Voilà. Je sais que avoir une personne avec un handicap tel que celui de Kennedy peut être une lourde charge pour une jeune fille comme toi qui en plus, doit s'occuper de ses études… Et je sais aussi qu'il est hors de question pour toi de laisser Kennedy toute seule. Tu l'as bien prouvé en tenant tête à ton père !"

Elle regarde Kennedy.

"Alors, j'aimerais que tu viennes t'installer à la maison, Kennedy."

La proposition tombe comme une pomme d'un arbre, en faisant un bruit sourd et un grand blanc. Kennedy ne sait pas quoi répondre. Mégane reste bouche bée. Sarah sourit en regardant sa mère comme si elle était une déesse qui venait de faire un miracle.

"Tu auras ma chambre. Le grand lit est équipé d'une barre de redressement et d'un matelas surélevé. Il y a aussi une barre sur le côté pour t'aider à aller sur le fauteuil, un peu comme ce lit-ci. Et elle est au rez-de-chaussée. Moi je prendrai la chambre de Sarah qui est plus petite mais c'est la seule encore en bas. Sarah pourra prendre la chambre de Mégane à l'étage."

La petite pousse un cri de joie, contente d'avoir sa chambre à l'étage, comme une grande.

"Mais pourquoi ferais-tu ça ? Et pourquoi dormir toi dans la petite chambre et nous dans la grande ?" demande Mégane ayant compris, pour son plus grand bonheur, qu'elle allait dormir avec sa petite amie.

"Parce que le lit équipé prend trop de place à mettre dans la petite chambre et vous allez avoir besoin d'espace. Moi non. Un petit lit me suffira maintenant."

Kennedy regarde Mégane pour voir ce qu'elle en pensait.

"Ça parait être une bonne idée. Maman sera là en cas de problème pendant mes cours, nous n'aurons pas besoin de payer tout le matériel médical en plus de devoir payer un appartement."

"Et ta famille a besoin de toi", ajoute la mère en regardant sa fille.

Kennedy semble encore hésiter mais le sourire de Mégane et de sa famille, heureuse d'être réunies et les tentatives de la mère pour l'intégrer à la famille, l'aide à trouver sa réponse.

"Ok… Ça me va"

Tout le monde saute de joie. Mégane embrasse Kennedy, ravie, puis va faire un gros bisou à sa mère et sa sœur.

"Je suis contente que tu aies accepté Kennedy", lui dit la mère en allant faire une bise à la petite amie de sa fille.