Fight girls

Chapitre 28




3 mois plus tard…

Le réveil sonne. Mégane l'éteint tout de suite, ne voulant pas réveiller Kennedy qui dormait paisiblement. La nuit avait été courte pour les deux filles. La veille, trop emportée par l'excitation, elles avaient commencé à se caresser, s'embrasser de plus en plus fougueusement. Elles en avaient envie toutes les deux et avaient repoussé cette date depuis l'arrivée de Kennedy à la maison, la peur de ne pas pouvoir ou d'avoir mal prenant chaque fois le dessus sur l'envie.

Mais hier, l'envie était bien plus grande que les autres fois, comme si elles ne pouvaient plus se retenir. Le besoin de sentir le corps de l'autre, le besoin de frôler leurs deux corps, le besoin d'arriver au plaisir suprême.

Tout avait très bien commencé. Les baisers, les caresses, l'ambiance. Au moment de passer à l'acte, Kennedy veut se retourner pour être sur sa petite amie mais n'y arrive pas. Ses jambes ne voulant toujours pas bouger, elle s'énerve quand elle n'arrive pas à se placer.

"Chut" lui avait chuchoté la rousse, "ne t'énerve pas amour. Ce n'est pas grave, laisse-moi faire"

Et elle avait repoussé Kennedy sur le dos en se plaçant sur elle.

"Laisse-moi te faire voir les étoiles, mon amour"

Cette phrase dite de façon si sensuelle avait redonné le sourire à Kennedy qui sentait l'excitation encore plus grande.

Doucement, lentement, sensuellement, les mains de Mégane avaient caressé la peau nue de Kennedy, frôlant certains endroits, insistant sur d'autres. Mégane avait alors laissé glissé sa main sur le ventre de son amie pour finir entre ses jambes.

La boxeuse avait fermé les yeux pour mieux ressentir la douceur de ses mains.

Jusqu'au moment où, horrifié, Kennedy avait retiré la main de la rousse en grimaçant.

"Chérie, qu'est-ce qu'il se passe ? Je t'ai fait mal ?" lui avait demandé une Mégane paniquée.

Kennedy avait hésité avant de répondre.

"Je ne sens rien. Je ne sens plus ta main. Je… je n'ai aucune sensation"

Les larmes avaient commencé à couler en disant cette phrase et ne s'étaient arrêtées que quelques heures avant la sonnerie du réveil.

Elles n'avaient pas parlé de ce qui était arrivé, Kennedy avait pleuré de malheur et surtout de frustration pendant la nuit. Elle en avait tellement eu envie et ça faisait si longtemps.

C'est pour ça que Mégane ne veut pas réveiller Kennedy ce matin. Elle a besoin de sommeil. Elle aussi se dit qu'elle en aurait besoin et qu'elle resterait bien mais une grosse journée de cours importants l'attendait.

Doucement, elle sort des couvertures, enfile son short et son tee-shirt et sort de la chambre. Un petit déjeuner, une douche et des cours interminables à penser à son amour.

*****

Kennedy ouvre les yeux. Elle tourne sa tête du côté où se couche toujours Mégane. La place est vide. Elle fronce les sourcils puis se tourne vers le réveil. Presque 11 heures. Plus d'inquiétude, Mégane est en cours. Doucement elle soulève la couverture. Son corps nu lui rappelle le désastre de la veille. Les larmes sont à nouveau prêtes à couler.

Dans sa tête, juste une hypothèse. Si elle ne sent plus ses jambes, elle ne pourra plus marcher. Si elle ne sent plus les mains de son amour à cet endroit, elle ne pourra plus faire l'amour.

Elle enfile son short et son débardeur que Mégane avait pris soin de lui laisser près du lit pour plus de facilité et grimpe dans son fauteuil.

"Salut Kennedy. Comment ça va aujourd'hui ? Tu n'as pas l'air en forme" entend-elle de la cuisine.

"Mauvaise nuit" répond simplement la boxeuse en se préparant un café.

"Ca arrive. Je vais chercher Sarah à l'école. Je me demandai si tu voulais venir avec moi"

Kennedy sourit. Elle s'était encore plus rapprochée de Sarah depuis son arrivée ici et elle en était ravie. Cette petite avait un don pour la faire rire et la boxeuse était ravie quand elle pouvait l'aider. Mais elle était triste aussi pour la petite. Depuis l'incident, elle ne parlait que de boxe et refusait pourtant de retourner à l'entraînement.

"J'en serais ravie. Merci"

"Très bien. Elle sera contente"

"Je vais me dépêcher de m'habiller alors"

Kennedy roule jusqu'à la chambre et s'habille rapidement. Ce n'était pas la première fois qu'elle allait chercher Sarah. D'habitude, elle le faisait quand Mégane était là. Elles y allaient toutes les deux, en profitant de se promener un peu puis elles aidaient la petite avec ses devoirs avant de souper et de s'installer devant la télé. Tant de gestes routiniers qui pourtant la rendaient heureuse d'avoir… une famille.

Mais c'était la première fois qu'elle y allait avec Lise. Peut-être qu'elle sentait simplement que Kennedy en avait besoin.

*****

"Coucou bébé" crie Mégane en passant la porte de la chambre après sa journée de cours.

Elle trouve Kennedy devant l'ordinateur. Elle s'approche et l'embrasse tendrement.

"Tu m'as manqué. Qu'est-ce que tu as fait de beau aujourd'hui ?"

Kennedy avait beau ne pas être en forme, la voix et le sourire de sa petite amie arrivaient toujours à lui remonter le moral. Elle lui sourit.

"Cherché ta sœur à l'école puis je l'ai aidé avec ses devoirs et on a regardé La petite sirène et maintenant, je fais des recherches."

"Encore La petite sirène ? Tu as de nouveau pas su dire non"

"Exactement, ta mère voulait sortir un peu alors je me suis proposée de garder Sarah"

Mégane jette un coup d'œil sur l'écran d'ordinateur.

"Des recherches sur quoi ?"

Kennedy la laisse lire le titre.

"Kenny, pourquoi tu regardes ça ?"

"Parce que j'ai un problème"

"Hey non. Ne dis pas ça. Je suis sure que c'est rien de grave. C'est la première fois que ça arrive"

"Tu vois, toi aussi tu penses que c'est psychologique. Parce que je suis handicapée alors je me bloque sur ça"

"Hey, je n'ai jamais dit ça bébé. Tu ne sens rien dans les jambes, il est donc possible que ça remonte jusque là. C'est peut-être normal. Tu devrais en parler à ton médecin au lieu de chercher sur des sites et des forums d'où ça peut venir"

"Ouais et je vais dire "hey doc, je ressens plus rien quand ma copine touche mon sexe, est-ce que c'est normal ?""

Mégane éclate de rire.

"Non, peut-être pas aussi directe"

Kennedy finit par rire également.

"T'as raison. On ne devrait pas s'inquiéter mais quand même… j'avais tellement envie"

"Et j'en avais aussi mais on trouvera une solution, on trouvera un truc à faire pour en arriver là toutes les deux"

Kennedy sourit et pose sa main sur celle de la rousse qui était posée sur le bras du fauteuil.

"Je t'aime chérie"

"Et je t'aime aussi bébé"

A ce moment là, elles entendent des pas courir vers la chambre puis des toquements.

"On mange" crie la petite voix de Sarah.

"Et bien allons-y" dit Mégane avec un sourire en se plaçant derrière le fauteuil pour pousser.